TRAITEMENT L)E LA TUBERCULOSE
fatigue ainsi son estomac réglé pour un très petit
travail.
Observ. 129. — Me... était aussi un tuberculeux incontestable avec induration très nette au sommet gauche, diminution progressive des forces, datant de 2 ans, mais c'était en outre un asthmatique, voire même qu'il eut en plein traitement créosote deux violents accès d'asthme en tout semblables à ceux qu'il avait fréquemment depuis 2 ans. 11 avait eu aussi de la gravelle, des coliques hépatiques très graves. Il était âgé de 41 ans et avait été amené dans notre service des détenus parce qu'il s'était dérobé à la période d'instruction de 13 jours qu'il devait fournir comme soldat cle la territoriale — or il tira au point de vue pulmonaire le bénéfice le plus notable du traitement; à sa sortie, il ne toussait plus, et il n'y avait plus le moindre signe stéthoscopiquc. Mais c'était un arthritique renforcé, et chacun sait que chez ces malades, la tuberculose évolue souvent d'une façon toute spéciale. Nous ne pouvons donc pas dire la part de la créosote dans l'amélioration obtenue. Ce que nous pouvons affirmer avec plus de conviction, c'est que l'huile créosotée n'a pas favorablement modifié son étal d'arthritique, car il a eu en plein traitement une crise hépatique d'une violence inouïe qui, par parenthèse, a cédé à l'administration par la bouche de 300 grammes d'huile d'olives avec une rapidité
merveilleuse. L'apparition de cette crise hépatique s'explique peut-être par la suralimentation subie par ce malade. Il avait en effet engraissé de 113 à 129 livres en 46 jours sous l'influencé des injections et du repos. Nul doute qu'il n'y ait un rapport entre cette sorte d'obésité aiguë et l'apparition de la crise hépatique.
Observ. 150. — Mme Mar... était malade depuis 4 ans et ses crachats contenaient des bacilles. Elle était dans un état grave, quand nous commençâmes le traitement, ne mangeant plus, ayant un peu de fièvre le soir, des sous-crépitants aux deux sommets : nous ne pouvons cependant pas rapporter au traitement qu'elle a suivi tout l'honneur de l'amélioration obtenue après 125 jours; car, à diverses reprises, les médecins qui ont soigné Mme Mar..., le médecin-major Petit entre autres, ont assisté à ces améliorations inespérées : G fois depuis 4 ans, on avait cru Mme Mar... condamnée à brève échéance, et 6 fois elle avait fait son rétablissement sans le secours de la créosote. Nous ne sommes donc pas en droit d'attribuer à ce médicament l'amélioration obtenue à la septième poussée congestive. D'ailleurs, depuis 1 an qu'elle ne prend plus de créosote, elle continue à aller assez bien.
Observ. 151. - Chez Mlle Car..., la maladie datait de 8 ans et était également sujette à des
exacerbations et à des rémissions pour ainsi dire spontanées. Cette malade vivait de la vie commune, gardait la chambre un mois quand elle se trouvait plus malade; puis recommençait son existence aventureuse de grands voyages, de soirées, de théâtre ; il n'y a donc peut-être qu'une coïncidence entre l'amélioration obtenue en mai 1892 sous l'influence d'un traitement d'ailleurs peu intensif de 52 jours institué sous la direction du Dr Gaudin et la notable amélioration obtenue qui se maintient 10 mois après la cessation du traitement. Notons d'ailleurs que la malade est emphysémateuse.
Tous les malades du groupe précédent étaient incontestablement tuberculeux, mais de ces tuberculeux qui ne demandent qu'à guérir et qui ne deviennent que tardivement phtisiques; ils ont tous tiré du traitement créosolé un bénéfice appréciable, mais comme la tâche était facile, nous avons cru convenable de ne pas attribuer à la créosote tout l'honneur des améliorations obtenues.
Le groupe suivant est constitué par une série de malades non moins intéressants.