IS
PEURIGO
sulfurée, masse onctueuse composée de soufre et de lanoline), ou en emplâtres, sont les plus employés. Il convient, quand on applique une pommade, de faire une friction assez active sur les éléments papuleux. Voici quelques formules : savonner le soir les régions malades avec de l’eau bouillie chaude et du savon simple ou médicamenteux (au soufre, aunaphtol, au goudron, à l’acide borique, à l’acide phénique), essuyer, puis frictionner avec l’un des mélanges suivants :
Huile de foie de morue purifiée blanche ou mieux blonde, pure, renfermant 2 à S 0/0 de naphtol ou de salol, oui à 2 0/0 d’acide phénique; c’est un moyen excellent, mais souvent mal toléré à cause de l’odeur et de l’irritation qu’il est susceptible de provoquer.
L’huile de foie de morue séchant très rapidement, on peut, ainsi que le conseille Brocq, en imprégner de la tarlatane pliée en huit ou dix doubles avec laquelle on enveloppe les parties atteintes que l’on recouvre ensuite d’un produit imperméable.
Pommade de Wilkinson (Voir Gale). Pommades à l’acide borique 4 à 10 0/0, à l’acide salicylique 1 à 2 0/0, au naphtol 1 à 5, 0/0, à l’ichthyol 5 à 10 0/0, à l’huile de cade 5 à 10 0/0, à l’acide chrysophanique ou pyrogallique, suivant l’âge du sujet.
Liniment oléo-calcaire phéniqué. Pommades avec ;
Lanoline.
Axonge fraîchi!.
Oxyde de zinc..
Acide phénique.
'Ùné pâlé'biéii
j ââ 25 grammes.
Acide tartrique.
Acide salicylique.
Acide phénique....
Glycérolé d’amidon àlaglycénne neutre de Price.
3 grammes.
1 gramme.
54 grammes.
PRUEIGO DE HEBEA
Pommade avec essence de menthe ou menthol 1 pour 60 (ne l’appliquer que sur des surfaces limitées).
Glycérolé tartrique de Vidal :
Glycérolé d’amidon à la glyctirine neutre de l're ■. 100 grammes.
Acide tartriqim.. 2 à S —
Menthol.. 2à 5 —
Les emplâtres les meilleurs sont les suivants : huile de foie de morue pure ou naphtolée, ou phéniquée-résorcinée 3 à 5 0/0, naphtol 1/20 ou 1/10, acide phénique 1/60 à 1 / 40 , oxyde de zinc et acide phénique, ichthyol, emplâtre de Vigo, etc.
Ces emplâtres doivent être renouvelés chaque jour et surtout n’être employés que dans les cas de prurigo à surfaces limitées ; quand ils irritent trop la peau, on les interrompt, on applique des topiques gras émollients, puis on les reprend.
2 ° Lotions calmantes. — Elles devront être faites soir et matin : le matin on pourra les faire suivre d’une friction légère avec une flanelle aspergée d’un alcoolat aromatique (Besnier). On se servira de préférence d’eau très chaude ayant bouilli, ou d’eau de camomille dans laquelle on mettra ; acide phénique 1 0/0, chloral, vinaigre, eau blanche, sublimé 1 0/00, créoline (une cuillerée à café dans un verre d’eau chaude), cyanure de potassium 1 à 2 0/00.
3 » Poudres. Enveloppement. — Le matin, après avoir fait les lotions et les frictions, on saupoudrera avec l’une des poudres suivantes : poudre d’amidon, de talc, additionnées de salicylate de bismuth lO 0/0, de camphre 1 0 / 0 , d’oxyde de zinc 20 0 / 0 , etc. Puis on protégera la peau en l’enveloppant avec des feuilles de
caoutchouc vulcanisé, ou mieux, avec une fine toile de caoutchouc, qu’il faut toujours laver et bien sécher chaque fois qu’on la retire. Il faut que la toile ne soit pas flottante, mais en contact direct avec la peau ; on peut également prescrire l’usage de maillots, de caleçons doublés intérieurement de la toile caoutchoutée ; on peut remplacer cette toile de caoutchouc par le pansement ouaté, qui est très incommode, le taffetas gommé, le mackintosch, la gutta-percha laminée. L’occlusion peut être obtenue aussi à l’aide de colles médicamenteuses. Tenneson recommande la suivante :
Grénétine....
Gélatine.
Glycérine ....
Eau.
Oxyde de zinc
Pour empêcher cette colle de fondre à la chaleur du lit, il faut la recouvrir d’une |égère couche d’ouate quand elle est encore humide : on doit la laisser pendant huit jours environ.
Bains. — Ils ne sont pas utiles, au contraire, quand on aura fait régulièrement matin et soir les lotions chaudes indiquées. Cependant quelques auteurs préconisent les hains d’eau salée, les bains sulfureux, les bains de gélatine (250 à 500 grammes par bain), les bains de soude (1 à 2 kilos par bain), les bains de sublimé (5 à 10 grammes par grand bain), les bains d’alun, d’écorce de chêne (Kaposi), etc.
Tel est le traitement local du prurigo de Hébra : les deux médicaments qu’on doit employer d’abord sont l’huile de foie de morue (intus et extra) et le napthtol ; mais nous ne saurions trop répéter que ce traitement local et général doit être continué longtemps encore
ISO grammos.
dOO —
apres la disparition des manifestations cutanées si l’on ne veut pas éprouver de'sérieux mécomptes.
2 “ Prurit généralisé. — Il est caractérisé par des crises plus ou moins fréquentes de démangeaisons violentes apparaissant quelquefois l’hiver, disparaissant ou continuant l’été, survenant le jour ou plus souvent la nuit, sous l’influence du chaud ou du froid ou d’émotion, de frayeur, parfois sans cause appréciable, d'abord localisées, puis se généralisant. Au début, il n’y a pas de lésions, mais bientôt le besoin de gratter devient si impérieux que le malade produit par ce grattage une sériedelésionscaractéristiques(raies, rougeurs, papules, croûtes,dermite, etc.). La démangeaison cesse momentanément quand la peau est excoriée, déchirée, saignante; parfois cependant, malgré un grattage énergique, les lésions sont à peine marquées, la peau est simplement sèche, rugueuse, grenue, présentant un léger état lichenoïde. «
Ce prurit général finit par entraîner un état de nervosité extrême, de l’insomnie, de l’inappétence, de l’amaigrissement, un état moral parfois des plus inquiétants (idées de suicide). Il s’observe chez l’homme comme chez la femme adultes ; il peut provenir d’un état nerveux dû à des émotions, à des chagrins, à des revers de fortune; les sujets atteints sont souvent des rhumatisants, des goutteux dont les urines renferment en grande abondance de l’urate et de l’oxalate de chaux (Prurit diathésique) (Düncan-Bulkley). Mais très souvent le prurit généralisé est lié à des affections organiques (utérus, estomac, ovaires, reins (mal de Bright), foie, poumons (tuberculose), ménopause, dysménorrhée, métrite, grossesse, cancer( particulièrement du tube digestif), diabète, affections nerveuses, etc.). Assez souvent même il
PEUEIGO
précède ces affections, il peut les déceler. Leloir fait rentrer ces prurits prémonitoires'dans ses dermatoneuroses indicatrices.
Il est particulièrement fréquent et très marqué dans les affections du foie (prurit ou même prurigo ictérique) ; il existe alors des lésions assez abondantes de la peau (urticaire, papules, lésions de grattage) ; il n’est pas rare de le voir précéder, annoncer même l’apparition de l’ictère (prurigo préictérique), ce qui prouve bien qu’il n’est pas dû à la présence du pigment biliaire dans la peau.
3 » Prurigo des vieillards ou Prurit sénile. — C’est une affection des plus rebelles et des plus difficiles à traiter; elle apparaît généralement vers l’âge de soixante ans; les démangeaisons sont violentes, souvent intolérables, surtout la nuit, et occupent le corps entier; les lésions de grattage sont parfois assez marquées, mais souvent alors le prurigo est dû à des parasites, à des lésions du rein (néphrite, rein sénile), du foie, du tube digestif, à une autointoxication quelconque, à des applications irritantes, etc., qu’il faut rechercher avec soin. Dans le prurit sénile vrai, les lésions cutanées sont nulles ou à peu près nulles, la peau est sèche, fanée, ridée, quelquefois cependant presque normale. La diathèse goutteuse, d’après E. Besnier, prédisposerait particulièrement au prurit sénile.
4 » Prurit d’hiver. Pruritus hiemalis. Pruritde Duhring. — Il constitue une affection spéciale très bien décrite par Duhring, caractérisée par des démangeaisons vives survenant dès les premiers froids, intermittents (octobre), quand on remplace les vêtements d’été par ceux d’hiver et quand on commence à allumer du feu dans les appartements, disparaissant généralement vers
la fin de l’hiver (mars-avril). Ces démangeaisons occupent de préférence les membres inférieurs, surtout la face interne des cuisses, mais peuvent gagner tout le corps; elles sont plus intenses le soir, quand le malade se couche, dès qu’il est pénétré par la chaleur du lit; elles disparaissent presque complètement le jour, quand le malade est occupé. Au début, le prurit existe seul ; mais bientôt le malade se gratte et les lésions apparaissent (urticaires, papules, croûtes, dermites, etc.), qui ne surviendront pas si le malade peut résister à la tentation du grattage.
A l’action du froid doivent s’ajouter comme facteurs étiologiques les antécédents arthritiques personnels ou héréditaires (rhumatisme, goutte, asthme, catarrhe pulmonaire, emphysème, dyspepsie, arthritisme nerveux, diabète, etc.), l’abus du tabac, de l’alcool, l’alimentation défectueuse, etc. Le prurit d’hiver est assez souvent associé à d’autres dermatoneuroses.
3 ° Prurigo et prurit ano-vulvaires. — Les démangeaisons sont localisées surtout à la vulve, quelquefois au vagin, gagnant la région génitale externe, la face interne des cuisses, le périnée et l’anus. Tantôt il existe un prurigo avec lésions intenses et variées dues le plus souvent à l’irritation produite par le mucus vaginal ou utérin, l’urine (diabète), la sueur, etc. (prurigo symptomatique d’une affection utérine ou de la grossesse) ; tantôt et fréquemment le prurit vulvaire existe seul, très pénible, sans lésions de grattage, provoquant une excitation générale et génitale très grande, pouvant aboutir à l’hystérie, à la nymphomanie, mais entraînant au bout d’un certain temps une sécheresse de toute la région avec usure des poils, un épaississement, une hypertrophie des grandes lèvres et du clitoris, une
PEURIGO
hyperpigmentation de toute la région. Ce prurit vulvaire s’observe à tous les âges, mais plus fréquemment aux approches de la ménopause ; il est dû aux causes très diverses du prurit généralisé ; les sujets qui en sont atteints sont le plus souvent très nerveux ; on l’observe en outre assez souvent comme symptôme indicateur ou prémonitoire des affections utérines, particulièrement du cancer et du fibrome de l’utérus.
6° Prurigo et prurit des parties ano-génitales de l’homme. — Il occupe surtout le scrotum, le périnée, Vanus, le prépuce, le gland, le méat urinaire et la muqueuse uréthrale ; il est parfois intolérable, surtout la nuit, et provoque par le grattage une irritation vive, un épaississement marqué du scrotum, un suintement rectal plus ou moins abondant (voirEczéma du scrotum. Eczéma anal). Quand il siège à l’anus, il est souvent dû à la présence d’hémorrhoïdes, ou de vers intestinaux, ou de fissures anales, etc.
70 Prurit des narines. — Il est lié aux mêmes causes que le prurit en général, et s’observe surtout chez les arthritiques, ou chez les sujets atteints d’une affection nasale; on l’a signalé aussi dans l’asthme, et chez les enfants ayant des oxyures vermiculaires.
8° P rurit de la paume des mains et de la plante des pieds. — Manifestation assez rare, fort pénible et très rebelle du prurit localisé, ayant la même, étiologie que le prurit généralisé, lié souvent, mais non constamment, à 1 hyperidrose de ces régions; il est le plus souvent symétrique.
9 » Prurit lingual. — H est rare et s’observe chez les malades atteints de glossodynie, sans lésion apparente ou sans proportion avec le degré de ces lésions; il peut être indicateur d’un état névropathique en préparation ou latent (E. Besnier).
PEUEIGO
Traitement. — l» Bu prurit en général; 2° des différentes variétés de prurit.
Le Traitement du prurit en général varie selon la cause qui le produit; aussi convient-il d’abord d’interroger le malade avec le plus grand soin, de se rendre bien compte de sa constitution, de passer en revue tous ses organes, toutes ses fonctions, d’examiner très attentivement ses urines. Si la cause du prurit est révélée par cet examen, il faut la combattre par tous les moyens appropriés, le traitement externe étant relégué au second plan.
Malheureusement, cette cause est souvent des plus difficiles à trouver et le médecin est réduit à lutter contre le prurit essentiel, si tenace, si cruel parfois. 11 faut savoir d’abord que, si nous ne possédons pas de médicaments très réellement antiprurigineux, il existe une foule d’aliments, de médicaments, de préparations susceptibles, chez certains sujets prédisposés, de provoquer des démangeaisons vives ; ce sont tous ceux que nous avons indiqués comme susceptibles de produire l’ufticaire (voir ce mot) qu’il convient de proscrire chaque fois qu’on se trouve en présence d’un sujet nerveux atteint de prurit; nous indiquerons plus particulièrement comme boissons et aliments le vin pur, le café(?),
Valcool, les viandes salées, le porc surtout, les poissons de mer, les coquillages, les fromages, les fraises, les tomates, les asperges, l’oseille, etc., comme médicaments, Topium, les bromures, le chloral, l’antipyrine même parfois ; l’intolérance médicamenteuse est en effet particulièrement fréquente chez les prurigineux.
Aussi faut-il, dans les cas sévères, commencer par prescrire la diète lactée absolue précédée d’un purgatif actif (huile de ricin) ; le malade ne reprendra ensuite
que graduellement son alimentation ordinaire, et avec la plus grande prudence. Il devra éviter les émotions vives, les préoccupations de toutes sortes, 1 usage immodéré du tabac. Enfin, l’exercice, la vie au grand air, l’hydrothérapie suivant le mode indiqué plus loin, seront d’excellents adjuvants au traitement.
Traitement interne. — S’il n’y a pas de médicament interne réellement efficace contre le prurit, il en existe plusieurs susceptibles dans bien des cas d’atténuer plus ou moins les démangeaisons. Nous signalerons surtout la valériane, l’acide phénique, l’arsenic, le cyanure de potassium, l’atropine, lajusquiame, le datura stramonium, la pilocarpine, la vératrine, la quinine, la brucine, la cocaïne, le salicylate de soude, l’antipyrine, le castoreum, le musc, basa fœtida, etc., etc.
E. Besnier et Doyon mettent au premier rang la valériane. Ils la prescrivent ainsi ;
Extrait de valériane, bols de Os^SO, deux à huit en vingt-quatre heures pris au moment des repas
Pilules de valérianate d’ammoniaque de 0 gr, 05 , une à dix par vingt-quatre heures, en tout ou en partie avant les repas.
Solution de valérianate d’ammoniaque à I 0 / 0 , une cuillerée à café représente Os^OS de valérianate, deux à dix par vingt-quatre heures dans une infusion de feuilles et de fleurs d’oranger.
Suppositoires et lavements de valérianate d’ammoniaque, quand l’estomac est intolérant.
Valérianate ou sulfate d’atropine en granules d’un quart de milligramme. Commencer par un par vingtquatre heures. Augmenter graduellement avec surveillance par doses espacées.
L’acide phénique (Quinqüaud, Besnier, Brocq, Ka-
posr, eLc.), O^SSO à 1 gramme par jour en ayant som de fàire boire tout de suite après si on le donne en pilules, pour éviter les crises gastriques, ou mieux de les faire prendre à la fin des repas.
EESNIER
Pilules avec :
Acide phénique.
Magnésie décarbonatée..., Extrait de valériane..
Og'',S à Ogr.tS.
j q. s. pour 1 pilule.
2 à 6 par jour.
KAPOSI
Pilules :
Acide phénique.. 2 grammes.
Poudre et extrait do racine de 1 ..
gentiane.. j
Pour 60 pilules, 10 par jour.
Uarsenic. — Liqueur de Fowler ou mieux le bromure d’arsenic (Brocq), 5 dix-milligrammes à 1 milligramme après chaque repas, ou l’acide arsénieux en granules (Granules de Dioscoride, 5 à 10 par jour à la fin du repas).
SCHWIMMER
h’atropine.
Sulfate d’atropine. ..
os'-.oa
Gomme adraganto..
tg^SO
Glycérine.. .
Poudre de réglisse..
j ââ q. s.
Pour 20 pilules, à prendre 2 par jour Traitement externe. — 1° Bains.
Enveloppement.
Lotions. — Les bains peuvent produire i
m soulagement
passager; mais en général ils sont plutôt nuisibles,
PRUBIGO
surtout les bains sulfureux, ainsi que l’hydrothérapie froide. Cependant les bains de vapeur tiède, les bains d’amidon additionnés d’un litre de vinaigre, les bains de tilleul ou de camomille d’une durée de quinze à vingt minutes, les douches en pluie ou en arrosoir tempérées rendent quelquefois de bons services. Les bains prolongés, permanents, de quelques heures ou même de plusieurs jours ou semaines, seraient très efficaces, mais ils sont d’une application des plus difficiles.
Aussi est-il préférable généralement de remplacer les bains par l’enveloppement, les fomentations ou les lotions.
Pour l’enveloppement, MM. Besnier et Doyon se servent de toiles très fines de caoutchouc, toujours entretenues aussi aseptiquement que possible, avec lesquelles on emmaillote, on habille la totalité ou la partie du corps plus particulièrement atteinte. Ce mode de pansement est pratiqué pendant toute la journée; pendant la nuit et dans les cas de prurit intense, on doit interposer entre la toile de caoutchouc et la peau des pièces de tarlatane ou- de tint moites de solutions diverses indiquées plus loin, bien étanchées, tiédies, recouvertes de toile imperméable aussi fine que possible, et maintenues avec des bandes de tarlatane souples et fines ; si ces conditions sont fidèlement remplies, les compresses restent moites toute la nuit et le malade couché dans un lit dont les couvertures, maintenues ■par un cerceau, restent élevées, recouvert d’un peignoir de coton ou de flanelle, ne subit aucun refroidissement.
Les liquides employés par MM. Besnier et Doyon pour ces enveloppements sont tes suivants : eau bouillie, eau de pluie additionnée de 5 0/0 de glycérine, ou de décoction de 1 à o 0/00 de feuilles de coca; infusions
PRUEIGO
OU décoctions émollientes, astringentes, narcotiques, etc. Il convient de commencer par ces applications simples; ce n’est qu’en cas d’insuffisance qu’il faut ajouter au liquide des substances actives toujours à des doses très faibles au début et d'autant plus faibles que la surface enveloppée est plus considérable. Les médicaments les plus actifs sont les suivants : pour un litre d’eau, S à 10 grammes de vinaigre commun, à 1 gramme
d’acide phénique ou d’acide salicylique, 1 à S grammes d’acide tartrique, borique, etc., 1 à iO grammes de bicarbonate de soude, à 2 grammes de borate de
soude, 1 à 10 grammes de salicylate de soude avec autant de bicarbonate de soude, O^^Ol à Os^OS de deutochlorure de mercure, 1 à 10 grammes d’ichthyol, S à 25 grammes de coaltar sapaniné.
Quand on ne pourra pratiquer l’enveloppement, on aura recours aux lotions avec de l’eau aussi chaude que possible, ou bien la décoction de racine d’aunée, ou de houblon, ou de têtes de camomille ou de pavot renfermant l’une des substances suivantes :
Vinaigre, 1 à 3 cuillerées à soupe par verre.
Chloral, 5 à 23 grammes par litre.
Bromure de potassium, 3 à 50 grammes par litre.
Tabac à fumer, 1 à 5 grammes en décoction par litre.
Acide phénique, 3 à 10 grammes par litre:
Bichlorure d’hydrargyre, 0s‘’,50 à 1 gramme par litre.
Sulfate de cuivre, 1 à 5 grammes par litre.
Eau blanche, 1 à 4 cuillerées par verre.
Eau phagédénique, 1 à 4 cuillerées par verre.
Créoline, 1 cuillerée à café par verre.
Infusion de feuilles de coca, 1 à 5 grammes par litre.
Eau chloroformée. —
Cyanure de potassium, 2 grammes par litre (assez dangereux dans les prurits étendus).
Sulfure de sodium, 20 grammes pour un verre.
Ichthyol, 10 à 20 grammes pour eau 100.
Naphtol, 1 à 3 grammes pour eau 100.
Cocaïne, 1 à 2 pour eau 100.
( Solution alcoolique 5 à 10 0/0.
Menthol j mentholée 10 0/0.
Signalons encore les solutions suivantes :
Feuilles de belladone. 7 grammes.
— — jusquiamo.. 7 —
— d’aconil... Igr.SO.
Acide acétique. 30 grammes.
Eau. 3S0 -
Solution de nitrate d’argent cristallisé, de 1 à 10 0/0 d’eau distillée, en badigeonnages dans les cas de prurit intense localisé.
Toutes ces lotions si variées sont employées deux fois par jour, le soir et le matin. Dans l’intervalle, nous recommandons de faire usage de poudres et de pommades. Les poudres sont employées le jour et les pommades la nuit de préférence.
Poudres. — D’amidon, de talc, de lycopode, à’amidon additionné de 5 à 2S 0/0 de sous-nitrate et de carbonate de bismuth et d’oxyde de blanc de zinc et de 1 à 3 0/0 d’acide salicijlique (E. Besnibr et Doyon). Ces saupoudrages- doivent être pratiqués très largement et doucement; ils doivent être renouvelés quand le besoin de
23 g prurigo
se gratter est impérieux. On peut faire avec ces poudres des enveloppements à sec, en suivant les indications donnéss plus haut.
Pommades. - Elles seront appliquées de preference la nuit. Comme excipient, on emploiera soit la vaseline et la lanoline parties égales, soit depréference 1 onguent de Zinc, (parties égales d’oxyde de zinc et de vaseline), soit les glycérolés (qui salissent et poissent ^
s’altèrent assez rapidement), soit les gélatines (Vo Gélatines). Quant aux médicaments actifs, ce sont es mêmes que ceux que nous avons indiques pour lotions. On prescrira de préférence les suivants :
Menthol, 0,20 à 1 0/0,
ou acide phénique, 1 à 3 ou à 5 0/0 ;
— acide salicylique, 1 à 3 ou à 5 0/0;
— salol, mêmes doses ; naphtol B, 3 à lo 0/0 ;
^ chlorhydrate de cocaïne, 1 à 2 0/0 ; calomel, 2 à 3 0/0;
^ naphtol camphré, 1 à 5 0/0;
— benzine, 20 0/0.
Vidal recommande le glycérolé tartrique.
Quinquaud prescrit la pommade suivante ;
Axonge.■ • • ■
Acide tarlriquu.
Acide phénique....
Essence de menthe.
PEÜRIGO
Onguent de zinc.........
Hydrate do chloral... ...
Camphre.
Lanoline.
Vaseline..
Huile d’amandes douces.
Oxyde de zinc.
Calomel.... .
Essence de menthe.
D. BüLCKLBy
60 grammes.
I ââ 7 grammes.
j ââ 20 grammes.
to
F. S. A. Une p4ts bie
t. Une p4te bien souple.
Toutes ces pommades, quand elles sont mal supportées, peuvent être remplacées par les différents emplâtres, épithèmes, pellicules, traumaticines, colles,etc. (Voir ces mots), qui présentent l’avantage de produire un occlusion, un enveloppement complet de la région, prévenant ainsi le grattage, et d’agir par les substances médicamenteuses qui y sont incorporées. On donnera la préférence aux épithèmes souples récemment fabriqués qui peuvent renfermer les différents agents médicamenteux que nous avons énumérés. Ces épithèmes sont particulièrement indiqués dans les prurits localisés.
Traitement des différentes variétés de prurit et de Prurigo.
l» Prurigo de Hébra. — (Voir plus haut.)
2° Prurit généralisé. — (Voir plus haut.)
3“ Prurit sénile. — Prurigo des vieillards. — Quand il s’agit A'\mprurigo, traiter les causes diverses susceptibles de le produire. Le prurit cutané sénile essentiel est extrêmement rebelle. Son traitement interne et externe est celui du prurit en général que nous venons d’exposer. On pourra essayer en outre rélectricité galvanique ou faradique, et prescrire la teinture de cannabis indica vingt à quatre-vingts gouttes par jour (D. Bulkley), la teinture de gelsemium dix à quinze gouttes toutes les trois heures.
Les enveloppements humides, les lotions, dcvi’ont être pratiquées avec une extrême prudence afin d’éviter les refroidissements si dangereux chez les vieillards.
¥ Prurit d’hiver ou prurigo de Duhring. — Traitement du prurit en général. Hygiène alimentaire sévère, suppression du tabac ; recouvrir les téguments directement de linge très fin et non de laine ou de soie, se couvrir très légèrement; porter des gants de chevreau, et éviter ceux de laine, de coton ou de fourrure. Coucher dans des draps de toile fine, dans un lit frais; prendre quelques bains tièdes amidonnés, ou des bains de vapeur tiède. Enveloppement de nuit avec des compresses étanches recouvertes de toile imper- • méable fine et légère, suivant le procédé indiqué plus haut avec détails. Saupoudrage général avec la poudre d’oxyde de zinc ou de bismuth de préférence à l’amidon. Quand les régions atteintes de prurit seront limitées, on pratiquera des pansements avec les pommades susindiquées, ou mieux, avec les emplâtres à l’oxyde de zinc, à l’huile de foie de morue pure, naphtolée ou phéniquée, etc., souples et fins, tels qu’on les prépare aujourd’hui. Duhring prescrit des onctions à la glycérine simple ou additionnée d’acide phénique ou de goudron. Enfin, on conseillera au malade de sup- ■primer, s’il le peut, les hivers en les passant dans un climat chaud (littoral méditerranéen. Madère, etc.).
§0 Prurit ano-vulvaire. — Quand il est symptomatique d’une affection des organes génito-urinaires on devra traiter cette affection par tous les moyens appropriés, et protéger par des tampons imprégnés de topiques variés la région génitale externe contre l’action des liquides irritants.
Le prurit vulvaire de la grossesse exige un traitement
modéré et prudent; les lotions vulvaires chaudes et l’application d’un suppositoire anal et d’un tampon vulvaire imbibé d’une solution de cocaïne au 15® sont particulièrement recommandés.
Le prurit idiopathique est très rebelle et nécessite un traitement interne énergique et un traitement externe continué longtemps. On prescrira des bains de siège médicamenteux, des lotions et des injections fréquentes et très chaudes à l’eau bouillie renfermant l’un des médicaments susindiqués, et particulièrement l’acide phénique, l’alun, le tannin, le vinaigre, le coaltar, l’eau de Cologne, etc., des applications de pommades (voir plus haut). Signalons encore les suivantes :
Pommades à la cocaïne, à la morphine 1 0/0.
Pommade au naphtol et à la cocaïne.
Pommade au calomel 2 à 5 0/0.
Onguent diachylon et huile d’olives parties égales (E. Besnier).
Pommade avec :
GUÉNEAÜ DE MÜSSY
Glycérolé d’amidon. 20 grammes.
Bromure de potassium. 1 gramme.
Sous-nitrate de bismuth....... l —
Calomel. 0g>-,40
Extrait de belladone. 0gr,20
Ou bien la mixture suivante :
TANSKI
Baume du l’érou.. 4 grammes.
Poudre de gomme arabique.... 8 —
Huile d’amandes douces.. 12 —
Eau de roses. 20 —
Ces applications de pommade ou de mixture seront faites le soir, après les lotions chaudes ; le matin nouvelles lotions et injections' chaudes, puis large saupou-
drage avec les poudres indiquées en ayant soin de glisser entre les plis des petits tampons d’ouate antiseptique.
Quand le prurit vulvaire est intense et rebelle aux traitements employés, on aura recours aux différents moyens suivants :
Badigeonnage avec la teinture de benjoin.
Cautérisation légère avec les solutions de nitrate d’argent (voir plus haut), avec ou sans anesthésie préalable.
Application du mélange suivant (Brocq) :
Biiodure d’hydrargyre. Ogr.SO.
Huile de ricin.60 grammes.
Emploi des préparations à la cocaïne, à la morphine. Crayon de menthol. Injections sous-cutanées de morphine.
Enfin ignipuncture superficielle, et mieux, scarifications linéaires quadrillées suivies d’un pansement préservatif antiseptique et calmant.
Quand le grattage aura provoqué des lésions de dermite eczématique intense, ainsi que cela s’observe fréquemment, le traitement du prurit devra être associé à celui de VEczéma des organes génitaux de la femme (Voir ce mot). Le traitement du prurit anal est le même, bains, lotions, injections chaudes intra-anales à l’aide d’une sonde olivaire creuse. Poudres, pommades, etc.
On prescrira en outre des suppositoires renfermant les agents médicamenteux que nous avons indiqués et surtout les calmants tels que morphine, cocaïne, belladone, essence de menthe, menthol, etc.
Suppositoires avec :
Beurre de cacao .
Extrait de belladone.
PRURIGO 243
Benrre de cacao.
Chlorhydrate de morphine... \ Chlorhydrate de cocaïne..... \
3 grammes,
aâ ogi-.oa à og'-,05.
Les cautérisations légères avec le thermo-cautère seront également pratiquées dans les cas intenses.
Okmann recommande de badigeonner avec de la créosote. Cette cautérisation, qui est assez douloureuse sur le moment, n’est pratiquée qu’une fois. On applique ensuite le mélange suivant :
Bichlorure d’hydrargyre. Ogr.OS.
Chlorhydrate d’ammoniaque... Ogr.tS.
Acide phonique. 4 grammes.
Glycérine. 60 —
Eau de roses... tlo —
Enfin, on devra éviter autant que possible la constipation, et recommander à la malade d’enduire l’anus d’un corps gras avant d’aller à la garde-robe.
6“ Prurigo et prurit des parties génitales de l’homme. — Mêmes indications générales relatives à la recherche de la cause, même traitement interne et externe que ceux indiqués plus haut. Le prurit scrotal est très pénible et difficile à guérir. Nous recommandons dans ces cas de prescrire les doses maxima de principes actifs en solutions, pommades, emplâtres; ces derniers sont particulièrement indiqués; on les emploie sous forme de bandelettes imbriquées formant comme une cuirasse, de sorte qu’à l’action du médicament se joint celle de l’enveloppement, de l’occlusion; leur composition peut être variée à l’infini. Le malade doit toujours porter un suspensoir bien fait, qui permet de maintenir en permanence le pansement choisi (enveloppement humide, corps gras, etc.); le suspensoir en caoutchouc indiqué dans les cas d’eczéma du scrotum est généralement mal supporté par les malades atteints de prurit.
PSORIAS;
Ainsi que pour le prurit vulvaire, les cautérisations ignées ou au nitrate d’argent, et mieux, les scarifications linéaires quadrillées fréquemment renouvelées ou même les courants continus sont employés avec succès, quand les divers médicaments ont échoué.
Le traitement du prurit anal de l’homme est le même que celui du prurit anal de la femme. (Voir plus haut.)
7 », 8», 90. Prurit des narines, de la paume des mains, de la plante [des pieds, de la langue. — Voir Prurit en général.
Psoriasis. — De toutes les maladies de la peau, le psoriasis est l’une des plus fréquentes, et, dans la majorité des cas, dés plus faciles à reconnaître; il suffit en effet pour cela ■ d’avoir .vu quelques cas de psoriasis à éléments caractéristiques, mais il n’est pas très rare de se trouver en présence de psoriasis dits atypiques en raison de leur localisation, de leurs caractères objectifs, de leur évolution, de leurs complications, etc., qui, même pour un médecin très exercé, présentent les plus grandes difficultés de diagnostic.
Nous ne voulons pas donner ici une description complète de cette dermatose si importante à tous égards; nous ne ferons qu’indiquer les points les plus intéressants au point de vue pratique.
Caractères principaux du psoriasis normal : Éléments squameux blancs, nacrés, plus ou moins épais, entourés ou non d’un liséré rouge, recouvrant une surface rouge luisante, vernissée, légèrement épaissie et présentant un pointillé hémorragique à peu près constant. Début à tout âge, mais particulièrement entre quatorze et vingt-cinq ans; localisation spéciale mais non pathognomonique aux coudes, aux genoux, au tronc, aux membres, au cuir chevelu (amas de squames épaisses.
'PSORIASIS '
crayeuses, plâtreuses ; état montagneux, alopécie très peu marquée), au front (surtout à la frontière du cuir chevelu, qui est également envahi, alors que dans l’eczéma du cuir chevelu les lésions s’arrêtent à la frontière), au sternum, à la région sacro-lombaire, aux fesses, etc., etc. Formes diverses. Psoriasis vulgaire, ponctué, en gouttes, nummulaire, orbiculaire, gyraté, circiné, flguré, miliaire, disséminé, diffus, psoriasis rupiaforme (quand les squames superposées sont très abondantes), etc., etc. (Lèpre vulgaire de Willan). Marche chronique, par poussées successives, quelquefois disparaissant pendant des mois et des années, puis reparaissant; ne guérissant à peu près jamais; le plus souvent il persiste dans l’intervalle des poussées quelques éléments, particulièrement aux genoux et aux coudes, et autres lieux d’élection. Quelquefois, sans cause appréciable ou plus souvent sous l’influence d’un traumatisme, d’un choc nerveux, d’une émotion vive, ou mieux, d’un agent médicamenteux trop irritant (psoriasis irritable), il se produit une poussée aigüe, intense, qui se généralise, s’accompagne d’une desquamation extrêmement abondante, d’une rougeur très vive, parfois de la chute des poils, des cheveux et des ongles (qui repoussent), mais qui est susceptible de se calmer et de disparaître complètement (psoriasis aigu, psoriasis enflammé). Quand le psoriasis a été traité pendant longtemps par l’arsenic, il persiste souvent des taches jaunâtres, brunâtres, assez résistantes. Phénomènes objectifs ' peu marqués : prurit généralement très modéré, excepté chez les sujets nerveux; quelquefois cependant le prurit se développe sous l’action de certains médicaments internes ou d’aliments (E. Besnier).
PSOBIASIS
2 » Psoriasis atypiques. — Localisation aux plis de flexion aux lieux d’élection de l’eczéma séborrhéique (plis de l’aine, interfessier, de l’aisselle, du coude, sousmammaire, jarret, ombilic) : dans ces cas, les sujets sont en même temps le plus souvent des séborrhéiques (Voir Séborrhée) : à la paume des mains et à la, plante des pieds (localisation très rare; le plus souvent, il faut rechercher la syphilis ou les différentes variétés de kératodermies), aux ongles {psoriasis unguéal, ongles amincis, soulevés, décollés, jaunâtres, opaques, avec ponctuations, érosions cupuliformes, et sillons transversaux multiples plus ou moins profonds; parfois chute complète de l’ongle), aux organes génitaux (gland, prépuce). Forme humide, suintante, irritée, eczématoïde (psoriasis arthritique de Bazin, par opposition à la forme normale, sèche, qui serait le psoriasis herpétique (?), verruqueuse, papillomateuse. Psoriasis altérés par le traitement. Forme arthropathique * (arthralgies, myalgies, mélalgie, arthropathies partielles ou géncv ralisées, rhumatisme osseux ou fibreux, déformations parfois considérables, origine le plus souvent nerveuse, médullaire surtout, forme généralement grave). Complications sérieuses : psoriasis malin, rebelle au traitement, particulièrement irritable, à poussées sucessives de plus en plus intenses, aboutissant à la dermalite exfoliative maligne généralisée avec cachexie, chute des ongles, des poils,, et entraînant la mort par lésion organique (carcinome, urémie, ictère grave, etc.) : parfois apparition d’épithélioma sur les plaques de psoriasis, ou bien plus rarement encore, dégénérescence épithéliomateuse multiple des vieux placards psoriasiques ;
t. Voir la très intéressante thèse de Ch. Bourdillon, Psoriasis et arthropathies, Paris, 1888.
PSOEIASIS
on ne doit pas dire que le psoriasis prédispose à l’épithélioma, mais bien qu’il crée un locus minoris resistantiæ où l’épithélioma vient se fixer.
Telles sont les deux grandes variétés de psoriasis. Quant à l’étiologie, elle est fort peu connue. En effet, les différents facteurs étiologiques invoqués sont loin d’être constants. Les plus importants sont l’hérédité, les diathèses (arthritisme, herpétisme?). Les causes occasionnelles des poussées psoriasiques chez un sujet déjà atteint sont les excès de régime, les émotions, les frayeurs, les chocs nerveux, les traumatismes (vésicatoire, vaccination, tatouage, etc.), les compressions (influence du corset, des bretelles, jarretières, ceintures, sur'la localisation du psoriasis); Kôbner a montré que la peau des psoriasiques possède dans sa constitution un mode particulier de réaction aux diverses causes d’irritation. Quant aux causes de l’apparition du premier élément de psoriasis, elles sont très obscures ; on peut incriminer les précédentes et y ajouter les différentes fièvres éruptives et la syphilis (Bazin).
La nature du psoriasis est également inconnue ; on a invoqué les diathèses signalées plus haut, la syphilis héréditaire (Taylor), les lésions nerveuses et enfin une origine parasitaire qui semble bien improbable. Il n’existe pas en effet jusqu’ici de cas probant de contagiosité du psoriasis. {Lepocolla repens d’ExLUND, épidermidophyton d’En. Lang, d’Inspruck, Lassar, Wolf, de Strasbourg, Behrend, Mateis, Tommasoli, Destot, etc., etc.)
Traitement. — A. Interne. — Le psoriasis est de toutes les maladies de la peau qui sont du domaine de l’observation courante l’une des plus désespérantes ; s’il est possible en effet de faire disparaître les éléments
PSOEIASIS
éruptifs^ de blanchir le malade, et même de mode'rer l’intensité des éruptions ultérieures, on ne peut guérir complètement le psoriasis, c’est-à-dire, empêcher l’apparition de nouvelles poussées; en vain tous les agents médicamenteux ont-ils été prescrits empiriquement, 1 ignorance actuelle de la nature vraie du psoriasis retarde indéfiniment la solution du problème thérapeutique.
C est ainsi que les dépuratifs (?), les purgatifs répétés, les balsamiques (copahu (Hardy), baume de gurjum, térébenthine), l’acide phénique, l’iode, le goudron (Kaposi), le phosphore, le tartre stibié (Devergie, Malcolm Morris), le fer, le mercure, l’huile de foie de morue, la pilocarpine, le manganèse, l’antimoine (Anzus Tdrenne), legraphyte, la baryte, le soufre, la belladone, les alcalins à haute dose, le sulfure de zinc (Barduzzi), latemture.de maïs altéré (Gamrrbini, Lailler), la teinture de cantharides (Rayer), l’hura brasiliensis (Hérra, Hardy), le rhus radicans, ledaphne mezereum, l’hydrocotyle, l’acide chrysophanique, le jus de citron, l’extrait de corps thyroïde (Byrom Bramwell), etc., etc., prescrits à l’intérieur, ont été tour à tour vantés, puis abandonnés.
Cependant il existe deux médicaments qui semblent être aujourd’hui prescrits dans le traitement du psoriasis a l’exclusion de tous les autres, à savoir \’arsenic et Viodure de potassium.
1“ Arsenic. — Il est aujourd’hui encore prescrit à peu près universellement et indistinctement dans tous les cas de psoriasis. Et pourtant il ne calme pas toujours les poussées et il ne guérit jamais le psoriasis ; aussi la puissance de la médication arsenicale est-elle fortement battue en brèche de nos jours. Bien plus,
1 arsenic peut dans les cas de psoriasis irritable ou
enflammé, ou chez certains sujets intolérants, produire des accidents plus ou moins sérieux. En réalité, il n’agit que sur l’état général du sujet (lymphatisme, anémie, strume, etc.). Les partisans de la valeur thérapeutique de l’arsenic dans le psoriasis prétendent que les cas où il n’agit pas sont ceux où le médicament a été prescrit à trop faibles doses, ou n’a pas été continué pendant un temps suffisamment prolongé. Mais il n’en est rien, car beaucoup d’auteurs et nous-mêmes avons dans certains cas prescrit l’arsenic à doses considérables et prolongées sans en retirer autre chose qu’un certain degré de cachexie arsenicale, sans guérison du psoriasis. En outre, le traitement arsenical prolongé laisse souvent une pigmentation prononcée des placards psoriasiques guéris.
Quoi qu’il en soit, on peut encore, dans les cas que nous avons indiqués plus haut, et dans les formes torpides, réagissant mal aux agents externes, prescrire l’arsenic, mais en ayant soin de bien surveiller le malade, et de voir si le médicament produit l’effet qu’on doit espérer en tirer, c’est-à-dire la diminution de la rougeur, de l’hypérémie quand les squames sont tombées. En tout cas, ce traitement doit toujours être associé au traitement externe.
L’arsenic se prescrit sous forme de solutions, de pilules ou d’injections hypodermiques :
Solution de Fowler (arsénite de potasse).
Commencer par six gouttes par jour en deux fois, avant chacun des deux principaux repas, dans un verre à liqueur d’eau sucrée. Augmenter d’une goutte tous les deux jours. A partir de quinze gouttes, augmenter d’une goutte tous les trois jours. S’il n’y a pas de troubles sérieux, on peut aller jusqu’à trente gouttes
PSORIASIS
puis ne pas interrompre brusquement, mais redescendre de la même façon, progressivement jusqu’au point de départ. La liqueur de Fowler peut être prise ainsi pendant plusieurs mois.
Solution de Pearson (arséniate de soude). Donner des doses doubles de celles de la solution de Fowler.
BROCQ
Solution d'arséniate de soude.
Arséniate de soude.
Sirop d’écorces d’oranges auié
res ou eau distillée....
Eau distillée de laurier-cerise.
Chaque cuillerée à café contient environ 2 milligrammes d’arséniate de soude.
Une cuillerée à café avant le déjeuner; au bout de deux jours, une avant déjeuner, et une avant dîner. Augmenter tous les cinq jours d’une cuillerée à café jusqu’à quatre cuillerées à café par jour. Continuer à cette dose.
Solution de Donovan Ferrari :
'0gr,20
120 grammes. ■
0gq40.
i grammes.
Donner progressivement cinq, dix, quinze, etc., jusqu’à quatre-vingts et cent gouttes, en deux fois par jour, dans un peu d’eau avant le repas.
Eau de la Bourboule. — Un quart, un demi, puis un verre au commencement de chaque repas. •
Pilules. — Granules de Dioscoride.
lodure d’arsenic...
Eau distillée!..
Biiôdure de mercure lodure de potassium....
OgMO.
200 grammes.