‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 25 sur 47 · SO · texte numérisé non relu

SO

PSOKIASIS

Acide arsénieux... ... 0g<’,'10

Mannite pure... ..... 4 grammes.

Miel. q. s.

F. S. A. Cent granules.

En prendre progressivement cpiatre à douze par jour.

KAPOSI

Pilules asiatiques :

Acide arsénieux.. OSfjYS.

Opium.. 0sr,4^'

Poivre noir pulvérisé:. 6 grammes.

Gomme arabique.. IS^SO.

Poudre de racine de guimauve.. 2 grammes.

Eau q. s. pour faire cent pilules.

Chaque pilule contient 0g>',0075 d’acide arsénieux. On commence par trois pilules par jour, que l’on fait prendre immédiatement avant les repas. Tous les quatre à cinq jours, on augmente d’une pilule, et on peut arriver ainsi jusqu’à huit à dix pilules par jour- On s’arrête s’il survient des troubles gastriques, des nausées, de la diarrhée, etc. On ne peut déterminer d’avance, combien on devra donner de pilules asiatiques. Si, lorsqu’on a prescrit de quatre à six cents pilules, si l’affection ne s’est pas améliorée, il faut recourir à un aiitre mode de traitement (Kaposi, Unna).

Injections sous-cutanées de liqueur de Fowler ou d’arséniate de soude. — Il convient d’y avoir recours chez les malades à tube digestif intolérant, ou dans les cas très sérieux, mais il faut avoir soin de pratiquer aussi antiseptiquement que possible ces injections, qui sont très douloureuses, et doivent être faites avec une solution très pure, et profondément.

Les deux solutions employées sont les. suivantes :

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2 grammes.

I ââ S grammes.

.. 0sr,05.

.. 10 grammes.

Faire une injection avec la seringue de Pravaz, chaque Jour, et au bout d’un mois en faire deux.

2» lodure de potassium. — Récemment Grève, Boeck, Haslund *, Guttelini, etc., ont préconisé l’iodure de potassium à hautes doses, dans le traitement du psoriasis. Nous avons essayé cette méthode dans plusieurs cas de psoriasis intense, en suivant les indications données par Haslund Voici comment procède ce savant dermatologiste.

B donne d’emblée une dose quotidienne de 3 à 4 grammes d’iodure de potassium en solution aqueuse, puis augmente tous les deux ou trois jours la dose de 2 grammes jusqu’à 20, 30, 40 et SO grammes. Le malade doit absorber après chaque prise un grand verre d’eau, afin que le médicament, bien dilué dans l’estomac, ne produise pas de lésions. La dose utile est de 30 à SO grammes. La durée moyenne de la cure est de cinq à six semaines, mais dans quelques cas il est bon de continuer la médication, si elle est bien supportée, quelque temps encore au delà de la guérison. Haslund avait soigné déjà en 1887 cinquante malades psoriasi-

1. Sur le traitement du psoriasis par l’iodure de potassium à hautes doses, par A. Haslund, de Copenhague; in Vierteljahr. f. Derm. und Syph., t887, no 3 ; Analyse Iranç., par Audry (Annales de Dermatologie et de Syph., 1888, p. 401-411).

2. Action de l’iodure de potassium à très hautes doses sur l’organisme, par P. de Molènes, in Archives générales de médecine, juin 1889.

1" Liqueur de Fowlér.

Eau distillée...

Glycérine neutre pure.

2“ Arséniate de soude.

Eau distillée...

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ques, hommes et femmes, âgés de six à cinquante-neuf ans, et obtenu quarante guérisons complètes et quatre améliorations. Un de ses malades a pris 1,320 grammes, un autre 2,246 grammes d’iodure de potassium. J’ài prescrit le même traitement à quatre malades atteints de psoriasis très étendus et rebelles à tout traitement ; l’un a pi'is 1,117 grammes, l’autre 1,731 grammes, le troisième 1,820 grammes, et le quatrième 1,030 grammes. Sur ces quatre malades, deux dont l’observation remonte à trois ans, n’ont pas eu jusqu’ici de récidive.

Un autre a eu dix-huit mois après une poussée très légère, le quatrième a eu depuis une énorme poussée, qui actuellement est en pleine évolution et rebelle à tout traitement.

On le voit, ces résultats ne sont pas aussi satisfaisants que ceux donnés par Haslund. Il y a toutefois lieu de continuer l’expérience ; si les doses susindiquées semblent trop élevées, on s’arrêtera à 10 ou 12 grammes qui suffisent parfois, particulièrement dans les formes arthropathiques ; mais nous devons dire qu un grand nombre de sujets présentent une intolérance plus ou moins grande à l’iodure de potassium, qui peut même se traduire par des accidents graves, alors môme que la dose d’iodure prescrite est très peu élevée ; on peut lutter contre cette intolérance en prescrivant en même temps que l’iodure des alcalins, de la belladone (Aubert), du sulfate d’aniline (Eruch) et surtout de la liqueur de Fowler, cinq à quinze gouttes par jour, que le malade prendra avec l’iodure, dans l’eau, ou mieux, la bière et le lait, qui masquent mieux le goût désagréable de l’iodure.

On devra toujours, chez les sujets soumis au traitement par l’iodure de potassium, examiner fréquemment rurine, afin de bien se rendre compte de l’état des reins.

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30 Régime. — Les sujets atteints de psoriasis doivent s’abstenir, ou tout au moins user très modérément de tous les aliments susceptibles de provoquer une excitation réflexe ou directe de la peau, tels que les poissons salés, les coquillages, la viande de porc, les condiments épicés, l’alcool, le café, le tabac en excès, etc. Ils doivent également éviter les excès de tout ordre, les émotions, les veilles, le surmenage, etc.; en outre, les sujets arthritiques, goutteux, lymphatiques, etc., suivront un traitement général approprié à leur constitution ; les psoriasiques nerveux, dont le nombre est très grand, bénéficieront particulièrement de la médication sédative du système nerveux (médication bromurée, valérianique, hydrothérapie; il y aurait une tentative intéressante à faire avec l’injection des liquides organiques, suivant la méthode de Brown-Sequard, qui semble donner de bons résultats dans la thérapeutique des maladies nerveuses).

B. Traitement externe. — Les substances médicamenteuses appliquées au traitement externe du psoriasis sont extrêmement nombreuses. Malheureusement, avons-nous dit, si, prescrites avec discernement et persévérance, elles peuvent enrayer les poussées et les faire disparaître, elles ne préviennent pas les récidives ; il faut savoir en outre que tel topique agira bien dans certains cas, qui sera inutile et même dangereux dans certains autres ; aussi, chaque fois qu’on prescrira un médicament actif, faudra-t-il tâter la susceptibilité du sujet, sous peine de voir survenir des accidents parfois très sérieux.

Mais avant d’employer un remède quelconque il faut avant tout enlever les squames, décaper en un mot les placards psoriasiques. Pour arriver à ce résultat, on

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prescrit des bains prolongés simples, savonneux, alcalins ou amidonnés, et on recommande au malade de se bien frictionner les régions malades, de façon à en détacher les amas épidermiques. Au sortir du bain, on appliquera le médicament dont on aura fait choix. Ces bains devront en outre être renouvelés tous les deux ou trois jours dans le cours du traitement.

Cependant certains auteurs ont recommandé les bains comme seul traitement du psoriasis, bains dits prolongés et bains d’eaux minérales, particulièrement dans les cas de psoriasis étendus, irrités, compliqués, etc. Le bain prolongé a été préconisé par Devergie et surtout par Hébra. Voici comment, d’après E. Besnier, il convient de faire prendre ces bains ; « Le malade est mis au bain tous les jours ou tous les deux jours à six heures du matin ; aussitôt entré dans l’eau, il prend son premier déjeuner; la température de l’eau est celle qui lui est agréable, le moins élevée possible ; elle est mesurée au thermomètre et maintenue sans variation jusqu’à l’issue du hain; la baignoire est recouverte d’une planche couvercle et d’une couverture de laine. L’eau est simple, savonneuse, amidonnée, alcalinisée avec 40 à 80 grammes de borate de soude, ou bien additionnée de coaltar saponiné ou de goudron, etc., suivant les cas, les périodes, les degrés, etc. Au sortir du bain , c’est-à-dire après trois à quatre heures, le malade, enveloppé dans la flanelle, est reporté dans son lit, où il séjourne une heure ; à dix heures du matin, il peut reprendre ses occupations.

Dans les cas plus graves la durée du bain est portée à six heures, et alors un second repas est donné dans le bain quatre heures après le premier ; il convient de bien surveiller l’état général du patient, d’éviter avec grand

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soin tout refroidissement, et de s’assurer que le poids du malade ne diminue pas. notablement. Chez les malades dont la peau est sèche à la suite du bain, et dont l’épiderme lisse se fendille aisément, une friction générale d’axonge fraîche, de vaseline, réussit parfaitement. »

La durée de ces bains peut, dans certains cas, atteindre huit et même dix heures.

Si le malade ne peut les supporter, on peut les remplacer par d’autres moyens, moins bons à notre avis, tels que Venveloppement avec des toiles de caoutchouc, aussi fines que possible (bonnet de caoutchouc très pratique dans le psoriasis du cuir chevelu) ou rmma«Ylotement général ou partiel dans des tarlatanes imprégnées d’eau de son tiède glycérinée à 25 0/00, additionnée d’acide borique, soigneusement étanchées, puis recouvertes d’un surtout de toile imperméable quelconque , pourvu qu’elle soit fine, souple et solide (E. Besnier), la méthode de Priessnitz, enfin l’hydrothérapie.

Les bains d’eaux minérales rendent de bons services, à la condition qu’ils soient prolongés et que la saison soit suffisamment longue. Ils modifient la constitution du sujet et ont une action locale qui se manifeste parfois assez rapidement. Les stations le plus recommandées sont : Loësche, dont les bains de piscine sont excellents, la Bourboule, Néris, Schinznach,Luchon,Barèges, Cauterets, etc.

Quand les placards de psoriasis sont débarrassés des squames qui les recouvrent, et si les bains n’ont pas été suffisants, on aura recours aux emplâtres, aux acides, ou enfin au raclage ; on applique les substances médicamenteuses sous forme depommades, d’emplâtres.

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de collodions, de traumaticines, de solutions, etc. Il convient, quand on a prescrit un emplâtre ou un collodion, de les appliquer au sortir d'un bain, et de ne renouveler les pansements que tous les deux jours. Quand on emploie une huile ou une pomma,de, il est préférable de les faire appliquer le soir, en recommandant au malade de porter la nuit une longue chemise de flanelle, qu’il ne changera qu’au bout de plusieurs jours, quand elle sera par trop imprégnée par le corps gras mélangé aux squames épidermiques. Il couchera longtemps dans les mêmes draps.

Les agents médicamenteux les plus employés sont l’huile de cade et le goudron, l’acide pyrogallique, l’acide chrysophanique, l’anthrarobine, le naphtol, le mercure, et une foule d’autres que nous ne ferons que signaler.

Mais il faut bien savoir que, quand le psoriasis est irrité, enflammé, on doit éviter toute application irritante et prescrire, tant que l’irritation persiste, des bains et des applications de vaseline, d’axonge fraîche, de liniment oléo-calcâire, de glycéroléd’amidon, d’huile d’amandes douces, suivies de saupoudrage avec de la poudre d’amidon ou d’oxyde de zinc.

I» Huile de cade. Goudron. — Ces deux agents sont encore, à l’heure actuelle, les meilleurs de tous ceux employés dans le traitement du psoriasis; on peut ajouter également l’huile de' hêtre, l’huile de fragon, l’huile de bouleau blanc. Ils sont, en effet, très bien supportés, même quand le tégument est légèrement irrité, et ne réclament pas une surveillance active ; malheureusement, leur odeur très désagréable, leur coloration foncée, la lenteur de leur action, enfin la production de Vacné, dite de goudron, obligent le méde-

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cin à avoir recours souvent à d’autres médicaments, peut-être moins sûrs, mais qui ne présentent pas tous ces inconvénients.

En France, et particulièrement à l’hèpital Saint- Louis, on emploie de préférence l’buile de cade, et elle peut s’employer pure ou associée à l’axonge, au glycérolé d’amidon, à la vaseline, à la lanoline, etc.; on peut également l’employer en emplâtre (Voir Épithème et Huile de cade).

Les régions atteintes de psoriasis ayant été décapées par les bains, ou l’enveloppement de caoutchouc, ou des savonnages énergiques, on applique tous les soirs (deux fois par jour à l’hôpital) la préparation choisie que le patient garde toute la nuit en suivant les indications données plus haut.

Voici quelques formules. La dose d’huile de cade prescrite variera selon l’étendue, l’intensité, l’âge du psoriasis et la tolérance du sujet.

Glycérolé cadique faible, de Vidal ; ‘

10 grammes.

q.s.pour émulsionner.

90 grammes, q. s.

50 grammes.

Huile de cade vraie.

Extrait fluide de Panama ou

savon noir.

Glycérolé d’amidon à la glycérine neutre.

Essence de girofle!.!.!!!!!!!!!

Ou essence de menthe.

Glycérolé cadique fort; de Vidal ;

Huile de cade vraie.....

Extrait fluide de panama ou

savon noir.‘

Glycérolé d’amidon à la glycérine neutre... ..

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FORMULE DE BROGQ

Haileide cade vraie..

... 100 grammes.

Savon noir......

q.s.pour émulsionner.

Glycérine...

84 grammes.

Amidon..

Acide salicylique..

Essence de girofle...

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