‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 26 sur 47 · FORMULE DE HE · texte numérisé non relu

FORMULE DE HE

Soufre sublimé...

la grammes.

Huile de cade...

Axonge..

Craie préparée..

Axonge..

20 grammes.

Lanoline., .

Carbonate de soude..

Huile de cade.

.. } âà 4 grammes.

Goudron..

Essence de menthe.

KAPOSI

Huile de bouleau..

50 grammes.

jither sulfurique....

Esprit-de-vin rectifié...

j ââ 25 —

Huile de lavande.

Pommade de Wilkinson, modifiée par Héhra:

Soufre citrin...

Huile de hêtre...

Savon vert..

1 ââ 50 grammes.

1 ââ 10 —

Axonge...

Craie blanche pulvérisée...

Hardy emploie le savon mou et l’huile de cade ; le soir, on fait une friction avec l’huile de cade pure ou coupée, et le matin avec le savon mou.

Lailler employait un mélange à parties égales d’huile

;ORIASIS

de cade et de savon noir, mais ce mélange est souvent irritant.

Tout le temps que le traitement à Thuile de cade ou au goudron sera suivi, le malade prendra tous les deux ou trois jours un grand bain amidonné si la peau est un peu irritée, alcalin dans le cas contraire. La durée moyenne d’un traitement à l’huile de cade, à Thôpital, est de cinq à huit semaines. On a dit, mais cela demanderait à être prouvé, que ce traitement éloignait bien plus les récidives que les autres méthodes; il faut savoir qu’après lui il persiste souvent une coloration jaunâtre assez tenace des placards atteints.

Acide pyrogallique (pyrogallol), bioxyde de phénol. — A été préconisé par Jarish et est aujourd’hui très employé. Ses avantages sont d’agir rapidement et d’être inodore; ses inconvénients, d’être noir, de colorer les cheveux, de tacher le linge et de rendre la peau sèche et cassante.

Il doit être employé dans le psoriasis vulgaire, typique, peu étendu. Quand on l’applique, en effet, sur de vastes surfaces ou dans des cas de psoriasis diffus scarlatiniforme, il peut survenir des accidents extrêmement graves ; aussi doit-on surveiller avec le plus grand soin l’urine du malade et cesser l’application du médicament dès que celle-ci devient vert olive ou noirâtre.

L’acide pyrogallique s’emploie en pommade, en traumaticine, en collodion ou en épithème, à la dose de 5 à 15 0/0. Les pommades ont pour excipient l’axonge, la vaseline, la lanoline ou la bassorine. (Voir ce mot.)

JARISH

Pommade avec :

Acide pyrogallique. S à 10 grammes.

Vaseline. 100 —

PSOBIASIS

BnocQ

Acide pyrogallique. S à lO grammes.

Acide salieylique.. là 3

Vaseline....

Afin de limiter l’action aux parties malades et de rendre l’adhésion certaine, on aura recours à la traumaticine (voir ce mot), qui recouvrira le placard de psoriasis sur lequel on aura appliqué l’acide pyrogallique suivant la méthode de Pick, Unna, Auspitz, modifiée par Besnier.

Appliquer sur les placards psoriasiques décapés la solution suivante avec un pinceau ;

Acide pyrogallique. 5 à dS grammes.

Éther sulfurique. 8S à 98

Laisser sécher, puis mettre la traumaticine.

On peut encore incorporer l’acide pyrogallique à un collodion.

Acide pyrogallique.

Collodion élastique ..

Ou bien :

Acide pyrogallique.

Gutta-percha..

Chloroforme..

Ou encore :

BROCQ

Fulmicoton.

Acétone.

Éther alcoolisé.

Huile de ricin.■

Acide pyrogallique..

Ces collodions médicamenteux, ces pellicules adhésivefe se détachent, s’effritent au bout d’un certain

10 grammes.

40 grammes.

6 grammes.

PSORIASIS

temps ; on les répare en appliquant une couche nouvelle. On peut encore les détacher complètement dans un bain, au sortir duquel on fait un nonveau pansement complet. Cette méthode présente de nombreux avantages, dont le plus grand est de permettre un contact constant et permanent du médicament avec la surface atteinte seule; les emplâtres, les épithèmes ôï'eB préparés (épithème à l’acide pyrogallique à S, 10 ou 15 0/0) olfrent les mêmes avantages, sont beaucoup plus faciles à enlever et à appliquer ; ils peuvent n’être renouvelés que tous les deux ou trois jours. Nous préférons généralement leur emploi à celui des collodions, traumaticines et pellicules adhésives.

Acide chrysophanique. — Chrysarobine. (Voir ce mot.) — Produit extrait de la poudre de Goa et appliqué au traitement du psoriasis par Balmanno Squire. Il est très employé en Allemagne ; il présente comme avantage d’agir rapidement sur les éléments psoriasiques, de les blanchir vite, d’être inodore et indolore, de ne pas trop sécher la peau, mais il colore en violet brun le linge, les cheveux, les poils, les ongles et les téguments sains ; il est d’un maniement difficile et peut déterminer des accidents tels que de l’érythème, de l’acné, des furoncles, de l’œdème, de la conjonctivite, de la balanite et même des dermatites phlegmoneuses graves et profondes. Aussi convient-il toujours d’en surveiller sévèrement l’emploi. Il se prescrit aux mêmes doses que l’acide pyrogallique, en pommades, traumaticines, collodions, épithèmes, etc.

Pommade avec :

Chrysarobine Vaseline.

10 grammes.

;tasis

Pommade avec ;

Chrysarobiae. ....... SàiS grammes.

Axonge fraîche............. 20 —

Lanoline.....

Acide salicylique... 2à 3 —

Anthrarobine. — Préconisée par Behrend ; elle s’emploie comme la chrysarobine, est un peu moins active et moins irritante.

BROCQ

Pommade avec ;

Anthrarobine.... 10 à 20 grammes.

Huile d’olive....• 30 à 40 —

Lanoline. .. 30 à 60 —

Solution avec :

Anthrarobine .... 20 grammes.

Borax..!.•. • • “20 à 30 gr.

Glycérine.. | 90 grammes.

Alcool à 90». )

Naphtol. — Il est très employé à Vienne dans leser^ vice du P’’ Kaposi. Très maniable, peu odorant, ne détruisant pas le linge, il constitue un très bon agent de traitement dans les psoriasis jeunes, superficiels, quelle que soit leur étendue. Il calme rapidement les démangeaisons, mais il faut savoir que son action est plus lente que celle des médicaments susindiqués ; aussi peut-on continuer longtemps la médication au naphtol.

On le prescrit à la dose de 5, 10 à IS 0/0, en pommade surtout, en épithèmes, en solution alcoolique (I à 4 0/0) et en savon (2 à 6 0/0).

Pommade au naphtol :

Naphtol P . •.... 5 à 15 grammes.

Acide salicylique.... là 2 —

Axonge fraîche.. I aâ 30 grammes.

F. S. A. Une pommade bien souple.

PSOBIA!

Mercuriaux. — Ils sont assez souvent prescrits dans le psoriasis, mais il faut éviter de les employer dans les psoriasis étendus, dans la crainte de Fintoxication mercurielle et des éruptions hydrargyriques.parfois fort graves.

Le calomel, le précipité blanc, le précipité rouge, le sulfocyanure de mercure au cinquantième et au vingtcinquième (Lailler), le turbith (I à I p. 30), le nitrate acide (Kaposi), l’onguent mercuriel (Mapother), l’emplâtre de Vigo (excellent dans le psoriasis des ongles), etc., etc., ont été employés.

Pommade avec :

Précipité blanc.. 2à S grammes.

Axonge benzoïnée. 40 à SO —

Pommade avec ;

Précipité blanc.___ !

Précipité rouge.. j aa t a 2 grammes.

Vaseline... 30

Pour le cuir chevelu, nous conseillons la pommade suivante :

Calomel à la vapeur. . 28r,S0.

Axonge benzoïnée. 50 grammes

Autres topiques employés dans le psoriasis. — Ils sont très nombreux, mais ont une action curative très irrégulière. Nous signalerons particulièrement l’acide salicylique (2 à 40/0), l’oxyde de zinc (q. s.), le sous-nitrate de bismuth, l’acide phénique (2 à 3 0/0 en pommade), l’acide thymique, le soufre, le sulfate de zinc (Barduzzi),

1 ichthyol, le thyol, le salol, Yaristol (Weissblum, Schihren), le dermatol (à la dose de S à 10 ou 13 0/0), le

PSOBIASIS

tuménol, l’hydroxylamine muriatique (même action, mêmes inconvénients que lachrysarobine, mais encore plus toxique), l’hydracétine (10 0/0 en pommade), la créoline, l’essence de térébenthine (Vidal), la naphtaline (1 gramme pour 30 grammes d’axonge), la benzine, le pétrole (?), le gallactophenon (10 0/0 en pommade) (Rekowski).

Voici quelques formules :

DODTRELEPONT

Hydroxylamine muriatique.. Og'', 20 à OS^SO.

Alcool. tOO grammes.

Chaux carbonatée.. q. s.

Pour badigeonnages.

SCHIRRBN

Pâte avec :

Lanoline..

Vaseline..

Aristol..

Oxyde de zinc.

Amidon.

F. S. A. Une pâte b

Vernis à l’ichthyol d’Unna:

Ichlbyol..•

Amidon.

Solntion d’albumine.

Eau.

On commence par humecter l’amidon avec de l’eau ; on triture Tichthyol avec ces substances ; enfin on ajoute la solution d’albumine. Ce vernis peut, en outre, servir de véhicule pour les autres agents médicamenteux du psoriasis, la chrysarobine (2 à 5 0/0) particulièrement ; il s’applique très exactement sur les places malades seules.

40 parties.

20 parties environ.

PSOROSPEEMOi

Psorospermoses. — D’après certains auteurs (Dabier, Malassez, Thibault, L. Wickham, Bolunger, Neisser, Retzius, etc., etc.), il existe chez Thomme un groupe de maladies cutanées qui méritent le nom de psorospermoses qui sont dues à la présence dans Tépiderme de parasites de Tordre des sporozoaires, groupe des psorospermies oucoccidies (Balbiani). — Ce groupe renfermerait les maladies suivantes ;

1“ La maladie du mamelon ou de Paget (voir ce mot) ;

2° La psorospermose folliculaire végétante de J. Darier (voir plus bas);

3° Le molluscum contagiosum (voir ce mot) ;

4» Certains épithéliomes superficiels.

Mais la théorie parasitaire des psorospermoses est une hypothèse qui n’est pas confirmée par tous les histo-bactériologistes. Pour Boeck de Christiania, Tôrôk, Janovsky, etc., lescoccidies seraient des cellules épidermiques hypertrophiées et kératinisées renfermant des grains d’éléidine. La question est donc encore à l’étude. Toutefois, nous déci’irons la psorospermose folliculaire végétante de Darier, dont lanaturepeutêtre discutée, mais dont la symptomatologie est aujourd’hui bien connue, grâce aux travaux de l’École française et particulièrement de Darier et Thibault.

Psorospermose folliculaire végétante de Darier. — Sous ce nom, Darier et Thibault ‘ ont décrit une affection rare de la peau qui autrefois était confondue avec les acnés cornées, sébacées, les séborrhées généralisées, les kératoses folliculaires. Elle est désignée par

Thibault, Observations cliniques pour servir à l’histoire de la psorospermose folliculaire végétante de Darier. ( Thèse de

PSOEOSPEBMOSBS

le Df E. Besnier sous le terme à’Angio-folliculite cornée psorospermique, irritative, séborrhéique, proliférante, végétante.

Elle s'étend à la plus grande partie de la surface cutanée, mais il y a des points d’élection où les lésions atteignent leur maximum de développement ou du moins de confluence : ce sont le cuir chevelu, la face, la région présternale, les flancs et surtout les régions inguinales, et en général tous les plis.

Au début, la lésion élémentaire est constituée par un petit élément papuleux arrondi ou conique, grisâtre, jaunâtre, surmonté d’une, petite masse simulant une croûte noirâtre, dure, rugueuse, râpeuse, extrêmement adhérente, « constituant une véritable petite corne enchâssée par son extrémité conique dans un petit entonnoir à bords un peu saillants, correspondant manifestement à l’orifice dilaté d’un follicule pilosébacé; aux foyers de confluence, la peau présente une croûte brunâtre ou terreuse plus ou moins grasse au toucher avec une série de saillies, irrégulières très serrées donnant à la main la sensation d’une râpe; si on gratte cette couche épaisse et adhérente, la peau est inégale, rugueuse et criblée de petits orifices en écumoir. Suivant les régions plus ou moins riches en follicules pilo-sébacés, l’apparence des lésions varie notablement, l’affection pouvant simuler la séborrhée sèche, le molluscum contagiosum, l’acné cornée, l’acné hypertrophique, etc. Dans une deuxième période, les éléments se développent notablement et se transforment en végétations rougeâtres, irrégulières, molles, suintantes; le sommet des éléments présente une dépression cratériforme circonscrite par un bord annulaire épais, parfois exulcéré. A la pression on fait sourdre de cette

PSOROSPERMOSES

dépression de la matière sébacée pure ou mêlée de pus : quand ces lésions siègent dans les plis, elles sont particulièrement volumineuses, humides, suintantes, sanieuses, fétides, formant des masses mamelonnées, rougeâtres, sordides, douloureuses, caractéristiques; quelquefois cependant, au cuir chevelu particulièrement, les lésions restent sèches, cornées, ne suintent pas. Aux mains et aux pieds, les lésions sont constituées surtout par des plaques hyperkératosiques avec sillons plus ou moins profonds, et par des lésions très marquées des ongles. »

Cette affection a une marche continue et progressive et une durée très longue sans aucune tendance naturelle à la guérison.

. D’après J. Darier et Thibault, elle serait bien réellement parasitaire. Mais les causes et les sources de la contagion sont inconnues. Les coccidies elles-mêmes de la psorospermose folliculaire sont mises en doute par plusieurs bactériologistes.

Le TRAITEMENT cst des plus ingrats. Alors même que les lésions ne sont pas encore très développées, il est extrêmement difficile pour ne pas dire impossible d’en arrêter l’évolution, Les agents parasiticidesqui sembleraient devoir être particulièrement actifs n’agissent pour ainsi dire pas, et sont souvent dangereux en raison de la grande absorption qui se produit au niveau des surfaces malades.

Quand les premiers éléments apparaissent, il faut tenter de les détruire à l’aide de la curette, ou de la cautérisation avec l’électro-cautère, puis faire un pansement avec les épithèmes caoutchoutés au dermatol ou à l’acide salicylique, ou à l’huile de cade ou au salol et au sous-nitrate de bismuth, ou à l’huile de foie de morue, ou à l’ichthyol, ou à l’acide phénique, etc.

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