‹ Traitement de la tuberculose rénaleChapitre 7 sur 22 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Pourquoi nous préférons le traitement médical

à l’intervention précoce,

Les interventionnistes nous disent : « Nous enlevons le rein tuberculeux dès le diagnostic posé, parce qu’en enlevant le foyer primitif, nous empêchons la contamination de l’autre rein ». Cependant plusieurs auteurs et en particulier M. Le Fur soutiennent que la tuberculose rénale est toujours $econdaire à un foyer iatent de tuberculose pulmonaire, intestinale ou ganglionnaire. En enlevant un rein atteint, nous n'enlevons pas du tout le fover primitif et si le malade reste dans les mêmes conditions favorables au développement de la tuberculose, il conservera les mêmes chances de tuberculiser son second rein. Témoins l'observation

de Papin (1) à la Société d’'Anatomie.fl rapporte l'histoire d’un malade qui avait subi une néphrectomie et qui vient mourir # ans après de tuberculose de Vautre rein. Le rein restant qui est très volumineux avait d'abord fait del hypertrophie compensalrice, puis une tuberculisation secondaire. Et comme Petit prend la parole pour dire que le rein resté devait être déjà tuberculeux au moment de l'opération, Cornil avec sa haute compétence, lui répond que si ce rein avait été déjà altéré, l’hypertrophie compensatrice n'aurait pu se produire. (

C’est peut-être même un des dangers de la néphrectomie quede faire oublier qu’il reste des foyers latents de tuberculose, foyers qui peuvent se réveiller, infecter l’autre rein, et dont il importe au plus haut point d'obtenir la guérison: la maladie n’est pas du tout guérie parce qu'on à pratiqué. l'opération. Il est RAS ARTEARE d'instituer encore un traitement approprié pour faire disparaitre les derniers tiers de la tuberculose dans l’organisme.

Quel sera l’avenir de ce malade néphrectomisé, | sil infecte plus tard son second rein, puisque des chances d'infection persistent ? Luttera-t-il avec autant d'avantages ? Evidemment non. Au contraire, nous verrons dans un chapitre suivant combien un malade peut lutter longtemps avec des lésions bila-

. 4) Société Anatomique : Juillet 1906

HAE es

térales. Le professeur Albarran cite le cas d’un abbé qu'il suit depuis 12 ans et qui malgré des lésions doubles très avancées vaque à ses occupations et fait son service.

II. La seconde objection est celle-ci : « Vous attendez que le malade soit cachectique pour Popérer ». Un tuberculeux ne devient pas cachectique en quelques jours. Quel est le chirurgien qui, dès le premier jour,fera une amputation de la cuisse pour une tumeur blanche du genou ; et cependant si les lésions deviennent graves et étendues, sison malade se cachectise par la suite, il n’hésitera pas à extirper le foyer malade, source d'intoxication. En médecine ‘état général sert à chaque instant de Critérium et il n'est pas besoin d’un sens clinique très avisé pour percevoir le moment où un malade commence à décliner. D'ailleurs, nous fournissons à l'appui de notre opinion les observations (à VI) concernant des malades parfaitement guéris par une néphrectomie faite après l'échec du traitement médical.

Evidemment,il y a desrechutes., Après une période variable de tranquilité, le tuberculeux est repris des mêmes accidents. Mais cette rechute assombrit-elle le pronostic ? Pas du tout. Nous agirons comme la première fois ; nous instituerons le traitement médicaletnous comporterons d’aprèsle résultatobtenu.

Certains tuberculeux rénaux soignés médicalement par le docteur Le Fur restent guéris depuis 3, 5 7, 40 et 11 ans. (Observations : de VIFA XVI).

Leurs urines sont claires sans pus ni bacilles. Ils ont engraissé de plusieurs kilogs, ils jouissent de tous les attributs de la santé. Quand faudra-t-il donc parler de guérisons si ces longues interruptions de

la maladie ne suffisent pas ?

Le professeur Albarran a eu des nouvelles de 77. de ses opérés. 50 se portaient bien ; 47 conservaient des phénomènes de cystite, 10 étaient morts. Sur les 50 cas de guérisons, 3 seulement étaieht opérés depuis 9 ans, 14 depuis 6 ans, 22 depuis 2 ans. D'après ces dates il me semble que nous pouvons parler de guérisons chez nos malades n'ayant eu aucune manifestation bacillaire depuis 12 ans,

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