L. Brocq, avons-nous dit, emploie au début le vési
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catoire liquide, en prescrivant en outre l’application tous les soirs d’une pommade soit au soufre au dixième, à l’acide-salicylique, au naphtol et à la résorcine au quarantième, soit au turbith minéral; on peut remplacer cette pommade par des emplâtres médicamenteux, en particulier par de l’emplâtre de Vigo. Puis, au bout d’un mois et demi ou deux mois, il a recours au traitement du docteur E. Besnier.
Hardy prescrivait des lavages du cuir chevelu soir et matin avec une solution de sublimé à d pour SOO, suivis de l’application de la pommade suivante :
Camphre.. 1 gramme.
Turbith minéral.. 2 grammes.
Axonge.. V. 30 —
Au bout de quelques jours il conseillait de n’appliquer cette pommade que le soir et le matin, de frictionner avec le mélange suivant :
Alcool camphré.. 100 grammes.
Essence de térébenthine...... IS —
Ammoniaque. s —
Beaucoup d’autres procédés thérapeutiques ont encore été indiqués, tant en France qu’à l’étranger. Nous sigualerons les suivants :
Préparations diverses à base de cantharides ; vératrine en teinture ou en pommade ; teintures d’aconit, de piment; huile de macis, huile de croton (mauvais moyen); sinapismes, thapsia, chrysarobine (R. Crocker) (assez bon moyen, mais dont l’emploi doit être surveillé avec soin); acides salicylique, chlorhydrique, lactique; pilocarpine intra et extra (injections sous-cutanées, et frictions avec pommade à Fextrait de jaborandi au cinquième) ; teinture d’iode et collodion iodé (Butte) ; col-
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lodion salicylé; phénol, sulforiciné; courants continus, etc., etc.
L. D. Bulkley recommande l’acide phénique pur ou en solution à 93 0/0. Il emploie un cui’e-dent en bois à l’extrémité duquel il enroule un peu de coton. Celui-ci est trempé dans l’acide et passé légèrement sur la plaque alopécique qui est ensuite frictionnée fortement pendant quelques secondes.
L’application doit déborder un peu sur la plaque dénudée; elle est généralement douloureuse au début, mais la douleur ne persiste pas. Il faut éviter de famé cette application sur une trop large surface à la fois, et.ne soigner les grandes plaques que par portions successives à quelquês jours d’intervalle ; l’action de 1 acide est de faire blanchir et ratatiner la peau qui, au bout d un jour ou deux, s’enflamme superficiellement ; puis, 1 épiderme s exfolie, laissant au-dessous une surface rouge ; jamais il n’y a d’eschares, le cuir chevelu atteint de pelade présentant, au dire de l’auteur, une réaction à l’acide phénique différant de celle de la peau normale. Il suffit généralement de deux ou trois applications pour voir apparaître des cheveux. Ce traitement ne peut s’appliquer qu’au cuir chevelu.
L. Busquet ayant constaté que les essences ont une action d’arrêt énergique sur le développement des cultures, préconise des badigeonnages renouvelés quotidiennement avec le mélange suivant :
Essence de cannelle de Chine... 10 grammes.
Ether sulfurique faiblement alcoolisé . .... 3Q ^
pour l’usage externe.
Grâce à ce traitement,,la repousse serait marquée au bout de trois à cinq semaines. Nous avons expérimenté
ce remède, qui ne nous a pas donné d’aussi brillants résultats. On peut également essayer toute la série des essences aromatiques. Celle de Wintergreen semble devoir être préférée aux autres (Hallopeau). ■
M. Moty, espérant poursuivre les parasites dans l’épaisseur même du derme, a proposé de traiter la pelade par les injections intradermiques de sublimé. Il emploie une solution renfermant 4 0/0 de sublimé et- 2 0/0 de cocaïne; il pratique des injections à la périphérie des plaques. Il injecte d’abord deux, puis trois et quatre gouttes de la solution, à chacune des piqûres, qui doivent être assez rapprochées les unes des autres, cinq ou sixpiqûres environ pour une plaque de l’étendue d’une pièce de cinq francs. Il laisse reposer le malade quatre jours et, après quatre séries de ce genre, la pelade est en pleine voie de guérison, et il n’y a pas de récidive.
M. Moty conseille de ne pas trop distendre le derme, de crainte d’eschare. Ce traitement assez douloureux et applicable au cuir chevelu seul est encore à l’étude ; il ne semble pas d’ailleurs agir comme antiseptique, mais bien plutôt par la forte révulsion qu’il produit, ainsi que les autres médicaments que nous avons indiqués.
Le docteur P. Raymond* a obtenu des résultats identiques avec des injections intradermiques d’eau phéniquée à 1/100 et à 1/80, et même d’eau simple! Il préfère le traitement suivant, qui guérirait la pelade en quarante ou cinquante jours et remplirait les deux indications principales du traitement de la pelade, à savoir : « 1“ S’opposer à l’extension des plaques et à l’apparition de nouvelles plaques ; 2» exercer sur les plaques existantes une action parasiticide, mais surtout
P. Raymond, Communication à la Société française de dermatologie {Annales de dermat. et desyphiL, 1892, Paris, p. 794).
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une forte révulsion, une excitation cutanée continue qui réveille la vitalité du bulbe pileux. »
1“ Raser le pourtour de la plaque dans une étendue de un à deux centimètres et tenir les cheveux courts.
2» Savonner la tête deux fois par semaine avec un savon antiseptique (savon pbéniqué).
3“ Paire tous les matins une friction sur tout le cuir chevelu, mais beaucoup plus active et énergique sur les plaques alopéciques, avec une brosse imprégnée de la solution suivante :
Bichlorure d’hydrargyre. Ogi',.'iO
Teinture de cantharides. 2S grammes.
Baume de Fioravanti. go
Eau de Cologne... jgo
4».Le soir, frotter les plaques de la même façon avec le mélange suivant :
Acide salicylique.. a grammes.
Naphtol P. ^0 —
Acide acétique cristüllisabie,.. tg
Huile de ricin. 400 —
^ 50 Recouvrir les plaques dans la journée avec 1 emplâtre rouge de Vidal, ou, ajouterons-nous, les différents épitbèmes antiseptiques dont la composition peut être variée à l’infini qui permettent au médicament actif d’agir en permanence sur la plaque, et dissimulent assez bien l’alopécie, ün a même proposé, dans ce but, de recouvrir ces emplâtres de cheveux dé la même nuance que ceux du malade.
Signalons enfin le procédé suivant employé par le B’’ Morel Lavallée ‘ : Lavage antiseptique des régions
i . Mobel Lavallée, communication à la Société française de dermatologie, séance du 2 juin 1892. (In Annales de dermatologie et ^e syphiligraphie, 1892, page 713.)
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dénudées, puis scarification très légère et superficielle, puis application d’une couche de pommade antiseptique ou irritante qui doit rester au moins deux heures et mieux vingt-quatre heures. Cette opération est renouvelée tous les huit jours au moins, tous les cinq jours au plus. Au bout de quinze à vingt jours apparaîtraient quelques cheveux colorés, réguliers, adhérents, transformant l’alopécie éburnée en aire, en une alopécie à clairière (?).
En résumé^ ce qui caractérise le traitement de cette singulière affection qui, malgré sa fréquence de plus en plus grande, semble défier jusqu’à nouvel ordre la sagacité des pathologistes, c’est le nombre et l’inconstance même des agents thérapeutiques mis en œuvre. Ce qu’il faut savoir absolument, c’est qu’il est des pelades qui guérissent spontanément et d’autres, cliniquement semblables en tous points, qui ne guérissent qu’après des mois et même des années de traitement. Aussi doit-on se demander, quand la guérison est survenue, si c’est au mode de traitement suivi qu’en revient le mérite ou si la pelade a guéri parce que l’heure de la guérison avait sonné. Est-ce'à dire qu’il faut désarmer et laisser la maladie suivre son cours? Evidemment non, et si nous sommes entrés dans des détails si minutieux pour exposer les nombreux modes de traitement, c’est que nous pensons qu’ils ont pour la plupart une action assez mal définie, il est vrai, mais certaine. Le médecin serait coupable s’il s’en remettait aux seuls soins de la nature médicatrice ; pratiquer l’antisepsie du cuir chevelu, faire disparaître les cheveux malades, produire une irritation légère, passagère mais fréquemment renouvelée de la plaque peladique, modifier souvent et suivant les circonstances le traitement, éviter les méthodes systé-
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matiques, traiter la séborrhée, ainsi que l’état général et particulièrement la constitution nerveuse, ou lymphatique, ou anémiquedu sujet, pratiquer la prophylaxie ainsi que nous l’avons exposée, tel est le rôle du médecin soucieux de son art.
Nous ayons longuement insisté sur le traitement de la pelade à plaques disséminées du cuir chevelu. Il nous reste à indiquer celui de la pelade à grandes plaques très abondantes, de la pelade totale ou décalvante, enfin de la pelade de la barbe et des autres régions velues du corps. Ce traitement diffère peu de celui qui vient d’être décrit : nous exposerons seulement les quelques . variantes. Quand il existe des plaques alopéciques très étendues, nombreuses, dépilant presque complètement le cuir chevelu, ou quand celui-ci est absolument dénudé, il faut avoir recours aux mêmes médicaments que dans les cas de pelade à plaques disséminées, mais en ayant bien soin de n’appliquer les irritants forts que sur des surfaces très restreintes et les irritants faibles sur tout le cuir chevelu. On devra en outre, chaque fois qu’on appliquera la solution ou la pommade choisie, pratiquer une friction active, une sorte de massage du cuir chevelu. Quand les cheveux pousseront blancs et fins, on les coupera aux ciseaux. Le malade pourra porter le jour une perruque légère, tenue très aseptiquement, isolée du cuir chevelu par une petite coiffe de linge. On pourra essayer les courants continus faibles, afin d’éviter les eschares. Le traitement général sera suivi d’une façon particulièrement rigoureuse. La durée de la pelade décalvante est souvent très longue; il faudra en aviser le malade.
Pelade de là barbe, des sourcils, des cils. — La pelade de la barbe est très fréquente et généralement plus
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tenace que celle du cuir chevelu. Cela tient à ce qu’il est difficile de produire sur la figure une irritation épidermique aussi intense que-sur le cuir chevelu. On emploiera les mêmes agents irritants, mais avec de grandes précautions. L’acide acétique sera beaucoup plus dilué. Les pommades renfermeront des doses inférieures de moitié à celles prescrites pour le cuir chevelu. La barbe sera rasée fréquemment, sauf quand il n’existe qu’une ou deux plaques. Dans ce cas on la limitera par une bordure d’épilation ou de rasure. M. E. Besnier indique le traitement suivant :
t Le visage entier est lavé matin et soir à l’eau chaude additionnée, pour une demi-cuvette, d’une cuillerée à café d’un alcoolat renfermant une substance légèrement excitante et aromatique, par exemple ;
Salicylate de mercure. 0gi',0S à Ogrjgg.
Salol.. dàS grammes.
Alcoolat de lavande. 250
« Les plaques alopéciques sont frictionnées tous les matins avec une boulette de coton imprégnée légèrement d’un Uniment faible tel que le suivant :
Hydrate de chloral.. 1 à 4 grammes.
Éther officinal., ;. 2o —
Acide acétique cristallisant. 0g'',50à2.
« Les appplications sont réitérées ou interrompues selon l’état de la peau, de façon à la maintenir légèrement hyperhémiée et à peine excoriée. »
La pelade est généralisée aux membres et au tronc. — Même traitement, mais à doses faibles en raison de l’étendue des lésions. Frictions excitantes faites avec un gant de crin arrosé du liquide suivant (E. Besnier) :
Alcoolat de Floravanti.
Alcoolat de lavande....
Salol..
ââ 2o0 grammes.
PEMPHIGTJf
Bains sulfureux, bains sulfosalins, douches révulsives chaudes, douches sulfureuses, bains électriques, etc.
Péliose rhumatismale. — (Voir Purpura.)
Pellagre. — S’il existe réellement une entité morbide de ce nom, elle doit être décrite dans les traités de médecine. Il n’y a pas lieu en effet de décrire dans les traités de dermatologie toutes les maladies générales qui peuvent s’accompagner d’érythème. Voir article Pellagre dans Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales par J. Arnould.
Pellicules. — (Voir Séborrhée.)
Pellicules. — La pellicule adhésive est un collodion riciné à l’acétone (formule F. Vigibr) qui remplace le collodion à l’éther et qui laisse une couche très adhérente insoluble dans l’eau. On l’emploie toutes les fois qu’on veut préserver la peau du contact de l’air. On fait également une pellicule antiseptique soluble dans l’eau en se servant d’une espèce de colle composée d’amidon, dégommé, deglucose, sucre, benjoin, d’acide salicylique, de glycérine et d’eau.
Pemphigus. — On a attribué autrefois à tort le terme de Pemphigus à des affections très nombreuses et très diverses présentant un caractère objectif commun, à savoir l’apparition simultanée ou successive de bulles discrètes ou confluentes. C’est ainsi que toutes les affections bulleuses sont décrites sous le nom de pemphigus par les anciens auteurs, qui distinguaient plus de trente variétés de pemphigus. Comme pour les eczémas, les pityriasis, les lichens, etc., un travail de révision s’impose pour dissiper la confusion extrême qui règne actuellement en France comme à l’étranger. Nous n’avons pas l’intention de décrire et même d’énumérer ici toutes les affections dites pemphigdides ou bulleuses.
PEMPHIGUS
qui pour la plupart rentrent dans un cadre bien déterminé et sont décrites dans le cours de ce livre. Les érythèmes polymorphes vésiculeux et bulleux, les dermatites polymorphes douloureuses aiguës ou subaiguës de Brocq, la dermatite herpétiforme de Duhring, la lèpre, la syphilis, certaines variétés d’urticaire, de pityriasis rubra, de dermatites exfoliatrices, d’eczémas, diverses dermatites artificielles, etc., etc., présentent parmi leurs caractères objectifs l’apparition de bulles plus ou moins abondantes, plus ou moins volumineuses ; et cependant il faut bien se garder d’en faire des variétés de pemphigus.
Actuellement et jusqu’à nouvel ordre, il convient de réserver le terme de -Pemphigus à un certain groupe de dermatoses bulleuses qu’il n’est pas possible de classer dans un autre cadre nosologique précis. Mais ce groupe est essentiellement artificiel ; il est à désirer que, grâce aux études nouvelles, les dermatologistes finiront par le démembrer complètement et classeront méthodiquement sous un nom nouveau les affections suivantes d’ailleurs très rares, encore décrites actuellement sous le nom de pemphigus, à savoir :
A. — Le pemphigus aigu fébrile vrai (?).
B. — Le pemphigus épidémique des nouveau-nés.