DYSTROPHIE DES FOLLICULES II
drosiques, arthritiques, • dyspeptiques à peau fine et à constitution nerveuse, et particulièrement chez ceux exerçant une profession qui les expose à l’action d’une température élevée (cuisinières, blanchisseuses ouvriers travaillant dans des usines); mais on peut observer, en dehors de ces conditions spéciales, cette affection qui est assez fréquente et très sujette à récidive.
Traitement. — Il doit être aussi peu irritant que possible et consister en repos absolu des régions atteintes bains frais, bains de son, bains d’amidon, infusions émollientes, eau de guimauve, infusions de têtes de camomille, et saupoudrages avec des poudres inertes amidon, talc, oxyde de zinc, etc. - Quand le prurit est violent, on ajoutera une cuillerée à café de vinaigre ou quelques gouttes de créoline pour un verre d’infusion émolliente. Dans les cas plus intenses, quand il existe des bulles plus ou moins volumineuses, il convient de les ouvrir avec une aiguille à scarification bien aseptisée, d en vider le contenu et de les panser avec du liniment oléocalcmre contenant 1/40 d’acide salicylique, ou avec du glycérolé d’amidon à la glycérine neutre, ou de la vaseline boriquée, ou enfin une pommade à l’oxyde de zinc. R. Crocker préconise les oléates, et particulièrement l’oléate de cuivre. Mais en France les oléates sont généralement mal préparés et rarement prescrits.
Il est très important également de traiter la constitution arthritique ou nerveuse du sujet. Les troubles dyspeptiques seront recherchés et activement soignés ■ il faut combattre en outre l’hyperidrose par les moyens appropriés (Voir Hyperidrose). Tilbury Fox recommMdait les diurétiques et les préparations arsenicales Dystrophie des follicules. - (Voir Kératose
Eau. — L’eau est fréquemment employée dans le traitement des maladies de la peau sous forme de boissons, de bains, de pulvérisations, de douches, d’enveloppement humide, etc.
Nous ne donnerons ici que les formules des différents bains employés en dermatothérapie, ainsi que les principales indications d’hydrothérapie concernant cette thérapeutique spéciale.
A. Bains. — On ne prescrit en général que les bains liquides ou bains proprement dits, qui sont composés d’eau pure ou d’eau contenant en dissolution ou en suspension diverses substances. On les divise d’après leur température en bains :
Froids. au-dessous de 2S".
Tièdes... de as» à 35”.
Chauds. de 35” à 40» et au delà.
d’après la partie immergée en bains :
Entiers.
Partiels (demi-bains, pédilnves, bains de siège, etc.).
Lorsque l’eau du bain se renouvelle constamment, il est Ali bain à edu courante (n’est guère emplové aue
EAU
dans les eaux thermales) ; dans le cas contraire, c’est le bain à eau dormante.
La durée moyenne d’un bain est de vingt à vingt-cinq minutes ; mais dans certaines affections de lapeau, généralement sérieuses, on prescrit des bains prolongés et fréquents, etmêmedes bains dits continus qui nécessitent une organisation particulière et dans lesquels le malade séjourne pendantplusieurs jours, des semaines et même des mois entiers.
Les substances qu’on incorpore aux bains prescrits dans le traitement des maladies de la peau sont très nombreuses.
Voici les différentes formules :
Pour un bain de 300 litres ;
1° Bain d amidon. — Amidon, 1 livre. Délayer dans 2 litres d’eau tiède, puis mélanger à 2 litres d’eau' très chaude, et enfin verser lentement dans la baignoire en agitant l’eau.
20 Bain de son. — Son, i à 2 kilos. Faire bouillir dix minutes dans 6 à 8 litres d’eau, passer, et mélanger avec l’eau du bain. On peut aussi mettre le son dans un linge bien ficelé, le mettre dans l’eau du bain, et le presser de temps en temps.
3“ Bain alcalin. — 230 à 300 grammes de sous-carbonate de soude.
40 Bain de Vichy. — Bicarbonate de soude, 500 grammes.
30 Bain sulfureux. — Trisulfure de potassium solide, 30 à 100 grammes.
Concasser, enfermer dans un flacon de verre, dissoudre au moment du bain dans un litre d’eau chaude, à part.
60 Bain de Barèges ;
Hydrosulfure de soude cristallisé.. ) 60 gr
Chlorure de sodium cristallisé. j ° '
Carbonate de soude desséché. 30 gr.
Dissoudre dans un litre d’eau.
Les bains sulfureux doivent être pris dans des pièces particulières peintes au blanc de zinc, dans des baignoires de bois, de zinc ou de tôle émaillée. La sulfurine (trisulfure de potassium dont on a retiré l’acide sulfhydrique) présente l’avantage des deux préparations précédentes sans avoir leurs inconvénients.
70 Bain de Pennés :
Bromure de potassium.
Carbonate de soude.
— de chaux...
Phosphate de soude.
Sulfate de soude..
— de fer.
— d’alumine ..
Huile essentielle de lavande.
— do thym—
— de romarin.
Teinture de staphisaigre ....
8» Bain de sel. — Sel gris, S 1 9“ Bain de mer artificiel :
Sel marin...
Sulfate de soude cristallisé...
Hydrochlorate de chaux.
Hydrochlorate de magnésie...
ou bien :
Chlorure de sodium..
— de magnésium—
— de calcium...-
— de potassium.
Sulfate de soude.
lodure de potassium.1
Bromure de potassium. )
Sulfhydrate d’ammoniaque..
8 kilogrammes.
3 kgr.SOO 0 Vgr,7ü0 2 kilogrammes.
7,500 grammes.
2,5tS —
ââ 0sr,15
V gouttes.
80 grammes.
IQo Bain de sublimé :
EAU
Bichlorure de mercure. 20 grammes.
Dissoudre dans :
Alcool à 90“...... SO grammes.
ajouter:
Eau distillée.... 200 grammes.
Mettre dans une baignoire de bois ou de fonte émaillée.
11“ Bain iodé : -
Iode. .... tO grammes.
lodure de potassium.. 20 —
Eau ........ 230 —
Dissoudre. Verser dans une baignoire de bois bu de
fonte émaillée.
Bain gélatineux :
Colle de Flandre. SOO grammes.
Eau chaude.. tO litres.'
Dissoudre et verser dans un bain.
13“ Bain gélatino-sulfureux :
Polysulfure de potassium. 50 grammes.
Gélatine concassée. 250 —
Dissoudre à chaud la gélatine concassée, puis le sel.
14“ Bain de glycérine
Glycérine... 500 grammes à 1 kilo.
13“ Bain aromatique. — Bain de tilleul. — Bain de camornille, etc.
Faire infuser 300 grammes à 1 kilogramme pendant une heure dans 10 litres d’eau bouillante, passer et verser dans le bain.
EAU
16» Bain savonneux :
Savon blanc du commerce 1 kilogramme.
Dissoudre à chaud dans 5 litres d’eau.
17» Bain vinaigré. — 1 litre de vinaigre dans un bain de son ou d’amidon.
18» Bain arsenical.
Arséniate de soude. o à dO grammes.
19» Bains d’eaux minérales, naturelles ou artificielles. — Les formules varient avec les très nombreuses eaux minérales où sont envoyés les malades atteints de dermatoses.
B. — Hydrothérapie. — Douches.
Les douches sont assez fréquemment prescrites dans certaines dermatoses, particulièrement dans les névrodermites. Il faut bien savoir cependant que le médecin ne doit prescrire les douches qu’avec une grande prudence, et ne pas insister s’il constate une aggravation de la dermatose.
On divise les douches
D’après leur température en
D’après leur application en
D’après les formes du jet en :
/ chaude, l tiède.
: J froide.
/ écossaise.
[ alternative.
( générale.
■ i locale, douche en jet.
douche en pluie, douche en cercles, douche en colonnes, douche en promenade.
Douche chaude. — 30 à 35», excitante quand elle est courte, sédative lorsqu’elle est prolongée.
EAU
Douche tiède. — 20 à 30“, assez employée en dermatologie.
Douche froide. — 9“ centigrades, tonique et sédative, très courte, dix à trente secondes au plus. L’eau doit avoir une certaine pression, c’est-à-dire être projetée avec force.
Douche écossaise. — Douche chaude à 30°, portée progressivement à 35°, 40“ et 43“ et suivie d’un jet froid très court.
Douche alternative. — Eau chaude suivie de douche froide pendant un nombre égal de secondes et en répétant deux ou trois fois de suite cette alternance.
Douche en jet ou en lancé, est la plus usitée. Le malade est à 2 mètres environ de l’opérateur qui est placé sur une tribune élevée de deux marches, et envoie un jet d’eau sur la partie postérieure du corps, puis sur la poitrine et les membres en terminant par les pieds.
Douche en pluie. — Large pomme d’arrosoir placée à 2“,30 du sol. Le malade a la tête couverte d’un bonnet de caouchouc ou.de toile cirée. 11 doit pencher le haut du corps en avant pour recevoir la douche sur le tronc et non sur le vertex.
Douche en colonne. — C’est la douche en pluie avec une lance au lieu'd’une pomme d’arrosoir.
Douche en cercle ou en poussière. — Peu usitée en dermatologie, en raison de l’excitation trop grande qu’elle produit.
Douche en promenade. — Cylindre creux de 4™,30 de long percé de nombreux trous, situé à 2“,30 du sol, sous lequel le malade se promène.
Douches locales. — Ascendante, périnéale, vaginale, rectale, etc., etc. — Pulvérisations chaudes, tièdes ôu froides, etc.
ECTHYMA
L’enveloppement dans le drap mouillé peut remplacer les douches, mais n’en a pas les avantages.
Le malade doit marcher avant la douche, faire des mouvements pendant la douche, s’habiller rapidement et faire après la douche un exercice actif (marche rapide, escrime, gymnastique, massage), pour activer la réaction.
L’eau employée peut être chargée de produits médicamenteux très variés (douche saline, sulfureuse, de Barèges, alcaline, etc.).
Ecchymose. — (Voir Purpura.)
Ecthyma. — On désigne sous ce nom une lésion cutanée caractérisée par une pustule large, étalée, arrondie, reposant sur une base dure, enflammée, donnant lieu à la formation de croûtes brunâtres dont la chute laisse après elle des cicatrices plus ou moins apparentes (Leloir et Vidal). ■— Pour ces deux auteurs,
1 ecthyma est une dermatose spéciale, sui generis, auto-inoculable et inoculable. Pour Hébra, Kaposi, Radcliffe Crocker, etc., au contraire, l’ecthyma n’est pas une dermatose indépendante, mais bien une lésion cutanée pustuleuse secondaire à l’eczéma, à l’impétigo, à la phthiriase, à la gale, à l’urticaire, au prurigo de Hébra, etc., etc. Mais, ce qui semble bien confirmer l’opinion de MM. Leloir et Vidal, c’est que la pustule d ecthyma inoculée ou auto-inoculée reproduit une vraie pustule d’ecthyma offrant tous les caractères de la pustule génératrice, suivant identiquement la même marche ; cette pustule d’inoculation peut également reproduire d’autres pustules d'ecthyma jusqu’à' quatre et cinq générations successives. {Traité descriptif des maladies de lapeau, 1891, 3^ îascicule.)
L’ecthyma s’observe surtout sur les sujets anémiés.
ËCT-H YM.
débilités, cachectiques. II est d’autant plus intense que les facteurs débilitants sont plus nombreux. — Enfance vieillesse, alimentation défectueuse, diarrhée, épuisement, misère, alcoolisme, scrofulo-tuberculose, syphilis, diabète, albuminurie. — Convalescences des maladies graves, fièvre typhoïde, variole, etc.
On a signalé un ecthyma spécial des raffineurs et des sujets en rapports fréquents avec les chevaux.
Enfin, il n’est pas rare de constater l’existence de nombreux éléments d’ecthyma chez les sujets lymphatiques, cachectiques, débilités, atteints de phthiriase ou de gaie. Aussi faut-il toujours, en présence d’un ecthyma, rechercher s’il n’existe pas de parasites.
Cliniquement, MM. Leloir et Vidal réduisent les très nombreuses espèces d’ecthyma décrites par les anciens auteurs à deux variétés principales.
A. — L'ecthyma simple, vulgaire, à ulcération superficielle. La pustule parfaitement caractérisée, adulte, arrondie, bombée, remplie de sérosité purulente, à bords rouges indurés, à fond ulcéré, grisâtre, sanieux, arrive à son apogée à la fin du quatrième jour; puis elle se dessèche, se recouvre d’une croûte brunâtre plus ou moins épaisse, qui se soulève par ses bords et tombe duseizième au vingtième jour laissantcomme trace indélébile une cicatrice superficielle plus oumoinspigmentée. Quelquefois plus rapide, l’évolution est dans quelques cas pluslente, les pustules pouvant atteindre une dimension assez considérable, celle d’une pièce de 2 ou même de 3 francs, par exemple. Ces pustules sont le plus souvent multiples, disposées irrégulièrement, pouvant occuper toutes les régions du corps, mais surtout les membres inférieurs, particulièrement les fesses, le dos, les organes génitaux, la verge, où elles peuvent simuler
ECTHYMA
un chancre syphilitique ; elles se développent sans fièvre, généralement. Mais parfois, quand l’éruption est abondante, il existe du malaise, un léger mouvement de fièvre, qui s’accentuent quand surviennent des complications telles que adénites, lymphangites, phlébites, phlegmons, etc.
B. — Ecthyma à ulcération profonde. — Ecthyma térébrant, gangreneux. — Rupia escharotica. — Pemphigus gangreneux Bazin. — Il comprend VEcthyma infantile ou ulcéreux des nouveau-nés, et l’ecthyma cachectique. Les pustules, semblables au début à celles que nous venons de décrire, prennent bientôt une coloration livide, grisâtre, brunâtre; elles se rompent et l’ulcération produite s’étend en largeur et surtout en profondeur; le fond en est sanieux, grisâtre, les bords sont arrondis, taillés à pic; autour existe une aréole rouge violacée, livide. Ces ulcérations, qui siègent surtout aux cuisses, aux fesses, dans les régions dorsale, sacrée, inguinale et abdominale plus particulièrement exposées chez les enfants à la malpropreté, mais peuvent s’observer sur toutes les régions du corps, restent assez longtemps stationnaires, peuvent devenir gangreneuses, ou bourgeonnent, et guérissent, mais en laissant toujours une cicatrice plus ou moins déprimée. Le pronostic en est grave chez les enfants surtout et aussi chez les vieillards, car l’ecthyma térébrant indique une débilitation très grande, un état cachectique très accentué (athrepsie, syphilis grave, diabète, etc.).
Traitement. — L’ecthyma, avons-nous dit, est autoinoculable et inoculable. En effet, on a trouvé dans les pustules d’ecthyma de nombreux micrococci (monococci, diplococci, staphylococci, streptococci). Ehlers aurait
ECTHYMA
découvert dans l’ecthyma infantile le bacille pyocyanique. Le traitement local consiste donc à faire usage des antiseptiques pour guérir la lésion, et à empêcher les auto-inoculations en isolant les éléments et en supprimant le grattage. Au début, on prescrira des bains amidonnés locaux ou généraux, dés applications de vaseline boriquée et des saupoudrages avec de la poudre d’amidon et d’oxyde de zinc. Quand les croûtes seront formées on les fera tomber soit avec des cataplasmes de fécule de pomme de terre tièdes arrosés d’eau légèrement phéniquée, soit avec un bain amidonné ou mieux sulfureux, si l’âge et l’état du sujet le permettent, soit avec des douches de vapeur, soit avec des toiles de caoutchouc.
Puis on lavera les plaies avec une solution antiseptique : Eau phéniquée à S p. 100 ou 200. — Solution de sublimé à 1 p. 1 000 ou 2000. — Solution de chloral à 1 p. 200. — Solution de créoline ou de lysol à 2 p. 100, etc. — On applique ensuite une pommade au calomel 1/20, ou au naphtol 1/20, ou au soufre, ou à la résorcine, ou mieux, on recouvre exactement chaque élément avec un petit fragment d’emplâtre de Vigo, ou rouge de Vidal, ou au calomel, ou à l’oxyde de zinc et à l’acide salicylique, etc. Cet emplâtre est renouvelé toutes les vingt-quatre heures. Quand on le retire, on fait un léger lavage antiseptique. Si la guérison se fait attendre ou si la plaie a mauvais aspect, on peut la cautériser avec une solution de nitrate d’argent, ou d’acide phénique, ou d’hypochlorite de soude, ou bien avec de la glycérine iodée ou de la teinture d’iode, ou mieux encore on saupoudre la plaie avec de l’iodoforme, ou de l’iodol, ou du salol, de l’aristol, ou du dermatol, et on remet un fragment d’emplâtre.
■ECZÉMAS
Quand il y a menace de gangrène, le vin aromatique, la solution dé chlorure de chaux, l’onguent Canet,.le styrax, pur ou. mélangé à riodoforme ou à l’aristol (L. Brocq), seront particulièrement indiqués.
Il est très important de rechercher la cause probable de l’ecthyma, particulièrement, avons-nous dit, les poux et la gale, et de s’efforcer de les guérir le plus rapidement possible.
Enfin il faudra restaurer la santé générale par tous les moyens les plus actifs (régime tonique, réconfortant, hygiène sévère, propreté absolue, bains sulfureux, fortifiants, huile de foie de morue, quinquina, fer, etc. Repos absolu quand l’ecthyma occupera- surtout les membres inférieurs).
Eczéma ou mieux Eczémas. — On ne saurait actuellement donner une définition de l’eczéma; alors qu’autrefois les • auteurs faisaient de l’eczéma une affection cutanée spéciale, comprenant une foule de lésions bien distinctes, dermatose dartreuse pour les uns, dermatose exsudative pour les autres, catarrhe de la peau pour certains, les dermatologistes actuels sont à peu près unanimes à reconnaître que ce qu’on désigne sous le nom d’eczéma constitue un vaste groupe artificiel et confus qui doit être l’objet d’une révision complète, qu’il existe des éruptions dites eczémateuses des plus fréquentes, des mieux connues, dues à des causes très variées; de là la nécessité absolue, chaque fois que le médecin emploie le terme d’eczéma, d’ajouter un qualificatif précis, relatif à la localisation, au siège, à l’étendue, à la forme, à la nature présumée, à l’objectivité de la lésion cutanée.
Eczéma aigu, chronique, limité, généralisé, primitif, secondaire, rubrum, papuleux, vésiculeux, croûteux.
ECZÉMAS
séborrhéique, corné, acnéique, lichénoïde, sec, humide, dysidrosique, pilaire, impétigineux, infantile, sénile, diabétique, goutteux, du cuir chevelu, de la face, palpébral, orbiculaire, des fosses nasales, des oreilles, récidivant pilaire de la lèvre supérieure, des muqueuses, anal, scrotal, vulvaire, lingual, du mamelon, des plis, intertrigineux, vat'iqueux, pédiculaire,pthiriasique, acarien, des ongles, etc., etc.
On le voit, les variétés d’éruptions eczémateuses sont infinies; une révision sévère s’impose; mais dans ce traité nous ne pouvons nous laisser entraîner dans la discussion de la constitution d’un cadre nosologique et nosographique qui renfermerait les seules lésions cutanées susceptibles d’être étiquetées « eczémas ». Nous procéderons par élimination et renverrons le lecteur aux articles Éruptions artificielles, Dysidrose, Impétigo, Intertrigo, Lichen, Parasites, Trichophytie, Diabétides, etc., pour les éruptions eczématiques désignées par certains auteurs sous le nom d’eczéma artiticiel, impétigineux, intertrigineux, dysidrosique, lichénoïde, parasitaire, marginé, diabétique, etc.
Les autres éruptions eczémateuses qui, bien que très nombreuses, semblent constituer jusqu’à nouvel ordre un genre dermatologique assez précis quoiqu’ayant une origine souvent très dissemblable (voir plus loin Étiologie générale) peuvent cliniquement se présenter sous deux formes distinctes, que l’on rètrouve du reste dans les descriptions des anciens auteurs : 1“ les eczémas aigus; 2» les eczémas chroniques. Hâtons-nous d’ajouter que les eczémas dits chroniques sont beaucoup plus fréquents et sont tantôt dus au passage de l’état aigu à l’état chronique, tantôt chroniques d’emblée.
‘ A ces deux formes, nous ajouterons une troisième très
ECZÉMA
fréquente, très intéressante, mise en lumière par Unna, et actuellement encore sujette à discussion : c’est VEczéma séborrhéique, dont la nature parasitaire semble très probable. (Voir Séborrhée.)
Enfin les éruptions eczémateuses présentent des particularités très importantes suivant leur siège, leur étendue, leur cause probable, l’âge du sujet, etc. Aussi ne donnerons-nous pas une description d’ensemble des eczémas, mais nous nous contenterons, à propos des variétés les plus importantes, d’indiquer leurs principaux caractères.
En résumé, les lésions cutanées qui méritent bien d’être rangées, selon nous, dans le cadre actuel, mais non définitif, des eczémas proprement dits, sont caractérisées objectivement par l’inflammation dermo-épidermique (rougeur, tuméfaction de la peau, suintement, vésiculation, éruption souvent polymorphe, croûtes, desquamation, prurit, etc.). Leur étiologie est des plus complexes : Hébra, Kaposi et leurs élèves considèrent l’eczéma comme une dermite inflammatoire provoquée par toutes les irritations extérieures chimiques ou physiques. Les auteurs français au contraire, ainsi que beaucoup d’autres dermatologistes, tout en admettant nettement l’influence des agents irritants venus du dehors, quelle que soit leur nature, parasites, microbes, chaleur, froid, traumatismes, liquides organiques, médicaments, etc., etc.,estiment que dans la grande majorité des cas la lésion eczémateuse est due à une condition individuelle spéciale, héréditaire ou acquise, à un état général particulier, à une dyscrasie liée à un état pathologique un trouble fonctionnel quelconques, qu’il importe toujours de rechercher quand on se trouve en présence d’un eczémateux. Pour Unna enfin, et cette
ECZÉMAS
opinion semble réelle dans un certain nombre de cas bien déterminés, mais ne peut s’appliquer à la majorité des cas, l’eczéma est une affection inflammatoire, cliniquement et anatomiquement, affection dans laquelle des micro-organismes }OViQn\. un très grand rôle, soit qu’ils provoquent directement, soit qu’ils ne déterminent que des modifications secondaires; « mais, pour que l’eczéma se produise, il faut que l’épiderme et ses annexes soient un bon terrain de culture, et cette condition comprend tout ce que l’on a rangé, parmi les causes prédisposantes et excitantes ». Cette théorie mixte très séduisante d’Unna sera peut-être confirmée plus tard; mais actuellement le micro-organisme est encore à trouver; alors même qu’on le découvrirait, il s’agirait de savoir s’il est réellement pathogène, ou si au contraire ce n’est pas un parasite banal qui devient nuisible quand il rencontre certaines conditions spéciales. Aussi nous pensons qu’il convient actuellement de conclure que l’eczéma, abstraction faite des dermites eczématiques artificielles, est tantôt une maladie réelle caractérisée par la manifestation cntanée d’un état général particulier quel que soit le nom que l’on donne à ce trouble général de l’organisme (diathèse, dyscrasie, ralentissement de la nutrition, etc.), tantôt une lésion cutanée bien déterminée, provoquéepar un agent irritant, parasitaire ou autre, mais survenant toujours dans des conditions individuelles particulières, héréditaires ou acquises.
Aussi le traitement des eczémateux, contrairement à la doctrine de l’Ecole de Vienne, comporte-t-il deux indications capitales :
1“ Traitement génévaX des eczémateux;
2» Traitement local.
ECZÉMAS
Mais d’abord se pose une question des plus intéressantes : Faut-il toüjoübs tbaiter l’eczéiiia?
Certainement oui, il faut toujours traiter un eczéma, et par traiter, je veux dire surveiller médicalement la lésion cutanée, empêcher, si c’estpossible, son extension rapide, calmer le prurit et en même temps traiter Fétat général constitutionnel du sujet. Mais il nous paraît indiscutable qu’il faut, dans bien des cas que nous allons spécifier, agir avec la plus grande circonspection, et parfois même s’opposer à l’extinction trop rapide, à la suppression brusque de l’eczéma.
Il est certain que, quand on se trouve en présence d’un eczéma aigu ou même chronique survenant sur un sujet adulte sain ou ne présentant qu'une tare constitutionnelle légère, sans grande importance, il faut instituer un traitement actif, et s’efforcer de faire disparaître au plus vite l’éruption.
Mais il n’en est pas toujours ainsi, et dans bien des cas le médecin se trouve en présence d’eczémas qui semblent dus à l’élimination par la peau de substances toxiques excrémentitielles désassimilées.Lapeau représente alors un champ emonctorial, une surface de dérivation ou de révulsion (E. Besnieb), qu’il serait imprudent de supprimer. Les anciens médecins, partisans de la théorie humorale, avaient peut-être exagéré la fréquence de ces eczémas qu’il importe sinon de respecter du moins de ne pas combattre trop activement ; mais des faits chimiques fort nombreux confirment cette théorie, quoi qu’en pensent Kaposi etquelques-uns de ses élèves.
G est ainsi que chez les enfants, et surtout dans la première enfance, l’eczéma doit toujours être traité avec les plus grands ménagements, surtout quand il est très étendu et quand l’état de l’estomac, de l’intestin, des
ECZÉMAS
bronches et du cerveau n’est pas absolument parfait. Il ne faut jamais employerde topiques trop énergiques ou toxiques, ne soigner l’eczéma que par fractions cutanées. Notre ami le Gaucher ‘ a fort bien décrit à notre sens les indications de ce traitement ; <t II faut procéder avec douceur pour habituer l’organisme à la suppression de l’émonctoire cutané, et donner le temps aux principes toxiques de prendre peu à peu une autre voie d’élimination, celle de l’intestin ou du rein. Il est même nécessaire de provoquer cette substitution d’émonctoire en administrant des purgatifs et des diurétiques dont le meilleur est le lait. » — Il conviendra également d’agir de môme chez les adultes et les sujets âgés eczémateux atteints d’emphysème, d’asthme, de bronchite chronique, de dilatation des bronches, de tuberculose pulmonaire ou dont les ■ lésions cutanées occuperont le tronc, ou bien chez ceux atteints de lésions rénales, ou hépatiques ou gastro-intestinales, quelle que soit la localisation de l’eczéma, ou enfin et surtout chez les sujets dits cérébraux, c’est-à-dire atteints d’une affection cérébrale, mentale, ou y étant prédisposés héréditairement, dont l’eczéma occupera particulièrement le cuir chevelu.
Chez tous ces eczémateux, le traitement devra toujours être très réservé, et suspendu, s’il survient une aggravation de la maladie organique. Ces réserves s’appliquent encore plus aux eczémateux diathésiques présentant des alternances morbides. Il n’est pas rare en effet d’observer des sujets atteints de rhinite, de
1. E. Gaucher. — Communication au Congrès international de Dermatologie. Comptes rendus, Paris, dSSQ, page 838 et suivantes. Pathogénie et métastases de l’eczéma, particulièrement chez les enfants.
ECZÉMAS
laryngite, de bronchite, d’asthme, de dyspepsie, de gastralgie, de diarrhée, de rhumatisme, de goutte, de névralgies, de troubles cérébraux variés, qui constatent la diminution ou la disparition de ces troubles quand apparaît une poussée eczémateuse, et leur réapparition quand l’eczéma a été supprimé.
Il, faut bien se garder de croire que ces faits sont absolus, et qu’il en est toujours ainsi : mais il n’en est pas moins certain qu’il faut toujours, en présence d’un sujet atteint d’eczémà, et surtout d’eczéma ancien plus ou moins étendu, faire un examen complet de tous ses organes, de toutes ses fonctions, bien connaître son état pathologique antérieur et n’instituer le traitement approprié à chaque cas et toujours surveillé avec soin qu’entoute'connaissancede cause. —D’ailleursl’eczéma, quand il n’est pas étendu, quand il siège sur une région couverte, quand il n’est pas prurigineux, constitue une affection parfaitement compatible avec la vie commune et bien plus tolérable souvent que les autres affections avec lesquelles il est susceptible d’alterner dans certains cas.
1» Traitement général, régime et hygiène des eczémateux. — Depuis la plus haute antiquité, et malgré l’opinion de Iléhra, Kaposi, etc., on a constaté l’efflcacité du régime alimentaire et de l’hygiène pour combattre les eczémas. Mais on ne saurait indiquer une ligne de conduite constante absolue; il faut un régime rationnel et spécial à chaque individu ; car ce qui convient à l’un peut avoir chez un autre les plus fâcheuses conséquences ; et il faut se méfier des prescriptions fixes, des formules diététiques routinières.
Il semble donc difficile d’indiquer le régime alimentaire systématique à prescrire aux eczémateux : il varie
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suivant les pays, les races, l’âge, lé tempe’rament, les habitudes, les professions, le genre de vie, les aptitudes individuelles des malades. Cependant on peut direqu’eh général les excitants divers doivent être exclus de l’alimentation des eczémateux et particulièrement lèà liqueurs fortes, l’alcool, le vin pur, les poissons de mer,' les coquillages, les crustacés, lès salaisons, le gibier faisandé, la charcuterie, le porc salé, les fromages fermentés, les épices, en un mot tous les aliments qui sont d’une digestion difficile : c’est en effet le bon fonctionnement des voies digestives et aussi des autres organes qu’il s’agit d’obtenir, et pour cela il ne suffit pas de proscrire de l’alimentation tel ou tel aliment, mais il faut encore déterminer d’une manière précise pour chaque sujet ce qui est utile ou nuisible à sa constitution. Le D'’ Schweninger, qui a fait sur la diététique en général des travaux si remarquables, a vu des eczémas anciens, rebelles, disparaître d'une manière surprenante, alors qu’ils avaient résisté pendant des années au traitement local et général, sous l’influence d’un simple changement de régime, par exemple en donnant des aliments solides au lieu d’aliments liquides, ou bien èn séparant les aliments liquides des aliments solides, ou bien en prescrivant des repas très peu copieux, mais répétés très souvent, ou bien en ne conseillant qu’un seul mets à chaque repas, mais en changeant chaque fois, ou bien en changeant l’heure des repas, ou bien encore en conseillant une quantité de liquide aussi considérable que possible à doses fractionnées, mais souvent répétées, enfin par une foulé de moyens insignifiants en apparence qui naturelleinent varieront suivant les individus.
Chez les enfants eczémateux surtout, l’alimentation
EOZÉMAS
joue un rôle très important : il faut, si l’enfant est nourri au sein, surveiller l’alimentation de la nourrice, etprescrire avec le plus grand soin des tétées à intervalles réguliers. S'il est élevé au biberon, la même régularité dans les repas s’impose : il faut donner du lait d’excellente qualité, autant que possible de la même vache, pur ou coupé, suivant lesindications,dunpeu d'eau de chaux ou d’eau minérale alcaline (Vichy, Vais). On évitera surtout de donner de bonne heure à l’enfant autre chose que du lait : la viande est particulièrement mauvaise dans les eczémas de l’enfance.
Chez tous les eczémateux, il faudra obtenir la régularité des garde-robes, moins cependant, si c’est possible, par des médicaments (laxatifs doux, poudre laxative de Vichy, rhubarbe, podophylle, tamar indien, cascara sagrada, huile de ricin, thé purgatif, eau de Rubinat, de Montmirail, de Garabana, de Villacabras, etc.) que par des substances qui rentrent dans les aliments et les boissons (fruits frais, lait, compotes, pruneaux, légumes verts cuits, jus de citron, miel, etc,, efc.). En outre on examinera fréquemment les urines afin de constater le bon fonctionnement de l’émonctoire rénal. Enfin on conseillera le repos, la tranquillité d’esprit, la réglementation du sommeil, l’exercice modéré, la vie à la campagne, en un mot tout ce qui constitue une bonne hygiène.
Le TOAiTEMEiST GÉNÉRAL de l’eczéma est celui des eczémateux, c’est-à-dire qu’il varie pour ainsi dire avec chaque cas, suivant la constitution, l’âge, les conditions pathologiques du sujet : il dépend, en un mot, de l’examen approfondi du malade, et aussi de l’espèce particulière d’eczéma. Il n’existe pas de médicament interne spécifique de l’eczéma, ce qui s’explique aisé-
ECZÉMAS
ment par la multiplicité des causes productrices des lésions eczémateuses. On a conseillé les alcalins, les sulfureux, le fer, les arsenicaux, l’érgotine, l’huile de foie de morue, enfin toute la série des eaux minérales.
En réalité, ces agents médicamenteux s’adressent à la constitution du sujet, à l’état diathésique (arthritisme, névropathie, scrofule, etc.).
Les alcalinssont très employés, ils conviennent surtout aux arthritiques francs, c’est-à-dire aux sujets atteints de goutte, de gravelle, d’asthme, de rhumatisme, de coliques hépatiques, de dyspepsie, de crises congestives variées, de diabète, d’obésité, d’hyperidrose, de migraines, etc.
On peut les prescrire sous toutes les formes, leur énumération serait fastidieuse. On pi'escrh’a surtout le bicarbonate de soude (à doses élevées), le benzoate de soude, le salicylate de soude (aux rhumatisants), le benzoate et le salicylate de lithine (aux sujets atteints de lithiase rénale ou biliaire), etc. Bazin prescrivait le sirop suivant :
-Bicarbonate de soude......... 10 grammes.
Sirop de fumeterro. 300 —
Une cuillerée à soupe avant chacun des deux principaux repas.