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L'expérience a montré que les rayons lumineux solaires agissent beaucoup plus activement sur les hauts sommets que dans la plaine : c’est que le rayonnement ultra-violet y est de beaucoup supérieur, comme le montrent les travaux entrepris sousla direction de M. Dufour, de Lausanne. Ces travaux prouvent qu’au bord de la mer l’atmosphère absorbe 25 à 30 °/, de rayons intra-rouges et intraviolets, alors qu’au sommet du Mont-Blanc l'absorption de ces mêmes rayons n’est que de6°/,.M. Gamgée montre l'énorme diminution des ultra-violets dans les plaines : cela explique nettement l'action très considérable de la lumière en montagne. L'action des rayons lumineux sur les sommets se traduit d’ailleurs cliniquement de facon grossière par une pigmentation très intense, comme on le voit sur les photographies de Leysin, alors que M. Malgot à Nice, constate qu’au bout d’un temps variable d’insolation la peau se bronze seulement légèrement.
L’insolation thérapeutique a été instituée de facon systématique par MM. Exchoquet, Meyer, Henzler,Stelling et Rollier, à Leysin.
La technique est aussi réglée par ces auteurs :
Les premières séances durent de 5 à 10 minutes, et l’action lumineuse est limitée aux points ou siège l’altération, pour éviter la production d’une dermite bulbeuse.
Les sujets pigmentés et bruns sont beaucoup moins sensibles que les blancs. Puis la peau se pigmente, car le pigment est familier de la lumière chez l'homme, de même que chez les végétaux apparaît la chloryphylle à la lumière, de même que les oiseaux et les animaux ont des couleurs d’autant plus brillante qu’ils sont plus près des tropiques où le soleil a son maximum d'intensité :
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Grâce au rôle protecteur des pigments, l'intensité de la cure solaire et sa durée peuvent être progressivementaugmentées avec rapidité. En peu de jours on arrive ainsi à des applications de rayons solaires pouvant durer des heures. F
Enfin peu à peu on expose au soleil le corps tout entier, en un véritable bain de soleil.
M. Exchoquet, ancien interne des hôpitaux de Paris, a vu sous cette deuxièmeinfluence se cicatriseren deux outrois mois des adénopathies cervicales suppurées et des ganglions tres anciens se sont réduits des quatre cinquième.
M. Rollier atraité dix-neuf adénites cervicales tuberculeuses, huit étaient suppurées dont six furent guéries. Trois n'étaient passuppurées. Uneseulené futpas guérie:ce sontlà desrésultats encourageants. D'ailleurs si l’héliothérapie a donné ces beaux résultats joints à la cure d’altitude les observations de M. Reboul, à Nimes, de M. Roullet, à Cannes, de M. Boniglione, à Nice, montrent que les tuberculoses chirurgicales sont très heureusement influencées par l’action solaire du bord de la mer Méditerrannée et dans le nord de la France, en dépit de la rareté desrayons ultra-violets si fâcheusement absorbés par l’humidité atmosphérique.
Nous croyons que toute exposition du soleil, dans un lieu bien aéré, peut et doit donner d'excellents résultats thérapeutiques.
Une fois de plus nous sommes bien obligés de constater qu'en somme il n’est rien de nouveau sous le soleil. Nous découvrons de nouveau avec beaucoup de bruit et force explications physiques, ce que les vieux
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maîtres, Hippocrate, Gallien, Celse et Avicenne connaissaient aux temps primitifs de la médecine, à savoir l’efficacité de « l'air inondé de lumière. »
$ 2 — La Photothérapie.
Elle repose sur l’utilisation de certaines radiations de spectre, et la possibilité de les sélectionner, grâce à cer: tains dispositifs. Ainsi serait utilisées, soit les radiations calorifiques qui accompagnent les radiations lumineuses comprises dans le spectre entre le rouge et Le vert, soit les radiations chimiques ou actiniques, situées dans la zone du violet et de l’ultra-violet. Finsen a découvert cette mé. thode et créé les appareils. Ceux-ci doivent :
1° Conserver le maximum d'énergie de la source et avoir en un point donné une action intense.
2 Supprimerlesrayons calorifiques capables de causer des brûlures.
3° Enfin chasser de la région malade le sang qui absorbe les rayons actiniques et les transforme en rayons coloriques. |
Ces points sont nettement indiqué par M. Bellemanière. Il fait usage d’une lampe à 50 bougies de 120 volts et interpose entre la partie à traiter et le foyer lumineux une cuvette contenant une solution de bleu de methylène, qui ne laisse passer que peu de rayons rouges très affaiblis. I] expose les parties malades à 20 centimètres du foyer lumineux pendant 30 à 40 minutes.
Or les rayons actiniques diminuent la virulence des bacilles, et de leurs toxines, stimulent l’activité cutanée: ces phénomènes sont liés, comme l’a montré Quincke, à
l'oxydation des tissus et du sang. La stase sanguine diminue, les leucocytes sont accrus en activité et en nombre, les exsudats sont drainés par les vaisseaux et la région se déterge. En somme les substances nuisibles sont détruites par la phagocytose, la vitalité des microbes, la virulence de leurs toxines sont diminuées par l’activité lumi-
neuse.
Mais si telle est l’action théorique et expérimentale de
la lumière bleue sur les lésions superficielles de latuberculose, sur le lupus, il n’en est pas de même semble-t-il dans les arthrites et les adénites bacillaires. Du moins les diverses observations qu’il nous a été donné de lire de lésions ostéo-articulaires ou ganglionnaires traitées par la photothérapie ne nous ont pas permis de nous faire une opinion très favorable à ce mode de traitement de la tuberculose ganglionnaire. : | É
Sans doute la technique de cette méthode thérapeutique se perfectionnera peu à peu et elle permettra d'atteindre les résultats que semble nous promettre la théorie.
$ 3. — La Radiothérapie.
L'emploi des rayons Rôüentgen pour la cure de l’adénite tuberculeuse est des plus récents. Ce n’est que longtemps après leur découverte qu’on songea à les faire servir au traitement des ganglions tuberculeux.
C'est aux Américains Zeisler et F. B. Bishop que sont dues en 1902, les premières communications sur ce sujet précédées pourtant des essais du Belge Hendrix, en 1898. Puis ce sont Childs Beresfonds et F. P. Vale, qui en 1903, montrent des améliorations de ganglions tuberculeux sous
l'influence des rayons Roentgen. Ellesmorth, Caldmell, Willians, Pusey publient successivement des résultats encourageants obtenus par cette méthode. Enfin en 1905 M. René Desplats, de Lille, fixe des points de technique, Piccinio, de Naples, montre un malade guéri, et paraît le rapport de M. Bergonié au Congrès de Cherbourg, et sa communication à l’Académie des Sciences. Cette même année M. Carle Rœderer, ancien interne provisoire des hôpitaux, consacre à cette question sa thèse inaugurale. Depuis, les travaux se sont succédés, de plus en plus nombreux et de multiples exemples en faveur de la radiothérapie ontété apportés. | :
Comme toute méthode thérapeutique nouvelle, la radiothérapie a donné de grandes espérances qu’elle n’a pas complètement justifiées, et causé des désillusions d'autant plus grandes qu’on attendait plus de son action un peu mystérieuse.
L'expérience de nombreux auteurs permet maintenant de juger l'emploi des rayons X au cours de l’adénopathie cervicale tuberculeuse.
Tout d’abord on sait que le volume de la tumeur ganglionnaire ne peut nullement entrer en ligne de compte au point de vue du résultat final. Comme le fait remarquer justement M. Dupeyrac, de Marseille, la dureté et l'ancienneté de l’adénite sont une cause d’insuccès bien plus que son volume.
Ces faits d’ailleurs s’expliquent par l'anatomie pathologique, assez aisément.
On sait que le premier stade de la lésion ganglionnaire est constitué par la prolifération des cellules des follicules
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et des sinus. Par rupture de Ja capsule, où par irritation : du voisinage se fait un apport dé leucocytes, de cellules plasmatiques dans le tissus du voisinage : ainsi se forme uné gangue plus où moins dense, se traduisant par un empâtement qui entoure les ganglions, les confond en: une masse souvent indivise : c’est la péri-adéniîte. do
Dans un second stade se produit là transtormation pürulente du ganglion, une liquéfaction des éléments : l’esa= men cytologique du liquide montre alors dés: cellulés détruites, nécrosées, et des lymphocytes nombreux. "1"
Enfin dans un stade de réparation qui peüt dei immédiatement après le stade hypertrophique, sans qu "A y ait éu ni péri-adénite, ni suppuration, $e produit Porganisation scléreuse du ganglion dur, mobile, composé sur tout dé travées fibreuses, épaisses etdenses, ét d'une coque | très augmentée de volume. Ë
L'étude de ces faits nous explique les résultats obtenus pat la radiothérapie. Soit une masse ganglionnaire énorme, récente, où abondent les cellules proliférés, lymphoïdes, ou la péri-adénite considérable englue lès ganglions et les confond en une masse indivise. On comprend l'action rapide des rayons X, puisque l’on connaît leur propriété dissolvante des éléments lÿmphoiïdes. M. J. Darier préci< sait nettement l’action des rayons X, dans le cas de: grosse masse ganglionnaire, en 1907: « diminution de la masse totale, due surtout à la réduction de la peri-adénite. Les ganglions diviennent plus petits, plus mous, plus mobiles; mais ne disparaissent jamais complètement». Les: trois observations de Hendrix dans les Annales de la Société Beige de Chirurgie, célui de Ferrand et Krouchkoll, publié
dans la Gazette des hôpitaux sont des exemples indiscutables de l’action des rayons X dans les cas de peri-adénite. Sinous sommes en présence de ganglions volumineux, de marche lente, mais progressive, les résultats seraient satisfaisants, car cette fois encore il y à une prédominance probable de l’élément Ilymphoiïde.
M. le D? Chicotot, radiographe de l'Hôpital Hérold et quidepuis longtemps ést chargé du service radiographique, du service de notre Maître J. Daxier, a eu la grande obligeance de vouloir bien résumer pour nous, deux observations intéressantes de malades entrant dans cette dernière catégorie. De plus il nous a expo$é sa technique, que nous
donnerons plus loin.
Obs. VIT (communiquée par M. Cnicorot. — Madame Veuve P.. Anédite bacillaire torpide, douloureuse, à évolution lente, ayant dé-
buté ily a douze ans chez une femme de 67 ans.
Cette malade présentait dans la région carotidienne supérieure une série de. ganglions variant de la grosseur d’une noix à celle d’une noisette. Ils étaient au nombre de trois, échelonnés dans la région Carotidienne supérieure. Deux se trouvaient dansla région sous- -maxil-
laire, Ces ganglions étaient douloureux.
Le 13 octobre 1906. — La malade veut consulter M. Thiberge qui nous l'envoie pour constituer le traitement radiothérapique. — Les ganglions sont traités suivant leur état et leur ponction, soit en masse, soit isolément, mais toujours séparés de parties saines au moyen d’un colalisateur en-verre ou de lames de plomb.
Du 13 octobre 1906 au 19 décembre 1907. — La malade reçoit 64 H en vingt-trois séances. Aueun accident. Les ganglions ont diminué petit à petit de volume etle 8 janvier 1908 tout était rentré dans l'ordre, Le neveu de la malade, externe des Hôpitaux, ne l'ayant pas en.
voyée de nouveau consulter, on peut en conclure à une continuation
Rep es de la guérison, après vingt-trois séances radiographiques espacées sur une durée de quatorze mois.
Obs. VII (communiquée par M. Cnicoror). — Adénite bacillaire
du cou coïncidant avec une ulcération bacillaire du pied.
Emilie PL., 22 ans, couturière.
Dans la région cartidienne supérieure gauche deux énormes ganglions, très peu sensibles, presque‘indolents.
Les ganglions sont traité par la radiothérapie. Ils reçoivent 58 H en vingt séances. Les ganglions diminuent de moitié. En He 1907, l'amélioration persistäit.
Dans un troisième ordre de faits, on est en présence de ganglions déjà plus ou moins ramollis : dans ce cas l’action des rayons X, est d'accélérer la cavité purulente. L’utilité des rayons X est donc dans ce cas contestable. M. Dupeyrac donne alors de faibles quantités, mais utilise l'action de la radiothérapie pour arriver à un complet ramollissement. Alors on peuttraiter les ganglions par les méthodes habituelles.
Mais on comprend bien l'inefficacité, l'impuissance presque complète de la radiothérapie du cours des adénites ayant enlevé vers la sclérose. En effet, ces ganglions scléreux, durs, ont atteint une forme de guérison : en tout cas le tissu fibreux n’est pas influencé par les rayons Roëntgen.
La technique à employer vise le double but de faire absorber des quantités considérables de rayons, et d’autre part, de ne pas causer de radiodermites.
Il faut commencer par isoler soigneusement les parties saines, soit par une lame de plomb souple, moulée sur la région et découpée, soit au moyen d’un localisateur en verre.
Le régime de M. Chicotot est de 70 V, 5 ampères du
meuble de Gaiffe. Dans les deux observations rapportées plus haut, le traitement a été fait avec un tube Chaband- Villard, . marchant dans les conditions suivantes : 8 à 9 dixièmes de milliampère, étincelle 9 à 10, donnent des rayons de 7 à 8 un radiochronomètre Benoit.
MST. Darier, lors de sa communication de 1907, com- mence par une dose successive de 4 ou 5 H, rayons de 7 à 9, dans une première séance. Huit jours après nouvelle dose de 2 H, puis séances de 2 H à intervalle de trois semaines. = |
La durée des séances, la distance du tube varie suivant les cas, suivant les opérateurs : il n’est pas de règle précise sur ce point: nous tenons à faire remarquer qu'il n’est pas de technique invariable et qu’il n’est pas possible, dans l’état actuel de la radiothérapie de s’enferrer dans une formule immuable.
Combien de temps dure un traitement radiothérapique
de l’adénite bacillaire ?
1° L'action dissolvante des rayons sur la péri-adénite se manifeste très rapidement : Hendrix l’a observée au bout de trois jours. M. Bergonié déclare le résultat atteint
vers la huitième séance.
2°.L’action sur le ganglion lui-même est plus lente à se produire. Il est pourtant des cas heureux (Hendrix, Bergonié, Desplats, Moussons), ou trois séances amènent une amélioration notable. Mais c’est, comme le remarque M. Roederer, au moins douze ou quinze séances qui sont
nécessaires pour obtenir un résultat satisfaisant, et en-