‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel: Méthode de ForlaniniChapitre 36 sur 51 · PROS · texte numérisé non relu

PROS

dent, à la pénétration de l’aiguille dans une adhérence pleurale. Comme le fait remarquer Forlanini, il existe dans les adhérences pleurales des vaisseux veineux néoformés à très large lumière; si l’aiguille pénètre dans un de ces vaisseaux, l’embolie gazeuse se produira très facilement.

Dans une observation récente de MM. Balvay et Arcelin, la mort semble bien être survenue par ce mécanisme. Il s'agissait d’une malade ayant des adhérences pleurales ; à la cinquième injection on choisit un espace intercostal différent de celui où on avait fait les injections précédentes et on injecta l’azote sans le contrôle des oscillations manométriques; presque aussitôt une syncope se produisit avec déviation conjuguée de la tête et des yeux, contracture au niveau du membre inférieur gauche et mouvements cloniques; il y eut quelques crachats sanguinolents. La mort survint le surlendemain de l’accident. D’après MM. Balvay et Arcelin, l’aiguille a dû, dans ce cas, pénétrer dans une adhérence, qui n'avait pu être déceiée faute d'installation radiographique.

Pour Thévenet et Balvay, ces néoformations veineuses des adhérences pourraient se déchirer à distance de l’aiguille et l’azote y serait aspiré à distance de la piqûre et même avec une faible pression intra-pleurale. Forlanin ne croit guère à l’existence de ce phénomène.

En résumé, l’embolie gazeuse est pour nous un accident incontestable, mais rare et n’expliquant qu'un très petit nombre des accidents; cet accident est dû moins à la piqûre du poumon, accident la plupart du temps inoffensif, qu'à la piqûre des adhérences pleurales,

AUTRES HYPOTHÈSES. -— On peut se demander s’il n'existe pas d'autre explication des accidents syncopaux. Notre maître, M. le docteur Lyonnet, s’est demandé si certains de ces accidents ne seraient pas des accidents ana-

phylactiques.

L'étude clinique de ces accidents nous révèle en effet

deux faits.

a) Is surviennent rarement dans la première injection. Forlanini dit même n’avoir jamais observé d’accident d’éclampsie pleurale au cours de la première injection. Les accidents rapportés par les autres auteurs se sont presque toujours produits aussi à la deuxième ou à la troisième injection.

b) Les accidents ont quelquefois une tendance à se répéter à chaque injection en augmentant à chaque fois de gravité. Dans une observation rapportée par Forlanini, la première injection. est bien tolérée ; à la seconde, il se produit une lipothymie; à la troisième, une monoplégie brachiale gauche complète ; à la quatrième injection, se produisent de l’obnubilation de la vue, des vertiges, la monoplégie brachiale gauche reparaît et s'accompagne de convulsions toniques du membre inférieur gauche; à la cinquième injection, il y eut hémiplégie gauche complète, des convulsions du membre inférieur gauche, un spasme vaso-moteur de la moitié droite de la langue. Il semble que le malade soit devenu plus sensible à chaque injection.

Que conclure de là ? Tout récemment, M. le professeur P. Courmont montrait que la compression pulmonaire vide brusquement les espaces lymphatiques, le parenchyme pulmonaires des liquides qu'ils contiennent, comme la

Page 1