‹ Traitement des affections de la peau. Tome IChapitre 31 sur 33 · GÉLATINE · texte numérisé non relu

GÉLATINE

ulcérées; si les plaques gangréneuses s’étendent, on aura recours aux différents moyens chirurgicaux préconisés contre les gangrènes en général. Voir Traités de chirurgie.

Gélatine. — La gélatine est soluble dans l’eau bouillante et se prend en masse par le refroidissement; elle sert à faire les gelées médicinales et les colles médicamenteuses. Il y en a de trois espèces : 1» La gélatine pure ou grénétine qui sert à préparer les colles médicamenteuses ; 2» la colle de Flandre employée en bains fortifiants ; S® la colle de poisson ou Ichthyocolle pour confectionner des gelées et le taffetas d’Angleterre.

Les gélatines et les colles médicamenteuses ont été préconisées surtout par Pick, de Prague, et Unna, de Hambourg.

Unna distingue deux excipients gélatineux, un dur et l’autre mou :

1® Gélatine molle à l’oxyde de zinc.

Oxyde de zinc. ig parties.

Gélatine.. ^g

Glycérine.. 25

2“ Gélatine dure à l’oxyde de z

Oxyde de zinc

Gélatine.

Glycérine.

10 parties.

100 parties.

On fait dissoudre la gélatine pure dans l’eau au bainmarie, puis on délaye l’oxyde de zinc dans la glycérine, et on mélange le tout qui se prend en une masse solide. Quand on veut s’en servir, on en coupe un mor-

GERÇU]

ceau qu’on fait fondre au bain-marie, on y ajoute le médicament actif; on a alors un liquide épais, qu’on laisse tiédir et qu’on applique.sur la peau ; il ne tarde pas à se répandre, à sécher et à se solidifier. Cette préparation s’applique fort bien sur les régions malades, constitue un enduit protecteur excellent et légèrement compressif, n’entrave pas les mouvements sauf quand elle est trop sèche et craquelée, permet l’évaporation de la peau et peut demeurer longtemps en place. Pour l’enlever, il suffit de la ramollir avec de l’eau chaude.

On peut dans ces gélatinea incorporer en toutes proportions les poudres suivantes, d’après Unna : — céruse, précipité blanc, soufre, iodoforme, chrysarobine; mais l’acide phénique, l’acide salicylique, la résorcine, la créosote s’opposent à la dessiccation de la gélatine molje ; il ne faut les prescrire qu’avec la gélatine dure.

Exemple :

Gélatine dure au zinc

Résorcine..

Acide salicylique.

90 grammes j ââS -

Il fautexclurele tannin, l’acide pyrogallique etl’oxyde de mercure qui transforment la gélatine en un composé insoluble. Les graisses, baumes, goudrons, ichthyol, s’opposent à la dessiccation de la gélatine ; il faut les prescrire avec une gélatine dure et ne pas dépasser 33 0/0; en général 10 à 20 0/0 sont suffisants.

Unna recommande l’emploi des gélatines dans les affections suivantes : prurit, érythèmes, eczémas artificiels, eczémas intertrigineux, eczémas très prurigineux au début et dans les cas d’exacerbations intercurrentes ; acnés, ulcères, plaies, etc...

Gerçures. — Elles ne constituent pas à vrai dire

GEUTtJM

une affection cutanée spéciale. Elles sont le plus souvent occasionnées par le froid et sont pour ainsi dire des engelures avortées (voir Engelures). D’autres fois elles existent surtout aux lèvres et sont alors une des manifestations de l’eczéma des lèvres (voir Eczéma de la portion rouge des lèvres). — Il ne faut pas les confondre avec la perlèche (voir ce mot). Elles sont particulièrement douloureuses quand elles siègent au mamelon (voir Eczéma du mamelon et du sein).

Glandes sudoripares. — (Voir Sueur, Sudoriripares.)

Glossy-Skin. — (Voir Trophonévroses.)

Goudron. — (Voir Éruptions artificielles et Huile de Cade.)

Gourme. — (Voir Eczémas. Eczémas des enfants et Impétigo.)

Grattage {Lésions de). — (Voir Prurigo.)

Grisonnement des poils. — (Voir Poils.)

Grutum. — (Voir Acné miliaire.)

Hématang^iome. — (YoirAngiokératome et Nœvus.)

Hématidrose. Hémidrose. — (Voir Sueur, Sudoripares.)

Hémorragie cutanée. — (Voir Purpura.)

Herpès. — De toutes les expressions dermatologiques, il n’en existe pas, croyons-nous, qui ait été plus employée que celle A'Herpès pour désigner des affections essentiellement distinctes. En réalité, VHerpès, sans qualification autre, n’est pas une affection, mais une lésion cutanée caractérisée par des petites élevures épidermiques, se transformant rapidement en vésicules transparentes, petites, isolées ou le plus souvent réunies par groupes, entourées d’une aréole rouge, se desséchant et formant des croûtes qui ne tardent pas à tomber. L’herpès peut se développer sur toutes les régions du tégument, sur les muqueuses et autour des orifices naturels {Herpès mixte ou orbiculaire) ; il s’observe dans les affections les plus dissemblables, tantôt comme manifestation symptomatique accessoire secondaire (Herpès symptomatique des maladies aiguës, de la pneumonie en particulier), des lésions nerveuses, périphériques, ganglionnaires ou centrales (Herpès traumatique, zostérdide), tantôt, au contraire, comme symp-

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tôme dominant, capital — Herpès dits essentiels? — dont on a multiplié les variétés : C’est ainsi qu’on a décrit avec Willan, Bateman, Hébra, etc.

L’Herpès phlycténoïde. (Voir Erythème multiforme.)

L’Herpès Zoster ou Zona. (Voir Zona.)

L’Herpès circiné et tonsurant. (Voir Trichophytie.)

L’Herpès tonsurant maculeux. (Yair Pityriasis rosé de Gibert.)

L’Herpès estliiomène. (Yoiv Lupus ou Carcinome.)

L’Herpès iris. (Voir Erythème multiforme.)

L’Herpès gestationis. (Voir Dermatites.)

L’Herpès labial ou facial.

L’Herpès génital, ou même les Herpès génitaux.

Ces deux dernières variétés méritent seules une description.

1° Herpès labial oü facial. — Cette dénomination est mauvaise, car il peut siéger ailleurs qu’à la face, sur les muqueuses, et autour des orifices naturels. {Herpès cutané. Herpès des muqueuses. Herpès mixte ou orbiculaire.)

Précédé généralement de sensations diverses, tensions, élancements, prurit, cuisson, il se caractérise bientôt par des taches rosées, légèrement surélevées, puis, finement papuleuses, et enfin, en quelques heures, vésiculeuses. Les vésicules que nous avons décrites plus haut sont tantôt isolées, le plus souvent agglomérées, formant des groupes plus ou moins étendus, plus ou moins nombreux, susceptibles de se réunir et de former de larges plaques {Herpès confluent) ; rapidement le liquide des vésicules se trouble, se dessèche, et des croûtes apparaissent, fines, superficielles, jaunâtres ou noirâtres, impétiginiformes, qui tombent; au-dessous d’elles, la peau, d’abord rosée, reprend rapidement sa

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coloration normale. L’Herpès vrai dont il est ici question ne laisse pas de cicatrice; ce qui le caractérise essentiellement, c’est la rapidité de son évolution qui ne dépasse guère 6 à 8 jours; cependant il n est pas très rare de voir l’éruption se reproduire; souvent, quand elle siège au pourtour des orifices naturels, où spontanément elle envahit les muqueuses, elle présente alors des modifications dans ses caractères objectifs et des troubles divers en rapport avec la muqueuse atteinte.

Cet herpès apparaît généralement dans le cours ou au début d’affections éphémères ou sérieuses, fébriles, aiguës, telles que bronchite, pneumonie, grippe, fièvre typhoïde, fièvre intermittente, etc. (Bouton de fièvre.) Chez certains sujets prédisposés {sujets à herpès), il survient, à propos de causes pour ainsi dire banales, un refroidissement, une indigestion, un surmenage, une fatigue, une émotion ; ce n’est pas une maladie, mais un symptôme qui est du ressort de la pathologie générale bien plus que de la dermatologie; sa pathogénie est liée aux problèmes si intéressants de la bactériologie, de l’auto-intoxication, des infections, etc.

Le traitement est celui de l’affection qui tient l'herpès sous sa dépendance. Localement on évitera soigneuse- ment tous les irritants. Au début, on pourra prescrire quelques applications astringentes (Eau de Botot, Leloir), puis des poudres isolantes, impalpables, inertes, ou des pommades anodines (pâte à l’oxyde de zinc,

vaseline boriquée faible,pommade au calomel à l/40,etc.,

et des lavages aseptiques (eau bouillie chaude, eau boriquée chaude).

2» Herpès génitaux. — Les Herpès génitaux ou progénitaux sont fréquents et comprennent des variétés distinctes ;

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1“ h’Herpès commun, localisé aux organes génitaux, que nous venons de décrire plus haut;

20 L’Herpès névralgique, zosteroïde des organes génitaux (Mauriac) ;

30 Herpès vulvaire confluent. — Il survient généralement chez les jeunes femmes, à la suite des premiers rapports sexuels, accompagnant ou non la blennorrhagie, plus souvent la leucorrhée. 11 est précédé de malaise, d’un léger mouvement fébrile, et envahit successivement les grandes et les petites lèvres, la face interne des cuisses, le podex, le périnée, l’anus et même la région interfessière. Les vésicules forment des groupes d’abord isolés, puis confluents, occupant toute la région génitale, évoluantrapidement, s’accompagnant d’une tuméfaction œdémateuse parfois considérable des grandes et petites lèvres, irritées par l’urine, les mucosités, et se recouvrant assez fréquemment de fausses membranes épaisses, adhérentes, grisâtres, blanchâtres, diphthéroïdes. La douleur est alors vive, les plus légers mouvements sont pénibles, le mélange des diflérents liquides excrétés prend une odeur des plus désagréables. Il existe généralement en même temps une adénopathie inguinale plus ou moins douloureuse. Bientôt les fausses membranes se détachent; sous elles on constate des exulcérations plus ou moins étendues, polycycliques qui, convenablement traitées, ne tardent pas à se combler et à disparaître.

Le diagnostic avec la syphilis est souvent assez difficile, d’autant plus qu’il n’est pas très rare de constater, après la disparition, de l’herpès, une ulcération persistante qui n’est autre qu’un chancre.

Traitement. — On prescrira d’abord de larges cataplasmes de fécule tièdes, souvent renouvelés et faits

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avec de l’eau boriquée; en même temps on introduira dans le vagin des cataplasnles Lelièvre; on pratiquera des lavages fréquents de la région avec de l’eau de pavots, ou de tilleul, ou de camomille très faiblement boriquée. On conseillera en outre des bains de siège émollients. Puis quand l’irritation vive du début sera calmée, on fera des applications de vaseline boriquée, de pâte de zinc légèrement éocaïnée, et par-dessus la pommade on pourra saupoudrer avec une poudre inerte et infermentescible. Plus tard enfin on pourra avoir recours à des médicaments plus actifs, lavages avec une solution de sublimé à 1 p. 2000 chaude, ou d’acide phénique à 1 p. 200, applications de pommades lanolinées à l’oxyde de zinc et au sous-nitrate de bismuth, au calomel à i/20, à l’ichthyol à 1/20 ; saupoudrages avec de la poudre d’aristol ou d’iodoforme, ou de dermatol, etc. Il faudra avoir soin d’interposer entre les plis une toile très fine sur laquelle on aura appliqué largement une poudre inerte (oxyde de zinc, talc, sousnitrate de bismuth, etc.); enfin, quand les douleurs seront vives, on prescrira le repos au lit et on ajoutera aux agents médicamenteux employés du chlorhydrate de cocaïne, ou une préparation opiacée, du menthol ou de l’essence de menthe.

4» Herpès génital récidivant de Diday et Boyon. Herpès vénérien de E. Besnier. — Il se présente à l’observation avec les mêmes caractères cliniques que ceux indiqués plus haut; il en diffère seulement par les particularités suivantes : chez l’homme il occupe de préférence le gland et surtout le prépuce, qui est tuméfié et œdépiatié. Chez la femme, il siège en général sur la porfion vaginale de la vulve, également œdématiée. Précédé par de la cuisson, du prurit, de la douleur, il

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est ordinairement assez discret et est caractérisé par quelques groupes de vésicules formant de petites ulcérations polycycliques; le diagnostic est souvent fort difficile quand il n’existe qu’un seul petit groupe exulcéré simulant un chancre. Il évolue rapidement; mais ce qui le distingue tout particulièrement, c’est la fréquence des récidives qui surviennent à des intervalles variables, qui tendent à être de plus en plus éloignées. L’herpès génital récidivant s’observe le plus souvent, toujours d’après Diday et Doyon, chez des sujets qui antérieurement ont eu une affection vénérienne (syphilis, chancrplle, blennorrhagie); chez les arthritiques nerveux de préférence. Les causes occasionnelles, susceptibles de provoquer une nouvelle poussée, sont les suivantes : excès de table, fatigues, surmenage, excès de coït, et surtout coït avec une femme nouvelle, menstruation, etc.

Tr.4itement. — L’herpès génital récidivant est une affection des plus tenaces, des plus rebelles. Il convient d’abord de rechercher dans l’état général du sujet quelles sont les causes susceptibles de provoquer aussi bien l’herpès que les récidives, et de la combattre activement : on cherchera surtout à modifier le terrain, l’état diathésique par un traitement et une hygiène appropriés. Des cures hydrominérales seront particulièrement indiquées, suivant les cas (Eaux sulfureuses, alcalines, sulfo-salines arsenicales, Uriage, la Bourhoule, Royat, Luchon, Néris, Schinznach, etc.).

Puis on tentera de modifier les régions atteintes dans l’intervalle des accès, de les rendre plus résistantes, de les tanner, si c’est possible. Pour cela, on conseillera des applications astringentes fréquemment renouvelées. Lotions avec de l’eau très chaude additionnée d’extrait

de Saturne ou de sulfate de cuivre, ou de sulfate de zinc, ou d’acide phénique, ou d’alcoolat de Fioravanti, de coaltar.

La muqueuse génitale étant pour ainsi dire endurcie, il faut encore écarter toutes les causes indiquées plus haut susceptibles de provoquer une poussée. On conseillera des soins très grands de propreté après le coït, la modération, et surtout le mariage et la fidélité conjugale.

Quand l’affection doit reparaître, les sujets déjà atteints ne se trompent pas sur les signes précurseurs de la poussée, qu’ils pourront enrayer par quelques préparations astringentes (pommade, poudre ou lotion) et particulièrement en appliquant des compresses imprégnées d’eau de Botot (Leloir) ou en touchant les points malades avec une solution forte d’acide borique et d’alcool (à saturation).

L’herpès génital étant constitué nécessite le même traitement local que les autres manifestations herpétiques. Il faut éviter au début les agents irritants, et bien écarter, protéger et isoler les surfaces malades, particulièrement exposées en ces régions. On conseillera de préférence, en outre des lavages chauds et légèrement astringents, l’application des poudres isolantes (oxyde de zinc, amidon, talc, sous-nitrate ou carbonate de bismuth porphyrisés additionnés ou non de tannin, i pour 23, pour 50 ou pour 100). Les corps gras sont tantôt bien supportés, tantôt très irritants (vaseline pure, pommade à l’oxyde de zinc, cérat lanoline, onguent diachylon lanoliné, pommade au calomel, vaseline boriquée, etc.).

Quand aux croûtes succéderont des ulcérations douloureuses et tenaces, on aura recours à des applications

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