‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel: Méthode de ForlaniniChapitre 19 sur 51 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

Tuberculose pulmonaire fibro-caséeuse, unilatérale Pneumothorax artificiel

Jeanne O., 14 ans, entre à la Charité le 19 décembre 1910 dans le service de M. le professeur Collet. Parents bien portants. Deux frères et une sœur bien portants ; un frère raort de convulsions à 9 mois. La malade elle-même a eu la rougeole et la coqueluche, elle tousse depuis iongtemps sans pouvoir préciser ; elle a maigri. Sueurs nocturnes.

Il y à huit jours, elle a eu une petite hémoptysie et de la fièvre (390-400).

Le 2 janvier, on se trouve en présence d’une malade pâle, amaigrie (32 kilos). La température oscille depuis l'entrée entre 38° et 3901.

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L'expectoration contient de nombreux bacilles homogènes et moniliformes courts. À l'examen, au sommet gauche, en arrière, submatité, craquements après la toux, respiration bronchique. Dans la fosse sous-épineuse et surtout à l’angle inférieur de l’'omoplate, foyer de gros craquements humides. Au somimet gauche, en avant, matité ; et craquements humides, mais seulement après la toux, et surtout au niveau du sein. À droite, rien d'anormal à signaler.

Première injection : 600 cc. P=+1 cm. Aucun incident,

Le 7, à la radioscopie, aucune clarté visib.e, mais deux zones d'obscurité au sommet et à la région moyenne.

Le 9, deuxième injection : 1000 cc. A la radioscopie, on percoit autour de la zone sombre, une zone demi-claire périphérique.

La température oscille entre 37° 8 et 39° 2. Le poids est de 32 kilos.

Le 39, le lendemain de la deuxième injection, la température est tombée et s'est maintenue au voisinage de 38°. Le poids est de 31 Kk. 400 le 14, de 31 Kk. 700, le 3.

Troisième injection 1200 cc. P=+8-10. — Le 2 février. La malade est apyrétique depuis quatre jours ; elle se sent mieux, le pouls est à 120. Le poids est de 32 k. 200. L'’appétit est bon.

A l'examen, à gauche, souffle amphorique, bruit d’airain, tintement métallique.

Le 8. — L'amélioration persiste : apyrexie, pouls à 100, poids à 32 k. 800.

Le 16. — La malade n’a toujours pas de fièvre, la toux et l’expectoration ont cessé. Le poids est de 32 k. 200.

A lauscultation on entend, en arrière, de gros râles crépitants, lointains, métalliques. A l'écran, il persiste à gauche une zone d'obscurité en virgule, sertie de clarté.

Quatrième injection : 1400 ce P = +8 cm.

Le 25. — La malade pèse 33 k. 900.

Le 8 mars. — La malade part pour Longchêne. L'état général est bien meilleur (34 k. 900), la température est normale, la toux, l’expectoration ont disparu. L'appétit est bon.

Le 27 avril. — La malade rentre à l'hôpital pour une nouvelle compression. Une nouvelle amélioration s'est produite, le poids est de 37 k. 700, tous les symptômes généraux ont disparu.

A la radioscopie, on constate une diminution assez notable de la zone claire et une légère rétraction du médiastin.

A l’auscultation, les signes de pneumothorax ont disparu les deux fovers de craquements persistent,

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Le 29. — Injection : 1200 ce. P =+ 7 ; au cours de cette injection, on a la sensation que l'aiguille frotte sur la surface pulmonaire, à chaque inspiration.

Le 1e mai. — Injection : 1000 ce. P =+ 12. À la suite de ces injections, on constate, le 5 mai, à la radioseopie, que le poumon est réduit à une bande veraicale, le long du médiastin légèrement dévié à droite. A l'auscultation, signes de pneumothorax total, la succussion est négative, même dans a position couchée.

Le ? mai. — Injection : 1300 ce. P=+8. Quelques minutes après, on radioscope la malade. À ce moment, légère lipothymie, pâleur de la face, obnubilation, vertiges, quelques secousses dans les jambes. Le malaise ne dure que quelques minutes. Le poids a légèrement baissé : 36 k. 400. Le 10 mai, la malade part à Longchêne.

Le 8 juin, la malade revient. Le poids cst de 36 k. 700. La fèvre a réapparu (3808). À l’ausculattion, le souffle amphorique persiste, et cette fois, on consiate de la succussion hippocratique, et un peu de matité à l'extrême bas:e. La radioscopie confirme l'existence d'un faible épanchement, 1e poumon est encore comprimé, sauf au sommet. Mouvements de bascule du diaphragme. La malade est pâle et tousse un peu le matin.

Le 12 juin, on injecte 800 cc. sous un pression de 12 cm.

A la suite de cette injection, la température descend, et dépasse 88° pour la dernière fois, le 18 juin. Toutefois, la perte de poids continue : 36 kilos le 20 juin. Le 5 juillet, départ de la malade.

Le 3 août, à la rentrée de la malade, la compression est encore complète, l'épanchement persiste assez abondant ; cependant la malade va bien, engraisse (88 kilos) ; la température est normale ; elle ne tousse ni ne crache.

Le 20 septembre, on retrouve la malade encore améliorée (40 k. 950). La décompression commence à se faire ; le 29, on pratique une réinsufflation de 1100 cc. P =+ 25.

L'examen cytologique du liquide pleural donne : lymphocytes et mononucléaires, 80 % ; polynuecléaires, 20 % ; cellules endothéliales, 5 %. L'inoculation ai cobaye a été doutéuse:

Le 2) octobre, la malade a un peu de fièvre et se plaint d'une vive douleur au niveau dé l'apophyse mastoïde avec irradiation vers l'angle du maxillaire inférieur.

Le 31 octobre, tous les symptômes ont disparu ; il ne persiste plus qu'un peu de douleur dans l'oreille.

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Le 9 novembre, injection de 1050 cc.; P= +10. Le 14 novembre, la malade pèse 43 k. 500 ; elle quitte l'hôpital.

RÉSUMÉ : Observation en tous points très favorable à la méthode. L'amélioration a été immédiate, la température est tombée aussitôt la compression réalisée, le poids a régulièrement augmenté. Un petit épanchement de formule lymphocytaire a enrayé quelque temps l’amélioration ; puis s’est résorbé spontanément. Bien que la malade soit en apparence complètement guérie, on maintient encore la compression.

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