III. — Le diagnostic
Le diagnostic de cardiothyréose’ implique évidemment |
l'existence de symptômes thyroïdiens et de symptômes cardiaques. Or, en clinique, le problème se pose de la façon suivante :
1° Ou bien les troubles d’insuffisance cardiaque sont au |
premier plan : m’auraient-ils pas une origine basédowienne ? Nous ne développons pas davantage cette question, ayant déjà vu ce qu’il fallait en penser à propos des formes
monosymptomatiques de l’hyperthyroïdie. On doit retenir
cependant qu’il faut toujours y songer en cas d’une insuffisance. cardiaque sans étiologie précise, surtout si elle résiste à la thérapeutique tonicardiaque habituelle.
2° Ou bien le malade est sans discussion un hyperthyroïdien. Reste à savoir s’il est aussi un cardiaque. Or deux écueils, qui ont une conséquence thérapeutique importante, sont ici à éviter :
a) Se hâter de croire à une cardiothyréuse à la simple consiatation de palpitations, d’algies précordiales et de tachycardie intenses, tous signes qui appartiennent simplement au cœur basedowien.
b) Attendre, au contraire, que le AO soit évident, c'est-à-äire attendre l'apparition d’une arythmie complète ou d’une insuffisance cardiaque caractérisée.
La difficulté est précisément de découvrir les premiers symptômes qui marquent non point la simple réaction du cœur à l’hyperthyroïdie, mais son atteinte propre. Voici quelques signes qui peuvent, servir à établir un diagnostic précoce de cardiothyréose,
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A. — Signes fonctionnels.
1° Les palpitations et les douleurs précordiales ne sont que des phénomènes banaux chez un hyperthyroïdien. Elles nécessitent pourtant un examen électrocardiographique, car l'apparition d'accidents cardiaques encore latents peut en provoquer la recrudescence,
2° La dyspnée, au contraire, prend une grandes valeur is: elle est différenciée par le malade des sensations génantes qu’apporte la tachycardie.
B. — Signes physiques.
1° Les tachycardies très marquées — au-dessus de 130 — témoignent d’une thyréotoxicose in‘ense et il est rare, en pareille circonstance, que le cœur soit absolument indemne.
2° L’augméntation de volume du cœur a une grosse valeur : cliniquement, la pointe est abaïissée et déviée à gauche ; radiologiquement, l’hypertrophie porie sur tous les diamètres.
8° L’auscultation n'apporte que rarement des données d'intérprétation facile. En effet, les souffles extracardiaques sont fréquents chez les basedowiens et ne traduisent donc pas forcément un mauvais fonctionnement myocarditique. D'autre part, il peut y avoir des souffles valvulaires dus à un rhumatisme antérieur où à une artériosclérose concomitante. Il faut donc éliminer ces deux éventualités avant
de conclure à un souffle d’insufisance mitrale fonctionnelle, témoin de la dilatation du cœur.
4° La mesure de la tension artérielle apporte des rensei- gnements importants. La constatation d’une arythmie de tension témoigne de façon précoce et indiscutable d’une insuffisance ventriculaire. D’autre part, dans le « cœur basedowien » la différentielle est élevée, avec une maxima à 16, 18 et une minima normale.
Au contraire, la convergence des chiffres tensionnels traduira la défaillance ventriculaire, même à ses débuts.
En résumé :
1° La dyspnée d'effort,
2° L’hypertrophie cardiaque,
93° La tachycardie élevée,
4 Les modifications tensionnelles,,
sont les éléments qui, avant les grands signes de défaillance, témoignent d’une insuffisance cardiaque certaine. Ils jusüfieront une orientation nouvelle de la thérapeutique, puisqu’ils marquent le début de lère cardiaque de lhyperthyroïdie.
4 Le pronostic.
Toute cardiothyréose livrée à elle-même a une évolution fatale et les sujets succombent à l’insuffisance cardiaque qui en est la conséquence. En règle générale, la mort survient après une longue phase d’asystolie. Rarement elle trappe brutalement des malades que l’on croyait résistants.
Un pronostic aussi sombre nécessite donc la thérapeutique de choix qu'est Ja thyroïdectomie,
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