CHAPITRE V
Technique opératoire
SOMMAIRE
a) Les injections intra-pleurales doivent être gazeuses et non liquides. Le gaz à injecter : azote, oxygène, air stérilisé. b) La méthode de l'incision préalable (Murphy Brauer) : ses avantages ; ses inconvénients.
c) La méthode de la ponction directe. Ses avantages : sa simplicité, sa sécurité par l'emploi du manomètre et de la * seringue de sûreté.
Discussion des appareils proposés. Les aiguilles : aiguilles à ponction mousse (P. Courmont, Küss) ; les manomètres ; la seringue de sécurité ; les réservoirs à azote. . Technique de MM. Lyonnet et Piéry ; description de leur appareil. Manuel opératoire de la première injection. Injections complémentaires. [Injections d'entretien. d) Emploi de la radioscopie.
La compression du poumon par des injections intrapleurales peut être réalisée soit par des injections liquides, soit par des injections gazeuses.
Schmidt (de Dresde) a injecté de l'huile d'olive stérilisée ; il espère ainsi éviter les dangers de l’embolie
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gazeuse. Forlanini à essayé les injections d’ huile, chez l’animal et a provoqué de violentes pleurites ; il les déconseille formellement.
Aussi tous les auteurs se rallient aujourd’hui à l’idée des injections gazeuses. On ne discute plus sur la nature du gaz à injecter. D’après M. le professeur Morat, le gaz doit remplir deux conditions : 4) ne pas être toxique; b) persister le plus longtemps possible.
L’azote est le gaz qui réalise le mieux ces deux conditions. Gaz inerte par excellence, l'azote est aussi le gaz qui se résorbe le moins vite. Au point de vue physique, en effet, un pneumothorax est un milieu gazeux séparé par une membrane perméable d’un milieu liquide, le sang. Or, un gaz en contact avec un liquide se dissout, jusqu’à ce que la tension du gaz dissous équilibre celle du gaz extérieur.
Le gaz d’un pneumothorax est environ à la pression d’une atmosphère. Dans le sang, trois gaz sont dissous : le gaz carbonique (3/100 d’admosphère), l'oxygène (4/100 d’atmosphère), l’azote (80/100 d’atmosphère).
Le sang est donc presque saturé d’azote et, par suite, l'azote du pneumothorax n’aura qu’une faible tendance à émigrer de la cavité pleurale dans le sang. Il n’en serait pas de même pour l’oxygène et pour tout autre gaz.
Il cest possible aussi que l'azote ait une certaine action spécifique antibacillaire. Rappelons que M. P. Teissier (1) a constaté, expérimentalement, l’heureuse
(1) Teissier. Injections gazeuses et péritonite tuberculeuse expérimentale, 4 Congrès de la tuberculose, 1898.
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influence des injections d'azote sur la péritonite tubercuieuse expérimentale. Il a constaté aussi que les cultures tuberculeuses sur bouillon ou gélose glycérinée, maintenues au contact de l’azote, sont moins vigoureuses que celles qui vivent au contact de l’air; elles forment un voile transparent et mince, presqu'exclusivement constituées par des bacilles courts, nettement vacuolisés, présentant ces grains Colorés qu’on ne rencontre que dans les vieilles cultures. M. Albert Robin à récemment proposé les inhalations d’air surazoté dans le traitement de la tuberculose pulmonaire (1).
Presque tous les opérateurs ont adopté l’azote. On peut le fabriquer extemporairement en faisant passer l’air atmosphérique à travers l'acide pyrogallique et la potasse ; ce procédé a le tort de compliquer et d’alourdir l’appareil. Il vaut mieux se servir d’azote préparé par un pharmacien, ou d’azote industriel comprimé en bombe et utilisé ensuite à l’aide des ballons servant à renfermer l’oxygène.
L'air stérilisé, préconisé pour la première fois par Potain, a le tort de résorber un peu plus vite que l’azote. En revanche, il est facile à se procurer, il suffit de filtrer, sur du coton, l’air atmosphérique ; aussi est-il préféré par quelques auteurs (Leuret, Balvay et Arcelin).
Deux méthodes principales ont été proposées pour la réalisation du pneumothorax artificiel : la méthode de l’incision préalable et la méthode de la ponction directe.
(1) Bulletin de thérapeutique, 30 octobre 1911.