‹ Traitement de la tuberculose pulmonaire par les injections hypodermiques de solutions concentrées d'huile créosotéeChapitre 10 sur 23 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Là créosote n’est pas, évidemment, le spécifique de la tuberculose et nous croyons que son action s'exerce moins sur le bacille lui-même que sur le milieu pulmonaire et sur l'état général du malade.

Le professeur Bouchard a pourtant démontré que le bacille de Koch meurt dans une solution alcoolique de créosote au 1/1000 (1) et ne se développe pas dans du

‘bouillon peptonisé etglycériné suivant la formule de M. Rocard, si on y ajoute 80/1000 de créosote. |

Ce qui nous a surtout frappé depuis que nous l’employons, c’est la rapidité avec laquelle, sous son influence, se tarissent les sécrétions pulmonaires et l’extraordinaire amélioration qui se produitdans l’état général de l'individu.

Les observations XIV et XVI nous montrent des malades non tuberculeux qui, traités par la créosote, augmentent de poids d’une façon extraordinaire en très peu de temps, en même temps que leur état local s’améliore.

C’est à cette heureuse action de la créosote sur le poumon irrité par la présence d’un bacille que nous attribuons en grande partie le bienfait qu’en retirent nos malades.

Nous ne croyons pas en effet que la créosote tue l'agent pathogène de la tuberculose et s’il disparaît sous son in-

(1) Ce n’est pas l'alcool qui stérilise la matière tuberculeuse, puisqu'on peut faire des inoculations avec des tubercules ayant séjourné 24 heures dans l'alcook

(BoucHARD).

Mesh lues

fluence, c’est parce que le poumon, heureusement modifié par le médicament, devient un mauvais milieu de culture et peut ainsi être vainqueur dans la lutte de ses éléments contre le bacille.

La créosote nous semble agir aussi comme tonique général ; cette action fortifiante est connue depuis longtemps, et nous nous souvenons qu’au dernier congrès de la tubereulose à Paris, M. le D’ Gimbert, de Cannes, un des pères du procédé de l'administration de la créosote par la voie endermique, insistait surtout sur cette propriété bienfaisante de la créosote qui, disait-il, est tellement appréciée par les malades eux-mêmes, que lorsqu'ils ont commencé à ressentir cet effet, ils réclament instamment la continuation du traitement.

Nos malades eux aussi ont éprouvé cet effet et l’un d’eux en rendait admirablement la sensation en nous disant: « Monsieur, quand vous me piquezavec votre drogue, cela me donne du cœur et me ranime comme un verre de rhum après une longue marche ».

Nous n’insistons pas davantage sur l’heureuse action de la créosote. Depuis les remarquables travaux du professeur Bouchard et de ses élèves, son efficacité est peu discutée.

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