‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 15 sur 33 · COSMÉTIQUES · texte numérisé non relu

COSMÉTIQUES

longue généralement. Elle peut tomber spontanément et se reproduire une ou plusieurs fois ; elle ne provoque qu’une gêne, rarement de la douleur.

Les cornes cutanées se développent au-dessus des papilles hypertrophiées, quelquefois dans un follicule dilaté, enfin, plus souvent, sur une verrue, un papillome 'OÙ dans un kyste sébacé qui peut être lé siège d’une inflammation éliminatrice; dans quelques cas, elles ont été le point de départ d’un épithélioma. Leur étiologie est peu connue; elles sont parfois héréditaires.*

Le traitement consiste à les extirper par énucléation quand elles émergent d’un kyste sébacé ou par excision. Comme à la base d’implantation il existe des papilles hypertrophiées qui saignent très aisément, et qu’il faut détruire pour éviter les récidives, il est préférable de se servir du couteau ga'lvano ou thermo-caustique ; il faut ensuite suturer la petite plaie et faire un pansement antiseptique. Ce traitement est préférable à la cautérisation chimique de la base (acide acétique, nitrique, chlorure de zinc, potasse caustique), qui est plus douloureuse, incertaine et n’est pas exempte de danger, car il y a toujours à craindre dans les cornes cutanées qu’une irritation trop vive favorise l’apparition d’un épithélioma.

Cosmétiques. — Les cosmétiques (xoïixém, j’orne) sont des agents destinés à conserver ou à restaurer la peau, les cheveux, les dents, etc... Leur nombre est très grand. Ils revêtent toutes espèces de formes : espèces, émulsion, fards, glycérolés, laits, huiles,pâtes,pommades, savons, etc. On les divise en trois classes : l“lescosmetiques cutanés ; 2“ les cosmétiques capillaires^ 3“ dentifrices.

ÎUTIS ANSBEINA

Couperose. — (Voir Acné, Eczéma, Pigment, etc.)

Crèmes. — Les crèmes sont des espèces de cosmétiques, — crèmes de bismuth, crèmes médicinales, crèmes simples, crèmes pectorales, crèmes à la vanille, aux amandes, etc. (Voir le Codex et Farticle Savons.)

Créoline. — La créoline ou crésyl est un liquide brun foncé à réaction alcaline, qui donne par simple mélange avec l’eau une émulsion qui est employée aux mêmes usages que l’eau phéniquée.

Les créolines comme le Lysol sont des crésols dissous ou maintenus à l’état d’émulsion grâce à la présence de savons alcalins ou résineux, tandis que le solvéol est du crésol purifié, dissous dans du crésotinate de soude, sel complètement neutre et également antiseptique. — Ce dernier, étant neutre et plus actif, est donc préférable.

En résumé, la créoline est un mélange de corps de la série aromatique qui semble formé par le résidu de la préparation de l’acide phénique.

Bien que la créoline soit un produit dont la composition n’est pas fixe, elle jouit de propriétés aseptiques très manifestes. Émulsionnée en très petite quantité dans l’eau, elle nous a donné de très bons résultats dans les différentes variétés de prurit et dans l’urticaire. Elle n’est pas toxique, mais son odeur est assez désagréable.

Crevasses. — (Voir Engelures, Gerçures.)

Croton (Huile de). — (Voir Éruptions artificielles.)

Croûtes laiteuses. — (Voir Impétigo, Eczéma.)

Cubèbe. — (Voir Éruptions artificielles.)

Cutis anserina. — (Voir Chair de poule et Kératose pilaire.)

CYSTADÉNOMES

Cyanidrose. — (Voir Sueur.)

Cystadénomes.-— Pseudolymphangiomes. — Lymphangiome tubéreux multiple de Hébra-Kaposi. — Idradénomes éruptifs (E. Besnier). — Syringo-Cystadénomes (Unna et Tôhôk). — Cellulomes épithéliaux éruptifs (Qdinquaüd). — Épithéliomes kystiques bénins (Jacquet). — Epithéliomes adénoïdes des glandes sudoripares (J. Darier).

C’est une afifection des plus rares, à détermination anatomique encore discutée, ce qui explique cette richesse d’appellations différentes, occupant surtout le cou, le tronc, l’abdomen, et quelquefois les membres, caractérisée par des éléments très abondants, arrondis, papulo-tuberculeux peu saillants, à surface lisse, non desquamante, quelquefois légèrement plissée, d’une coloration rosée ou rouge jaunâtre, du volume d’une tête d’épingle ou d’une lentille, ayant la consistance du derme normal. Ces éléments sont isolés, ou, bien plus souvent, très rapprochés, formant des séries linéaires correspondant aux orifices des glandes sudoripares. Darier, en effet, estimait que ces petites tumeurs étaient des productions épithéliales dues à un bourgeonnement émané des glandes sudoripares adultes; Unna et Torôk pensent qu’elles sont dues à un développement anormal des germes embryonnaires des glandes sudoripares. Il est préférable cependant d’admettre avec Jacquet qu’elles sont développées aux dépens des débris para-épithéliaux erratiques émanés à la période embryonnaire de la face profonde de l’ectoderme ou de ses bourgeons glandulaires.

Cette affection est bénigne, non douloureuse, mais assez désagréable, simulant assez la syphilis. Vraisemblablement innée ou congénitale, elle apparaît sur des

92 "■ CYSTICERQUBS

sujets jeunes, garçons OU filles ; elle évolue lentement, ne régresse pas, demeure stationnaire et ne subit aucune dégénérescence. Pour obtenir la guérison, il faut détruire l’un après l’autre tous les éléments, par le therniocautère, le galvanocautère, ou mieux l'électrolyse. (Voir Électricité.)

Cysticerques du tissu cellulaire- — (Voir Parasites.)

Dartre. — Ce terme n’est plus employé aujourd’hui. (Voir Eczéma, Pityriasis, Séborrhée, Lupus, etc.)

Décoloration de la peau. — (Voir Pigment et Vitiligo.)

Décoloration des poils. — (Voir Poils.)

Defluvium capillorum. — (Voir Alopécie.)

Dégénérescence colloïde de la peau. — (Voir Colloïde miliaire.)

Delhi (Bouton de). — (Voir Bouton.)

Démangeaison. — (Voir Prurit.)

Demodex foiliculorum. — (Voir Acné et Parasites.)

Dépilatoires, — (Voir Poils.)

Dermalgie ou Dermatalgie. — Elle est caractérisée par une douleur de la peau, sans aucune lésion , appréciable du tégument ou du système nerveux. C’est une névrose cutanée. (Consultez le remarquable article,

« Dermalgie », par Arnozan, dans le Dictionnaire encycl. des SC. méd.)

Les symptômes purement subjectifs consistent en une sensibilité extrême et en sensations vraiment douloureuses de la peau, qui est, en apparence, absolument normale (cuisson, brûlure, picotements, élancements, secousses électriques, sensation de froid, d’en-

DEBMAL(

gourdissement, etc.). Ces phénomènes sont ou bien généralisés à tout le tégument ou à un membre entier, ou, plus souvent, localisés à une petite surface ; ils peuvent exister sur toutes les parties du corps, mais plus particulièrement sur les régions pilaires ; ils sont permanents, mais avec des recrudescences et des accalmies, et spontanés ou provoqués par les impressions extérieures (vêtements, mouvements, frottements, air chaud, air froid, eau, etc.) ; ils sont généralement plus marqués la nuit. On les observe plus souvent chez la femme que chez l’homme, et surtout à l’âge adulte. La dermalgie a une durée illimitée ; elle disparaît parfois au bout de quelques jours ou de quelques semaines, mais récidive fréquemment. Son étiologie est très obscure. Elle est, ou bien symptomatique à'nn état général (syphilis, diabète, hystérie, neurasthénie, impaludisme, chloro-anémie, affections médullaires), ou bien idiopathique, et, dans ce cas, ses causes sont peu connues. D’après Beau, elle serait d’origine rhumatismale et provoquée surtout parle froid; maison peut l’observer en dehors du rhumatisme et même de l’état nerveux. L’hérédité est signalée dans plusieurs observations.

Traitement. —Pour la dermalgie idiopathique, il faut associer le traitement interne au traitement local.

1“ Traitement interne. — Les différents médicaments suivants ont été conseillés : antipyrine, exalgine, salicylate de soude (quand la dermalgie est soupçonnée être d’origine rhumatismale), les injections de cocaïne ou mieux de morphine, tes pilules avec ;

Sulfate ou valérianate de quinine. 2 grammes.

Extrait de quinquina. q. s.

20 pilules; 2 à 5 par jour.

Ou bien :

Extrait de v

Camphre ..

Poudre de v

40 pilules: 2 h 5 par jour.

Ou bien :

Extrait de stramoine. ^ â' 0 gr 50

Oxydé de°zin“; ; ! ^ ! s grammes.

40 pilules : 2 à 8 par jour.

Thaitejîent externe. — Sinapismes, vésicatoires (Beau), électrisation, cataplasmes chauds laudanisés ; applications de teinture d’iode, de teinture de belladone, de menthol ; tous les liniments calmants, haume tranquille, huile chloroformée; Uniment avec:

Huile de jusquiame. 40 grammes.

Chloroforme. S —

Laudanum de Sydenham. 5 —

Mêlez, frictionnez trois fois par jour.

Enfin, on peut encore prescrire des bains de vapeur, des fumigations aromatiques et le massage.

Dans les cas de dermalgie symptomatique, il faut traiter l’affection causale.

Dermanysses. — (Voir Parasites.)

Dermatites. — Le mot dermatite signifiant inflammation de la peau, on comprend qu’il ait été attribué par les différents auteurs à une foule d’affections cutanées dites inflammatoires. Il semble impossible, actuellement, de les grouper d’une façon satisfaisante. Aussi nous contenterons-nous d’examiner les plus connues en renvoyant le lecteur à l’article où elles sont

lEBMATITES

traitées et de ne décrire ici que celles qui, jusqu’à nouvel ordre, sont désignées sous ce nom par la pluralité des auteurs, à savoir :

A. — La dermatite herpétiforme de Duhring.

B. — La dermatite récidivante de la grossesse ou herpos gestationis.

G. — Dermatite herpétiforme récidivante infantile. — Hijdroa des enfants (Unna).

Les autres dermatoses désignées par les auteurs sous le nom de dermatites sont les suivantes :

Dermatite bulleuse congénitale. — (Voir Pemphigus.)

Dermatite contusiforme. — (Voir Érythème noueux.)

Dermatite exfoliatrice généralisée. — (Voir Pityriasis rubra.)

Dermatite exfoliatrice des enfants à la mamelle. — (Voir Pityriasis rubra.)

Dermatite pustuleuse chronique en foyers, à progression excentrique. — (Voir Impétigo herpétiforme.)

Dermatite scarlatiniforme généralisée récidivante (Vidal et Leloir). — (Voir Érythème scarlatiniforme.)

Dermatite polymorphe aiguë. — (Voir Érythème polymorphe.)

Dermatites bulleuses. — (Voir Pemphigus, Dermatite herpétiforme de Duhring et érythèmes).

A. — Dermatite herpétiforme de Duhring. — Dermatose herpétiforme récidivante de Leloir et Vidal. — Dermatite polymorphe douloureuse chronique à poussées successives deL. Brocq. — Dermatites bulleuses multiformes, idiopathiques, primitives deE. Besnier. — Hydroas de quelques auteurs, dont Unna. — Hydroa prurigineux de T. Fox. — Hydroa bulbeux, pemphigus à petites bulles.—Arthritides bulleuses de Bazin. — Pemphigus. prurigineux de Willan et Bateman. — Pemphigus (Kaposi), etc.

Il existe un grand nombre de faits bien observés autrefois, mais mieux connus aujourd’hui, grâce aux travaux de Duhring, Brocq, Besnier, Vidal, Hallopeau, Leloir, Unna, T. Fox, etc., constituant un groupe intermédiaire aux érythèmes bulleux et au pemphigus proprement dit,' auxquels s’appliquent les nombreuses dénominations susindiquées. De ce groupe devront être distraits plus tard, quand les observations se seront multipliées, différents cas ambigus qui seront rapportés à d’autres dermatoses bulleuses voisines; mais il est indiscutable qu’il existe une dermatose bien distincte, présentant une série de symptômes bien nets, une évolution à peu près constante, qui mérite une description à part. Nous n’indiquerons que les caractères les plus importants, pour ainsi dire essentiels, de cette affection.

L’éruption que nous verrons être extrêmement polymorphe soit objectivement, soit dans son évolution, est précédée, accompagnée ou suivie de phénomènes douloureux qui constituent un élément de diagnostic capital. Ce sont des sensations de cuisson, de brûlure, de démangeaison violente, de piqûre, etc., localisées à l’éruption ou généralisées, qui atteignent parfois une intensité extrême, troublent Je sommeil, peuvent persister longtemps après l’éruption ou dans l’intervalle des poussées. Souvent la recrudescence de ces phénomènes douloureux indique une poussée nouvelle.

Le polymorphisme de l’éruption est également l’un des caractères principaux de cette dermatite qui débute tantôt par des plaques rouges, de l’urticaire, de l’érythème marginé, papuleux, des vésicules, des bulles se produisant soit d’emblée sur une peau saine d’apparence, soit sur des plaques érythémateuses à contenu tantôt séreux, transparent, tantôt opaque. Tous ces élé-

IBRMATITES

ments éruptifs auxquels succèdent des excoriations, des lésions de grattage, des croûtes, des desquamations fines ou le plus souvent à lambeaux épidermiques étendus, un épaississement plus ou moins marqué du tégument, tous ces éléments éruptifs, dis-je, peuvent s’observer en même temps, disséminés sans ordre, mais souvent il y a prédominance de l’un d’eux, surtout pendant certaines périodes de la maladie (variétés érythémateuses, pustuleuses, bulleuses (hydroa de Bazin), papuleuses, etc.). Dans quelques cas même, on n’observe, durant toute l’évolution de la dermatose, qu’une seule modalité éruptive. Dans ce cas, ce sont surtout des vésicules ou des petites bulles renfermant un liquide incolore bu jaunâtre, ou opaque, parfois légèrement hémorragique; elles sont quelquefois isolées, le plus souvent elles forment des groupes plus ou moins nombreux reposant sur une base rouge assez étendue. Leur nombre sur chaque groupe est variable, ainsi que leur disposition tantôt circulaire, le plus souvent irrégulière. L’évolution de ces vésicules et petites bulles a, d’après Brocq, une durée de cinq à quinze jours. Les unes sèchent très rapidement; les autres augmentent de volume et se transforment en bulles, en phlyctènes plus ou moins volumineuses remplies de liquide purulent, parfois gélatineux, et qui peuvent être le siège d’excroissances végétantes papillomateuses (surtout aux mains et aux pieds). Aces vésicules, pustules, bulles, etc., succèdent, avons-nous dit, des croûtes, des excoriations et surtout une desquamation plus ou moins abondante, au-dessous de laquelle persistent des taches rouges, puis pigmentées, qui peuvent durer très longtemps, mais ne sont pas indélébiles, de sorte que, existant quand survient une nouvelle poussée, elles

DEBMATITES

augmentent encore le polymorphisme de l’éruption. Toutes ces lésions sont généralement superficielles, et, comme le fait observer Brocq, les seules cicatrices observées sont celles qui sont consécutives aux excoriations produites par le grattage ou par les furoncles', assez fréquents dans la dermatite de Duhring, surtout à la suite des poussées éruptives.

Généralement l’éruption, qui est souvent symétrique, débute simultanément par plusieurs points espacés! Quand elle débute par la face dorsale des extrémités, d’après Kaposi, elle annoncerait un érythème polymorphe et non une dermatite ; cela n’est pas absolu. Les régions le plus souvent atteintes au début sont les bras, les jambes, le tronc; les muqueuses, et surtout la muqueuse buccale, sont également envahies assez souvent. La dermatite herpétiforme a une évolution caractéristique. Elle prorMe par poussées successives, très irreguhères, plus ou moins longues, plus ou moins Intenses, pendant lesquelles les malades, quoique généralement anémiés, fatigués par les manifestations douloureuses, conservent un état général relativement satistaisant. Cependant, dans les cas extrêmes de la fièvre, des complications graves, et parfois même la mort,’ peuvent survenir (endocardite, érysipèle, septicémie, pneumonip, entérite, néphrite, anurie, urémie, etc.).

Au point de vue de la marche et de la durée, on peut distinguer avec Brocq les variétés suivantes :

une variété chronique à poussées successives fort longue, à grandes attaques durant plusieurs mois séparées ou non par des intervalles de repos, chacune a elles composée de plusieurs poussées éruptives secondaires subintrantes; 20 une variété subaiguë ou bénigne qui est caractérisée tantôt par des attaques successives

DERMATITES

principales composées de plusieurs poussées secondaires snbintrantes de durée variable et séparées l’une de l’autre par des intervalles de calme complet simulant la guérison {dermatite polymorphe douloureuse subaiguë récidivante), tantôt par une grande attaque unique composée de plusieurs poussées éruptives successives presque toujours subintrantes et dont la durée totale est de cinq mois à un an et demi (D. polym. douloureuse subaiguë ou bénigne) ; 3° une variété grave indiquée plus haut (L. Brocq).

D’après Besnier, la récidive n’est pas absolue. De notre côté, nous avons observé deux cas bien nets qui n’ont pas encore été suivis de récidive après cinq et sept ans d’observation.

Les conditions pathogéniques et étiologiques de la dermatite herpétiforme sont à peu près inconnues. Indiquons seulement la possibilité d’une infection, de nature encore indéterminée, l’influence des émotions violentes, la prédisposition créée par un tempérament nerveux, une hérédité nerveuse. Dans quelques cas, l’affection s’est déclarée à la suite d’une intoxication médicamenteuse alimentaire ou autre, puis a continué à évoluer malgré l’élimination de l’agent toxique.

L’affection s’observe chez les enfants, les adultes et les vieillards, avec une fréquence à peu près égale. (Voir plus loin Dermatite herpétiforme infantile et Dermatite récidivante de la grossesse.)

Traitement. — Il faut savoir que malheureusement les remèdes employés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur donnent des résultats nuis ou à peine appréciables. ED pourtant on a essayé une foule de préparations. Il convient de^surveiller rigoureusement l’alimentation

DERMATITES

capables de modifier favorablement l’hyperexcitabilité nerveuse, et de calmer les phénomènes douloureux si pénibles, d’indiquer un traitement moral et hygiénique indispensable (suppression des émotions, vie calme, distractions, séjour à la campagne, dans un endroit aéré, sain, loin de la mer ou des pays marécageux et humides), enfin de modifier avec la plus extrême pru- ' dence les manifestations cutanées.

1» Traitement interne. — Il a pour but soit de s’attaquer à la maladie elle-même, soit de calmer le prurit et la dermalgie, soit enfin de modifier l’état général et de combattre les complications. De très nombreux médicaments ont été essayés contre la dermatite de Duhring. L’iodure de potassium (qui est toujours nuisible), la valériane, la strychnine, l’ergotine, ta belladone, le sulfate de quinine, les alcalins, le soufre, les ferrugineux, les amers, les diurétiques, les dépuratifs, les laxatifs, le régime lacté (très bon dans quelques cas), l’huile de foie de morue, l’antipyrine, la teinture de cantharides, etc., etc., ont été expérimentés, donnant le plus souvent de mauvais résultats. Toutefois, l’emploi bien surveillé et approprié à chaque cas particulier de l’ergotine, de la belladone, du sulfate de quinine, de la strychnine pourra être tenté. Seul l'arsenic semble vraiment dans certains cas avoir une action favorable, donné seul ou associé aux médicaments susindiqués.

L. Brocq prescrit Varséniate de soude donné progressivement, rapidement, mais avec prudence, jusqu’à des doses très élevées, de façon à atteindre les limites extrêmes de la tolérance, tout en respectant le bon état du tube digestif. On peut également pratiquer des injections hypodermiques de liqueur de Fowler à la dose de une à huit gouttes par jour; E. Besnier conseille de

DERMATITES

combiner dans quelques cas l’arsenic en injections sous-cutanées avec l’usage intermittent de l’opium ou de la belladone {àe 4 milligrammes à 3 centigrammes d’extrait par jour).

Contre les douleurs on prescrira les moyens que nous venons d’indiquer; on pourra également essayer les différents hypnotiques, bromure, chloral, sulfonal, antipyrine, exalgine, etc., etc. Malheureusement leur action est incertaine, et souvent ils provoquent une nouvelle poussée cutanée. Dans les cas extrêmes on aura recours aux injections de morphine. Contre la fièvre on donnera du sulfate, du bromhydrate ou du chlorhydrate de quinine.

Traitement externe. — Les manifestations cutanées étant • essentiellement polymorphes, à chaque variété correspond un traitement différent, du moins quant au mode d’application et aux doses du médicament. D’après Duhring, les préparations moins énergiques conviennent mieux aux formes érythémateuses, d’ailleurs très tenaces, qu’aux formes vésiculeuses et bulleuses. Dans ces derniers cas, il faut d’abord ouvrir les bulles trop tendues avec une fine aiguiile aseptisée, puis faire des lotions quotidiennes avec de l’eau boriquée ou additionnée d’une faible quantité de solution alcoolique de salol, puis appliquer une poudre inerte. On peut également faire usage des lotions antiprurigineuses à l’acide phénique, au chloral, à l’alcool camphré, à la cocaïne (en surveiller l’emploi), à l’acide cyanhydrique, avec la décoction de feuilles de coca (4 grammes par litre), avec la décoction de racine d’aulnée, la liqueur alcaline de goudron (Duhring), etc. Puis, suivant les cas, on pourra employer les différents procédés suivants :

J<]nveloppcment des parties malades dans des compresses de lint imbibées de solution de salicylate.de soude, 2 0/0, additionnée de 1 0/0 de bicarbonate de soude (Hallopeau, lors des poussées congestives fortes), enveloppement ouaté, enveloppements moites imperméables.

Onctions diverses. — Huile d’amandes douces, huile de foie de morue pure ou légèrement naphtolée (2 0/0), glycérolé d’amidon, liniment oléo-calcaire, pur ou additionné d’acide phénique ou borique en petite quantité, axonge fraîche, vaseline, légèrement boriquée.

Pommades diverses. — Pommades soufrée au quart, en frictions énergiques sur la peau (L. Duhring); pommade au goudron (Duhrikg), à l’ichthyol, au naphtol, à la résorcine, à l’extrait fluide de grindelia robusta, au menthol, etc., etc. Tous ces médicaments doivent être prescrits à très petite dose, qu’on augmentera s’il ne se produit pas d’irritation. On pourra y associer un peu de cocaïne ou un cinquantième d’essence de menthe.

Saupoudrages fréquemment renouvelés et abondants avec des poudres inertes.

Les bains simples et tièdes, les bains continus seuls, rendent quelques services et atténuent les démangeaisons. Mais ils doivent être surveillés par le médecin, et leur emploi doit être interrompu dès qu’ils semblent devenir irritants. Ils ont comme inconvénient de trop ramollir les téguments et de produire parfois une dénudation des plus douloureuses de la peau.

Tous les modes de traitement que nous venons d’indiquer pourront être essayés les uns après les autres. Dans cette affection si longue, si pénible, si récidivante, en effet, chaque cas, chaque période, chaque

DBBMATITES

manifestation cutanée nécessitent, pour ainsi dire, un traitement particulier.

B. Dermatite herpétiforme récidivante de la grossesse (Leloir et Vidal). — Herpès gestationis (Milton). — Dermatite polymorphe douloureuse récidivante de la grossesse (L. Brogq). — Hydroa gestationis (Liveing). — Hydroa gravidarum (Unna).

Cette affection ne diffère pas objectivement de la dermatite de Duhring ; ce qui la caractérise essentiellement, ce sont les liens étroits qui l’unissent à la grossesse et à l’accouchement.

Elle survient soit dans les quatre ou cinqjours qui suivent l’accouchement, soit plus fréquemment dans les six derniers mois de la grossesse, quelquefois même tout à fait au début de la grossesse ; mais, dans ces cas, il y a presque toujours une rechute ou une recrudescence notable dans les quatre ou cinqjours qui suivent l’accouchement (L. Brocq), puis décroît et disparaît après avoir duré encore pendant quelques jours ou quelques semaines. Parfois, cependant, elle ne cesse pas et la dermatite herpétiforme classique indépendante de la grossesse s’établit.

Le plus souvent, mais non constamment, l’affection revient de plus en plus intense lors des grossesses suivantes ; quelquefois, il peut y avoir une ou deux grossesses sans éruption.

Les attaques sont, en général, d’autant plus précoces, d’autant plus intenses et prolongées qu’elles se multiplient davantage.

E. Besnier et d’autres observateurs ont signalé des cas, pour ainsi dire paradoxaux, de dermatite herpétiforme commune qui disparaissait chaque fois que la malade était enceinte.

DERMATITES

Le TRAITEMENT, est celui de la dermatite herpétiforme mais il doit être dirigé avec une extrême prudence en raison de l’état de grossesse. Il faut, bien entendu, ne pas prescrire d’ergotine tant que l’accouchement n’a pas eu lieu. Il faut également nepas conseiller les bains continus ni l’arsenic à hautes doses.

Stanley Gule conseille d’ouvrir les bulles et de cautériser les surfaces avec le crayon de nitrate d’argent.

C. Dermatite herpétifome récidivante infantile. — Hydroa des enfants (Unna). — Chez les enfants, la dermatite herpétiforme présente quelques caractères particuliers qui ont été bien indiqués par Unna. Ce sont les suivants * :

1° Début dans les premières années de la vie {quelquefois même les premiers mois)-,

2» Rechutes continuelles pendant l’enfance ;

3“ Maximum des attaques pendant la saison chaude ;

4» La polymorphie peu accentuée de l’exanthème, qui est composé presque uniquement d’érythème papuleux, de vésicules ou de bulles non pustuleuses;

5“ La prédominance des douleurs sur le prurit ;

6° L’acuité des accès ;

7» La dépression constante de l’état général, même avant l’apparition de l’exanthème ;

8» L’affaiblissement lent, spontané, des accès, eu égard à l’étendue, à la durée et au nombre, vers l’époque de la puberté ;

9» La disparition de la maladie ou sa réduction extrême à l’âge adulte ;

1. Unna. — Comptes rendus du Congrès international de dcrri tologie etde syphiligraphie. Paris, -1889, page 185.

)ERMATOSÇLÉROSES

10" Probablement la prédilection pour le sexe masculin (9 garçons sur 10 cas).

Dermatobia noxialis. — (Voir Parasites.)

Dermatol. — Le dermatol est un gallate basique de bismuth. Il se présente sous la forme d’une poudre jaune safran, très fine, non hygroscopique, ne s’altérant ni à la lumière ni à l’air. Il ressemble beaucoup à l’iodoforme, mais est sans odeur. Il agit comme antiseptique sec énergique. Il est insoluble dans les liquides ordinaires : ses propriétés antiseptiques ne peuvent s’exercer que par contact direct, par exemple par son mélange intime avec le tissu malade; c’est en le modifiant qu’il arrête le développement des bactéries. Cette propriété siccative, astringente, exerce une influence très favorable sur la guérison des ulcérations cutanées.

Le dermatol n’a aucune action irritante ; il ne semble pas toxique en raison de son insolubilité et de sa stabilité extrême; il atténue les phénomènes inflammatoires, diminue la sécrétion des plaies,, favorise la formation des bourgeons charnus et, par suite, active notablement le processus de guérison. On peut le prescrire dans toutes les ulcérations cutanées, les brûlures, ulcères de jambe, épithéliomes, chancrelle, dans le lupus, certains eczémas humides, etc., etc.

Dermatolymphangiomes. — (Voir Lymphangiomes.)

Dermatolysis. — (Voir Molluscum.)

Dermatomycoses. — Dermatoses produites par les champignons parasites.

Dermatomy ornes. — {Yoir Myomes.)

Dermatoneuroses. — (Voir Trophonévrose.)

Dermatoscléroses. — (Voir Sclérodermie.)

DIABÉTIDE5

Dermatoses simulées. — {Voir Éruptions artificielles.)

Dermatozoaires. — (Voir Parasites.)

Dermite contusiforme. — (Voir Érythème noueux.)

Dermographisme. — (Voir Autographisme.) DesquamaAif {Érythème scarlatiniforme). — (Voir Érythèmes.)

Diabétides. — Dermatoses diabétiques. —

Les affections cutanées sont relativement très fréquentes dans le diabète. Les unes sont dues à la perturbation générale de l’économie (prurit cutané généralisé, urticaire, acné des cachectiques, astéatose, anidrose,; érythèmes, eczéma aigu ou chronique, lichen, furoncles, anthrax, ecthyma; érythrasma, gangrène diabétique, gangrène diabétique bulleuse serpigineuse de Kaposi, dermite diabétique papillomateuse, etc.). Les autres sont dues à l’irritation constante, et à la macération produites par l’urine chargée de sucre, et sans doute aussi à l’apparition de nombreux champignons trouvant ainsi un milieu de culture très favorable. Elles constituent les diabétides génitales qui ont une grande importance clinique et diagnostique (Fournier). Chezl’homme, on peut observer une rougeur érythémateuse du gland pénétrant dans l’urèthre, une éruption herpétiforme, de l’eczéma craquelé, sombre, violacé, prurigineux du gland, de l’érythème, de l’eczéma, des fissures, des gerçures du prépuce (halano-posthite érythémateuse ou eczémateuse), enfin du phimosis caractérisé par un épaississement progressif du prépuce qui devient dur, coriace, une diminution et une perte de l’élasticité, enfin un rétrécissement de l’anneau préputial et la production d’une véritable bague à son extrémité produite

DIABÊTIDES

par la série des cicatrices des gerçures linéaires.

Parfois il se produit dans le prépuce des petites tumeurs dues à des noyaux de lymphangite chronique ou des végétations souvent volumineuses très tenaces qui sont en rapport avec l’irritation constante provoquée par l’urine.

Chez la femme, les lésions sont parfois bien plus étendues. Prurit intense et érythème de la vulve, du périnée, de l’anus, eczéma aigu, intense, avec cuisson vive, suintement abondant de la vulve et de toute la région périvulvaire, abdomen, face interne des cuisses, etc. ; eczéma chronique étendu, tenace, rouge sombre, avec nombreuses lésions de grattage. Parfois inflammation phlegmoneuse diffuse, gangrène.

Traitement. — Il convient d’abord d’instituer un traitement et un régime rigoureux afin de diminuer la quantité de sucre contenue dans l’urine.

La propreté la plus absolue, les lavages très fréquemment répétés avec une solution alcaline (Borate de soude 2 ou 3 0/0) ; l’isolement de la vulve et du prépuce avec la poudre d’amidon renfermant 10 0/0 de salicylate de bismuth, ou bien la poudre suivante :

(l. BROOQ.)

Poudre de talc. 60 grammes.

Sous-nitrate de bismuth l

Oxyde de zinc. “

Borate de soude. 2 —

et de l’ouate antiseptique, seront indiqués dans les cas simples.

S’il existe un eczéma aigu de la région génitale (Voir Eczéma, Intertrigo, Prurit), on le traitera comme les eczémas aigus; mais la diabétide eczémateuse est remarquablement tenace. Chez l’homme on pourra

DIABÉTIDES

combattre les gerçures préputiales à l’aide d’injections intra-préputiales astringentes, et même caustiques (au sublimé, à l’acide phénique, ou au nitrate d’argent à 1 0/0, ou même 1/50). Il est préférable de glisser à l’intérieur du prépuce une pommade souple, au calomel à 1/20, à l’acide salicylique 1/50, ou à l’ichthyol. La diabétide eczémateuse du scrotum, également très rebelle, nécessitera l’emploi d’un suspénsoir en caou tchouc et l’application de glycérolé cadique faible ou fort selon la tolérance (Voir Psoriasis) ou de glycérolé tartrique. Nous conseillerons aussi de faire une sorte de cuirasse au scrotum avec des bandelettes imbriquées d’emplâtre au naphtol et salicylate de bismuth ou d’oxyde de zinc et d’acide salicylique.

Le phimosis une fois constitué ne peut être guéri que par la circoncision ; mais elle ne devra être pratiquée que lorsque le traitement et le régime auront fait disparaître le sucre de l’urine. L’eczéma diabétique de la femme, surtout quand il survient chez un sujet très gras, ayant des plis abdominaux profonds et nombreux, est toujours extrêmement long et difficile à guérir. On devra essayer soit les panseihents humides à l’aide de compresses fréquemment renouvelées imprégnées d’acétate de plomb, d’acide borique, de sublimé, soit les pommades à la lanoline et à la vaseline parties égales renfermant les nombreux agents thérapeutiques employés dans le traitement de l’eczéma, soit enfin les poudres inertes. Le prurit sera calmé avec la cocaïne ou mieux le menthol (1 à 2 0/0) incorporés aux pommades prescrites. — Les bains donnent rarement de bons résultats.

Les gangrènes diabétiques seront traitées à l’aide de pansements antiseptiques. Nous recommandons spécia-

DIABÉTIDES

lement l’huile phéniquée (1 gramme d’acide phénique cristallisé neigeux dans 10 grammes d’huile, faire dissoudre en chauffant sans ajouter d’alcool). On applique cette huile sur la surface gangrenée, et on recouvre d’ouate antiseptique. Quand l’eschare est détachée, pansement au salol, à l’iodoforme, à l’aristol, au dermatol, à l’iodol.

Pour l’anthrax des diabétiques, dans ces derniers temps MM. Périer et Hallopeau ont retiré de très beaux résultats du traitement suivant :

1“ Arroser largement la surface de l’anthrax avec l’huile phéniquée ainsi formulée :

Huile d’amandes douces. 20 grammes.

Acide phénique cristallisé neigeux . 2 —

faire dissoudre en chauffant sans ajouter d’alcool. — L’huile (comme la glycérine d’ailleurs) a le double avantage de pénétrer facilement dans les orifices cutanés et d’annihiler l’action h’ritante de l’acide phénique (ou du sublimé) ;

2» Recouvrir de cataplasmes d’amidon tièdes imprégnés de la même huile;

3“ Quand les foyers commencent à s’ouvrir, on en vide le contenu dans la mesure du possible, et l’on verse l’huile dans les petits cratères, le pansement local est renouvelé une à deux fois dans les vingt-quatre heures;

4“ On étend chaque jour une couche du même topique sur les parties voisines, et, s’il survient des petites pustules, on les perce avec des aiguilles qui en sont imprégnées. De la sorte on évite l’apparition de nouveaux anthrax ;

6“ Quand l’induration et la rougeur périphériques ont disparu, on cesse l’usage du cataplasme, et l’on

DYSOHHOMXE 111

applique l’huile sur de l’ouate hydrophile. Ce traitement n’est pas douloureux, et est d’une application très facile.

Douches. — (Voir Eau.)

Dragonneau. — (Yoiv Parasites.)

Durillon ou Callosité. — Tyloma, Tylosiscalleux.

On appelle durillon une affection caractérisée par un épaississement circonscrit des couches de l’épiderme corné dont l’étendue, la forme, le siège dépendent de la cause ; il est occasionné le plus souvent par une pression prolongée ou des frottements répétés d’un même point de la peau sur une saillie osseuse sousjacente (bottines mal faites, bandages herniaires, ceintures, corsets, etc. Durillons professionnels des menuisiers, cordonniers, tailleurs, chapeliers, musiciens, etc., etc.), ou quelquefois par l’action réitérée de substances chimiques irritantes. Il peut devenir le siège d’une inflammation aiguë {durillon forcé), qui est du domaine de la chirurgie.

Tbaitement. — Dans certains cas de durillon professionnel non douloureux servant à protéger le corps papillaire sous-jacent contre les lésions que pourrait déterminer le travail prolongé, il est préférable de le respecter, et de ne le traiter que si le sujet change de profession.

Dans les autres cas, il faut : 1» ramollir les couches épaisses de l’épiderme. Bains prolongés, cataplasmes, emplâtres, topiques variés, collodion de Vigier, etc. (Voir Cor) ; 2“ les enlever ensuite avec les ongles ou une lame un peu mousse si elles sont suffisamment ramollies, sinon avec un bistouri ou un rasoir; 3° supprimer autant que possible la cause, afin d’éviter les récidives. Dyschromie. — (Voir Pigment.)

DYSIDEOSE

Dysidrose. — C’est une affection bien décrite par Tilbury Fox, Thin, Hutchinson (cheiro pompholix), A. Robinson, Bonnet, etc., caractérisée par des vésicules très fines, claires et transparentes, ne faisant au début aucune saillie à la surface cutanée, profondément enchâssées dans la peau, analogues à des petits grains de sagou cuit (T. Fox), mais qui bientôt augmentent de volume, et deviennent nettement saillantes et dut'es. Isolées et discrètes au début, elles ne tardent pas à se réunir en groupes et à devenir confluentes, constituant de grosses vésicules, des bulles et parfois même de véritables phlyctènes renfermant un liquide limpide, clair, incolore, différant nettement de celui des vésicules eczémateuses, généralement acide, quelquefois neutre ou légèrement alcalin selon la période d’évolution de la maladie, ayant avec la sueur de très grandes affinités. Cette éruption, légèrement prurigineuse au début, le devient rapidement beaucoup plus; aussi, par l’action du grattage, les vésicules peuvent-elles se déchirer, mais le plus souvent elles s’affaissent spontanément, lentement, par la simple résorption de leur contenu; il se produit alors une fine desquamation épidermique sans réaction inflammatoire bien marquée, si ce n’est quand le médecin aura prescrit intempestivement des agents irritants qui auront provoqué une dermite eczémateuse, car la dysidrose n’est pas un eczéma.

La dysidrose est remarquable par sa localisation presque exclusive aux mains (surtout aux faces latérales des doigts), aux pieds, parfois à la figure et au cou, jamais au tronc. Elle procède par poussées successives, trois ou quatre,d’une durée moyenne de cinq à sixjours chacune. C’est une affection de l’appareil sudoripare qui survient en général l’été ou au printemps chez les sujets hyperi-

Page 1