‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 17 sur 33 · L. Brocq modifie ce sirop de la façon suivante · texte numérisé non relu

L. Brocq modifie ce sirop de la façon suivante

Benzoate de soude...

Bicarbonate de soude Sirop de fumeterre...

Sirop de gentiane.

Sirop de saponaire....

F. S. A. Dissolution à froid.

De 2 à 4 cuillerées à soupe par jour.

2 à s grammes, ââ 150 grammes.

EqZÊMAS

. On peut remplacer ce sirop par des cachets médicamenteux renfermant en outre des alcalins, des médicaments destinés à produire l’antisepsie gastro-intestinale :

Bicarbonate de soude.. lo grammes.

Magnésie calcinée.. j g grammes.

Craie préparée. j

Benzo-naphtol... IS —

F. S. A. 40 cachets médicamenteux.

Én prendre un avant chaque repas.

On conseillera en outre de hoire aux repas l’une des eaux minérales alcalines que nous indiquerons plus loin, et qui varieront suivant les cas.

Les sulfureux s’adressent surtout aux jeunes eczémateux lymphatiques et anémiques et dans les cas d’eczéma séborrhéique. Eaux minérales sulfureuses.

Opiat de soufre :

Soufre sublimé et lavé...... Ogr.oO

Miel.. j g

Racine de réglisse pulvérisée.. |

M. 2 cuillerées à café par jour.

Électuaire de soufre :

Soufre sublimé et lavé. 30 grammes.

Nitrate de potasse. IS —

Miel blanc... 90 —

M. 2 cuillerées à calé par jour.

Pilules de sulfure de fer :

Sulfure de fer.

Extrait de gentiane. ... | ââ S grammes.

Poudre de gentiane.. )

F. S. A. SO pilules, 2 à 4 par jour.

lodure de soufre (Devergie), à la dose de 5 à 10 centigrammes par jour (peu employé).

On peut remplacer le soufre par l’ichthyol, soit en

ECZÉMAS

solution, soit en capsules ; mais ce médicament a l’inconvénient de provoquer des nausées et des renvois des plus désagréables. Dans quelques cas cependant il stimule notablement l’appétit.

Le fer, sous ses différentes formes, est conseillé aux eczémateux lymphatiques et surtout anémiques, de même l’huile de foie de morue qui est très employée surtout chez les enfants : il faut qu’elle soit prescrite à doses relativement élevées. ■

L’arsenic, on le sait, est prescrit souvent sans discernement dans toutes les dermatoses, et particulièrement dans l’eczéma. Or, il est susceptible dans bien des cas d’eczéma aigu, ou même chronique avec poussée subaiguë, de provoquer une irritation cutanée manifeste. On ne doit donc le conseiller qu’avec prudence et en surveillant bien les malades, dans les cas d’eczéma sec, squameux, tenace, s’accompagnant d’un épaississement marqué de la peau : on peut alors le prescrire à doses croissantes, jusqu’à ce qu’il y ait réelle intolérance. Les préparations arsenicales généralement employées sont les suivantes : Liqueurs de Fowler et de Pearson; Solution d’arséniate de soude (L. Brocq).

Arséniate de soude.. lO centigrammes.

Eau distillée de laurier-cerise... 50 grammes.

Eau distillée. 200 —

De 1 à 4 cuillerées à café par jour, avant chaque repas. Chaque cuillerée à café contient 2 milligrammes d’arséniate de soude.

Ou bien, chez les arthritiques (L. Brocq) :

Arséniate de soude. 2 centigrammes.

Benzoate de soude. 2 à S grammes.

Bicarbonate de soude. 10 —

ECZÉMA

Sirop de fumeterre. \

Sirop d’écorces d’oranges âà 200 grammes.

amères. |

F. S. A. Dissolution à froid.

De deux à quatre cuillerées à soupe par jour. Chaque cuillerée contient 1 milligramme d’arséniate de soude. Ces doses, croyons-nous, doivent être dépassées. On peut encore prescrire la mixture ferro-vineuse et arsenicale de Wilson, dont voici la formule (Kaposi) :

Solution d’acide arsénieux dans l’acide chlorhydrique, Liquor arsenici chloridi.—Liqueur de

Pearson..

Sirop simple.

Vin ferrugineux.

Eau distillée..

10 grammes.

Une cuillerée à bouche chaque jour.

Ou bien les pilules suivantes :

Fer citro-ammoniacal. 5 grammes.

Arsenic blanc. OS'’04.

Extrait et poudre de racine de gentiane... q.'s.

Pour faire 50 pilules, 2 à 8 pilules par jour.

Ces derniers médicaments ainsi que l’arséniate de fer sont indiqués surtout pour les eczémateux anémiques. Quand l’estomac sera intolérant, on pourra recourir aux injections arsenicales hypodermiques.

Liqueur deFowler.

Eau distillée ......

1 seringue.

Liqueur de Fowler.

Eau distillée.

Glycérine.

1/2 seringue.

... 1 partie.

. 2 parties.

10 grammes, j ââ S grammes.

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Arsoniale do soude...... OS^OS à OgrJO.

Eau distillée. lO grammes.

1/4 ou 1/2 seringue.

Les autres médications internes conseillées aux eczémateux sont nombreuses, et, comme les précédentes, ont surtout pour but de modifier la constitution du sujet; quelques-unes s’attaquent à certaines manifestations symptomatiques de l’eczéma (prurit, inflammation, etc.) : signalons particulièrement Vergotine, (E. Bbsnier), dans quelques cas d’eczémas variqueux, danslesformes congestives, dansles eczémas généralisés, — le sulfoichthyolate de soude (eczémas séborrhéiques), le tartrate d’antimoine (M. Mohius), le bromhydrate de quinine (dans les'eczémas aigus à récidives fréquentes), enfin toute la série des médicaments dits sédatifs du système nerveux quand il existe un prurit très intense, et surtout quand le malade est très nerveux. Mais il faut les prescrire avec prudence, la plupart d’entre eux (opium, chloral, bromure, antipyrine) étant susceptibles de provoquer des dermites violentes chez les sujets prédisposés. — Vidal et Brocq recommandent spécialement Vasafœtida (en pilules ou en suppositoires, asa fœtida 1 gramme, beurre de cacao 5 grammes), la valériane et les valérianates, le musc, le castoréum.

Pour terminer, nous signalerons la série illimitée des médicaments (tisanes, sirops, pilules), dits dépuratifs, amers, qui jouissent pour la plupart d’une grande vogue dans le public. On ne saurait méconnaître leur action bienfaisante dans certains cas, due à ce qu’ils facilitent alors l’élimination des produits excrémentitiels et des toxines qui, accumulés dans l’organisme, favorisent parfois l’apparition ou la persistance de certains eczémas.

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De lamême façon agiraient les sétons, les vésicatoires les cautères qu’on appliquait autrefois pour tirer au dehors les « humeurs peccantes ». Il est évident que les vieilles doctrines humorales semblent trouver aujourd’hui un appui dans les théories modernes des auto-intoxications ; n’a-t-on pas tout récemment découvert dans l’urine une ptomaïne spéciale à l’eczéma (l’eczémine)? Quoi qu’il en soit, nous citerons, parmi les plus répandus de ces dépuratifs, la pensée sauvage, la douce-amère la gentiane, le houblon, la bardane, la patience, la salsepareille, la saponaire, la fumeterre, etc., etc., Devergie conseillait le rob dépuratif suivant : ’ Patience

Bardane. . f .

Saponaire / grammes.

Gaïac... 1

Séné. 2o —

Sucre et miel. ââ 500 —

Eau ...... . 1500 —

Reste la question des eaux minérales. Et d’abord nous devons déclarer qu’il n’en existe aucune qui puisse prétendre guérir les eczémas réellement; certaines peuvent donner d’excellents résultats, qui ne seront pas constants et resteront subordonnés à chaque cas particulier. D’une façon générale, les eaux minérales agissent soit directement en modifiant favorablement la manifestation cutanée, soit indirectement en s’attaquant à la constitution du sujet, en l’améliorant, et conséquemment en retardant ou supprimant les récidives. Les premières sont rares, et n’ont une action réelle que dans un nombre de cas restreint ; en effet, ainsi que le conseille M. E, Besnier, il faut considérer comme une contre-indication essentielle, sauf de rares

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exceptions, la période ascensionnelle de l’eczéma. Les eaux qui jouissent de la meilleure réputation à cet égard sont celles d’Uriage (sulfosalines), de Royat (alcalines), de Luchon, de Cauterets, d’Enghien (sulfureuses), de Sail-les-Bains (Loire) (alcalines et silirMées), de la Bourboule (arsenicales), etc. Les secondes sont beaucoup plus nombreuses : ce sont toutes celles en effet qui sont susceptibles de combattre l’état diathésique ou l’état pathologique accidentel du sujet, et l’on pourrait énumérer toutes les eaux minérales préconisées contre l’arthritisme et ses nombreuses manifestations, le lymphatisme, la scrofule, l’anémie, la chlorose, le nervosisme, etc. En outre de celles indiquées plus haut, nous citerons encore Vichy, Vais, Fougues, Contrexéville, Vittel, Évian, Salies-de-Béarn, Briscousse, Biarritz, Plombières, Luxeuil, Néris, Bagnères, Martigny. Salins, Ax, etc., et toute la série des eaux purgatives. Quant au traitement hydrominéral à suivre à la station thermale, il devra être dirigé par le médecin de cette station, qui connaît exactement la composition et les indications des différentes sources.

Traitement local. — B constitue, d’après Hébra et Kaposi, le seul traitement véritable de l’eczéma. Nous avons vu qu’à notre sens, au contraire, il devait, dans bien des cas, céder le pas au traitement général, au régime, à l’hygiène. Ce n’est que dans les eczémas dits de cause externe, qui sont bien plus des dermites que des eczémas au sens propre du mot, que le traitement local est seul indiqué, et encore faut-il ajouter que même dans ces cas les lésions eczématiques sont presque toujours sous la dépendance d’un état particulier de l’organisme qu’il convient de rechercher et de traiter, ne serait-ce qu’une simple intolérance alimen-

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taire ou médicamenteuse qui serait passée inaperçue.

Les modes de traitement, plus ou moins systématiques, les agents médicamenteux préconisés contre les eczémas sont innombrables. Beaucoup d’entre eux non seulement ne guérissent pas la dermatose, mais encore provoquent des poussées inflammatoires parfois très sérieuses. De toutes les maladies de la peau, les eczémas sont certainement les plus difficiles à traiter, et celles qui occasionnent les plus grands mécomptes aux médecins. Aussi conseillons-nous d’une façon générale d’éviter toutes les médications irritantes, —

« D’abord ne pas nuire au malade », — de n’employer que des moyens calmants, émollients, surtout dans les eczémas aigus ou irritables, de ne recourir aux agents énergiques qui dans des mains exercées donnent souvent de très bons résultats que si l’on a affaire à des eczémas rebelles, chroniques, s’accompagnant d’un épaississement notable de la peau.

Le traitement local des eczémas en général varie suivant qu’il s’agit d’un eczéma aigu ou chronique en état d’activité,' ou bien d’un eczéma chronique, rebelle, torpide ; il varie également suivant le siège de l’eczéma. Nous indiquerons successivement :

1“ Le traitement des eczémas en période d’activité;

2» Le traitement des eczémas chroniques, rebelles, torpides, etc. ;

3° Le traitement particulier des eczémas spéciaux, relativement àl’àge du sujet, à la localisation de l’éruption, etc.

Quant à l’eczéma séborrhéique, il semble difficile de séparer son étude de celle de la séborrhée en général.

{Y oir Séborrhée.)

ECZÉMAS

1“ Traitement local des eczémas aigus ou des eczémas chroniques en période d'activité, d'irritation, soit spontanée, soit provoquée.

(Eczéma aigu vulgaire. — Eczéma rubrum généralisé. — Eczéma chronique irrité ou en période d’activité. — Eczéma suintant vésiculeux. — Eczéma enflammé des plis. — Eczéma impétigineux, etc.)

Il faut d’abord écarter toutes les causes d’irritation, d’inflammation, de prurit (médicaments irritants, frottement du linge, des vêtements ou des bandages, chaleur, froid, liquides organiques, sueur, urine, matière sébacée, etc..), mettre la région atteinte dans les meilleures conditions d’asepsie, et prescrire le repos complet de cette région, dans la situation la plus favorable à la libre circulation du sang (élévation des membres supérieurs).

Puis on pratiquera le.pansement de la lésion eczémateuse ; on aura recours pour cela à l’un des trois procédés suivants, en ayant soin de choisir d’abord celui qui semble le mieux approprié au cas présent, et de le remplacer par un autre ou de l’alterner avec les deux autres, suivant les résultats obtenus. — 1“ Poudres inertes. — 2° Enveloppements humides. — 3» Corps gras. (E. Besnieu.)

1“ Poudres inertes. — Elles sont particulièrement indiquées dans les cas d’eczéma très étendu, très irritable, occupant les plis, irrité par les réactions organiques (vulve, aisselle, espaces interdigitaux, plis sous-mammaires, aines (intertrigo), repli rétro-articu-, laire, etc.). Les plus employées sont les suivantes :

Amidon, quand l’eczéma est très étendu ; il ne faut pas craindre alors de l’appliquer en très grande quantité. — Poudres de lycopode, d’arrow-root, de talc de

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Venise, de kaolin, de riz, pures ou associées entre elles ou à d’autres poudres, telles que ; oxyde de zinc, sousnitrate de bismuth, acide borique, magnésie carbonatée, dermatol, etc., etc.

Exemple :

Poudre d’amidon. 100 grammes.

Talc pulvérisé... 20

Oxyde de zinc . s —

Poudre d’iris de Florence. . 5 —

Quand le prurit est très vif, on peut incorporer à cette poudre un peu de camphre pulvérisé.

Ou bien (Kaposi) :

Oxyde de zinc. 1 ,, „

Sous-nitrate de bismuth j “ grammes.

Poudre de talc de Venise SO —

Géruse. 2gr, SO

Après avoir saupoudré les parties malades avec l’une de ces poudres, il faut les recouvrir, surtout quand l’eczéma siège dans les plis cutanés, avec de la toile très fine, de la mousseline, de la batiste, imprégnées de poudre et fréquemment renouvelées.

2» Enveloppements humides. — Ils se font à l’aide de cataplasmes, de compresses imprégnées d’un liquide émollient et aseptique quelconque ou de toiles imperméables. Quant aux bains proprement dits, ils sont en général et dans la très grande majorité des cas fort mal supportés parles eczémateux. Toutefois, quand l’eczéma est généralisé, très douloureux, très prurigineux, comme tout mode de pansement est très difficile, on peut essayer un grand bain d’amidon où de son, ou d’eau de tilleul, de camomille ou de glycérine ; mais ce bain

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doit être très court, dix ou quinze minutes environ, et tiède, à 30“ ou 32“ environ. Au sortir du bain, on saupoudre largement les surfaces malades avec l’une des poudres indiquées. Kaposi recommande d’essayer dans les cas d’eczémas très intenses et généralisés les bains continus tels qu’ils sont donnés à Vienne.

Les cataplasmes rendent de très grands services dans le traitement des eczémas aigus. Ils doivent être préparés par ébullition avec de la fécule de pomme de terre, d’amidon ou de graine de lin désbuilée, et de l’eau renfermant 2 à S pour 100 de bicarbonate de soude et 1 pour 100 d’acide borique. On étale la pâte bien préparée en masse peu épaisse sur une toile usée très fine ou sur de la mousseline, on laisse tiédir, on applique le cataplasme refroidi sur la surface malade, on le recouvre de taffetas gommé ou d’une toile imperméable fine pour empêcher son évaporation, et on maintient le tout avec un bandage bien appliqué, mais non compressif.

Dès qu’une odeur aigrelette se détache du cataplasme, c’est-à-dire au bout de deux, trois à quatre heures il faut le retirer, et en appliquer un autre.

Quand les cataplasmes ne donnent pas de bons résultats, ou ne peuvent être appliqués soit à cause de la localisation de l’eczéma, soit parce que le malade indigent ne peut les faire ou pour toute autre raison, on peut, les remplacer par le moyen suivant. On trempe une compresse de toile fine pliée en quatre ou en huit, ou de la mousseline, ou de la tarlatane également pliée en huit doubles soigneusement antiseptisée dans une' eau émolliente quelconque (eau de son, d’amidon, de guimauve, décoction de racine d’aunée ou d’hélénine, de sureau, de têtes de camomille), additionnée de bicar-

ECZÉMAS

bonate de soude et d’acide borique dans les proportions susindiquées, on les presse, et, quand elles sont bien étanchées, on les applique avec grand soin sur la région malade, et on les recouvre d’une toile imperméable fine, puis on les maintient à l’aide d’un bandage.

Ce mode de pansement doit être, comme les cataplasmes, renouvelé très fréquemment. Comme eux également, il peut être mal supporté ou impraticable malgré sa simplicité : on peut alors le remplacer par l’enveloppement des régions malades avec des toiles imperméables très fines appliquées directement sur les lésions eczémateuses ; elles s’opposent à l’évaporation et constituent pour ainsi dire un bain permanent ; il faut les enlever matin et soir, les bien laver et essuyer, puis les remettre en place. On emploie surtout la toile de caoutchouc très fine et non épaisse, comme, ainsi que le faitobserver le docteur E. Besnier, beaucoup de médecins font usage avec une persistance malheureuse. Avec cette toile de caoutchouc, on peut fabriquer des masques, des bonnets, des bandelettes, des suspensoirs, des gants, etc., qui peuvent s’appliquer très exactement sur chaque région. 11 est hon de conseiller au malade d’en avoir deux, de façon que l’une soit nettoyée très complètement et sèche pendant que l’autre est en place. Les toiles de caoutchouc rendent de très grands services dans un certain nombre d’eczémas aigus localisés, mais elles sont assez souvent mal supportées par les malades.

Ces différents modes de pansement par l’enveloppement humide, outre qu’ils calment l’irritation cutanée, diminuent souvent le prurit et font tomber les croûtes : quand la surface malade est ainsi détergée, on peut n’avoir plus recours qu’aux applications pulvérulentes.

ECZEMAS

mais souvent il faut agir plus activement, soit en raisou de l’intensité des lésions, de leur ténacité, soit à cause des phénomènes douloureux qui persistent : il faut alors, si on veut s’en tenir au traitement humide, appliquer les compresses suivant le mode • que nous avons indiqué plus haut, des compresses imbibées de liquides un peu plus énergiques,, tels, que ; infusions ou décoctions émollientes et boriquées renfermant en petite quantité de l’alcool, ou de l’acide salicylique ou de l’ichthyol, ou de la créoline, ou de l’acétate d’alumine (10 à IS 0/0), ou du thymol (1/1000), e.tc., etc. On pourra également avoir recours aux pulvérisations chaudes. Quand ces moyens auront échoué, on prescrira :

3“ Les corps gras (huiles, glycérolés, pommades). — Ils doivent être employés avec la plus extrême réserve, car souvent non seulement ils ne guérissent pas l’eczéma aigu, mais encore l’aggravent. En tout cas, il ne faut prescrire que des corps gras très frais, très bien préparés, ne renfermant aucune substance irritante, par exemple l’axonge fraîche, le Uniment oléo-calcaire, pur ou additionné de très faibles■ quantités de laudanum, d’acide borique ou de bicarbonate de soude, le glycérolé d’amidon à la glycérine neutre, le cold-cream bien fraîchement préparé, la pâte de zinc, l’huile d’amandes douces, etc. Il ne faut pas mettre ces corps gras directement sur la surface malade, mais en recouvrir des linges très fins qu’on appliquera ensuite, et qu’on recouvrira d’une fine toile imperméable. Ces pansements seront renouvelés très fréquemment.

Tels sont les différents traitements employés contre l’eczéma à sa période aiguë. Nous ne saurions trop répéter qu’il faut agir avec une grande prudence, supprimer

ECZÉMAS

un mode de traitement dès qu’il semble produire de l’irritation, en essayer un autre, quitte à reprendre le premier plus tard, quand l’état aigu sera calmé, sans que toutefois on puisse considérer la lésion observée comme un eczéma chronique dont nous indiquerons plus loin le traitement. On pourra essayer les différentes pommades suivantes, en tâtonnant, en commençant par les plus anodines, en les supprimant si elles irritent de douceur (douches, humides, corps gras

j ââ 25 grammes,

de b à 20 gr.

2^ Onguent diachylon de Héhra (assez irritant) :

Sune® i ââ 100 grammes.

Faites fondre et mêlez.

3« Crème de glycérine de Kaposi :

Amidon pur Glycérine,..

Faites cuire et mêlez.

4° Onguent d’E. Wilson :

Benjoin pulvérisé. 6 grammes.

Axonge fraîche. 160 —

Faites digérer, passez et ajoutez :

Oxyde de zinc. 25 grammes.

10 grammes.

et en revenant aux procédés cataplasmes, enveloppements simples).

1» Pommade avec ;

Lanoline.....

Vaseline..

Oxyde de zinc.

Faire une pâte bien souple.

30 grammes.

Gold-ereain Glycérine...

Oxyde de zinc. 2 —

Teinture de benjoin. XV gouttes.

6“ (B. Besnier) (quanti l’état aigu est à peu près calmé) :

Acide salicyliquo. de SO cent, à 2 gr.

Oxyde de zinc. / ....

Poudre d’amidon. ( aa 24grammes.

Lanoline. de 30 à 40 gr. '

. de 20 à 30 gr.

Pour 100 grammes.

Acide borique pulvérisé. de 2 à 6 grammes.

Vaseline ou axonge fraîche.. 30 —

Baume du Pérou. Ogr.oO

Quand l’eczéma est très prurigineux, on incorpore Vessence de menthe à une dose qui varie de un quarantième à un centième.

8° Autres formules ;

Calomel, 1/40.

Tannin, 1/20.

Bicarbonate de soude, 2 à 5 p. 20.

Sous-nitrate de bismuth, 2 à 4 p. 20.

Précipité blanc, 1/40.

Précipité jaune, 1 à 2 p. 40, etc., etc. (Voir plus loin Eczémas chroniques})

Nous recommandons d’employer de préférence, comme excipient, l’axonge benzoïnée très fraîche, associée ou non à la lanoline.

La vaseline, en général, est mal supportée par les eczémateux. Quelle que soit la pommade prescrite, il

EOZÊMÀS

est toujours préférable de l’appliquer sur un linge très fin qui recouvrira la surface malade ; on fera le pansement le soir, et, dans quelques cas, il sera bon d’appliquer sur la pommade une poudre inerte, de façon à faire comme une pâte ; le matin, on enlève le pansement, on lave avec une des solutions émollientes susindiquées tièdes, on essuie très doucement ; s’il existe des croûtelles, on applique un cataplasme ; dans le cas contraire, on saupoudre avec une des poudres et on renouvelle dans la journée cette application pulvérulente. Quand la période irritable sera calmée, on aura recours aux traitements que nous allons indiquer; mais il faut que le praticien sache bien qu’il devra savoir attendre, et n’employer les remèdes actifs que lorsqu’il sera bien certain de ne pas provoquer une nouvelle poussée inflammatoire.

2" Traitement local des eczémas chroniques. — (Eczémas rebelles, anciens, squameux, lamelleux, craquelés, fendillés, lichénoïdes, psoriasiformes, pityriasiformes, — Eczémas séborrhéiques chroniques, etc.).

Il semble fort difficile d’indiquer le traitement précis des eczémas chroniques, chaque cas présentant, pour ainsi dire, une individualité propre. Certains eczémas chroniques succèdent à des eczémas aigus et subissent, pendant leur évolution, des poussées aiguës ; d’autres sont chroniques d’emblée ; les uns sont très irritables, d’autres, au contraire, torpides, ne subissent aucune modification, malgré l’emploi des agents médicamenteux les plus énergiques. Parfois, ils sont à peine douloureux et, d’autres fois, extrêmement prurigineux. Leur aspect, leur localisation, leur étendue, leur durée sont des plus variables. Ils sont des plus récidivants, et, parfois, semblent guéris complètement et reparaissent brusque-

ECZÉMAS -

ment ou peu à peu, sans cause appréciable. Aussi, ne pouvant donner toutes les indications nécessaires au traitement de tous les eczémas, indiquerons-nous seulement la marche à suivre quand on se trouve en présence d’un eczéma chronique, ainsi que les modes de traitement les plus usités ; nous conseillerons d’agir comme dans les eczémas aigus, c’est-à-dire de nè pas se décourager, de bien examiner le cas en présence duquel on se trouve, et de modifier, d’associer ou d’employer successivement les différents modes de traitement indiqués ci-dessous.

Il faut d’abord mettre les surfaces malades dans les meilleures conditions possibles de propreté absolue et d’antisepsie, 11 sera bon, parfois, de commencer par les méthodes de douceur que nous avons indiquées à propos des éruptions eczémateuses aiguës. Puis, on tâtera la susceptibilité cutanée du sujet en prescrivant d’abord des médicaments peu irritants, de façon à pouvoir progressivement employer les topiques les plus énergiques.

Les médicaments les plus en usage dans le traitement des eczémas chroniques sont les sulfureux, les mercuriaux, les huiles empyreumatiques (goudron, huile de cade, huile de bouleau), les agents réducteurs (naphtol, résorclne, acidè salicylique, acides pyrogallique et chrysophanique), les préparations renfermant du plomb; enfin, les cathérétiques (nitrate d’argent, chlorure de zinc, sulfate de cuivre, etc.).

Tous ces médicaments s’emploient sous forme de pommades à excipients variés, de pâtes, de colles, de gélatines, de traumaticines, d’emplâtres, d’épithèmes, de collodions. (Voir ces mots.) Les formules qui ont été données par les auteurs sont innombrables, chacun

KOZÉMAl

pouvant les combiner à sa façon. Nous conseillerons de prescrire de préférence des pommades quand les surfaces malades seront très étendues, et particulièrement à base de lanoline, quand l’eczéma sera sec, fissuré ; des colles et des gélatines, suivant les formules d’Unna, quand feczéma aura une tendance à suinter légèrement ; des emplâtres et des épithèmes quand les surfaces malades seront peu étendues.

Dans ces derniers temps, on a fabriqué des emplâtres caoutchoutés perforés, pouvant renfermer tous les agents médicamenteux employés dans le traitement des eczémas, se conservant très longtemps, s’appliquant très exactement, se détachant très aisément, qui sont susceptibles de rendre de grands services dans le traitement des dermatoses en général, des eczémas en particulier.

Les huiles euipyreumatigues (goudron, huile de cade, huile de bouleau),en pommades,emplâtres ou glycérolés, sont prescrits avec succès dans les eczémas chroniques anciens, étendus, s’accompagnant d’un épaississement marqué du tégument, billes se prescrivent aux mêmes doses que dans le psoriasis. (Voir ce mot.) Elles provoquent une irritation plus ou moins marquée du placard eczématique qu’il faut calmer par les émollients, puis on recommence une nouvelle application, et ainsi de suite. — Ce traitement demande donc à être surveillé activement ; de plus, son odeur en rend parfois l’application difficile; enfin, dans quelques cas, il provoque des folliculites, dites cadiques, qui en nécessitent la suspension.

Les agents redMctewrs les plus employés sont le naphtol, l’acide salicylique, l’acide pyrogallique, l’acide chrysophanique, la résorcine.

L’acide salicylique 1 à 5 0/0, le naphtol 5 à 15 0/0,

ECZÉMAS

la résorcine 3 à 6 0/0, sont fréquemment prescrits soit isolés, soit associés, sous forme de pommades, de pâtes ou d’emplâtres ; ils agissent particulièrement dans les eczémas secs, squameux, tenaces, prurigineux, lichénoïdes.

Pommade avec :

Lanoline. 40 grammes.

Axonge. 23 —

Huile d’amandes douces. 8 —

Oxyde de zinc. 20 —

Résorcine. S —

Acide salicylique. 3 —

F. S. A. Une pâte bien souple.

On peut ajouter de l’essence de menthe, 20 à 30 gouttes, ou mieux du menthol, 2 à 4 0/0, ou du chlorhydrate de cocaïne, quand le prurit est très violent.

Pick, de Prague, recommande l’emplâtre salicylé (10 à 20 0/0 d’acide salicyliqué pour 100 parties d’emplâtre de savon), qui colle très bien et qui, maintenu appliqué avec des tricots, agit par macération et diminue l’inflammation et l’infiltration; cet emplâtre peut rester en place de un à plusieurs jours dans les cas où c’est nécessaire.

L’acide pyrogallique en pommade, suivant les formules indiquées à l’article « Psoriasis, » c’est-à-dire au 10® ou au 20«, employé seul ou associé à l’ichthyol, à la résorcine, à l’acide salicylique et même à l’acide chrysophanique, constitue, d’après M. le D“' E. Besnier, l’agent essentiel de la médication de vitesse, de la médication intensive de l’eczéma et produit des résultats remarquables dans les formes sèches, psOriasiformes, cornées, lichénoïdes, etc. Mais cette médication doit être rigoureusement surveillée par le médecin, pour

peu qü'eies surfaces eczémati'ques aient qùelqué étendue'. II en est de même pour la chrysarobirie.

Les mércuriaux sont également recommandés. Il est certain que, si l’on adopte la théorie d’Unna, qui veut que les eczémas chroniques soient tous parasitaires, les mércuriaux agissant comme antiseptiques et parasiticides puissants, doivent être particulièrement indiqués. La pommade au calomel, très simple dans sa composition, donne, en effet, des résultats excellents dans les eczémas chroniques vulgaires peu invétérés, ne s’accompagnant pas d’une infiltration trop profonde du tégument. De même les pommades au précipité blanc, au précipité jaune, 1 p. 30, l’onguent citrin, l’emplâtre de "V^igo, le turbith (2 à 3 0/0), etc.

Les préparations soufrées les plus en usage sont les pommades et pâtes au soufre précipité (Voir Traitement de l’acné); la pommade de "Wilkinson modifiée, qui contient du soufre, du goudron, du savon et de l’axonge, les liniments soufrés, etc.

On peut associer le soufre à la résorcine, à l’acide salicylique. L’ichthyol, le thyol, qui renferment beaucoup de soufre, ont été particulièrement vantés dans le traitement des eczémas, surtout quand il existe de la rougeur, de la démangeaison et un peu de suintement. On les emploie sous forme de lotions, de pommades, d’emplâtres, de vernis à la dose de 5 à 20 0/0. — Unna fait usage de la préparation suivante :

Litharge... 10 grammes.

Chauffer avec vinaigre. 30 —

jusqu’à réduction à 30 grammes. — Ajouter :

Huile (l’olive... j

Ichthyol.. ] ®

Malheureusement l’odeur de l’ichthyol est très désagre'able, ce qui en restreint l’emploi.

Les médicaments dits cathérétiques, nitrate d’argent, chlorure de zinc, sulfate de cuivre, acides acétique, pyroligneux, chlorhydrique, sont indiqués, quand il existe des callosités épaisses que les pommades ne peuvent ni entamer, ni ramollir, ou bien quand on se trouve en présence d’eczémas rebelles, torpides, prurigineux, occupant certains plis et s’y cantonnant. Mais il faut manier ces agents très irritants avec une circonspection extrême. On emploie surtout le nitrate d’argent en solution au centième ou au cinquantième, ou même au vingtième. Kaposi recommande dans ces cas l’application du savon noir, que l’on étale sur de la flanelle et qu’on laisse en place pendant douze à vingtquatre heures. On peut encore faire des badigeonnages avec de la teinture d’idde, du perchlorure de fer ou du permanganate de potasse à 1 0/0.

Signalons pour terminer les différents procédés suivants : pommade au tannin à 1 pour 20 ou pour 40. Onguent styrax, — le baume du Pérou, — le glycérolé tartrique, — l’huile de foie de morue, en emplâtre, —- la pommade à l’acide phénique (1 p. 50), la crème de potasse (Kaposi).

Glycérine.■. ...

Huile de rose...

Huile de fleur d'oranger.

Solution de carbonate de potasse.

40 grammes.

I ûà 2 gouttes.

2g'',50 à 20 grammes.

Les compresses imbibées de liqueur de Burow renouvelées toutes les deux heures.

Faire dissoudre 100 grammes d’acétate de plomb cristallisé dans 300 grammes d’eau. — Mélanger cette solution à une autre solution de 66 grammes de sulfate

ECZÉMAS

d’alumine et de potasse, 12 grammes de sulfate de soude dans SOO grammes d’eau. — Agiter le mélange, laisser reposer pendant deux jours à une basse température et filtrer (Letzel).

Les bains sulfureux (pour les sujets lymphatiques), les bains de vapeur, peuvent être essayés, mais ne seront pas continués s’ils provoquent de l’irritation. — Dans ces derniers temps, on a préconisé les bains électriques et les courants continus et interrompus dans le traitement des eczémas rebelles et très prurigineux. Cette méthode toute nouvelle n’a pas encore fait ses preuves : nous en dirons autant du traitement des eczémas rebelles d’origine trophonévrotique probable indiqué par quelques auteurs anglais, qui consiste dans l’emploi des révulsifs (pointes de feu, vésicatoires, cautères), appliqués sur la colonne vertébrale.

Telles sont les médications les plus employées dans le traitement des eczémas chroniques. Nous aurions pu allonger outre mesure cette énumération. En résumé, nous dirons qu’il ne peut y avoir de règle absolue dans le traitement de ces affections, car ce qui réussit dans un cas échouera dans un autre cas en apparence identique. II faut avoir traité bien des eczémas pour se rendre compte de l’action des différents modes de traitement, et connaître la marche à suivre dans certains cas déterminés. « Pour Teczéma comme pour la plupart des maladies de la peau, le traitement local ne peut pas plus s’apprendre dans un livre que la pratique de la chirurgie, de l’oculistique ou de toute autre branche de la thérapeutique externe. » (E. Besnier.)

Ces • considérations s’appliquent également, bien entendu, au traitement des différentes variétés d’eczémas suivant les régions.

ECZÉMAS . 155

Mais d’abord nous dirons quelques mots de l’eczéma des vieillards et des enfants.

Eczémas des vieillards. — La sénilité prédispose aux affections cutanées, aux eczémas particulièrement : les modifications que subissent les téguments, l’atrophie de leurs couches superficielles, la diminution de leurs sécrétions normales, jointes aux lésions organiques fréquentes, aux .assimilations défectueuses sont des causes fréquentes d’eczéma. On peut observer toutes les variétés de lésions eczémateuses chez les vieillards ; elles sont particulièrement rebelles, tenaces, prurigineuses : parfois elles sont très irritables, prennent une extension considérable, se généralisent et constituent alors une des variétés de dermatites exfoliatrices secondaires, ou de pityriasis subra que nous avons étudiés (Voir Dermatites, Pityriasis, — Erythrodermies exfoliantes secondaires.)

Le traitement générai doit être surveillé plus activement encore que le traitement local : il importe en outre de se poser nettement la question de l’intervention active ou simplement de l’expectation armée. D’une façon générale, il faudra éviter autant que possible tous les agents médicamenteux trop énergiques, et s’en tenir aux moyens calmants que nous avons indiqués à propos des eczémas aigus. Le symptôme qui nécessitera particulièrement l'intervention du médecin sera le prurit, si tenace chez les vieillards, qu’il faudra combattre par les moyens appropriés (Voir Prurit, Prurit sénile).

Eczémas des enfants. — Nous avons déjà signalé la fréquence des eczémas de l’enfance, ainsi que les précautions très grandes, que nécessite leur traitement. Il convient d’abord de s’opposer autant que possible à

ÉCZÊMAf

la production des croûtes laiteuses, amas séborrhéique qui favorisera plus tard l’apparition de l’eczéma sur la face. Pour cela, on conseillera les lavages fréquents savonneux de la tête des enfants prédisposés (Voir Séborrhée).

L’alimentation sera surveillée et réglée avec soin. Les enfants eczémateux étant pour la plupart lymphatiques, on prescrira l’huile de foie de morue, le sirop iodo-tannique, le sirop d’iodure de fer, les préparations arsenicales à faibles doses. Quant au traitement local, il sera aussi émollient que possible, cataplasmes, lotions émollientes, caoutchoqc, applications pulvérulentes, pommades ne renfermant que des médicaments peu irritants : toutefois, quand l’enfant âgé de plus de quinze à dix-huit mois présentera certaines formes d’eczémas. des plis tenaces, on emploiera avec succès des pommades assez irritantes, telles que celles à l’ichthyol, au soufre, au calomel, et surtout le glycérolé cadique faible. Le traitement des formes impétigineuses est celui de l’impétigo (Voir ce mot).

Les eczémas de l’enfance doivent toujours faire craindre l’apparition prochaine du prurigo de Hébra (Voir ce mot) : aussi faut-il toujours les surveiller avec grand soin.

Traitement des eczémas suivant les régions. —

1“ Eczémas des régions pilaires. A. Eczémas du cuir chevelu. — Ils sont des plus fréquents, très rebelles, et sont généralement séborrhéiques (Voir Séborrhée).

Chez les hommes et chez les enfants des deux sexes, il faut commencer par couper les cheveux aux ciseaux. Quant aux femmes, elles ne devront se résoudre à cette opération si désagréable pour elles que lorsque l’eczéma ancien, tenace, croûteux, aura résisté aux traitements

ECZÉMAS

suivis jusqu’alors. D’ailleurs, on lés consolera en leur disant que les cheveux repousseront assez rapidement, et à peu près aussi abondants qu’avant la maladie. On ramollira ensuite les croûtes avec des douches de vapeur associées au bonnet de caoutchouc, ou bien avec de l’huile d’olive, de l’huile d’amande douce, de l’huile de foie de morue (dont l’odeur si désagréable rend l’usage à peu près impossible), ou enfin avec le mélange suivant (Kaposi) :

Acide phénique.... 1 gramme.

Baume du Pérou. 2 grammes.

Ou bien ;

Naplitol..■.. • ■! gramme.

Huile d'olive. tOO grammes.

Les croûtes ramollies sont enlevées, puis on lave la tête soit avec de l’eau savonneuse chaude, soit avec une décoction émolliente quand l’irritation cutanée est vive, soit enfin avec la décoction de bois de Panama. On applique ensuite les corps gras que nous avons énumérés, anodins quand l’eczéma est aigu, énergiques quand l’eczéma est chronique. Le cuir chevelu en effet supporte fôrt bien les topiques très actifs. Ceux qui semblent donner les meilleurs résultats sont les pommades au soufre, au calomel, à l’ichthyol, à 1 huile de cade. Lassar recommande la pâte suivante :

Oxy de de zinc... 2^3 grammes.

Amidon.. • .. ~

Vaseline puru.

Acide salicylique.. i gramme.

Cette pâte a l’inconvénient d’agglutiner considérablement les cheveux et d’en activer la chute. Nous préfé-.

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rons les pommades à base d’axonge fraîche benzoïnée. Cespommadessontappliquéeslesoir. La nuit, le malade met un bonnet en toile imperméable. Le matin il prend une douche de vapeur, essuie bien sa tète, et, s’il peut rester chez lui, remet de la pommade. Tous les six à huit jours il se lave la tète à l’eau savonneuse chaude. Dans les cas rebelles anciens, on pourra essayer les badigeonnages tous les quatre à cinq jours avec l’acide lactique, ou l’acide acétique pur au huitième ou au quart. Dans les cas très aigus, on se contentera au début d’enveloppements humides et d’applications pulvérulentes.

B. Ecsémas de la barbe. — Ils sont relativement fréquents, des plus tenaces, très récidivants, ont une durée très longue et sont souvent confondus avec les folliculites et les acnés pilaires (Voir ces deux mots) sous le terme général et vague de sycosis. L’eczéma de la barbe, qui se complique assez souvent de folliculites, èst caractérisé par de la rougeur, du suintement, des croûtes jaunâtres, et au bout d’un certain temps par de l’épaississement généralement peu marqué du tégument et une desquamation fine, abondante.

Il faut d’abord couper la barbe très ras aux ciseaux, puis enlever les croûtes à l’aide de douches pulvérisées, de cataplasmes de fécule, ou d’applications de caoutchouc.

M. E. Besnier conseille ensuite l’épilation régulière par séries répétée pendant plusieurs semaines, quelquefois même plusieurs mois, associée aux applications émollientes; quand l’affection est en bonne voie, il prescrit l’onguent diachylon de Hébra, la pommade au goudron, au soufre ou à l’ichthyol, l’huile de cade, enfin les badigeonnages avec une solution de nitrate d’argent à 10/0.

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Mais souvent les malades ne veulent pas se soumettre à l’épilation. Dans ces cas, on emploiera alternativement les émollients et les irritants (pommades au soufre, à richthyol, à la résorcine, au calomel, au turbith, à l’acide salicylique, glycérolé cadique, emplâtre rouge de Vidal, etc.), les premiers ayant pour effet de calmer l’irritation plus ou moins vive produite par les seconds. L. Brocq recommande de mettre les émollients (cataplasmes de fécule, bandelettes de tarlatane imbibées d’eau émolliente, etc.), la nuit, et les topiques irritants • le jour..

Les douches de vapeur seront, quel que soit le traitement employé, renouvelées deux fois par jour.

Quand il existe un épaississement très marqué de la peau, on pourra, suivant le conseil deM. le Df E. Vidal, pratiquer des scarifications linéaires quadrillées, ou faire des ponctions avec les aiguilles à scarifier.

C. Eczémas de la lèvre supérieure. — Eczéma récidivant pilaire de la lèvre supérieure de E. Besnier et Kinzelbach. Impétigo sycosiforme de Devergie. — Cet eczéma est essentiellement récidivant; il est lié très souvent à un coryza chronique ou à, un eczéma chronique des fosses narines provoquant un écoulement des plus irritants : il est caractérisé par de la rougeur, des vésicules, des vésico-pustules se desséchant formant croûtes, et agglutinant les poils, des-démangeaisons parfois très vives, enfin un épaississement, une induration marqués de la lèvre. 11 est limité de chaque côté par une ligne verticale passant dans le sillon nasogénien; il s’observe particulièrement chez les sujets arthritiques et lymphatiques.

Le traitement le plus efficace consiste dans les douches de vapeur ou les cataplasmes de fécule précédant 1 épi

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lation, qui se fait assez rapidement et sans grande douleur, en raison du peu d’étendue de la lésion et de l’infiltration tégumentaire. Le lendemain de l’épilation, il existe de nombreuses petites vésico-pustules qui sont rapidement modifiées par les cataplasmes de fécule, maintenus en place par une bandelette de caoutchouc fin fixée par deux cordons non élastiques derrière la tête. Au bout de quelque temps, le traitement consiste uniquement en douches de vapeur renouvelées deux ou trois .fois par jour et en application simple de la bandelette de caoutchouc fixée comme nous venons de l’indiquer.

Si après l’épilation la rougeur persiste on appliquera les différents topiques employés dans le traitement des eczémas chroniques. Il faut avoir soin de les appliquer plutôt sur une bande de toile fine fixée que sur la peau elle-même. Quand il existe une induration accentuée de la lèvre, on pratiquera des scarifications profondes, linéaires, renouvelées plusieurs fois.

D. Eczéma du bord palpébral. — Il s’observe surtout chez les lymphatiques et les strumeux, et est caractérisé par de la rougeur, de l’épaississement, du prurit du bord libre des paupières qui, parfois tuméfiées, sont recouvertes de fines croûtelles jaunâtres; il entraîne, quand il n’est pas convenablement traité, la chute, l’atrophié ou la déviation des cils, et quelquefois de la conjonctivite eczémateuse, de l’ectropion, de l’entropion, etc., etc. Il est très récidivant et il y a d’autant plus intérêt à le traiter qu’il est parfois le point de départ d’une nouvelle poussée d’eczéma facial.

Le traitement consiste dans les lavages fréquents avec de l’eau de camomille ou de laitue, ou de mélilot, ou avec une infusion de thé légère, faiblement boriquées et chaudes, et mieux, une solution de sublinaé à

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0,05 à 0,25 pour 500 d’eau tiède. Si l’irritation est vive, on mettra, la nuit, un cataplasme de fécule de riz bien aseptique. Plus tard, on appliquera soit avec un fragment de papier roulé, soit avec un petit pinceau, sur le bord libre des paupières en faisant fermer légèrement les yeux, et seulement quand la période aiguë sera terminée, une pommade d’abord peu irritante, par exemple, axonge fraîche ou pommade à l’oxyde de zinc, ou à richthyol, ou à l’acide borique, ou au calomel au au quarantième, puis plus active :

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