AT
D. Le curellage. — Le raclage à la eurette tranchante fut d’abord pratiqué par Hébra, puis par Pick et Auspitz. Assez souvent ullisé depuis, il a été rarement employé seul, nous le regardons comme un mode dangereux de traitement dont 1l doit tout au plus constituer la première partie.
Le curettage offre en effet, de nombreux inconvénients et de bien médiocres avantages. Il n'en aurait même, pour nous, qu'un seul: celui de préparer la surface ulcérée à l'action du fer rouge ou des caustiques, lorsque le fond trop bourgeonnant, trop anfractueux permet difficilement une application méthodique et régulière:
Employé seul, le curettage, comme du restele bistouri, peut disséminer l'agent parasitaire probable de l’épithélioma, mais aussi donner presque fatalement un coup de fouet à la tumeur qu'ilirrite fortement, sans la détruire en totalité.
Aussi, faut-il toujours apporter un correctif lorsque son emploi devient nécessaire : mieux vaut ne pas l'utiliser du tout, que de l'employer seul.
- Gaucher est très nettement hostile à ce mode de traitement et l’a condamné à maintes reprises.
En outre, le raciage est fort douloureux autant et plus peut-être que le bistouri ; c’est une véritable intervention chirurgicale, les avantages en moins.
Carle, de Lyon, rapporte à ce sujel une observalion typique. Il s’agit d'un homme de 47 ans, dont l'épithéliome a débuté il y a dix-huit ans, soit à 29 ans. Ce cas chez un jeune, qui aurait dû être à marche rapide, évoluait cependant avec une bienveillante lenteur, puisque onze ans après le début l’ulcération égalait un franc. Un grattage à la curette amène une guérison éphémère ; quelques mois après, on assistait à une récidive à marche rapide
RU rss
avec une ulcération égalant cinq francs. On pratiqua un nouveau curetlage, mais on le fait suivre, cette fois-ci, d'une cautérisation ignée énergique : survientalors une guérison qui semble être définitive.
E. La cautérisation ignée.— Nous venons de parler de la cautérisation ignée comme d’un heureux correctif du curettage. C’est que le fer rouge est un des bons, osonsle dire, le meilleur moyen de destruction des épithéliomas cutanés. [ n'ya pas d’hémorragie, la douleur un peu vive au moment de l’application dure peu ; aussi son application est-elle généralement assez volontiers acceptée par le malade.
Mieux que n'importe quel topique, le fer rouge détruit des points précis ; c’est le caustique instantané et réglable par excellence.
ILoffre sur le bistouri deux grands avantages : peu ou pas de perte de substance, ce qui évite de recourir aux opérations auloplastiques ; ensuite, si on n'a pas pu tout détruire une première fois, il est très facile de faire de nouvelles applications. lei, on n'irrite pas la tumeur; c'est une destruction partielle limitée au point d'application qui amène d'autant moins d'exaltation de la marche de la tumeur, que la réaction inflammatoire consécutive est intense mais de courte durée. Un autre avantage est de pouvoir être appliqué même à des lésions très étendues.
La lechnique est des plus simples, c'est celle que nous avons vu employer par notre maître, M. le professeur Truc. Après décapage et chute des croûtes, on plonge dans le Lissu épithéliomateux soit le galvanocautère, soit la pointe-fine du thermo-cautère. Ces pointes de feu, assez profondes pour atteindre la face profonde de l’induration, seront juxlaposées et nombreuses surtout sur les bords,
de façon à former une couronne de tissu cicatriciel. C’est, en somme, lignipuncture interstitielle et fragmentée, recommandée par Besnier.
Les points qui, à la suite d’une première intervention auraient conservé leurs caractères épithéliomateux, seront détruits dans une seconde, puis dans une troisième et quatrième séances, etc. Ces séances, selon la réaction, seront faites à 5, 10 ou 15 jours d'intervalle.
De quelle façon agit la cautérisation ? Il y aurait, en premier lieu, une destruction purement matérielle de la néoplasie ; en second lieu, réaction locale et appel phagocytaire qui en résulte. On a voulu y voir une troisième action quinous paraît beaucoup plus douteuse : ce serait un processus de sclérose dû aux cicatrices interstitielles résultant des pointes de feu : tissu fibreux ou secléreux qui opposerait une barrière résistante à l'envahissement de nouveaux bourgeons.
Or, la nature du tissu cicatriciel présente encore nombre d’obscurités et nous avons en vain, dans l'examen histologique de notre observation IX, cherché trace de uissa fibreux. Bien qu'on füt en présence d’une récidive, nous aurions dû trouver quelques reliquats de tissu fibreux: il n’en a rien été et cependant l’examen a été fait-en coupes sériées.
Quoi qu'il en soit, les observations ci-dessous montrent s’utilité de ce mode de traitement.
OgservaTION VII
(Inédite. — Service de M. le professeur H. Truc)
Jullien C..., 85 ans, mécanicien.
Antécédents héréditaires. —- Nuls. ù
Antécédents personnels. — Ne se souvient pas d’avoir eu de maladies antérieures. Vers l’âge de 20 ans, chute de bicyclette: décollement du cuir chevelu de la région pariétale droite sur une étendue de 5 à 6 centimètres; guérison sans complications.
À 22 ans, névralgie faciale, partant de l'angle du maxillaire inférieur droit. embrassant toute la région temporale du même côté et venant même s'irradier dans la région frontale. Origine probablement dentaire, le malade ayant remarqué que son début avait coïncidé avec l'avulsion de deux dents cariées à droite et en bas. Ces douleurs apparaissent et disparaissent d’une façon très irrégulière, mais semblent cependant exacerbées par le temps humide et froid. Durée 5 à 6 ans: pas de traitement pendant tout ce laps de temps. Disparition rapide sous l'influence d’un traitement que le malade ne peut
préciser.
Pas de syphilis ni aucun symptôme de spécificité. Antécédents oculaires. — En août 1900, l'œil droit devient
larmoyant et, en novembre de la même année, apparaît vers la région de l'angle interne O. D. à 2 ou 3 mm. au-dessus de la commissure palpébrale, un pelit bouton qui reste stationnaire quelque temps et se présentait en janvier 1901 avec une couleur rouge violacée. À cette époque et bien que le malade ne ressentit aucune douleur, il vint se présenter dans le service
PrancHe I
Les traits foncés sont les lignes cicalricielles qui délimitent les lambeaux. La grandeur du lambeau triangulaire qui a servi à reconstituer la paupière inférieure montre de quelle importance élail la perte de substance. Il est très regrettable qu'on n'ail pas songé à photographier le sujet avant toute intervention.
ee
Prancae Il