L. DANION
quina, de l'iodure de potassium, toute la série des fortifiants, parla d'ajouter au traitement l'application de pointes de feu, et l'immobilisation dans un appareil.
Avant d'accepter cette dernière partie du traitement, la malade voulut consulter le D'' U... de Valence. Il conseilla l'immobilité complète pendant quinze jours, des badigeonnages iodés, et au besoin, si l'amélioration tardait, des vésicatoires. Au bout d'un mois, grande amélioration, mouvements progressifs, bains de vapeur, une saison à Aix-les -Bains. Il existait toujours des douleurs, l'articulation était loin d'être dégagée, mais l'état était supportable.
Telle étaitlasituationlorsque M™" St.-C..., au moisde février 1884, fut atteinte, à Romans, d'une maladie épidémique, qualifiée fièvre bilieuse par le médecin de la localité. Pendant le cours de la maladie, les douleurs furent peu vives, mais à l'entrée en convalescence, elles devinrent aiguës, et le bras fut atteint de paralysie complète. Le plus petit mouvement volontaire ou artificiel produisait un choc épouvantable (sic) dans le coude.
L'état de la malade ayant été considéré comme très grave, le bras fut immobilisé. Les règles qui avaient été supprimées depuis trois mois reparurent, et à ce moment lés doigts reprirent un peu de mobilité. Au bout de deux mois d'immobilité complète, des applications de cataplasmes de farine de graine de lin furent conseillées, et dans le courant de juin, un abcès, qui menaçait depuis longtemps, finit par s'ouvrir à la partie posléro-externe du coude. Ecoulement très abondant pendant quelque temps. Une saison à Bourbonne, au mois d'août (trente bains, vingt douches), produisit une légère amélioration, mais la malade était dans l'impossibilité de maintenir l'avant-bras fléchi sur le bras, sans le secours de la main droiti^ La douleur était trop violente pour qu'il fût possible de songer aux douches locales. Le repos fut conseillé en attendant la prochaine saison. Pendant septembre et octobre, grandes lassitudes, perte d'appétit. En novembre, pleurésie suivie de symptômes de bronchite suspecte. Pendant cette période, le bras est redevenu aussi malade qu'antérieurement.
Au mois de janvier, à la suite d'une amélioration de l'état général suftisante pour me permettre de commencer le traitement éleclrothérapiquC; voici quelle était la situation locale. La paralysie du
membre supérieur est complète; à peine quelques mouvements des doigts subsistent-ils. Les muscles de l'épaule, du liras et do Pavantbras, sont considérabiement atrophiés. Les mouvements ciimmuniqués de l'épaule ne sont douloureux que lorsqu'on cherche à leur donner une certaine étendue [Pseudo-ankylose d'immobilisation). Coude tuméfié, rouge surtout à la partie externe qui est le siège d'une fistule qui s'ouvre de temps à autre pour laisser s'écouler une sérosité sanieuse, très légèrement purulente. C'est l'occasion d'une recrudescence dans les douleurs dont l'articulation est le siège. Ces douleurs présentent des exacerbations fréquentes, et sont souvent assez violentes la nuit, pour rendre le sommeil extrêmement difficile et parfois impossible. Les mouvements de flexion et d'extension communiqués de l'avant-bras sont très douloureux et très limités; ils produisent des craquements très accusés. Les mouvements de pronation et de supination donnent lieu aux mêmes phénomènes, à un degré encore plus marque. Les articulations du poignet et des doigts sont indemnes.
J'employai exclusivement la faradisation, de janvier à juin (45 séances), à partir de ce moment, j'intercalai un certain nombre de séances de courants continus. Voici les résultats qui furent obtenus exclusivement par la faradisation (bobine induite, et extra-courant). Les mouvements de Tépauln, qui étaient très limités par suite de rimraobilité prolongée du membre, se développèrent. Au bout de quatre à cinq séances, et presque en même temps reparurent les mouvements volontaires du bras. Au bout de la onzième ou douzième séance, le membre supérieur avait récupéré tous ses mouvements, mais ils étaient toujours limités et douloureux. Les craquements étaient moins nombreux, et plus faibles, mais la faiblesse musculaire était tellement grande, et les mouvements si bridés, que la malade ne parvenait pas à porter la main jusqu'à su bouche. La rougeur avait à peu près complètement dis[)aru, et l'articulation commençait à diminuer de volume. La fistule était complètement fermée. Il existait une douleur très vive localisée à la partie postéro-interne du coude.
A partir de ce moment, j'augmentai l'intensité des courants, je donnai peu à peu plus d'étendue à tous les mouvements en rompant des adhérences, et je prescrivis après chaque séance un bain de bras.
Ce traitement eut pour résultat de donner de la vigueur aux muscles, et de faire disparaître tous les craquements. Toutefois on parvenait à en produire un assez violent, lorsqu'après avoir îippuyé iortement la tête du radius contre le cond3'le, on lui imprimait des mouvements de pronation et de supination. Les douleurs avaient progressivement cessé d'inquiéter la malade la nuit.
Telle était la situation, lorsque je combinai le mode galvanique, avec le mode induit. La guérison fit de nouveaux progrès et lorsque je cessai le traitement, c'est-à-dire au bout de trois mois et demi environ, il existait encore de la faiblesse du bras, quelques vagues douleurs de l'articulation, l'extension ne pouvait se faire d'une manière complète, mais le membre en som.me avait récupéré intégralement toutes ses fonctions.
Quant à l'état général, il s'était amélioré notablement dès le début du traitement, et était excellent au moment où je le cessai Au mois d'octobre 1886 cette guérison s'était parfaitement maintenue. Mais la flexion de l'avant-bras sur le bras était encore plus prononcée, et il existait un certain degré de rétraction des muscles fléchisseurs, état du reste compatible avec un bon fonctionnement du membre et contre lequel je jugeai une intervention inutile.
Les deux observations qui précèdent ont entre elles plusieurs points de contact. LagLiérison complète du petit J.B., en dépit de l'état local et de l'élat général plus graves, indique combien les chances de succès augmentent, avec les sources de vitalité que présente le jeune âge, et que l'on retrouve toujours abondantes, lorsqu'on parvient à rompre le cercle vicieux que crée une constitution cbétive alliée à une affection locale qui en dérive. Mais le fait assurément le plus intéressant réside, ici encore, dans la réfection à peu près intégrale des surfaces articulaires. La preuve de ce fait est fournie par la disparition des craquements sonores et abondants dont il ne subsistait plus, pour ainsi dire, que des traces.
L'observation qui suit, et qui est la dernière, relate le
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traileiiieiil laljorieiix d'une liiineiir blanche duiil la niaiclie envahissante devenait un danger pour l'existence du malade. J'ai entrepris ce traitement avec une foi bien peu vive. C'est une sorte d'épreuve à laquelle j'ai soumis les admirables ressources de l'électrothérapie el dont voici le résultat.
Obs. XLI. — Tumeur blanche, luxation consécutive du tibia.
An commencement de novembre 1885 un de mes confrères recommandait à mes soins M. B... C'est un homme de cinquante-trois ans, de constitution très robuste et dont l'intelligence très vive permet de recueillir des renseignements très précis sur son affection.
Dans le courant de 1880 arttirite (rliumatismale?) du genou droit, qui se trouva guérie au commencement de 1882, après avoir occasionné un arrêt complet de la marche, pendant environ soixante iours. Vers le mois de septembre de la même année, envahissement du genou gauche, par des douleurs rhumatismales, malgré lesquelles le malade continue à marcher jusqu'au 6 janvier 1883. A cetle date précise, entorse du pied et froissement violent du genou malade. Séjour au lit ou à la chambre jusqu'à la fin de février.
Au commencement de juillet, cette double arthropathie incomplètement guérie détermina par irritation une contracture tellement violente du tibial antérieur et de l'extenseur commun des orteils que, suivant l'expression du malade, ces muscles semblaient prêts à se briseï'. En outre à cette époque apparaît un tremblement de tout le membre inférieur, aussitôt que M. B... veut exécuter le moindi^e mouvement.
Toujours inco:iiplètement guéri, il retourne à ses occupations les premiers jours de septembre, mais les mêmes symptômes reviennent plus violents que jamais et^ le 30 novembre, il était obligé de s'arrêler définitivement. Il est à remarquer que la jambe et le genou n'étaient le siège d'aucun gonflement et que les articulations et la jambe étaient plutôt « sèches ».
Frictions calmantes, comme antérieurement, et vésicatoires. A la fin de décembre pas de changement. A cette époque le malade
éprouve le besoin de consulter un rebouteur de Sablé, célèbre, paraît-il. Je donne les renseignements qui suivent à titre de curiosité. Il subit pendant deux mois complets le traitement suivant: Massage journalier de la dernière violence, frictions avec une pommade secrète, bains d'infusion d'herbes extrêmement variées alternant avec des bains de décoction d'intestins d'animaux. L'énergique traitement auquel M. B... avait été soumis, détermina sans doute une réaction violente, car au commencement de mars 1884, il survint un œdème formidable de tout le membre inférieur. Un médecin conseilla le repos et la compression. Ce fut l'unique traitement jusqu'au mois de septembre. A cette époque le malade entre à l'hôpital Beaujon (service de M. le professeur Labbé). Il est à remarquer que pendant tout le cours de sa longue maladie, M. B... n'a jamais cessé d'endurer des souffrances quelquefois terribles, dans le membre mulade, mais spécialement dans le genou, douleurs dont les recrudescences suivaient les fluctuations inflammatoires locales. Le traitement suivi à Beaujon (compression, pointes de feu, iodure de potassium) eut pour résultat de faire diminuer les douleurs.
Trouvant la guérison trop lente à son gré, le malade rapporta chez lui son extrémité inférieure à peu près dans le même élat et toujours fortement œdémaliée. Nouvelle consultation. Mouchetures, appareil inamovible. Au bout de sept mois il est enlevé, et quarante-huit heures après l'œdème revenait plus formidable que jamais. Zes douleurs quoique moins vives n'avaient pas cessé un instant. A partir de ce moment fin août 1885 jusqu'au commencement de novembre, pas de traitement. C'est à ce moment que j'examinai le malade.
Tout le membre inférieur est infiltré jusqu'au-dessus de la hanche à un tel point qu'il est devenu informe, et que l'articulation se dessine à peine en formant un léger relief. Il forme une courbure extrêmement accentuée (résultat d'une luxation presque complète? de la jambe en dehors combinée avec un certain degré de flexion), le pied est dans l'abduction complète. La palpation de l'articulation détermine en certains points des douleurs vives qui sont immédiatement suivies d'un tremblement quasi convulsif de la jambe. Toute tentative pour examiner s'il subsiste un degré de mobilité quelconque de la jambe est absolument impossible. Sur un fond blanc mat, se des-
sinent une centaine de petites taches brillantes, vestiges cicatriciels des pointes de feu.
Il n'y avait pas à songer à un redressement du nnembro, dans l'état où il était, il fallait d'abord tenter de lui donner forme humaine.
Etat général fortement ébranle, appétit modéré, souvent capricieux, sommeil mauvais en raison des soubresauts fréquents et extrêmement douloureux du membre.
J'appliquai d'abord la faradisation sous forme de fiiclions révulsives, faites avec mes larges balais métalliques, et sous forme de courants traversant l'articulation en tous sens, avec F^ armé de deux larges plaques humides. L'œdème diminua à vue d'œil sous l'influence de ce traitement, et les douleurs s'amendèrent. Néanmoins je ne tardai pas à intercaler une séance galvanique sur deux en raison surtout des contractions désordonnées qui se manifestaient fréquemment dans les muscles, et qui contribuaient à entretenir l'inflammation articulaire. Sous l'influence de ce traitement fait quotidiennement, l'œdème du membre entier (cuisse, jambe et pied) avait à très peu de chose près complètement disparu. Il ne subsistait plus qu'une bande infiltrée et dure, comme lardacée à la région supéro-externe de la cuisse. Les douleurs du genou, et le tremblement du membre dont j'ai parlé avaient complètement disparu, à telle enseigne que le membre, qui ne pouvait être déplacé antérieurement sans provoquer de vives douleurs et une réaction inflammatoire infaillible de quarante-huit heures environ, pouvait être manié sans inconvénient. Le genou était descendu de 56 centimètres à 5'I. La luxation du tibia (en arrière et en dehors) se dessinait d'autant plus nettement, que Pinfiltration de la jambe ne la masquait plus. Quand et comment s'était-elle produite? Depuis longtemps sans doute, et progressivement au fur et à mesure de l'infiltration fongueuse des ligaments, et de leur relâchement. Quant à l'articulation, elle présentait à sa partie interne des masses compactes de tissus organisés, tandis qu'à la partie externe la palpation des culs-de-sac synoviaux révélait la présence de fongosités présentant une certaine consistance, mais c'est principalement le cul-de-sac inféro-externe qui est tendu. On y perçoit nettement une collection liquide^, sous la peau, et la synoviale épaissie.
Bien qu'il fût de toute impossibilité de provoquer des mouve-
ments de latéralité du tibia sur le fémur, je tentai de redresser progressivement le membre tout en favorisant la guérison de Tarliculation par l'immobilité. Je le plaçai dans ce but, dans une gouttière coudée en fil de fer avec armatures en fer articulée latéralement, après l'avoir emprisonné dans un matelas à air qui laissait à découvert sa partie antérieure, et principalement celle du genou. Il suffisait de redresser la gouttière pour communiquer ce mouvement au membre. Cette tentative ne m'a paru donner dans le cas particulier qu'un médiocre résultat.
Je ponctionnai entre temps la poche antéro-externe dont la tension avait considérablement augmenté, pendant qu'une écbancrure pouvant admettre l'extrémité de l'index avait entamé l'épiphyse du tibia. J'en retirai à l'aide d'une seringue aspiratrice environ 35 grammes d'un pus sanieux, noirâtre et fétide. La collection se reforma progressivement ; je la ponctionnai une deuxième fois un mois et demi plus tard environ, le liquide que je retirai était absolument clair. A partir de ce moment la régression était assurée dans tous les points de l'articulation, et je cessai le traitement électrothérapique qui avait été continué régulièrement pendant ce? divers épisodes. Il avait duré quatre mois environ, avec une interruption d'un mois à peu près par suite d'atteintes d'érysipèle. Le malade le continua seul pendant deux mois encore à l'aide des courants continus exclusivement, et sans nouveau profit marqué.
Je l'ai revu à la Rn de mai. Depuis la fin de mars, il s'était levé et marchait tous les jours avec des béquilles. Il pouvait à ce moment s'appuyer franchement sur le pied gauche. L'ankylose était complète. Il n'existait aucune doulenr. Le genou pouvait être comprimé en tous sens, le membre manié, sans provoquer ni douleur ni tremblement. L'élat général qui, sous l'influence du traitement, s'était notablement amendé, était très bon, mais la station occasionnait un œdème assez considérable de la jambe et du pied. Le décubitus le fait disparaître très rapidement. Au dire du malade l'amélioration fait chaque jour des progrès et il croit fermement dans quelques mois pouvoir marcher avec un bâton. Je ne partage pas absolument sa conviction, cependant je crois le fait possible à plus long terme?
J'avais cessé le trailement en conseillant au malade de profiter du bon état dans lequel il se trouvait pour se décider à l'amputation
du membre, pensant f|no jamais sa jamhe n'arrivcrall à lui rendre les services d'une janil»c artificielle, en raison surtout de la position vicieuse du libiii, et de l'impossibilité de rétablir la circulation. J'avais fait part de mon opinion à mon confrère, et je pensais que M. B... se serait rendu à nos raisons. Inutile de dire qu'aujourd'hui ils résiste, plus que jamnis, à l'idée de ram|)ulation.
En aiialysaiiL le résultai de celte tentative éleclrotliérapique, on pourrait être tenté de le trouver au-dessous du labeur thérapeutliique patiemment fourni. 11 laisse assurément beaucoup à désirer, mais si l'on juge par comparaison, tout en tenant compte de la gravité des désordres articulaires, il me paraît devoir être considéré comme un beau résultat. Il est supérieur et bien supérieur, en tout cas, à tous ceux qui avaient été obtenus antérieurement, cela est tellement vrai, que de l'aveu du malade, il avait ressenti un plus grand bien, au bout de quinze jours ou trois semaines du traitement électrique, quil n'en avait ressenti pendant tout le cours des autres traitements. 11 ne faut pas perdre de vue que la situation du malade déjà des plus compromises, au moment où le traitement a été employé, n'aurait pas tardé à devenir intolérable, et en admettant qu'il ne fût pas survenu quelque grave complication, il eiil fallu absolument s'adresser à la ressource de l'amputation de la cuisse. C'eût été assurément une solution excellente, la meilleure sans doute, à une période antérieure, mais à ce moment elle devenait certainement très dangereuse. Elle a pu être évitée, et en admettant qu'il soit nécessaire d'y recourir, elle pourra être faite dans des conditions incomparablement meilleures, les tissus ayant repris une vitalité dont ils s'étaient désaccoutumés. C'est là un résultat en quelque sorte secondaire, mais dont il n'est pas difficile de faire ressortir toute la valeur. Cependant ce qu'il faut
apprécier surtout, c'est que, ainsi que je l'ai dit déjà, en très peu de temps l'électricité avait donné plus d'amélioration que n'en avaient donné tous les autres traitements réunis, y compris une immobilité de sept mois ; c'est que les douleurs qui obsédaient le malade depuis des années, au point de rendre fréquemment le sommeil difficile, avaient disparu, et avec elles les soubresauts, et les tremblements quasi convulsifs du membre; c'est que le drainage circulatoire avait été rétabli très rapidement et que par suite disparaissait un obstacle des plus sérieux à la guérisoii de l'arthropatliie.
Le traitement a manifestement réduit les fongosités existantes^ et arrêté le commencement de fonte lyurulente de l'épiphyse du tibia. Les deux ponctions exploratrices qui ont été faites ne laissent aucun doute à ce sujeL Je considère ce résultat, que je ne saurais trop souligner, comme ayant une portée considérable. L'électricité a en somme provoqué dans tout le territoire articulaire oii elle n'existait pas, la régression des tissus vers une organisation compatible avec les fonctions du membre, et permis même, quoique d'une façon très bornée, l'exercice de ces fonctions, alors que depuis des années elles étaient totalement abolies. — Ce sont là des résultats considérables. Ils éclairent en tout cas l'horizon et font entrevoir les succès qu'il est possible d'obtenir, en appliquant méthodiquement Télectrothérapie à des affections qui ne seront pas encore désespérées. Il ne me paraît pas douteux que dans le cas actuel, en appliquant le traitement seulement un an plus tôt, on eût pu obtenir une guérison complète, et épargner bien des souffrances et des ennuis au malade.
Je n'ai rien voulu changer à cette observation qui a été transcrite dans les premiers jours de juin. Je viens de
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revoir M. B... (2 novembre 1886); ils'esl bicMi puj'lé jusqu'à lu (in (le juiliel, quoique sans amélioration marquée dans son élal local. Depuis celle époque sa santé a périclité. L'organisme a été le siège de poussées congestives de toute nature ; les poumons, le cerveau, les intestins, l'estomac, etc., en ont subi tour à lour les atteintes. Ce sont évidemment des manifestations rhumatismales abarticulaires et la dialhèse a atteint aussi quoique très légèrement l'épaule. C'était un résultat obligé de l'absence de toute activité, chez un sujet aussi pléthorique. La dialhèse paraît aussi avoir réveillé les anciens symptômes endormis de l'articulation fémoro-tibiale. Elle est douloureuse à la pression, le cul-de-sac qui avait été ponctionné deux fois, a atteint un volume considérable. La poussée inflammatoire est très probablement décidée à porter ses ravages profondément du côté de l'épiphyse tibiale. Le membre est infiltré de nouveau, mais l'infiltration actuelle est relativement modérée comparée à l'ancienne. Le malade prétend même que ce symptôme ne date que de quelques jours. 11 se produit aussi des vomissements après chaque repas. Ces vomissements avaient existé anciennement et avaient disparu rapidement sous l'influence du traitement, j'avais oublié de les signaler. Je me suis eff'orcé de faire comprendre à M. B... que l'heure était venue pour lui de faire le sacrifice de sa jambe. La situation locale encore passable, et une éclaircie dans l'état général permettront de faire Tamputation dans d'assez bonnes conditions. Un traitement électrique reproduirait certainement les bons effets anciens, mais ne ferait que reculer une opération devenue nécessaire.