COMPLICATIONS
Dans un certain nombre de cas, des complications se produisent, qui compromettent parfois gravement le suecès du traitement. Ces complications sont : les épanchements pleuraux, l’évolution de la tuberculose dans le poumon opposé, dans les cas bilatéraux ou même dans des cas cliniquement unilatéraux au début.
1° LES EPANCHEMENTS PLEURAUX. — Ils sont très fréquents, presque constants, au cours de la cure par le pneumothorax artificiel. Ainsi, Saugmann, sur 38 cas, trouve 29 fois un épanchement. Au cours des 13 pneumothorax totaux que nous rapportons, huit fois on a pu constater l'existence d’un épanchement. Dans deux cas, il s'agissait d’une pleurésie purulente; dans un de ces deux cas, il existait un pneumothorax spontané avec fistule pulmonaire ; l’examen bactériologique du liquide n’a pas été fait.
Dans trois autres cas, aucune ponction n’a été faite. Les trois derniers cas ont été ponctionnés, et l’examen cytologique à donné : deux fois une formule lymphocytaire, et une fois une formule polynucléaire. Le liquide était tou- Jours très fibrineux.
L’étiologie de ces épanchements est encore discutée. Le plus souvent, ils sont sans doute de. nature tubereuleuse. Sur nos trois examens cytologiques, nous avons eu deux fois une formule lymphocytaire; dans le troisième examen, les polynucléaires prédominaient, l’épanchement étant de date récente, mais l’inoculation au cobave dans ce dernier cas fut très nettement positive.
-Pans dix-huit cas examinés, Saugmann a toujours conelu
à la tuberculose. L’infection de la plèvre se fait fréquemment par des foyers caséeux qui viennent Ss’ouvrir à la surface pulmonaire (Graetz, Saugmann et Begtrup Hansen).
Dans quelques cas cependant, si la polynucléose persiste, il faut admettre l’infection non tuberculeuse de !a plèvre, les germes étant apportés soit du poumon par une fistule spontanée (obs- 4), soit du dehors par une faute d’asepsie.
Quelques auteurs (Spengler, Brauns, Dumarest), admettent l'existence d’un hydrothorax; l’épanchement serait un transsudat consécutif à la stase sanguine dans le poumon comprimé. On ne peut admettre cette hypothèse dans les cas que nous avons examinés et ou le liquide s’est toujours montré très fibrineux et sans placards endothéliaux.
La physionomie clinique de ces épanchements est très variable (Dumarest). Les épanchements purulents s’accompagnent de phénomènes généraux graves. Les petits épanchements séro-fibrineux sont quelquefois très bien tolérés ; le plus souvent, cependant, ils s’accompagnent de fièvre; bien qu'ils soient utiles à un certain point en aidant à la compression pulmonaire, ils constituent généralement une complication plutôt fâcheuse.
D’après Dumarest, quand il y a de la fièvre, il faut poncetionner et remplacer le liquide par de l'azote. Il semble peut-être, cependant, qu’il vaut mieux s'abstenir de ponctionner, comme dans les pleurésies, tant qu’il y à de la fièvre ; le liquide doit, en effet, se reproduire pendant cette période; il faudrait plutôt intervenir à la défervercence, l'augmentation rapice du liquide faisant craindre des phénomènes de surcompression reste, bien entendu, une intervention d'urgence,
L'infection banale de la plèvre, rare d’ailleurs, sera prévenue par une bonne asepsie. Le gaz sera toujours soigneusement filtré. |
2° L’ÉVOLUTION DE LA TUBERCULOSE DANS LE POUMON SUPPLÉANT, —- Dans les cas d’emblée bilatéraux, nous avons vu que cette évolution n’est pas fatale, et qu’on peut même assister à un arrêt très marqué de l’évolution de ces lésions.
Dans les cas unilatéraux, on a accusé le pneumothorax de faciliter la tuberculisation du poumon sain. Graetz, rappelons-le, accuse l'atélectasie du poumon de favoriser la pénétration des Corps étrangers, et par conséquent des bacilles qui pullulent dans le poumon malade, dans les voies Iymphatiques, et de là dans les ganglions du hile et dans tout l'organisme. Leuret insiste également sur Ce point: dans deux cas de tuberculose ulcéreuse aiguë, après une très remarquable amélioration, il a vu se produire une tuberculisation du poumon sain, dont le début s’est fait dans la région hilaire.
Nous n’avons jamais constaté ce fait chez nos malades strictement unilatéraux. Dans les formes aiguës, il existe sans doute une véritable bacillémie tuberculeuse, qui rend la généralisation du processus à peu près fatale. Peutêtre aussi se produit-il au moment de la compression pulmonaire une « embolie bronchique », le poumon malade vide dans le poumon sain ses cavités pleines de pus. Dans les formes moyennement évolutives, au contraire, l’exagération de lampliation respiratoire, l'élévation de l'indice Opsonique, doivent être pour le poumon suppléant des moyens de défense suffisants pour le mettre à l’abri d’une inoculation,