‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 30 sur 33 · AI. S. À · texte numérisé non relu

AI. S. À

Temps. — S’habiller, garder cette pommade vingt-quatre heures, puisprendreun bain d’amidon. Au sortirdu bain, saupoudrer de poudre d’amidon finement pulvérisée; s’il y a une irritation un peu marquée de la peau, appliquer du cold-cream, ou de la vaseline, oudu glycérolé d’amidon, ou de la pâte à l’oxyde de zinc. Dans les vingt à trente jours suivants prendre deux bains d’amidon par semaine.

Tel est le traitement bien connu, si expéditif et si éprouvé de l’hôpital Saint-Louis, qui suffit dans les neuf dixièmes des cas de gale simple.

Pour la pratique de la ville il peut être ainsi modifié

(E. Besnibr, a. Fournieh) :

1 !*■ Temps . —Deux heures environ avant de se coucher, savonner pendant dix minutes tout le corps à l’aide d’une brosse à mains avec de l’eau chaude et du savon de toilette.

20 grammes

GALE

2® Temps. — Bain tiède avec friction, pendant vingt minutes.

3" Temps. — Essuyer la peau avec des serviettes un peu rudes, puis appliquer avec une brosse à mains sur tout le corps, en insistant particulièrement sur les points d’élection, la pommade d’Helmerich ainsi mitigée : Formule de Fournier :

Glycérine.

Gomme adragante.

Fleur de soufre..

Carbonate de soude..

Parfum quelconque.

Formule de E. Besnier :

Lanoline..

Axonge ou vaseline.

Carbonate de potasse.

Soufre précipité.

Menthol. 0S>-

E’ormule de Wilkinson modifiée par Hébra ;

I ââ 40 grammes.

I ââ 160 —

Formule de Bourguignon, très bonne ;

Essence de lavande....

— de menthe

— de cannelle ..

— de cinnamone

Gomme adragante.

Carbonate de potasse...

Fleur de soufre.

Glycérine.

• • •• [ ââ 1,S0.

S grammes.

Fleur de soufre.

Huile de hêtre...

Savon noir.

Axonge.

Craie pulvérisée.

200 grammes.

. 100 grammes.

,2b à 1 gramme.

4® Temps. — Garder la pommade choisie une heure; pendant ce temps, recouvrir le corps complètement (caleçon, chemise, gants et bas) puis prendre un deuxième bain tiède de quinze à vingt minutes.

5® TEMPS. — Au sortir du bain, onction calmante de cold-cream ou de vaseline, ou de pâte de zinc et saupoudrer d’amidon. Linge propre. Le malade se couche.

Si le surlendemain on constate l’existence de, quelques sillons manifestes ou simplement suspects, recommencer l’opération.

Signalons la méthode belge dite de Vlemincks simpliliée.

1" Temps. — Bain alcalin de trente minutes (souscarbonate de potasse, 250 grammes" pour un bain de 200 litres), pendant lequel le malade se frictionne très énergiquement tout le corps.

2® Temps. — Friction active, mais non excessive, avec une brosse de crin animal assez souple, imprégnée du mélange suivant :

Chaux vive. lOO grammes.

Soufre sublimé.... 2ô0 —

Eau. 1,000 —

Pendant cette friction, qui doit durer vingt à trente minutes, le malade est exposé à l’action d’un feu assez vif pour que la dessiccation du liquide de friction se fasse rapidement, et qu’ainsi le sulfure reste incrusté dans chacun des sillons.

3® Temps. — Bain tiède émollient ou légèrement alcalinisé, « afin de calmer l’irritation produite à la peau et de débarrasser celle-ci de l’excès de soufre ». Si l’état de la peau le permet, dans les cas de récidive notamment, il vaut mieux ne faire prendre le bain que le endemain.

GALE

Après le bain, saupoudrer avec de la poudre d’amidon.

B. — Les téguments sont le siège d'une irritation vive {eczéma, furoncles, lymphangite, abcès, etc.), ou bien sont particulièrement irritables {enfants, vieillards, grossesse, idyosyncrasie, etc.), ou bien l'état général est mauvais {albuminurie, diabète, bronchite, cardiopathie, etc.).

Cure lente, mitigée, prudente.

Il est de toute nécessité dans ces cas de n’employer les médicaments .actifs, énergiques, que graduellement, d’espacer les frictions, de remplacer les bains par des lavages <à l’eau savonneuse chaude, avec toutes les précautions que nécessitent l’état général, l’âge, la susceptibilité du sujet. Parfois même il faut, avant de songer à détruire l’acarus, traiter pendant le temps nécessaire, parles moyens appropriés, la dermite aiguë prédominante (bains d’amidon, cataplasmes, onctions, calmantes. Uniment oléocalcaire, etc.).

La cure lente consiste dans l’application quotidienne pendants, 4,6à8 jours, del’unedespommadessuivantes alternant avecdes lotions savonneuses douces et chaudes;

Formule de Kaposi :

Axonge.....■ 100 grammes.

Savon noir.... .'iO —

Naphtol .. IS —

Craie blanche pulvérisée. 10 —

Formule de Weinberg, bonne préparation :

Styrax liquide..

Craie blanche..

Fleur de soufre.

Axonge.

I ââ 10 grammes, ââ 20 grammes.

GALE

Formule de E. Besnier (enfants, femmes enceintes) :

Niiphtol P. 5 à 4Î5 grammes.

Ether sulfurique. q. s. pour dissoudre.

Menthol. 0s'',25 à 1 gramme.

Vaseline. 100 grammes.

60 grammes.

Dans ces derniers temps, S. Sherwell, de New-York, et E. Besnier ont, dans les cas de peau très irritable, préconisé les simples onctions le soir avec de l’huile camphrée à t /tOOou salolée à 5/100 suivies d’une application de fleur de soufre. Ce procédé très simple et inoffensif est souvent suffisant.

Enfin, parmi les nombreuxacaricides etantipsoriques qui ont été employés, signalons l’iodure desoufre, l’acide sulfurique (Crolius), le sulfure de potasse, l’hyposulfite de soude (Comessati), l’onguent citrin, le baume du Pérou, l’iodoforme, l’acide phénique (acide phénique cristallisé, 3 grammes, huile d’olives 300 grammes), (Frissart-Lailler), la térébenthine, la créoline (de Lol- Lis) (assez hon médicament), le pétrole (très employé mais dangereux), les huiles aromatiques, l’elléhore (Swédiaur), la poudre de staphisaigre, etc., etc.

2“ Après la cure rapide ou même lente et mitigée de la gale, la peau devient parfois, chez certains sujets, le siège d’une vive irritation (eczéma, furoncles, adénites, etc.).

D’autres fois il persiste un prurit intense (acaromanie, acarophobie), qu’il importe de soigner. En outre il faut savoir que, très bien supportés par la plupart, les

Formule de L. Brocq (enfants) ;

Huile d’olive.

Onguent styrax.

Baume du Pérou...

GALE

bains sont quelquefois très nuisibles chez d’autres sujets. Enfin l’albuminurie, la néphrite, l’anasarque surviennent parfois à la suite de la cure de la gale; la pathogénie de ces accidents est encore à l’étude (Thibierge et Besnier) ; ils nécessitent, en même temps qu’un traitement énergique, une prudence extrême dans l’emploi des divers agents acaricides ; on doit particulièrement proscrire les balsamiques et éloigner toutes les causes de refroidissement.

30 Pendant le traitement rapide par la frotte à Saint- Louis, tous les vêtements et objets de corps des galeux séjournent pendant une heure dans une étuve chauffée à HO» centigrades. La désinfection en ville peut se faire dans un four chauffé à la même température. Il existe d’ailleurs aujourd’hui dans toutes les grandes villes des étuves spéciales fort bien disposées.

Quand un sujet atteint de gale vit en famille, il est fréquent de constater sur les autres membres de la famille, et particulièrement sur le conjoint, des lésions acariennes plus ou moins perceptibles. Par précaution, il est souvent utile de désinfecter à l’étuve les objets de toilette, les vêtements appartenant à ceux qui vivent avec le galeux. On limite de la sorte l’extension de la gale (écoles, casernes, famille, etc.) et en même temps on diminue le nombre des réçidims de gale qui existent encore dans la proportion moyenne de 4 0/0. Toutefois, comme le fait observer E. Besnier, ce chiffre est supérieur à la réalité, car il comprend les rechutes (par traitement insuffisant), les récidives (nouvelle contagion qui peut être extrinsèque), et aussi les malades en assez grand nombre à qui l’on accorde (avec juste raison selon nous) une seconde friction pour donner satisfaction à leur acarophobie, mais qui sont en réalité guéris.

270 , GANGRÈNES CUTANÉES

Résumé. — Traitement rapide de l’hôpital Saint-Louis (Hardy) ou traitement de la ville (Besnier-P’odrnier). Traitement lent dans les cas de gale à manifestations cutanées polymorphes intenses (pommades de Kaposi, de Weinberg, naphtol, styrax, créoline, huile salole'e et fleur de soufre). Traitement des complications et des récidives.

Gangrènes cutanées. — Les nombreuses gangrènes cutanées sont étudiées dans les différents traités de médecine et de chirurgie et ne sont pas du domaine de la dermatologie (gangrènes traumatiques ou par action physique ou chimique, gangrènes septiques, gangrènes dites sporatanées, par artérite, embolie, etc., gangrène symétrique des extrémités (maladie de Raynaud). Gangrène produite par le seigle ergoté (ergotisme gangreneux). Gangrènes dans les fièvres. Gangrènes de Talbuminurie et du diabète, etc.

Les seules affections gangréneuses qui mériteraient d’étre étudiées ici sont celles qu’on a décrites sous le nom de gangrènes disséminées de la -peau chez les enfants ou gangrène cachectique multiple de la peau (O. Simon) ou dermatite gangreneuse des enfants.

Les faits ainsi désignés sont rares et s’observent surtout dans la première enfance; ils appartiennent à deux ordres de faits ; tantôt et le plus souvent il existe une lésion antérieure de la peau, ulcéreuse ou non, sur laquelle la gangrène vient se greffer (varicelle, hémorrhagies, purpura, érythèmes, rougeole, vaccine, impétigo, lésions acariennes, phtiriasiques, syphilitiques, scrofulo-tuberculeuses, etc., etc.), tantôt la lésion gangreneuse apparaît spontanément, c’est-à-dire débute au niveaudu tronc, de l’abdomen, de la partie supérointerne des cuisses par des bulles qui.se transforment

aANGEÈKBS CUTANÉES 271

en croûtes noirâtres gangréneuses, après la chute desquelles il reste une perte de substance arrondie, entourée d’une zone inflammatoire rouge. Parfois ces ulcérations généralement isolées deviennent confluentes; leur bord est taillé à pic; leur marche, leur évolution sont irrégulières.

On a observé assez souvent en même temps des troubles généraux sérieux, de la fièvre, de la diarrhée, des complicatious viscérales pulmonaires surtout. Cette affection grave, mais pas toujours funeste, survient de préférence chez les enfants cachectisés athrepsiques, mais quelquefois aussi chez des enfants d’apparence robuste ; elle est contagieuse, épidémique et semble très certainement produite par un microbe ou mieux par différents micro-organismes, parmi lesquels le bacille décrit par Demme semble être le -seul dont la faculté nécrosante soit bien établie. (Gaulois.)

Le Traitement comprend trois indications ; 1° Modifier l’état général le plus souvent fort débilité des petits malades et traiter les complications ; 2» en cas d’épidémie, isoler tous les enfants atteints d’une des affections qui prédisposent aux gangrènes multiples; 3 “ panser les plaies en suivant les règles de l’antisepsie la plus stricte, sans toutefois employer des agents trop irritants ou des doses trop fortes en raison de l’âge des malades.

Après avoir mis les surfaces malades à l’abri des souillures de toutes sortes, on lavera les ulcérations avec des solutions très faibles de sublimé ou d’acide phénique, on les saupoudrera ensuite avec des poudres isotoites renfermant des quantités de salol, d’iodoforme, d’aristol, de dermatol, de quinquina, proportionnées à l’âge du sujet, au nombre et 'à l’étendue des plaques

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