Quelques gouttes de pus
1e novembre. — Une fistule s’est produite dans le ganglion traité.
15 décembre. — Cicatrisation.
{er juin 1909. — Ponction blanche des ganglions carotidiens.
Opération par M. Ménard, chirurgien en chef de l'hôpital maritime.
11 octobre. — Les ganglions n’ont pas retrocédé. Incision à droite, qui réunit deux fistules. Ablation de 25 à 30 ganglions, du volume d’une noisette à celui d’un pois. Tous ces ganglions sont caséeux. Z
La cicatrisation se fait normalement, mais une fistulette apparaît dans la cicatrice opératoire et guérit plus tardivement.
Dans un cas comme celui-là, quelle pourrait éttre la méthode à suivre? L'enfant était depuis plus d’un an à la mer : donc il ne fallait guère compter sur une plus grande influence climatérique. Les ponctions, pour être efficaces
auraient dû attaquer succ:ssivement ou simultanément
23 ou 30 ganglions ? Mais, outre le temps énorme qui aurait été nécessaire pour un tel traitement, on se heurtait à une difficulté pratique considérable. Il faut bien penser que ces ganglions étaient autour des vaisseaux, en contact avec eux, sous le sterno-coléido-mastoïdien, inaccessibles à l'aiguille du praticien le plus expérimenté.
Pourrions-nous compter sur l’action des rayons X? Non encore, car nous savons leur action liquéfiante sur les ganglions caséifiés. Le résultat des rayons Rüntgen auront donc été une série de fistules : et il faut de plus penser que toutes ces masses caséeuses sont pour l'organisme un surcroît de fatigue redoutable.
Donc au cas de ganglions très nombreux caséifiés il con-
vient de pratiquer l’extirpalion chirurgicale.
Comment fait-on le diagnostic de l’état caséeux de ces ganglions ? C’est à la vérité délicat. Pourtant ces adénites multiples ne retrocédant pas sous l'influence du climat marin ne peuvent être que de deux variétés. Ou bien elles appartiennent au type pseudo-lymphomateux, et alors aucune n'arrive à suppuration, ou bien au contraire il en est qui se ramollissent, qu'on peut ponctionner. S'il en est qui se transforment ainsi en abcès, on doit savoir qu'on est en présence d’une forme à ganglions évoluant plus ou moins rapidement vers la nécrose caséeuse.
Si des ganglions caséifiés infectent l'organisme, l’obli-
gent à une lutte constante et sont pour lui une cause de dégression dont peut profiter l'infection générale pour atteindre les viscères, plus dangereux encore sont les ganglions fistuleux ou l'infection secondaire à microbes
pathogènes locaux, vient surajouter son action à celle de :
la tuberculose. Tel était le cas de la fillette dans l'obser-
vation qui suit :
Obs. XX. — Suzanne W., 12 ans, Arrivée le 9 Juillet 1909 :
Adénite carotidienne supérieure double, fistuleuse du côté ganche au niveau de |’ angle du maxillaire, Mauvais état général.
27 septembre. — Malgré les pansements minutieux et deux mois.
de séjour à la mer, les ganglions fistuleux ne se sont pas améliorés et l'état général reste le même.
Intervention par M. Andrieu, chirurgien assistant de l'hôpital maritime.
On pratique un curettage des ganglions fistulisés gauches, puis par une incision le long du bord antérieur du sterno-mastoïdien on pratique l’extirpation de 8 à 10 ganglions ramollis, caséeux ou suppurés. Drainage.
Suite opératoire normale. Le 18 novembre l'enfant passe en division.
Ce cas ressemble beaucoup au précédent, pour la thé-
rapeutique possible. Comme pour la précédente malade, ni les injections, ni la radiothérapie ne pouvait donner de résultats satisfaisants. Comme le dit excellemment M. Villemin, il est illusoire de se figurer en mettant le doigt à la fistule, qu'on va maintenir dans le trajet le liquide assez longtemps pour bénéficier de sa présence et de son action. Reste donc uniquement la grande intervention et l’évidement de la région carotidienne.
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