VI. — Pour tous les externats, les peladeux peuvent être
admis aux classes et aux cours à des conditions analogues; la récréation et l’étude en commun sont soumises à une surveillance particulière sous la direction du médecin de l’établissement. Les élèves auront la tête couverte par une perruque, si les plaques peladiques sont nombreuses et étendues, ou un bonnet dans les cas moins intenses. '
VII. — Pour les internats, écoles supérieures, écoles spéciales, etc., etc., la surveillance pouvant être exercée encore plus
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utilement que dans les conditions dé l’article précédent par le médecin attaché, et l’âge des sujets pouvant permettre de compter sur leur concours, on ne prononcera la non-admission ou l’exclusion temporaire que rarement et pour des cas particulièrement intenses.
Presque toujours, les jeunes peladiques pourront être con- .servés, à la condition que leurs parents acceptent les mesures auxquelles ils devront être soumis, la surveillance et les soins du médecin de l’établissement, qu’il soit pris, aux récréations ou au dortoir, des mesures de précautions appropriées, et qu’ils aient la tête couverte d’une perruque ou d’un bonnet.
Si ces mesures, dont le degré sera réglé par l’intensité de la maladie, ne sont pas applicables dans un établissement, on aura toujours la ressource de conserver les peladiques comme externes,
VIII. — Dans les agglomérations militaires, l’exécution des règlements en vigueur permet de donner satisfaction à toutes les exigences du service et de préserver les sujets sains, ainsi que cela se pratique dans l’armée de mer et dans l’armée de terre.
Les hommes reconnus peladiques sont envoyés à l’hôpital ; les suspects sont momentanément isolés et mis en observation en même temps que l’on prend toutes les mesures de désinfection et de prophylaxie appropriées : nettoyage de la tête, suspension de l’usage de la tondeuse, flambage des ciseaux du perruquier après chaque opération, interdiction des échanges de coiffures, objets de toilette particuliers à chaque homme, surveillance des lits de camps, etc.
~ Dans tous les cas où des sujets peladiques conservés par tolérance seront devenus le point de départ manifeste de cas nouveaux, cette tolérance cessera aussitôt la constatation d’un foyer, laquelle entraîne de plein droit l’élimination immédiate de tous les malades.
1“ Traitement général. — Quelle que soit la théorie adoptée relativement à la nature de la pelade, il faut toujours examiner avec le plus grand soin l’état général du malade et instituer un traitement interne approprié. Ce traitement ne doit pas être systématique; il s’adresse seulement à la constitution du sujet généralement nerveuse ou anémique; il a pour but également de prévenir les rechutes et les récidives, et doit être associé à une
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hygiène -bien entendue : séjour à la campagne, si c’est possible au bord de la mer; gymnastique, massage. Repos physique et intellectuel. Éviter le surmenage, les émotions, les excès de toutes sortes. Alimentation régulière et tonique. Aliments phosphatés et phosphores. Lait, beurre, graisses, poissons. Strychnine et acide phosphorique. (L. D. Bulkley.) .
Quand le sujet sera manifestement nerveux, on prescrira la série des moyens destinés à produire une sédation du système nerveux. (Valérianates, hydrothérapie, grandes douches révulsives à 40 et 42° centigrades (Ferras). Douches pulvérisées à 40° à une pression de une à deux atmosphères sur la colonne vertébrale. Douches écossaises, douches sulfureuses chaudes (surtout dans la pelade décalvante). Eaux minérales de Néris, Luchon, Uriage, Cauterets, etc.) Les peladeux anémiques ou lymphatiques tireront grand profit également des douches chaudes, des bains sulfureux artificiels, des eaux de La Bourboule, Spa, Salins, enfin des médicaments toniques, huile de foie de morue, quinquina, kola, iodure de fer, arsenic, etc., etc.
2° Traitement LOC.AL. — Puisque le parasite de la pelade est actuellement inconnu, on ne peut espérer, par des \oXionB parasiUcides, le détruire; il faut donc se borner à produire une excitation directe de la plaque alopécique, ranimer en un mot la fonction pilaire en état de torpeur sans que l’irritation provoquée soit trop vive, aboutisse à des vésicules, à des pustulés, à des croûtes, à des cicatrices, enfin, capables d’entraîner une alopécie définitive. Ce sont donc les topiques excitants qui sont pour ainsi dire exclusivement employés aujourd’hui dans le traitement local de la pelade; leur nombre est considérable, chaque auteur manifestant une pré-
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dilection pour Tun d’entre eux. Nous ne signalerons que les plus employés, en ayant soin d’indiquer les variétés cliniques de pelade auxquelles ils s’adressent de préférence. Le traitement, en effet, variera suivant qu’on se trouvera en présence d’une pelade à plaque unique ou à plaques multiples, ou bien généralisée (pelade décalvante), ou enfin occupant la barbe, ou la moustache, ou les sourcils.
1° Pelade à plaque unique du cuir chevelu. — C’est le cas le plus simple; nous nous étendrons particulièrement sur son traitement qui doit être appliqué également aux cas dé pelade à plaques multiples avec les quelques modifications que nous indiquerons plus loin.
Faut-il couper les cheveux ? — Il est certain qu’une tête dont les cheveux sont coupés ras sera beaucoup mieux surveillée qu’une tête dont les cheveux auront été conservés. Aussi conseillons-nous chez les enfants de couper les cheveux courts aux ciseaux, ce qui ne sera pas pratiqué chez les adultes et chez les femmes. Mais quand la chevelure est conservée, il est bon de faire raser ou couper ras aux ciseaux, autour de la plaque, une zone de 1 à 2 centimètres environ, zone dite de protection ou de surveillance, destinée à empêcher l’extension excentrique de la plaque. E. Besnier recommande l’épilation de cette zone de surveillance quand elle renferme des cheveux peladiques cassants, cassés, venant à la plus légère traction, épilation qui doit être continuée jusqu’à ce que la pince de l’épileur ne rencontre plus que des cheveux sains et renouvelée, mais avec plus de modération, les jours suivants, l’épileur se contentant d’exercer une faible traction sur les poils et ne devant avulser que ceux qui viennent avec facilité. Pendant tout ce traitement, la
plaque peladique est surveillée activement; les cheveux et les follets repousse's sont coupés ras une, deux ou trois fois, suivant la rapidité de dévolution de la maladie. En outre, tout le cuir chevelu est fréquemment exammé ; il faut avoir bien soin de traiter activement la séborrhée concomitante si fréquente; tant qu’elle persiste, en effet, le sujet est menacé de l’apparition de nouvelles plaques, ainsi que lorsqu’on constatera dans le cuir chevelu des cheveux disséminés atteints des lésions caractéristiques de la pelade signalées plus haut. Nous indiquerons plus loin les soins à donner au cuir chevelu dans sa totalité.
On peut dissimuler la plaque alopécique avec de 1 encre, du noir de fumée, des cosmétiques noirs ou châtains, du nitrate d’argent, de l’emplâtre de Vigo ou des emplâtres médicamenteux garnis de cheveux semblables à ceux du malade.
Les différents modes de traitement de la plaque de pelade ainsi préparée consistent, avons-nous dit, dans l’excitation, l’irritation, la rubéfaction, la vésication légère de la surface alopécique. Le choix de l’agent médicamenteux est subordonné à l’étendue, au siège de la plaque, à l’âge, à la susceptibilité nerveuse du sujet, à la façon dont il sera employé. D’une façon générale, il faut se garder de laisser entre les mains des malades un médicament trop irritant, et en réserver I application au médecin seul. De plus, on ne saurait attribuer toujours au médicament employé la guérison, la pefade étant susceptible de guérir spontanément; enfin la durée du traitement iie pourra jamais être indiquée d’une façon précise quel que soit l’agent dont on fera usage; la pelade est toujours longue à guérir, et on ne doit accepter qu’avec réserve les médicaments
qui guérissent la pelade en quelques jours ou même quelques semaines ! On pourra d’ailleurs consoler le malade, navré de se voir atteint d’une affection aussi longue, enliii déclarant avec une entière sincérité, quand il s’agit d’une vraie pelade à plaques disséminées, qu’il guérira et que ses cheveux repousseront s’il ne fait pas usage de médicaments violents provoquant une vive irritation aboutissant à des cicatrices avec alopécie définitive.
Les agents médicamenteux les plus employés dans la pelade sont les suivants :
Acide acétique. — Cet agent médicamenteux est excellent. Il a été surtout préconisé par E. Besnier :
« Quand le malade fait lui-même son traitement, nous prescrivons habituellement de faire chaque matin sur les plaques chauves et sur la zone tonsurée alentour une friction légère avec une boulette de coton imprégnée de quelques gouttes du Uniment suivant :
Hydrate de chloral. 5 grammes.
Ether officinal... 25 —
Acide acétique cristallisant, de t à 3 grammes.
« On obtient par ce moyen une rubéfaction légère qui ne risque jamais d’être trop énergique, et que l’on peut exercer tous les jours ou tous les deux, trois ou quatre jours.
(t Si la dose est insuffisante, on élève suivant les cas, pour la même formule, la dose d’acide acétique cristallisant à deux ou trois grammes et l’on a alors atteint la limite d’énergie du liniment à confier au malade.
« Quand il faut agir énergiquement et au début du traitement, nous préconisons particulièrement les badigeonnages des parties alopéciques avec l’acide acétique pur; il constitue un moyen d’action douloureux mais
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très énergique. Jamais nous ne mettons cet agent entre les mains des malades; nous réservons son emploi pour les cas rebelles, nous l’appliquons alors pur à l’aide d une boulette de coton en évitant le coulage sur les parties voisines. La surface badigeonnée prend rapidement une teinte blanc d’argent en même temps que la périphérie se congestionne vivement; la douleur, très variable selon les sujets, est toujours vive et se prolonge quelquefois dans la journée. Les jours suivants il L produit une épidermite exfoliante, quelquefois exsudative, dont la durée dépasse, celle qui suit la vésication simple et dont l’action peut être considérée comme se prolongeant en moyenne pendant deux semaines pendant lesquelles le malade peut rester sans avoir à s’occuper du traitement local. C’est donc un excellent moyen d’irritation superficielle à employer aux périodes initiales surtout dans les policliniques où le malade n’a à revenir qu’une ou deux fois par mois. Si le sujet est très jeune, très pusillanime, si la surface à irriter est grande, s’il y a une grande irritabilité tégumentaire 1 acide acétique peut être étendu au moment de l’appli’ cation du chloroforme, d’éther ou de teinture d’iode Avec un peu d’habitude on réalise facilement des agents irritatifs gradués selon chaque sujet narticulier. ^
« Mais dans tous les cas, à dose faible ou forte en applications quotidiennes qu éloignées, c’est à l’acide acétique que nous donnons la préférence parce qne c’est l’agent dont l’action sur le follicule pileux et sur la fonction pigmentaire estla plus certaine. (Besnieb, Dovon Iraduction Kaposi, 2» édition, tome II, pages 199 et suivantes.)
En outre de ce traitement de la plaque alopécique.
E. Besnier indique le traitement suivant qui s’applique à tout le reste du cuir chevelu {loc. citât.) :
« Quand les cheveux ont pu être coupés ras, chaque matin nous faisons laver la tête à l’eau chaude à l’aide d’un savon de goudron, d’ichthyol, de naphtol, etc., et faire ensuite une friction rapide avec une petite quantité d’un liniment alcoolique faihle, tel que ;
Alcoolat de lavande.. 12S grammes.
Salol ou acide salicylique Og^OS à 0gr,50.
« Cette friction, chez les sujets qui ont, à la suite des applications précédentes, le cuir chevelu squamulaire et les cheveux secs, est suivie d’une friction huileuse légère, selon le type des formules de Lassar :
Huile de ricin, de pied de bœuf, etc. 100 grammes.
Salol ou acide salicylique..... OgqâS à 1 gramme.
Teinture de benjoin, baume du Pérou, etc. q. s. p. aromatiser.
(1 Dans les cas les plus ordinaires nous faisons frictionner la peau de la tête tous les soirs avec une petite quantité de la pommade suivante :
ââ 1 gramme.
10 grammes, ââ SO grammes.
Baume du Pérou . ..
Acide salicylique..
Résorcine..
Soufre précipité..
Lanoline......
Vaseline..
« Chez les sujets hyperidrosiques, hyperstéatosiques, pendant la saison chaude, au lieu de l’onction précédente, nous prescrivons une friction avec la poudre
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d’amidon simple, ou additionnée de 1 à 5 0/0 de soufre précipité, de salol, d’aristol, de salicylate de bismuth, etc.
<t Pour les malades qui n’ont pas pu ou qui n’ont pas voulu couper leurs cheveux, ces moyens ne peuvent être que rarement appliqués tous les jours; on les met alors en usage le plus souvent possible selon les cas ou selon la saison, mais toujours au moins une ou deux fois par semaine. »
Tel est dans tous ses détails le traitement appliqué par M. le docteur Besnier dans les cas de pelade du cuir chevelu à plaques uniques ou multiples. Nous allons exposer les autres modes de traitement les plus en usage.
Le D'' E; Vidal emploie surtout les vésicatoires et particulièrement le vésicatoire liquide de Bidet (teinture acétique de cantharides). — La façon de procéder est la suivante :
On applique sur la plaque alopécique rasée, à l’aide d’un pinceau, une couche unique du liquide vésicant qui, dans la majorité des cas, suffît à provoquer une irritation suffisante; si celle-ci est trop grande, on ajoute du chloroforme au liquide de Bidet ; si elle est insuffisante, on passe deux ou même trois fois le pinceau imhihé sur les plaques. Quand il existe des plaques nombreuses, on ne doit procéder que lentement, et n’appliquer le liquide chaque jour que sur une ou deux plaques. Quand le vésicatoire a produit son effet (disparition de la phlyctène, de la desquamation et de la rougeur), c’est-à-dire au bout de huit à dix jours en général, on rase de nouveau la plaque et on fait une nouvelle application. En outre, matin et soir il faut faire des frictions énergiques sur
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tout le cuir chevelu avec le mélange suivant :
Ammoniaque liquide.. 1 à 3 cuillérées à café. AQum.. dà3 ■
Eau de feuilles de noyer 1 verre.
à soupe.
Hallopeau etBrocq emploient également au début du traitement le vésicatoire liquide de Bidet. Mais nous croyons qu’il faut préférer l’acide acétique. Le vésicatoire est très douloureux ; son action irritante est extrêmement irrégulière et variable suivant les sujets. Dans des cas relativement assez nombreux nous avons vu se produire des accidents vésicaux, de la dermite assez intense, des adénopathies, et surtout des cicatrices d alopecie définitive.
Lailler faisait raser deux fois par semaine les plaques e la tete, et appliquer vigoureusement soir et matin un des mélanges suivants :
Alcool camphré.
Baume de Fioravanti..
Teinture de cantharides
Du bien :
I ââ fOO grammes.
2S à 30 grammes.
Baume de Fioravanti \
Ammoniaque liquide. 6
Alcool à 20».
Sulfate de quinine.
Essence de bergamote...
Essence de Wintergreen.
1 gramme.