‹ Traitement de la tuberculose par la creosoteChapitre 19 sur 36 · TROISIÈME SUBDIVISION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SUBDIVISION

Jusqu'ici nous n'avons étudié que les résultats favorables : 1° ceux assez rares où la guérison radicale paraît avoir été due exclusivement au traitement créosoté ; 2° ceux où une amélioration des plus notables a suivi le traitement et s'est maintenue jusqu'aujourd'hui, c'est-à-dire pendant un laps de temps qui varie de un à trois ans; 3° les guérisons réelles et les améliorations indiscutables consécutives au traitement, mais qui seraient peut-être survenues sans lui ; 4" enfin, nous avons passé en revue une série de malades, sortis de l'hôpital

guéris, mais chez lesquels nous ne pouvons pas affirmer que la tuberculose ait élé indiscutable. Ils sont encore à l'actif du traitement parce que le traitement a eu une action incontestable, tout au moins sur l'état général. On a pu voir, en lisant toutes ces observations, que nous cherchions à mettre le plus de prudence possible dans nos appréciations, que nous faisions tous nos efforts pour nous mettre à l'abri d'un enthousiasme illégitime.

Il faut maintenant étudier les cas où le traitement a été d'une efficacité nulle ou transitoire. Nous les diviserons de la façon suivante : 1° Dans un premier groupe, nous classerons tous les malades qui ont éprouvé une amélioration notable' de l'état général, sans que les lésions tuberculeuses aient suivi la moindre régression. La créosote donne à ces malades une vigueur factice, et si l'on n'avait pas soin de les examiner de temps à autre, on se figurerait qu'ils sont sur le chemin delà guérison. Mais. le mal est là qui progresse, et tout à coup survient un effondrement que rien ne faisait prévoir à partir de ce moment le drame pathologique se précipite avec une effroyable rapidité; le malade et son entourage ont donc été victimes d'une consolante mais dangereuse illusion, trop souvent, hélas! partagée par le médecin; c'est pourquoi : nous appelons l'attention sur ces cas ou le traitement mérite le titre sévère, mais juste, de trompe-l'œil. Ce qu'il y a de plus grave, c'est que

cette trompeuse amélioration ne se maintient pas seulement pendant les premiers jours du traitement créosote, elle persiste des mois entiers, alors que la lésion continue à évoluer.

Nul doute que même dans ces cas le traitement ne rende des services aux malades, puisque dans la maladie il n'y a pas que la lésion, il y a aussi la manière dont le sujet la supporte ; mais il est bien triste de constater que ces services ne sont que passagers. On se figure difficilement l'impression pénible éprouvée par un médecin qui, suivant d'un œil attentif les progrès de la lésion, est obligé de dissimuler ses appréhensions, d'assister impassible à la joie de l'entourage du malade sans pouvoir la partager.

Dans d'autres cas, enfin, le traitement n'a aucune action appréciable; ni l'état local, ni l'état général ne se trouvent sensiblement amendés; à vrai dire, dans l'immense majorité de ces cas, il est mal toléré. Presque toujours cette intolérance existe dès le début et irait crescendo à mesure qu'on essayerait d'augmenter les doses, ce qui serait d'une pratique détestable.

Dans d'autres cas, l'intolérance n'existe pas tout d abord, puis apparaît à un moment donné, au fur et a mesure que la lésion progresse ou que la valeur biologique du sujet diminue. Inutile alors de chercher à la vaincre, la maladie aura le dernier mot

Mais citons quelques exemples qui serviront à

préciser les idées et voyons d'abord toutes celles de nos observations dans lesquelles il y a eu amélioration momentanée ou même prolongée de l'état général, bien que les lésions aient suivi leur cours de la façon la plus tristement régulière.

Observ. 189. — Chez une jeune fille qui nous avait été confiée par notre ami le médecin aide-major Rouget, et qui avait une tumeur ganglionnaire de l'aisselle ayant apparu 6 mois auparavant et n'ayant pas cessé de croître, nous avons obtenu, après 59 injections faites à petites doses (0 kilog. 866 d'huile), une amélioration surprenante de la lésion initiale; la tumeur, grosse comme un gros œuf, et qui gênait les mouvements du bras, en l'empêchant de s'appliquer contre le tronc, qui était adhérente au tissu cellulaire de la région de l'aisselle et adhérente à la peau, douloureuse au toucher, entra vite en régression. A la fin du traitement, son volume était réduit des trois quarts, elle était dure comme du bois, ne gênant plus les mouvements et était devenue facilement isolable ; on aurait pu l'énucléer si on l'avait jugé utile. Or, en même temps que s'opérait cette régression, d'autres ganglions se prenaient et évoluaient sous nos yeux. Ils persistent encore 2 ans après le jour ou nous avons fait cesser le traitement.

Comment expliquer ces bizarres phénomènes de pression d'un côté et de prolifération dans des

PATI LA CRÉOSOTE

régions voisines? Nous renonçons à le faire, mais nous enregistrons ce cas peu favorable à la méthode, puisque en somme le traitement n'a eu d'effet utile que pour un ganglion déterminé, sans avoir eu d'effet appréciable sur seize ganglions du cou concomitants et sans avoir empêché les ganglions du côté opposé de se prendre.

Nous verrons plus tard que chez les ganglionnaires ce n'est pas ainsi que les choses se passent d'habitude et que sous l'influence du traitement créosoté il n'y a jamais cette action élective sur un seul ganglion.

Mais c'est surtout chez les tuberculeux pulmonaires que l'on observe trop souvent l'évolution des lésions en môme temps que l'amélioration de l'état général.

Observ. 190. — M. Er... nous fut confié par M. du Cazal, dans le service duquel il était placé au Val-de-Grâce. Or, il augmenta de 18 livres en 60 jours, sous l'influence de 2 kilog. 550 d'huile en 55 piqûres et de 0 kilog. 500 en 5 lavements.

Ce traitement intensif amena une extraordinaire amélioration de l'état général, mais la lésion pulmonaire progressait.

Observ. 191. — Chez Lef..., la tuberculose était non moins incontestable ; cet homme avait été opéré 5 ans avant pour une arthrite tuberculeuse

à l'hôpital Cochin; les crachais contenaient des bacilles, il y avait des sous-crépi tants au sommet gauche, delà fièvre à l'entrée; or, après 252 jours de traitement, pendant lesquels 2 kilog. 780 d'huile au 1/15 avaient été pris en 69 piqûres, 2 kilog. 350 en 29 lavements, 4 kilogrammes d'huile de foie de morue créosotée, le malade était dans un état général des plus satisfaisants ; sa fièvre, du début, avait cédé au trentième jour: les signes stéthoscopiques avaient été heureusement modifiés pendant les deux premiers mois du traitement, mais pendant les mois suivants, c'est-à-dire en plein traitement et malgré le très bon état général, la maladie avait repris sous nos yeux son évolution.

Observ. 192. — Chez Lab..., la maladie avait une forme torpide, elle datait de 7 ans avec rémissions plus ou moins prolongées; sous l'influence de 67 jours de traitement, le malade augmenta de 111 à 118 livres, mais la lésion pulmonaire, qui ne consistait d'abord qu'en induration, s'aggrava sensiblement, car on notait au départ des râles sous-erépitants au sommet droit. Six mois après, notre confrère le docteur Guillabert nous écrivait que le poids était retombé à 112 livres et qu'il y avait des craquements sous la clavicule droite.

Observ. 195. — Le détenu Det... avait gagné 25 livres en 113 jours sous l'influence de 3 kilog. 250

d'huile créosotée au 4/15 prise en 68 piqûres. Chez cet homme, le traitement avait été au début ultraintensif, car pendant les 27 premiers jours du traitement il avait absorbé par la peau 467 grammes de créosote pure, soit une moyenne de 6 gr. 18 par jour; il avait pris aussi 2 kilog. 800 d'huile au 1/15 en 29 lavements, 2 kilogrammes d'huile de morue, 3 kilog. 500 de poudre de viande. Bref, il allait tellement bien qu'il s'est évadé de l'hôpital en escaladant un mur de sept mètres et il a été perdu de vue. Mais, malgré cette amélioration inespérée de l'état général, la lésion pulmonaire continuait à évoluer et cet homme échouera comme phtisique dans quelque hôpital, dans un délai peu éloigné.

Observ. 194. — GhezLap..., nous avons obtenu un résultat remarquable au point de vue de la tuberculose testiculaire. Le testicule droit était nettement tuberculeux; cette orchite avait débuté un mois avant par une poussée aiguë avec fièvre intense, et le malade était envoyé par le médecin de Bicêtre pour subir la castration, que M. le professeur Delorme considéra aussi comme devant s'imposer clans un délai plus au moins éloigné. Or, cette opération fut rendue inutile. Le malade quitta le service un an après parfaitement guéri de son testicule après avoir pris 7 kilog. 710 d'huile en 144 piqûres, 5 kilogrammes d'huile de morue créosotée,

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et même il n'y eut pas besoin d'un an pour obtenir ce résultat, car au bout de trois mois le testicule était revenu à son état normal, et si le traitement fut continué, ce fut à titre prophylactique. Eh bien, malgré ce traitement intensif et longtemps continué, nous vîmes chez cet homme survenir une tuberculose pulmonaire. Quand il nous quitta, son sommet droit était devenu suspect, il avait une petite toux sèche, d'assez mauvais augure, le poids avait baissé de 2 livres.

D'autre part, pendant le cours du traitement il avait eu une poussée de méningite dont nous décrirons les détails ultérieurement, et qui ne peut être rapportée qu'à la tuberculose. Bref, tout en voyant disparaître la tuberculose du testicule, nous avons vu évoluer en plein traitement créosote la tuberculose d'autres organes; aussi n'avons-nous coté qu'à 12 l'efficacité du traitement par la créosote. Il a épargné au malade une opération de castration, mais il ne l'a pas empêché de devenir plus tuberculeux qu'il ne l'était au début.

Observ. 195. — Chez Cour..., garde républicain ■retraité pour tuberculose, l'amélioration de l'état général était telle que le malade se croyait guéri. Il avait augmenté de 7 livres en 68 jours. Mais l'examen de son poumon au départ démontrait qu'on avait bien fait de le retraiter 6 mois auparavant et que la lésion continuait à évoluer. C'est

en vain que nous lui avons écrit, 8 mois après sa sortie : notre lettre est tombée en rebut.

Observ. 196. — Couru... avait, au début, des bacilles dans ses crachats, des sous-crépitants aux deux sommets; néanmoins, l'amélioration de l'état général fut extraordinaire. Cet homme augmenta de 14 livres en 57 jours, mais la lésion progressait et nous ne doutons pas qu'il n'ait succombé depuis dix mois qu'il nous a quitté.

Observ. 197. — Le poids de Mar... gagna 12 livres en 112 jours de traitement sous l'influence de 4 kilog. 200 d'huile en 45 lavements, de 1 kilog. 545 en 44 piqûres; l'état général était si bon que ce malade put rejoindre son corps, une fois sa peine terminée. Mais le médecin-major Mestrude, de son régiment, m'écrit 6 mois après qua la place de la légère induration que j'avais soupçonnée à gauche, il y avait un foyer non douteux de râles humides et que malgré la persistance du bon état général, il va se décider à faire réformer cet homme.

Les observations 198, 199, 200, 201 sont identiques à la précédente. Il n'y avait au début que de ^induration d'un ou des deux sommets, et, malgré l'amélioration de l'état général, nous avons assiste à l'évolution de la lésion pulmonaire, c'est-à-dire à l'apparition du souffle, là où il n'y avait que de

l'obscurité et quelquefois des râles sous-crépitants clans des régions qui, au début, paraissaient vierges.

Observ. 202. — Chez Chau..., nous avons obtenu un magnifique résultat apparent, mais qui nous donne une satisfaction médiocre. Cet homme, entré pour une tuberculose à forme infectieuse, dans un état très grave, bien que les lésions fussent peu appréciables d'abord, a vu son état général s'améliorer très rapidement, la fièvre tomber, les forces renaître dans une certaine mesure sous l'influence d'un traitement très prudemment conduit (0 kil . 665 d'huile créosotée en 48 piqûres réparties sur une durée de 80 jours) ; mais cette amélioration n'était pas pour nous tromper, car la lésion pulmonaire, à peine perceptible au début, évoluait avec une rapidité inquiétante, et dans le cours même du traitement il eut une péritonite qui disparut d'ailleurs sans laisser de traces.

Observ. 203. — Chez Mme M..., qui nous avait été adressée par M. Gimbert, nous obtînmes d'abord un résultat des plus remarquables. Une périostite costale grattée une première fois par M. Lannelongue et ayant de nouveau suppuré, fut guérie, sans nouvelle opération, à la suite des deux premiers mois de traitement. L'état général s'améliorait de la façon la plus rassurante et nous aurions été en droit de considérer cette malade comme faisant le

plus grand honneur à la méthode, si nous n'avions pas cru devoir surveiller l'état de son poumon ; or, cet état s'aggravait de mois en mois, très lentement il est vrai, mais d'une façon régulière. C'est en vain que nous poussions la malade à ne pas discontinuer le traitement; elle se disait si bien guérie qu'elle resta un an sans se soigner, jusqu'au jour où survint une laryngite tuberculeuse qui l'emporta en trois mois malgré les bons soins qui lui furent donnés par M. de Coupard à l'hôpital Pereire. Dans ce cas, si nous n'avions pas constaté de auditu la lente aggravation de l'état pulmonaire, nous serions en droit de mettre sur le compte de l'incurie de la malade la catastrophe finale, mais force nous est de dire qu'en plein traitement créosoté, c'est-à-dire pendant 455 jours, nous avons vu la lésion pulmonaire évoluer.

La créosote n'a donc été qu'un trompe-l'œil, elle a permis à la malade de vivre de la vie commune, de supporter des fatigues extrêmes, des émotions considérables pendant tout près de 5 ans, d'éviter une opération chirurgicale, mais en somme elle n'a pu l'empêcher de mourir.

Observ. 204. — De même chez R..., mécanicien de la marine, les résultats du début du traitement avaient été magnifiques, le poids avait augmenté de 14 livres en 169 jours, le traitement intensif avait été très bien supporté (3 kilogr. 500 d'huile

en 71 piqûres), mais la lésion progressait et nous ne fûmes pas étonné d'apprendre qu'à la suite d'une grippe survenue deux mois après la cessation du traitement la santé de cet homme avait rapidement périclité : la grippe avait redonné un coup de fouet à sa maladie et il succombait 4 mois après.

Observ. 205. — Chez Dor... le résultat avait été des plus remarquables, non pas pendant 3 semaines ou un mois, mais bien pendant 283 jours que le malade passa à l'hôpital. Il avait augmenté de 11 livres, après avoir pris 7 kilogr. 800 d'huile en 116 piqûres; des hémoptysies fort graves qu'il avait eues au début avaient été enrayées par la créosote d'une façon inespérée ; nous n'étions cependant pas rassuré sur son compte : 1° parce que à 4 examens, espacés de 2 mois en 2 mois, nous trouvâmes des bacilles dans ses crachats; 2° parce que la lésion pulmonaire initiale ne disparaissait pas. Aussi ne fûmes-nous pas étonné d'apprendre que, deux mois après sa sortie de l'hôpital, cet homme avait été pris d'une poussée pneumonique ; nous allâmes le voir dans une mansarde ignoble et nous le décidâmes à entrer à l'hôpital Tenon, où il alla mourir. M. Potier, interne du service, qui l'avait vu dans nos salles à diverses reprises, fit son autopsie avec un soin tout particulier et constata qu'à côté de lésions récentes il y avait des lésions en voie de réparation. Que serait-il

l'AR la créosote

arrivé si au lieu d'être placé dans des conditions déplorables à sa sortie de l'hôpital, ce malade avait été mis dans de bonnes conditions d'hygiène, s'il avait pu continuer la créosote, comme il avait d'ailleurs l'intention de le faire? il est probable qu'il aurait survécu bien plus longtemps, il aurait peutêtre même pu guérir, mais le fait est qu'il est mort et que l'amélioration de l'état général obtenue chez lui, bien qu'elle se soit maintenue pendant toute la durée du traitement, était une amélioration trompeuse.

Observ. 206. — Chez M... l'état général s'est également amélioré d'une façon évidente, sous l'influence de 10 kilogrammes d'huile prise en 400 lavements, mais la lésion évolue, ce malade vit encore, continue son service, sans se douter de l'imminence du danger qui le menace; la créosote le trompe sur sa véritable situation.

Observ. 207. — De même chez Mme X... le poids augmente, l'appétit a reparu 8 jours après le début du traitement créosote, mais la lésion évolue. Un premier examen, fait avec le Dr Nogaro le 1 1 novembre 1892, avait démontré qu'il y avait au sommet droit une inspiration rude et basse avec un peu d'obscurité: c'étaient des signes presque imperceptibles, mais comme il y avait des bacilles dans les crachats, nous fûmes tous deux et d'un commun

accord portés à incriminer le poumon droit. La suite de l'observation devait nous donner raison ; deux mois après, ce sommet droit était envahi par des sous-crépitants. Cette aggravation de l'état local, contrastant avec l'amélioration de l'état général, chez une malade soignée tout au début, car la maladie ne datait que d'un mois, à peine fébricitanle, nous inspira à tous les deux le plus profond découragement.

Nous continuons cependant la créosote, soit en lavements (la malade en prend la dose énorme de 10 grammes par jour), soit sous forme de gouttes prises dans de l'eau sucrée et du rhum (la malade en prend 60 par jour), l'état général reste excellent en octobre 1893, mais l'état local est stationnaire depuis l'examen de janvier 1895.

Observ. 208. — Chez M. X... l'augmentation de poids a été colossale : 20 livres dans les 50 premiers jours du traitement. Ce malade chante partout les louanges de la créosote, sans se douter que sa lésion ne subit aucune diminution. Il ne prend la créosote qu'en lavements et à l'intérieur.

Observ. 209. — Bond... a commencé le traitement en pleine fièvre et en pleine poussée subaiguë. La maladie datait déjà de 11 mois et la poussée subaiguë datait d'environ 5 semaines. Le poumon gauche était envahi par des sous-crépitants de haut en

bas, la fièvre était ardente, l'appétit nul. Or, nous obtînmes ce résultat remarquable de faire tomber la lièvre, renaître l'appétit, augmenter le poids tant et si bien qu'après 60 injections réparties sur une durée de 122 jours, l'entourage du malade le considérait comme presque guéri. Mais nous ne pouvions malheureusement pas partager cet optimisme ; la lésion du poumon gauche avait à la vérité rapidement diminué d'étendue, s'était limitée au sommet, mais le poumon droit s'était pris sous nos yeux. Six mois après, il y avait à droite un souffle considérable occupant les 2/3 supérieurs et une petite caverne au sommet gauche. Puis le larynx se prenait, le malade ne pouvait plus manger, il fit alors sur notre conseil un deuxième traitement créosote de 35 jours qui eut pour effet comme la première fois de rendre un peu de force et d'appétit, mais nous dûmes le cesser après ces 35 jours, à cause de l'intolérance même pour les petites doses de créosote.

Ce malade a succombé 2 mois après la cessation de cette deuxième période de traitement, la créosote ne lui a donné qu'une amélioration factice. Certes ce coup de fouet donné à la nutrition et ce bien-être factice ne sont point à dédaigner, mais ce n'est pas là la guérison.

Observ. 210. - Grâce à la créosote, M. Cu..., bien qu'atteint de tuberculose grave, avec bacilles dan les crachats, a pu pendant 480 jours continuer

son

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