‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 25 sur 33 · xyde de zinc · texte numérisé non relu

xyde de zinc

Essence de menthe.

20 grammes.

1 gramme.

Au moment de la rupture des vésicules ou des bulles, il faut s’efforcer de protéger le derme mis à nu. Les meilleurs moyens sont les poudres isolantes et particulièrement le talc. On peut encore panser les plaies avec des pommades à l’oxyde de zinc, ou à l’acide salicylique, avec le cérat de Goulard laudanisé. Mais, si les plaies produites par les bulles déchirées sont très étendues, le meilleur pansement est celui qu’on applique aux vastes brûlures, à savoir le Uniment oléo-calcaire pur ou additionné d’un peu d’acide phénique ou d’acide borique, et l’enveloppement ouaté. C’est dans ces derniers cas qu’Hébra a préconisé les bains simples continus.

S’il existe des croûtes recouvrant les surfaces dénudées, il faut les faire tomber à l’aide de cataplasmes de fécule, de pulvérisations de vapeur. Quand les petites plaies sont en voie de réparation, l’emplâtre de Vigo les protège bien et hâte leur cicatrisation. Contre les ulcérations de la cavité buccale on emploiera de préférence les badigeonnages avec des substances astringentes (solutions d’alun ou d’acide chlorhydrique OsLlO pour 40 grammes d’eau), — les collutoires calmants ou astringents (au chlorate ou au permanganate de potasse, ou au chlorhydrate de morphine

ÉRYTHÈMES

1 gramme pour 30 grammes de glycérine), enfin les diiîérents gargarismes.

A'. — Érythème noueux. — Dermatite contusifornie. — L’érythème noueux ne constitue, en réalité, qu’une variété de l’érythème polymorphe caractérisée par des nodosités, des intumescences arrondies ou ovales de volume variant entre une noisette, une noix et un œiif, parfois même plus considérable, plus ou moins rapprochées les unes des autres, reposant sur une peau rouge, lisse, ou rose ou bleuâtre, ou cuivrée, Occupant de préférence la face antérieure des jambes, symétriquement, et pouvant occuper également le dos des pieds (fréquemment), les cuisses, les membres supérieurs, le front, le visage, les paupières particulièrement.

Le pourtour des grosses nodosités est le plus souvent le ■ siège d’un afflux séreux (œdème collatéral). Ces nodosités, soit spontanément, soit surtout à la pression, sont fort douloureuses. Elles évoluent par poussées successives, puis s’alfaissent ; la peau garde alors une teinte’ foncée qui diminue bientôt et passe par toutes les nuances qui caractérisent l’ecchymose contusive. Habituellement, longtemps après l’évolution des nodosités il persiste une teinte diffuse, jaunâtre.

L’érythème noueux s’observe très souvent, mais non constamment, en même temps que d’autres manifestations de l’érythème polymorphe : le début est souvent marqué par des phénomènes fébriles; les complications et manifestations viscérales que nous avons indiquées plus haut s’observent également dans l’érythème noueux et plus spécialement les manifestations articulaires et périarticulaires, ce qui fait que beaucoup d’auteurs ont fait de l’érythème noueux une manifestation cutanée du rhumatisme. L’érythème noueux, dans les cas

ÉRYTHÈMES

simples, a une durée de quinze à vingt jours; il récidive assez souvent chez les sujets prédisposés, il s’observe assez fréquemment chez les enfants, surtout chez les adolescents. Chez les jeunes filles, il est assez fréquent, a une tendance à s’étaler, constituant YErythème induré des jeunes filles, et procédant par poussées successives peut durer parfois plusieurs mois. Il survient alors souvent au moment de la formation, et surtout chez les sujets lymphatiques et surmenés.

Traitement. — Le traitement général est celui de l’érythème polymorphe. Dans l’érythème noueux surtout, le repos complet au lit s’impose. On emploiera également les moyens que nous avons indiqués pour calmer les douleurs. Quand celles-ci sont très vives, il faut mettre les membres malades à l’abri des frottements des draps par l’enveloppement dans la ouate recouverte de taffetas gommé. Quand les nodosités sont très tendues, très rouges, les ponctions répétées laites avec une fine lancette ou une aiguille à scarifier amènent un écoulement de sang peu abondant qui soulage les malades.

B. — Erythèmes rubéoloïdes et scarlatinoïdes. — Ce sont de fausses rougeoles (rares), de fausses scarlatines (plus fréquentes) à’origine, infectieuse (Septicémie puerpérale, chirurgicale. Choléra, impaludisme. Fièvre typhoïde, typhus. Blennorrhagie, diphtérie, etc., etc.), dont l’étude encore très incomplète n’est pas du domaine de la pathologie cutanée proprement dite.

C. — Érythèmes scarlatiniformes. — (Érythèmes desquamatifs scarlatiniformes récidivants. — Dermatite scarlatiniforme généralisée récidivante de Leloir et Vidal. — Érythrodermies exfoliantes érythémateuses. — Dermites érythémateuses exfoliatrices aiguës récidivantes.

On désigne sous ce nom des dermites érythémateuses peu communes, mais qui ne sont pas extrêmement rares, aiguës eu subaiguës, à peu près constamment pyrétiques dans leur première période, ressemblant tout à fait à la scarlatine avec qui elles étaient autrefois confondues, mais en différant par leur marche, leur évolution, leur durée irrégulière, leur non contagiosité, leurs récidives (ce qui leur constitue un caractère tout à fait spécial), enfin leur mode étiologique et pathogénique essentiellement variable et encore obscur dans bien des cas. Les principaux caractères cliniques de ces érythrodermies sont les suivants :

Le début est généralement brusque, subit; cependant les sujets atteints antérieurementressentent des malaises, des troubles de l’état général qui leur permettent de reconnaître 1 approche d’une crise. La fièvre qui indique l’invasion de la maladie est tantôt très légère (38»), tantôt, au contraire, extrêmement intense (40»-40»,S) avec frissons plus ou moins violents et répétés; elle peut toutefois manquer complètement dans les cas dits apyrétiques qui sont fort rares. Cette fièvre de début, quelle que soit son intensité, tombe le plus souvent assez vite; quelquefois, mais très rarement, elle se prolonge pendant un certain temps; mais il n’est pas rare de la voir reparaître quand surviennent des complications ou des localisations viscérales.

L’éruption précède (rarement), accompagne ou suit la fièvre; d’une façon générale elle a avec la scarlatine vraie les plus grandes analogies; elle est au début localisée, limitée à certaines régions, puis elle peut demeurer stationnaire ou s’étendre, se généraliser. {Érythèmes scarlatiniformes partiels ou généralisés.) Dans quelques cas rares et sévères, elle se généralise à

ÉRYTHÈMES

peu près complètement d’emblée; cependant il reste souvent quelques petits points qui ne sont pas envahis, mais, comme le fait observer M. E. Besnier, « alors que la rougeur n’est pas universelle, l’affection en réalité est générale, et l’on verra plus tard la desquamation se produire même sur les points où il n’j^ a pas eu de rougeur apparente ».

La coloration de l’éruption est celle de la scarlatine, c’est-à-dire qu’elle est généralement rouge, écarlate caractéristique. Mais elle peut passer par tous les degrés de rouge, ainsi, du reste, que dans la scarlatine vraie. Souvent la pression du doigt permet de constater que la rougeur s’atténue, devient jaunâtre, fauve, mais ne disparaît pas complètement, et qu’il existe un très léger empâtement œdémateux, indiquant une infiltration légère du réseau papillaire. Quelquefois mais très rarement, et seulement dans les cas fébriles intenses, on constate l’apparition de sudamina; de même, quand l’affection se prolonge, ou sous l’influence d’agents médicamenteux prescrits mal à propos, on voit survenir de l’irritation dermique, de la dermite eczématique, des folliculites, des petits abcès, des phlegmons, des bulles, des phlyctènes, des petites plaques nécrosiques, etc.

Cette éruption provoque au début de la cuisson, de l’hyperesthésie, de la démangeaison plus ou moins intenses, suivant les sujets, et qui disparaissent assez rapidement dans la anajorité des cas. Elle est le plus souvent localisée à la peau; mais, dans quelques cas, elle envahit les muqueuses buccale, nasale, conjonctivale, ce qui rend le diagnostic des plus difficiles, surtout lors de la première atteinte. Au début, la langue présente tous les caractères de la langue fébrile, bien

ÊR’YTHÈMBS

distincts de la langue des scarlatineux; mais elle peut être également très rouge et tout à fait scarlatineuse.

La desgucinicition constitue l’un des caractères primordiaux des érythèmes desquamatifs récidivants scarlatiniformes. Elle est extrêmement précoce et survient dès les premiers jours de l’éruption, alors même que celle-ci est encore en évolution. On observe, en effet, dès le deuxième, le troisième jour de l’éruption, particulièrenïent à la face antérieure des avant-bras, aux plis génitocruraux, axillaires, etc. (E. Besnibr), une très fine desquamation, et de très fines craquelures. Ainsi cette desquamation accompagne l’éruption et ne lui succède pas, ainsique cela s’observe dans les scarlatines vraies; toutefois il e'xiste parfois des érythèmes scarlatiniformes à desquamation succédant à l’éruption; mais ces cas sont discutables et ne seraient que des observations incomplètes (Besnier).

La desquamation du second stade de l’affection est beaucoup plus abondante, irrégulière, feuilletée, à lambeaux petits et fins sur certaines régions, généralement larges, étalés sur d’autres points, particulièrement aux extrémités.

D’ailleurs elle varie comme abondance selon que les cas sont légers ou intenses; dans quelques cas, elle est d’une abondance extrême, remplissant le lit de squames plus ou moins larges, épaisses, blanchâtres, nacrées.

.\u-dessous des lamelles exfoliées, le derme est rouge, lisse, ou bien est déjà le siège d’une nouvelle desquamation fine qui succédera à la précédente; dans les érythèmes scarlatiniformes, en effet, un des caractères ] principaux de la desquamation est son extrême rapidité; il n’est pas rare de la voir se renouveler plusieurs fois pendant la même semaine. De

ÉBYTHÈMES

même si l’affection se prolonge, la desquamation surviendra, fréquemment renouvelée, pendant toute la durée, parfois longue, de l’affection; sa diminution, sa cessation indiqueront la fin de la crise.

Ce n’est que dans les cas intenses, ou modifiés par les agents thérapeutiques, qu’on constatera l’existence, sous les squames, d’humidité, de sécrétion sudorale ou eczématique, de croûtelles eczématiformes ou psoriasiformes. Quant aux ongles et aux poils, ils peuvent, dans un certain nombre de cas, être éliminés partiellement ou en totalité ; souvent les ongles ne tombent pas, mais présentent des sillons transversaux indiquant une distrophie unguéale certaine. Les manifestations, cutanées ne sont pas les seuls symptômes observés dans les érythèmes scarlatiniformes. Ainsi que dans tous les érythèmes, où on peut constater des manifestations ou des complications viscérales dont l’intensité varie à l’infini. Les phénomènes les plus fréquemment observés sont, par ordre de fréquence, les suivants : pseudorhumatisme, lésions gastriques, cardiaques, pulmonaires, intestinales, rénales, angines, épistaxis, métrorragie,, conjonctivite, otite, cystite, herpès facial, etc.

La durée moyenne dés érythèmes scarlatiniformes varie entre deux et six semaines (forme aiguë très fréquente et forme suhaiguë, lente, grave, et qui se confond le plus souvent avec les grandes dermatites exfoliatrices). (Voir Dermalites et Pityriasis rubra.)

Les réddives, sans être constantes, sont, pour ainsi dire, la règle; elles peuvent, dans quelques cas, survenir très rapidement après la poussée érythémateuse; le plus souvent, elles reviennent pendant quelques' années, presque périodiquement, puis cessent; mais leür nombre peut être illimité, et leur apparition, aussi

ÉRYTHÈMES

irrégulière que possible, produite par une cause banale, une indigestion, l’absorption d’un médicament, une émotion, une maladie intercurrente quelconque, etc. Cependant, on peut dire que les récidives sont, en général, moins graves que ne l’a été la première atteinte.

La pathogénie et l’étiologie des érythèmes scarlatiniformes sont celles de l’érythème en général (voir Érythème polymorphe).

En résumé, pour qu’un érythème scarlatiniforme se produise, il faut, ainsi que le fait très bien observer M. E. Besnier, « une condition individuelle particulière encore inconnue, une intolérance propre non pas pour une cause ou pour un agent uniques, mais pour une série très variée de causes et d’agents morbides divers; les conditions étiologiques ouprorocrttrîccsqui mettent le plus fréquemment en jeu cette intolérance particulière, sont les suivantes : agents toxiques externes (professionnels ou autres, température élevée, vésicatoires, teinture d’iode, frictions mercurielles). Agents toxiques internes {mercure., opium, belladone, chloral, antipyrine, iodures, bromures, arsenic, quinine, acide phonique, etc.). Mais, dans quelques cas, on ne trouve aucune cause provocatrice réelle.

Tr.htement. — Il est incontestable que si l’on pouvait agir sur la constitution individuelle particulière des sujets atteints d’érythème scarlatiniforme, on arriverait à supprimer les récidives. Malheureusement, non seulement nous ne pouvons combattre une idiosyncrasie encore inconnue, mais encore il faut savoir que ces sujets sont essentiellement intolérants, et que souvent les médications internes et externes produisent un effet bien plus nuisible qu’utile.

ÉRYTHKAS]

De même, la grande variété de conditions étiologiques que nous avons indiquées rend assez difficile la connaissance exacte de l’agent provocateur. Toutefois, il convient de le rechercher avec le plus grand soin, et-de le faire disparaître dès qu'il est connu. C’est là la principale indication thérapeutique.

En outre, on prescrira une hygiène appropriée au sujet et à la période de l’affection: le repos, une alimentation légère, un purgatif très doux, suffiront généi-alement pour obtenir la guérison qui est la terminaison normale de l’érythème scarlatiniforme, maladie cyclique qui peut être modifiée, atténuée, améliorée, mais non arrêtée.

Le traitement externe sera également aussi anodin qüe possible; applications d’huile d’amandes douces, de vaseline boriquée, d’onguent simple, d’axonge fraîche, de poudres inertes, etc. Enveloppement humide, bains simples tièdes, bains d’amidon, quand l’état général le permettra. Il importe aussi de soigner les différentes localisations ou complications viscérales que nous, avons signalées, toujours avec une extrême pfudence.

Érythème centrifuge. — (Voir Lupus érythémateux.)

Érythème pellagroïde ou pellagreux. —

(Voir Pellagre.)

Érythrasma. — L’crythrasma est une affection assez commune de la peau, occupant le plus souvent le pli scroto-crural, puis les régions axillaires et inguinales, caractérisée par des taches arrondies plus ou moins régulières, rouges, ou plutôt rouge jaunâtre, rouge chamois, café au lait, quelquefois même brunâtres chez les sujets bruns, à pigmentation très riche.

ÉRYTHEASMA

OU quand l’affection est ancienne. Ces taches peuvent être.isolées et n’avoir que 2, 3, 4 centimètres d’étendue; mais souvent elles s’étalent, se réunissent et envahissent les régions voisines. C’est ainsi que dans quelques cas on les voit descendre assez bas le long de. la face interne des cuisses. Leur surface, très légèrement surélevée, présente un plissé très fin, et une desquamation extrêmement fine, bien distincte de celle du pityriasis versicolore. Leur contour arrondi ou géographique ne fait pas de saillie, ne présente pas de marge.

L’érythrasma est dû à la présence, dans la couche cornée de l’épiderme, d’un parasite, le microsporon minutissimum (Burchardt, Balzbr-Besnibh). Aussi est-il contagieux, mais à un très faible degré, comme le pityriasis versicolore avec lequel on l’a confondu à tort,' ainsi qu’avec l’eczéma marginé, la trichophytie et l’intertrigo. (Voir ces mots.) Il survient plus souvent chez l’homme, son évolution est très lente, it ne provoque que très rarement du prurit; aussi bien des sujets sont-ils atteints d’érythrasma sans s’en douter.

Traitement. — 11 est purement externe; il consiste à provoquer une exfoliation épidermique entraînant avec elle le parasite; tous les agents de l’exfoliation de l’épiderme peuvent donc être employés. Nous conseillons particulièrement la teinture d’iode : 3 à S badigeonnages suffisent le plus souvent; les bains répétés, les lotions savonneuses chaudes, la solution suivante :

Eau.. j aa 125 grammes.

Bichlorure d’hydrargyre. Og^SO.

Pour l’usage externe, une application matin et soir. Les solutions, pommades ou emplâtres à base de résor-

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