‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par le pneumothorax artificiel: Méthode de ForlaniniChapitre 7 sur 51 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique

SOMMAIRE

1° Les précurseurs de Forlanini : Carson (1822) ; Ramagde (1832).

2° Le pneumothorax spontané au cours de la tuberculose pulmonaire : son influence curatrice.

3° Les premières publications de Forlanini (1882) ; ses premières interventions (1892). Le pneumothorax artificiel en Amérique (1898). Généralisation actuelle de la méthode à l'étranger (Italie, Allemagne, Danemark, Suisse),

4° Le pneumothorax artificiel en France et dans les hôpitaux de Lyon.

C’est au professeur Forlanini, de Pavie, que revient en grande partie l’honneur d’avoir créé la méthode du pneumothorax thérapeutique. En 1882, il exposait les idées théoriques qui militent en faveur d’une compression pulmonaire: en 1892, il avait la hardiesse de pratiquer le premier pneumothorax thérapeutique,

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Mais Forlanini a eu des précurseurs. Dès le début du xXIX° siècle, même avant, certains auteurs observèrent l’action curative du pneumothorax spontané, pressentirent certaines des raisons qui rendent difficiles la cicatrisation des lésions pulmonaires. C’est ainsi qu’au xvrI° siècle, Baglivi rapporte la guérison de malades atteints de consomption à la suite de plaies pénétrantes de poitrine. En 1822, un physiologiste de Liverpool, Carson, auteur de travaux sur l’élasticité pulmonaire, faisait paraître un mémoire intitulé : « Des lésions du poumon » (1). Dans ce travail, Carson mettait en évidence avec une pénétration vraiment remarquable une des causes qui S’oppose à la cicatrisation pulmonaire : l’élasticité pulmonaire n’est pas satisfaite à l’état normal et les parois des ulcérations pulmonaires sont, par là, maintenues éloignées. Supprimons le vide p'eural par un pneumothorax, l’élasticité sera satisfaite, l’accolement se fera et facilitera la cicatrisation. Carson étudia expérimentalement le pneumothorax, chez le ïapin, mais ne fit aucune tentative sur l’homme.

En 1834, un médecin de Londres, Ramagde, eut, lui aussi, l’idée que la compression du poumon pouvait jouer un rôle utile. Il lui arriva involontairement de créer chez un tuberculeux un pneumothorax qui fut suivi G’une considérable amélioration. A l’autopsie qui fut faite onze mois après, on trouva un poumon presque complètement sclérosé.

Ramagde tenta dans la suite une opération intentionnelle qui fut suivie du meilleur succès.

(1) Nous avons emprunté ces renseignements à un travail des docteurs Piéry et Roshem : Les précurseurs de Forlanini : Carson et Ramagde. Lyon Médical, 15 janvier 1911,

Ces premiers essais tombent alors dans l'oubli : en 1856, Wunderlich ; en 1867, Kohler en font brièvement mention. Vers cette époque, Piorry propose de provoquer par des poids où par un bandage compressif le rapprochement des parois pulmonaires, afin de faciliter leur cicatrisation (1). Cependant, certains faits avaient préparé les esprits à l’idée du pneumothorax artificiel; c’étaient les observations de guérison de tuberculose pulmonaire à la suite de pneumothorax spontanés ou d’épanchements pleu- TAUX.

Ces incidents de la tuberculose furent d’abord considérés comme des complications sérieuses (Andral, Richeteau, Legendre, Barlow, Saussier). Mais, en 1838, Stokes, Houghton; en 1843, Bach, publient des cas de pneumothorax spontané, suivis de guérison.

Richter, en 1856, publie un cas de tuberculose guérie à la suite d’un épanchement pleural. Traube inspira la thèse de Toussaint (Paris : 1880).

Les cas de pneumothorax spontanés suivis de guérison se sont multipliés dans ces dernières années.

Citons entre autres les cas rapportés, en 1887, Adams (The Lancet) et Spath (Uber die Beziehungen der Lungencompression zur Lungentuberkulose); en 1894, par Forlanini.

Spengler rapporte des cas analogues. Galliard (1897 : Semaine médicale), parle chez les .tuberculeux de pleurésies providentielles; Mosheim de pleurésies salvatrices.

(1) En 1905, Stuart Tidey a repris cette idée et proposé la compression par des bandes de sparadrap.

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Enfin, signalons les trois cas récents de Steinbach où le pneumothorax spontané fut suivi d’amélioration. Dans un des cas, la mort survient par empyème; on trouva à l’autopsie une transformation fibreuse des régions comprimées.

Dès 1882, avaient paru dans la « Rivista degli Ospedali » les premiers articles de Forianini. Ils reposaient sur une vue purement théorique et non sur ces anciens faits d’observation clinique. Voici quelles étaient ces idées théoriques :

« Les microorganismes pathogènes pénètrent dans le poumon et y donnent lieu à des manifestations anatomiques et anatomo-pathologiques qui, d’une façon générale, sont ceux de l’inflammation. (Exception faite, pourtant, du nodule tuberculeux primitif dans sa forme classique.)

Dans un second temps, les produits du processus et le pareuchyme pulmonaire qu’ils occupent subissent la dégénérescence caséeuse et principalement à cause de ce fait (sans exclure d’autres causes secondaires), que le poumon subit des mouvements respiratoires. Déduction facile à trouver : la suppression des mouvements respiratoires arrête le processus destructeur ; le processus infectieux et ses produits se résolvent et disparaissent comme dans les autres organes et tissus.

Autre déduction thérapeutique : l’immobilité du poumon phtisique, obtenue dans les conditions les meilleures, en pratique, par le pneumothorax artificiel, conduit à la guérison ».

Le premier travail de Forlanini date de 1882. Mais ce ne fut qu'après dix ans d’hésitations que Forlanini se

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