OBSERVATION III
Tuberculose pulmonaire : lésions anciennes peu évolutives du sommet gauche, poussée pneumonique récente de la base gauche. Foyer de räles sous-crépitants fugaces au sommet droit. Pneumothorax artificiel.
Elise B.., 34 ans, dactylographe, entre le 7? décembre 1910 à l’Hôtel-Dieu, dans le service de M. le docteur Lyonnet.
Antécédents héréditaires: Mère vivante. Père mort de phtisie galopante. Un frère et une sœur en bonne santé. Une sœur atteinte de tuberculose pulmonaire (caverne au sommet gau- Che Stationnaire). Antécédents personnels : La malade s’est bien portée jusqu’à l’âge de 18 ans, où elle eut une congestion pulmonaire du côté gauche. Depuis ce moment, elle a. souvent eu quelques crachats hémoptoïques aux périodes. menstruelles. En février 1910, la malade se met à tousser, elle dit n'avoir pas maigri. Diarrhée, sueurs nocturnes. Depuis un mois, la fièvre a paru et la malade s’est alitée. Le ? décembre, la malade entre à l'hôpital. Depuis le 16 novembre, sa température oscille entre 38° et 39°, À l'examen du poumon gauche, en arrière, matité sur toute la hauteur ; à l'auscultation, nombreux craquements humides au sommet :
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à la base, nombreux râles sous-crépitants, souffle tubaire ; à l'extrême base, matité, abolition des vibrations, égophonie et pectoriloquie.
A droite, en arrière, quelques râles sous-crépitants fugaces, par ailleurs, rien à signaler.
Le 11. — re injection : 800 cc. La pression au début est de — 2 cc., à la fin de l'injection, de 0.
Le 12. — La malade dit avoir souffert du côté gauche pen-
dant la journée d'hier. A l’auscultation, à gauche, souffle amphorique lointain.
Le 17. — 2 injection : 800 cc. La pression terminale est de — 1. Depuis la première injection, la fièvre oscille entre 3108 et 382 seulement.
Le 22. — 3° injection : 750 cc. P = + 4. Le soir, la malade a eu un peu d’oppression, la température, restée depuis le 17 au-dessous de 38°, monte à 3801. A l’auscultation, signes de pneumothorax.
Le 5 janvier 1911. — 4 injection : 800 cc. P =+ 3. Pas d'incident, l'injection s'est faite au début sans que les oscillations et l'aspiration pleurales apparaissent.
Le 12. — La température, jusqu'au 9, demeure constamment au-dessous de 38° ; le 9, la malade a pris froid, et le 10, la température monte le soir à 4001 pour redescendre, le 12, à 3703 A l’auscultation, on ne trouve rien de particulier.
Le 21. — La température est restée constamment au-dessous de 38°. Aujourd'hui, à droite, en arrière, à l’auscultation, obscurité respiratoire dans le 1/3 supérieur, souffle tubaire léger à la base, et râles fins. Le souîffle amphorique lointain ne s'entend plus qu’en avant et dans l’aisselle. En résumé, diminution des signes de pneumothorax.
Le 27. — Depuis le 21, la température s'élève, elle a atteint 4001 le 24 La malade dit aller moins bien ; elle tousse beaucoup, elle a parfois des vomissements. A l'examen, en arrière à droite, matité à la base ; à l’auscultation, gargouillements au sommet, râles et souffle tubaire à la base ; en avant, petit souffle amphorique lointain.
Résorption presque complète du pneumothorax, sauf peutêtre en avant, coïncidant avec l’aggravation de l'état de la malade .
5° injection :,850 ce. P = 14 cc. A la fin de l'injection, le pouls devient intermittent ; on arrête l'injection, et presque aussitôt la malade se sent mal ; pouls petit, respiration rapide et superficielle, pâleur de la face, Injection de 0,25 ca-
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féine, 1 gr. éther : au bout de quelqus minutes, la malade revient à elle.
Le 28. — La température est restée élevée (39°4). A l’examen, on note des signes de pneumothorax et a la base une matité de 5 travers de doigt. Dans la position couchée, cn note une légère succussion. 6° injection : 300 ce. P = + 13.
Le 4 février. — La termpérature est moins élevée (cryogénins). L'eristence d'un petit épanchement se confirme ; on fait une thoracentèse, et on retire 25 cc. de liquide citrin séio-fibrineux ; l'examen cytclogique révèle une formule lymphocytaire.
Le 9 février. — La malade va toujours moins bien. Grandes oscillations thermiques, 380-39°2. Toux émétisante, entravant l'alimentation.
7 injection : 500 cc. P =+ 15 cc.
Le 16: —8& injection: 320 cc PB = 17 cc.
Le 23. — Depuis le 9, la temppérature oscille entre 88° et 39°. Sueurs nocturnes. Vomissements. La toux est peu fréquente, l’'expectoration nulle. A l'examen, à gauche, la matité persiste sur une hauteur de 4 travers de doigt. Souffie amphorique lointain. A la base droite, râles sous-crépitants Hs
Le 25. — 9% injection : 400 cc. P = 20.
Le 1% mars. — La température est toujours entre 38° et 39°. Toux quinteuse. La malade se plaint avec persistance de douleurs thoraciques du côté du pneumothorax. Pas de modification des signes physiques.
Le 5. — L'examen radioscopique révèle à la base gauche l'existence d’un épanchement, au-dessus zone claire.
Le 14. — Nouvelle radioscopie, l'épanchement à un peu augmenté.
Le 18. — 10° injection : 550 cc. Une thoracentèse ne donne que peu de liquide.
Le 24 — A l'examen, pas de changement à gauche. À droite, apparition de râles de bronchite.
Le 29. — La malade quitte l'hôpital. Elle meurt chez elle emo Tr >
RÉSUMÉ : L'établissement du pneumothorax, dans ce cas, fut suivie d’une amélioration et principalement d’un notable abaissement de la température, qui tomba au dessous de 38°, (Un refroidissement provoqua pourtant, un
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soir, une ascension de 40° 1). Puis la température remonta brusquement au voisinage de 40°, cette élévation coincida avec une decompression accidentelle de la malade, une angine intercurrente ayant nécessité pendant quelque temps la suspension des injections, et avec l'apparition d’un épanchement probablement tubereuleux de la base gauche.
À partir de ce moment, l’état de la malade demeure médiocre ; malgré la reprise des injections, la mort survint quatre mois après par évolution des lésions opposées.
Il semble, d’après cette observation, que la compression pulmonaire doit être continue et qu'il faut surveiller de très près les malades, à ce point de vue, par l’auscultation et la radioscopie.
B. — PHTISIES FIBRO-CASÉEUSES EVOLUTIVES