‹ Traitement des adénites tuberculeuses du couChapitre 9 sur 20 · LEUR · texte numérisé non relu

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que nous appellerons générales, des succès assez sensibles comme on le verra dans Îles observations qui suivent. En tous cas, on le verra plus tard, elles peuvent préparer la voie à une intervention plus énergique.

D’autres cherchèrent à attaquer le ganglion lui-même et à amener la guérison par des injeclions locales destinées à détruire directement le bacille ou à l'anéantir par la sclérose des tissus ganglionnaires et périganglionnaires.

Luton de Reims fut le promoteur de ce procédé. Les injections de teinture d’iode (Richelot), de liqueur de Fowler (Reclus), l’eau phéniquée à 3 pour 100, le chlorure de zinc (Bouchut), la solution de nitrate d'argent, peuvent aussi amener des modifications favorables. Les injections de naphtol camphré eurent un moment de grande vogue lors de l’apparition du

naphtol dans la thérapeutique. M. Schwartz a

obtenu par ce procédé la guérison, incomplète il est vrai, mais les ganglions diminuaient rapidement de volume, s’induraient et n’avaient pas tendance à la récidive. Des observations prises à l’hôpital de Moisselles et fournies par M. Beurnier viennent encore confirmer ces heureux résultats. |

L'iodoforme fit son apparition en 4881. Ver-

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neuil le préféra dès ce moment à toutes les autres préparations et l’appliqua à toutes les phases de l’adénopathie tuberculeuse.

Le ganglion n'est-il pas caséeux, des injections répétées d’éther iodoformé à 10 0/0 amènent l’induration du ganglion. M. Verchère, qui a exposé la technique de cette méthode, prétend avoir obtenu les mêmes résultats avec l’éther simple. Le rôle de Piodoforme dans ce cas partis culier serait done secondaire.

Le ganglion est-il suppuré, la ponction doit précéder l'injection, et cette combinaison répétée deux ou trois fois, à un mois six semaines d'intervalle, àmène la guérison.

Mais où cette méthode devient insuffisante, c'est dans le cas d’un énorme paquet ganglionnaire, ulcéré et fistuleux. Les injections qui devraient alors être très fréquentes n’agiraient que très lentement et n’auraient toujours qu’une action locale. On devait alors songer à traiter le ganglion comme un adéno-phlegmon.

Le grattage avec la curette tranchante, la destruction au thermo-cautère des masses fongueuses suivis d’un pansement à l’iodoforme donnent alors des résultats reconnus par tous.

Néanmoins l’extirpation a encore même dans ce cas des partisans à outrance, comme Bruhn, Téale. Quoi qu'il en soit il nous semble que c'est à cette méthode dans le cas de masses ganglionnaires ulcérées que l’on doit donner la

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préférence. Nous citons à ce sujet des abservations où l’incision suivie d’un eurettage soigné a donné des améliorations énormes. Les injeclions d’éther iodoformé peuvent d’ailleurs précéder le curage et les deux méthodes semblent merveilleusement s'associer. ensemble. Trélat dans sa clinique chirurgicale dit : & Vous avez pu voir chaque jour les excellents résultats des injections iodoformées que nous pratiquons dans presque tous les abcès froids ganglionnaires ou autres. C’est là une méthode simple et le plus souvent efficace qui ne saurait être trop recommandée. Aussi avons-nous établi pour ainsi dire comme règle dans-notre service la pratique suivante. Deux ou trois injections d’éther iodoformé sont pratiquées dans le foyer tuberculeux à un mois ou six semaines d’intérvalle, Si après la troisième injection la guérison n’est pas obtenue, le foyer est largement ouyert au bistouri, gralté à la curette tranchante et alors la paroi de la poche a été si heureusement modifiée par la contact prolongé de l’iodoforme que nous oblenons presque toujours la réunion immédiate de la plaie, ».

Reste done la méthode :de l’extirpation sur laquelle on a tant diseuté et que nous vayons

actuellement se répandre de plus en plus dans la pratique. Nous avons déjà parlé dans cet

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aperçu des différents traitements de l’adénite tuberculeuse, de quelques arguments invoqués contre cette méthode. En 1884, la Société de - Chirurgie se prononçait presque complètement contre l’ablation des ganglions et cherchait à combattre la généralisation de cette opération. Opérant dans une région si riche en vaisseaux, il importe que le chirurgien possède la connaissance exacte de son anatomie, une main sûre et un sang-froid éprouvé. Outre les arguments théoriques, les accidents opératoires sont à craindre. Sans parler des accidents bénins tels que : fistules lymphatiques, angines, on a en effet à relater des observations de cas de mort par entrée d’air dans les veines jugulaires (La dernière a été publiée par M. Reynier en 1888). C’est après un rapport de M. Chauvel sur un cas de mort par septicémié à la suite d’extirpation de ganglions cervicaux (hémorrhagie de la carotide ét gangrène du cerveau) que la Société de Chirurgie s’émut des dangers de l'opération. On peut encore provoquer des accidents terribles en lésant les nerfs récurrent ct pneumogastrique.

Mais il nous semble d’après nos recherches et ce que nous avons vu faire que l’ablation des ganglions tuberculeux est moins grave qu'on ne l'avait jugé. En effet, même avant la méthode antiseptique, Magniez pratiquait à l’hôpila de Saint-Quentin plus de deux cents extir-

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pations el accusait seulement quatre morts. De 4830 à 1840 Larrey, Roux, et plus près de nous Billroth, Riedel, Fischer pratiquent l’extirpation et n’avouent que quelques insuccès opératoires. Dès 1854, Larrey écrivait : « Un fait général, un fait surprenant tout d’abord bien constaté par Les chirurgiens qui ont pratiqué l’extirpation des tumeurs ganglionnaires du cou et surtout par les chirurgiens des hôpitaux ; c’est le succès habituel, je dirai presque constant, des opérations de ce genre.

Elles sembleraient véritablement se soustraire aux chances de la plupart des opérations mème minimes et aucune théorie, aucune objection ne saurait détruire la réalité de ce fait.

Il m'avait étonné lorsque j'ai vu faire et fait moi-même les premières ablations de ces sortes de tumeurs, 1] m'a laissé depuis la conviction d’un résultat exceptionnel en chirurgie ».

Il nous semble que loptimisme est poussé un peu loin par M. Hyppolite Larrey et nous lui opposerons ces conclusions de M. Chauvel, ces deux conclusions nous semblant être les deux opinions extrêmes à propos de l’ablation des ganglions. « Ce n’est qu'après l'emploi des bains de mer, après un séjour prolongé à la campagne et s’il est possible dans un pays sec et chaud, après l'emploi des toniques, de l’iode, des révulsifs, que je me déciderais à intervenir. Encore bornerais-je mon intervention à l’ouver-

ture des abcès par les caustiques, au grattage et au ràclage des foyers caséeux, à la destruction des tissus envahis et altérés profondément sans tenter l’extirpation radicale des ganglions », et plus loin. « La guérison de la plaie opératoire n'est pas la guérison du mal et des observations nombreuses, des succès constatés après des années pourraient seuls m’'amener à devenir partisan d’une opération difficile et non sans dangers ». :

Actuellement les observations suivies de succès sont moins rares, et pour s’en convaincre on n’a qu'à se reporter à une thèse remarquable de M. Manson à ce sujet. Entre les deux opinions extrêmes émises plus haut, il faut reconnaître que l’ablation des ganglions tuberculeux compte de nombreux cas de succès, mais qu'il ne faut l’'employer que dans certains cas. Bien exécutée, et au bon moment, elle amène, d’après M. Cazin de Berck-sur-Mer « la rapidité de la cure, la persistance des guérisons, la diminution notable de la durée du traitement et des terminaisons par phtisie pulmonaire. » Il n'entre pas dans notre place de donner le manuel opératoire de l'intervention chirurgicale, ce sujet ayant élé traité plus d’une fois.

Notre but, et c’est pour cela que la forme et la

marche de l’adénite tuberculeuse nous était indispensable à bien connaitre, d'adapter chaeun de ces traitements au stade auquel il

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