‹ Traitement des adénites tuberculeuses du couChapitre 8 sur 20 · DIFFÉRENTS MODES DE. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTS MODES DE. TRAITEMENT

Il était évident que de nombreux procédés de traitement devaient être recherchés pour combattre l’adénite cervicale tuberculeuse et les malformations gènantes qu’elle occasionne.

Les traitements les plus divers ont été préconisés ; nous ne nous attacherons seulement qu’à ceux qui semblent avoir donné des résultats sérieux. Nous sommes loin du temps où l’on attribuait aux rois le pouvoir de guérir, en les touchant, les scrofuleux (Le nom de mal du roi est encore conservé en Bretagne aux manifestations scrofuleuses).

L'antisepsie fit faire un grand pas au traitement de ces affections et avec elle une méthode très ancienne remontant jusqu’à Gallien reparut plus vivace.

Pourtant, dès le début, une controverse, qui n’est pas encorc réglée, s'établit entre médecins et chirurgiens. Les uns, comme Jeannel, s’appuient pour combattre l’extirpation sur la rapidité de diffusion du bacille tuberculeux; les autres prétendent que ces bacilles sont trans-

portés au loin par réinoculation opératoire (Verneuil) et par les lymphatiques qui rayonnent du ganglion malade. En face de cette méthode se placèrent donc d’autres traitements, nés également de l’antisepsie. On chercha à attaquer le bacille. autrement que par le bistouri et à le détruire par différents agents antimicrobiens introduits dans l’organisme.

Quels arguments sérieux contre l’ablation chirurgicale faisaient donc hésiter beaucoup de médecins. Les principaux sont que malgré les succès apparents de cette méthode, il faut reconnaitre :

Qu'elle est rarement complète, car alors même qu’elle enlèverait tous les ganglions malades, elle ne peut débarrasser l’organisme des trajets lymphatiques unissant entre eux ces divers ganglions, et qui sûrement sont malades aussi bien que ces ganglions mêmes.

Qu'elle est impraticable dans quelques cas lors de grappes polyganglionnaires disséminées sur une large surface ou de ganglions profondément situés et adhérents aux gros vaisseaux, ou d'énormes paquets ganglionnaires fusionnés par une espèce de gangue de même nature.

Qu'elle laisse des cicatrices apparentes, étendues et indélébiles, qui ne manquent pas de por-

ter préjudice aux malades.

= Sans compter les accidents opératoires dont nous parlerons plus tard.

Se

En présence de tous ces inconvénients, on chercha, nous le répétons, à combattre le bacille d’une autre façon, à imprégner les tissus malades d’un agent antiseptique qui détruise le bacille ou rendre le terrain habité par lui, lmprôpre à son existence. De là donc, deux méthodes bien tranchées, évidemment dominées et secondées toutes deux par le traitement général. |

Nous avons, en effet, signalé la fréquence de l’adénopathie chez les enfants, et il est incontestable que chez beaucoup d’entre eux la guérison est spontanée. Est-ce à dire que cette adénopathie n'ait eu rien à voir avec le bacille de la tuberculose ? | |

ILest maintenant bien reconnu que la tuberculose locale peut guérir et beaucoup d'enfants ont. pu triompher de l’adénite tuberculeuse, grace à une hygiène bien entendue et à. une médication bien appropriée.

Les toniques; l'huile de foie de morue, le quinquina, l’arsenic, l’iodoforme, les stations maritimes constituent la base de ce traitement. Sous son influence, l’état général se relève souvent au point de pouvoir lutter avec avantage contre le bacille de Koch. Les résultats obtenus à Berck-sur-Mer, plaident assez en. faveur du bienfait apporté par les stations maritimes. Nous avons été à même de Île constater en Bretagne où l’adénite tuberculeuse

DUHAMEL n

est fréquente, surtout dans certains endroits. Des établissements au bord de la mer fondés par des sociétés diverses sont en réalité pour le pays un des plus grands secours qu’on ait pu lui apporter. |

Malheureusement ce traitement n'est pas toujours suffisant et bien des enfants reviennent de ces hôpitaux comme ils étaient partis, et l'on constate la persistance des ganglions. Chez l’adulté le traitement général a encore moins d'influence que chez l’enfant et une indication de thérapeutique plus énergique devient néces- saire. en

Pour îés adversaires de l’extirpation, plusieurs voies se présentent alors pour introduire dans organisme le médicament anti-tuberculeux :

le tube digestif, mais l’estomac supporte diffi-

cilement cértains médicaments à moins qu'ils ne soient très dilués, et c’est le cas pour ceux que l’on emploie contre la tuberculose: La voie intestinale préconisée ces temps derniers par le D' Révillet n’offre pas les mêmes inconvénients. L'absorption est rapide et suffisante, mais on lui préfère généralement la méthode hypodermique qui permet d'employer à la fois de plus grandes quantités de médicaments.

Un procédé fut dès lors en vogue, nous voulons parler des injections d'huile créosotée sur lesquelles M. Denoy à fait une thèse à propos du traitement des tuberculoses ganglionnaires du

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cou. Il est certain d’après les observations qu'il nous rapporte qu’une amélioration notable a été apportée dans l’état général des malades. Nous avons été à même de constater le bon effet produit par la créosote, chez les tuberculeux, mais obtient-ou un résultat complet ? Dans aucune des observations de M. Denoy nous ne voyons que les ganglions aient disparu. Néanmoins ilest certain que cette méthode peut

prendre rang dans la thérapeutique à cause de

l'amélioration qu’elle amène, et les inconvénients (troubles gastriques et albuminurie) qu’elle entraine, peuvent être évités si l’on surveille attentivement le malade et la marche du traitement. Le malade engraisse, les ganglions diminuent de volume, les lupus se détergent et ont tendance à la cicatrisation. Nous ne saurions trop recommander de veiller à ce que la créosote employée soit pure, et nous renvoyons à la thèse de M. Denoy qui indique les moyens pratiques de s’en assurer. Au lieu de créosote on peut employer le gaïacol qui n’est d’ailleurs que le principe actif de celle-ci.

D'autres médicaments furent encore employés en injections hypodermiques et dans le même but, Besnier et Morel-Lavallée se servirent de l’huile iodoformée à l’eucalyptol, préparation qui a le désavantage sur la créosote de ne pouvoir être absorbée aux mêmes doses. On obtient par la méthode de ces injections modificatrices

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