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main exprime une éponge ; il se fait une véritable « expression vasculaire des tissus malades » (1).
Si on suppose une compression exagérée, une expression trop énergique du poumon tuberculeux, tout se passe comme si on faisait au sujet une auto-injection de ses liquides interstitiels pathologiques. Il y a là quelque analogie avec ce qui se passe dans l’auto-sérothérapie lorsqu'on injecte à un pleurétique son propre plasma pleural.
On conçoit « à priori » qu'il ne soit pas indifférent de faire résorber, parfois rapidement, à un tuberculeux la quantité assez grande de produits morbides contenus dans son poumon malade, produits complexes qui se rappochent peut-être de la tuberculine, peut-être de certains sérums anti-tuberculeux et constitués surtout par des substances toxiques dont nous ignorons les effets. Il doit se résorber aussi des produits bacillaires proprement dits.
Quelqués-unes de ces substances peuvent être utiles, d'autres nuisibles, selon les cas et les moments.
Dans le second cas, la première injection d’azote mettrait en circulation dans l’organisme du malade une première quantité de toxine qui l’anaphylactiserait; à la seconde injection, les accidents éclateraient et iraient en augmentant à chaque injection, le malade déjà fragile, devenant plus sensible, à chaque inoculation.
On a noté des accidents semblables au cours de ponctions exploratrices des kystes hydatiques (Graham 1890). Certains malades, dont les kystes sont fissurés, se sensibilisent à la toxine hydatique. Au moment d’une ponction exploratrice, une petite quantité de toxine passe dans !a circulation et le malade peut avoir une syncope mortelle ; dans le cas de Graham, la mort survint dans le coma,
quatorze heures après l’injection.
(1) P. Courmont. — Modifications des réactions humorales des tuberculeux traités par la méthode de Forlanini, — Livre jubilaire du professeur Lépine, p. 225,
Tout récemment, M. Paul Courmont a constaté chez certains malades une diminution énorme du pouvoir agglutinant, le lendemain d’une injection d’azote. Il y a là un fait qui plaide en faveur de l'influence anaphylactisante de la compression pulmonaire.
Des expériences seraient nécessaires pour confirmer cette hypothèse; il faudrait, par exemple, injecter une macération de poumon tuberculeux à un cobaye sensibilisé préalablement par une injection de tuberculine et observer les conséquences d’une pareille injection. Le temps nous a. manqué pour entreprendre cette expérience.
On voit combien d’hypothèses on peut soulever pour expliquer ces accidents (1), souvent il sera impossible de poser des conclusions fermes. Dans le cas que nous rapportons, quelle hypothèse peut-on invoquer. L’embolie gazeuse ? L'accident est survenu alors qu’on avait des oscillations pleurales. Un réflexe pleural ? Les antécédents du malade plaident en sa faveur, mais le caractère clinique des accidents est difficilement explicable par un réflexe. L'’anaphylaxie pleurale ne peut guère être invoquée car le poumon n’était pas comprimé. Dans ce cas, il est Impossible de conclure.
TRAITEMENT. — Le traitement de ces accidents doit être préventif et curatif.
(1) Signalons que Leuret attribue un certain rôle à la surcharge du cœur droit, .dans la production de ces accidents. Au moment des injections, il se produit en effet une augmentation des résistances périphériques dans la petite circulation, par Suite du ralentissement de la circulation dans l'un des deux poumons.
Le traitement préventif des accidents nerveux a fait l’objet d’un article de MM. Piéry et Lyonnet dans le Lyon Médical.
On peut poser les règles suivantes : opérer le matin, à Jeun; éviter les périodes menstruelles, servir d’aiguilles très fines et très acérées. La première injection sera seulement de 100 à 300 cc. : on tâtera la sensibilité pleurale. On cherchera dans les antécédents des malades la prédisposition aux syncopes. En cas d’une attaque légère d’éclampsie pleurale, on renoncera au traitement : les attaques vont en croissant.
L’anesthésie de la séreuse par la stovaine préviendrait les accidents pour quelques auteurs.
Il vaut mieux faire précéder l'intervention d’une injection de chlorhydrate de morphine qui diminue l’excitabilité réflexe du système nerveux; cette injection préventive aurait une grande valeur d’après des expériences récentes de Cordier. Le pneumogastrique étant la voie centripète du réflexe, la morphine semble, au premier abord, pouvoir être suppléée par le sulfate neutre d’atropine. D’après les expériences de Cordier, la valeur préventive de l’injection d’atropine serait béaucoup moindre.
La température du gaz injecté n’a aucune influence nocive; il est inutile de réchauffer le gaz à la température du corps (Cordier).
Malgré toutes les précautions, on peut avoir des surprises et Forlanini recommande de n’opérer qu’en ayant sous la main tout le matériel de secours nécessaire au traitement curatif. Ce traitement sera le traitement général de la syncope : injections d’éther, de caféine, d'huile camphrée, inhalations d'oxygène, tractions rythmées te la langue, respiration artificielle, massage du cœur.
LA VOPL-R2S
Le traitement préventif de l’embolie gazeuse se résume dans l’emploi d’une bonne technique. Nous examinerons les techniques proposées dans le prochain chapitre. Comme traitement curatif, Heller, Schrotter, Mayer ont proposé de faire respirer au malade un mélange gazeux pauvre en azote. Ils auraient constaté expérimentalement dans plusieurs cas une résorption complète des embolies gazeuses.
Pour prévenir les accidents anaphylactiques, il sera prudent de comprimer très lentement le poumon, surtout chez les sujets dont le pouvoir agglutinant sera très faible (M. Paul Courmont).