‹ Traitement des affections de la peau. Tome IIChapitre 36 sur 47 · A. I. HARRISON · texte numérisé non relu

A. I. HARRISON

Potasse caustique..

Acide pbéniquo.

Lanoline. )

Huile de noix de coco. j

0gr,58.

Ig^SS.

ââ IS grammes.

On a encore conseillé de remplacer les lotions et les pommades par des traumaticines et divers coUodions médicamenteux; ils ont en effet l’avantage de rester bien appliqués sur la tête de l’enfant, mais leur arrachement est généralement douloureux; les emplâtres

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présentent les mêmes avantages que les collodions et n’en ont pas les inconvénients. On peut leur incorporer tous les médicaments susindiqués. (Voir Emplâtres, Collodions.)

Enfin, nous signalerons trois modes de traitement d’un emploi fort difficile et donnant des résultats douteux : 1° l’électrolyse; 2» les injections intra-dermiques d’une solution aqueuse ou alcoolique de sublimé acide (sublimé et acide tartrique de chaque, 0 k>',01 pour 30 grammes d’eau) (Du Castel et Audrain); 3» les vapeurs médicamenteuses (acide acétique (Véruiski), acide sulfureux. (Voir Favus, etc.)

En résumé, ainsi que nous l’avons dit, ces très nombreux agents dits parasiticides, ne détruisent pas le parasite; ils modifient le terrain, provoquent une desquamation épidermique qui favorise l’élimination du trichophyton, mais sont insuffisants pour guérir la teigne tondante. Aussi, à notre avis, doivent-ils être associés aux moyens mécaniques (épilation ou raclage).

B. Trichophytie de la barbe et des régions pilaires. Sycosis parasitaire de Bazin. — Le trichophyton peut envahir la barbe, le puhis, faisselle de l’homme adulte; le fait, nié autrefois, est aujourd’hui hors de toute contestation (Bazin). Le terme de sycosis est impropre et est une cause fréquente d’erreur de diagnostic, car le sycosis est une folliculite pilaire, qu’elle soit ou non parasitaire (voir Folliculites); or, la trichophytie de la harhe est, dans la grande majorité des cas, non irritative, non sycosique au début; elle ne le devient que dans une période plus avancée de la maladie, et encore n’est-ce pas inévitable ; le sycosis parasitaire primitif est une exception, son existence est même niée par certains auteurs (E. Besnier), avec raison, selon nous.

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La trichophytie des régions pilaires débute généralement par une démangeaison légère, suivie de l’apparition d’une plaque rouge, irrégulière, ou le plus souvent arrondie, ou enfin par une plaque typique à’herpès circiné plus loin trichophytie des régions glabres) ; quelquefois l’affection se caractérise au début par du pityriasis alba, c’est-à-dire une desquamation blanche, fine, par plaques, ou occupant une région étendue de la barbe; parfois, enfin, la peau est grisâtre, grenue, comme dans la teigne tondante. Les poils peuvent être envahis ensuite par le parasite au bout d’un temps généralement assez long; ils présentent alors les caractères que nous avons indiqués en étudiant la trichophytie du cuir chevelu (poils secs, cassants, gros, avec ou sans gaines trichophytiques péripilaires). Dans quelques cas cependant, l’affection débute par les poils, qui sont altérés sans qu’il y ait d’érythème circiné.

Ces différentes lésions peuvent d’ailleurs exister isolées, ou le plus souvent réunies sur le même sujet; parfois, autour d’une plaque d’érythème circiné typique sur laquelle les poils sont sains ou envahis, il existe un certain nombre de poils malades isolés, que l’examen microscopique montre infiltrés de parasites. A une période plus avancée de la maladie apparaissent les lésions sycosiques proprement dites, c’est-à-dire les folliculites pilaires (kérion), en plaques ou isolées, supercielles ou profondes, phlegmoneuses (sycosis phlegmoneux), tuberculeuses (sycosis tuberculeux), etc. La peau des plaques atteintes est rouge, tuméfiée, bourgeonnante; elle est le siège d’abcès multiples, de grosses pustules, de croûtes épaisses, de noyaux indurés, de petits cratères suppurants. Mais ces lésions, avons-nous dit, sont loin d’être inévitables, surtout aujourd’hui que

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rafîection est mieux connue, et traitée dès le début. Quoi qu’il en soit, la marche de cette affection est très lente, dure des mois et même des années; elle peut, dans quelques cas rares, disparaître spontanément; néanmoins il importe de la traiter avec le plus grand soin, car, si on la laisse évoluer jusqu’à la période irritative, si le sycosis est constitué, il laisse très souvent après lui des cicatrices rouges, bridées, fort laides, avec des plaques d’alopécie définitive!

La trichophytie des régions pilaires occupe de préférence les branches montantes du maxillaire inférieur, les joues et le menton, mais très rarement la mousUche (voir Eczéma de la lèvre supérieure), quelquefois, avonsnous dit, le pubis et les aisselles. :

Le diagnostic, pour un médecin exercé, est généralement facile; en cas d’hésitation, l’examen microscopique, qui présente parfois d’assez grandes difficultés, lèvera tous les doutes.

L’étiologie est la même que celle de la teigne tondante. On n’observe cette affection que chez les adultes; la contamination par le rasoir, la tondeuse et le peigne en est la cause la plus fréquente ; elle peut également se transmettre par les animaux, et particulièrement par le cheval (épidémies dans les régiments de cavalerie). Cependant, ainsi que dans toutes les affections parasitaires, l’influence du terrain se fait souvent sentir. Les sujets atteints de trichophytie de la barbe présentent souvent des manifestations de l’arthritisme, et surtout des troubles gastro-intestisnaux.

Traitement. — Les développements que nous avons donnés au traitement de la trichophytie du cuir chevelu nous permettent d’être bref. Les divers agents médicamenteux, les méthodes variées que nous avons signalés

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sont en effet employés également dans le traitement de la trichophytie des régions pilaires.

Au début, quand il n’existe que des anneaux rouges, il faut bien se garder de raser la barbe, mais la couper avec des ciseaux fins, savonner régulièrement soir et matin et faire sur les plaques atteintes des applications actives de teinture d’iode ou du mélange suivant : acide lactique, 20 grammes ; teinture d’iode, 5 grammes, jusqu’à desquamation épidermique complète. La guérison survient alors assez rapidement.

Blais le plus souvent, après, avoir coupé les poils, on constate qu’il existe en outre des cercles rouges, des poils plus ou moins nombreux infiltrés de parasites, isolés, ou formant des groupes plus ou moins étendus, il faut alors s’efforcer d’enlever, si c’est possible, ces poils atteints, et surtout les isoler en pratiquant une épilation périphérique, en créant une zone de protection et de surveillance comme pour la teigne tondante ; puis on applique aux plaques ainsi nettement isolées le traitement que nous avons indiqué pour les plaques de teigne tondante (voir ci-dessus) en ayant soin cependant de prescrire des doses actives un peu moins fortes, la peau de la face étant beaucoup plus irritable que celle du cuir chevelu.

Enfin, quand le sycosis vrai est développé, quand il existe des folliculites abondantes, le traitement est beaucoup plus compliqué : il faut d’abord enlever les croûtes et les squames, calmer la dermite, qui est généralement intense, par les moyens antiseptiques appropriés (pulvérisations d’eau phéniquée à 5 ou 10 0/00, ou sublimé 0,25 à 2 0/00, renouvelées trois à quatre fois en vingt-quatre heures et prolongées pendant quinze à vingt minutes, suivies de lavages avec l’alcool boriqué

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OU salolé (E. Besnieh), puis d’un pansement avec de la vaseline boriquée ou renfermant 2 grammes de calomel pour 40 grammes). On peut également, quand l’irritation est très vive, pratiquer l’enveloppement avec des compresses de /mfboriqué imbibées d’eau stérilisée et recouvertes de taffetas imperméable, d’une couche de coton purifié et d une bande faisant un pansement hermétique (E. Besnier). Il est, dans ces cas, absolument inutile d’épiler; lespoils malades en effet se détachent spontanément. Il faut aussi proserire les cataplasmes, qui souvent ne servent qu’à favoriser la germination du parasite, ainsi que les scarifications préconisées par quelques auteurs.

Quand la dermite est calmée, ce qui survient généralement au bout de quelques jours, on a recours aux nombreuses préparations parasiticides ; en raison de la ténacité de la maladie, il ne faut pas craindre, s’il y a tolérance, d’employer des doses actives (préparations mercurielles, turbith, résorcine, acide salicylique, soufre, etc., etc.); il convient de faire des pansements fréquents, des lavages, des pulvérisations; comme topiques, les emplâtres rendent de très bons services, et particulièrement les emplâtres de Vigo, l’emplâtre rouge de Vidal, l’emplâtre à la résorcine et à l’acide salicylique, l’emplâtre à l’acide pyrogallique, à fichthyol, à 1 acide phonique (Unna), etc. Les doses sont proportionnées à la tolérance du sujet et à l’intensité des lésions. Quand le malade semble guéri, il faut lui conseiller de faire pendant quelque temps des lavages aseptiques, d’appliquer des pommades à l’oxyde de zinc et à l’acide borique, le soir, car les récidives sont fréquentes, en raison de la grande vitalité du parasite.

B' Trichophytie des cils. — Cxailleton {Gazette hebdo-

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madaire, 21 juin 1889) a observé un homme de 37 ans, atteint de trichophytie cutanée et de la barbe étendue, dont la portion externe du bord libre des paupières de l’œil gauche était presque complètement dépourvue de cils; beaucoup d’entre eux étaient cassés et infdtrés de trichophyton, des altérations semblables existaient au niveau des sourcils; le cuir chevelu était indenane.

Traitement. — Épilation (?) et application d’une pommade mercurielle (calomel, 1 gramme; axonge ou vaseline, 20 grammes).

C. Trichophytie cutanée ou Tr. des parties glabres. Herpès circiné (Bateman) parasitaire. — La trichophytie des parties glabres, bien mieux connue grâce aux travaux récents et qui se présente sous des aspects extrêmement variés suivant la forme, l’étendue, le siège, l’origine des lésions, Tàge et le pays du sujet, comprend un très grand nombre d’affections, autrefois désignées sous des noms différents qui ne constituent en réalité que des variétés de la trichophytie.

Nous ne pouvons ici les décrire toutes et nous renvoyons pour plus de détails au remarquable appendice des traducteurs des leçons de Kaposi, 1892,-tome II, page 801 ; nous ne ferons que résumer les variétés les plus communes.

1» Trichophytie accessoire des teigneux, fréquente chez les jeunes sujets atteints de teigne tondante, caractérisée par des cercles réguliers ou incomplets, rouges, squameux légèrement prurigineux, parfois excoriés par le grattage, ayant la dimension d’une pièce de 20 centimes, 1, 2, 5 francs, à évolution excentrique; le centre devient jaunâtre, plissé, desquame légèrement, le bord est un peu surélevé, rougé, plus

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net en dehors qu'en dedans, et constitué par des"petites élevures très fines; ces plaques trichophytiques évoluent rapidement, occupent de préférence le cou, la nuque, les épaules, la face, les membres supérieurs, les mains surtout, sont dues à une auto-inoculation et guérissent très facilement par le traitement indiqué plus loin.

1° Trichophytie multiforme. Herpès circiné. Trichaphytie circinée commune, érythémateuse, squameuse, vésiculeuse, phlycténoïde, eczématoïde, dysidrosiforme, lichénoïde, pustuleuse, etc.

C'est la forme commune qui s'observe chez l’adulte, présente les mêmes caractères que la forme précédente, mais prend souvent une extension beaucoup plus grande, parfois même considérable, constituant des anneaux complets, quelquefois des cercles concentriques ou des bandelettes irrégulières, etc. Elle peut être très irritative, et, sur les bords, on peut observer des vésicules (herpès circiné), des papules, des pustules, des bulles, des phlyctènes. Son évolution est plus lente. Elle occupe surtout la face, le cou, les parties découvertes des membres supérieurs, les mains, les pieds (voir Diblalbddin Mouktar, Annales de Dermat. et de Syphiligr., 1892, page 880. Tricbophytie des régions palmaire et plantaire), les organes génitaux, etc. On l’observe également assez fréquemment dans les plis, où elle constitue ce que l’on a désigné sous le nom à’eczéma parasitaire marginé, et, mieux, Intertrigo parasitaire marginé (voir Intertrigo).

Cette forme est fréquente chez les jeunes gens, et plus particulièrement chez les jeunes bouchers, vachers, palefreniers; tous les animaux en effet (cheval, vache, veau, chien, chat, etc.) peuvent la communiquer à

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l’homme. Enfin, elle peut provenir de rattouchement. d’un enfant teigneux ou parfois de « cultures spontanées sur des linges ou des pièces de vêtements contaminées : dans ces derniers cas, la marche est aiguë, rapide (trichophytie érythémato-vésiculeuse circinée, éruptive, aiguë, disséminée, généralisée) (E. Besnier).

30 Trichophytie à anneaux cohérents, à cercles géants, festonnée, giroide, marginée, serpigineuse, exotique. — Trichophytie des régions tropicales (Indo-Chine, rare en Europe), modifiée et favorisée par les conditions atmosphériques, chaleur et humidité, hyperidrose et hyperséborrhée; marche subaiguë ou, le plus souvent, lente, permanente, chronique.

40 Herpès imbriqué. — Herpès tonsurant, desquamatif. — Teigne imbriquée de Manson (D’Amoy). — Tokélau ringicorm, Gune, Lafa, la Pela, Tinea imbricata, etc.

C’est une affection qu’on n’observe qu’au détroit de Malacca et dans les îles de l’archipel malais. On en trouvera la description dans le Traité pratique des maladies des pays chauds, par F. Roux, 1888 ; tome III, pages 248 et suivantes.

Elle est très contagieuse et présente avec la trichophytie cutanée exotique les plus grandes analogies, mais en diffère cliniquement en ce que les anneaux qui la constituent atteignent souvent une grandé étendue, se développent excentriquement et sont recouverts de squames adhérentes à la périphérie, de sorte que, si l’on passe le doigt de dehors en dedans de l’anneau, la peau semble lisse, tandis que, si l’on procède de dedans en dehors, les squames, généralement assez épaisses et développées, se redressent et font saillie, d’où le nom de teigne imbriquée. En outre, quand un anneau est constitué, un nouvel élément apparaît au centre, à évo-

tkichophytie

lution semblable, concentrique au premier, puis un troisième anneau également concentrique au second et ainsi de suite. L’afTection, qui peut envahir de très grandes surfaces du corps, n’atteint pas les cheveuxquant aux poils du corps, la question est controversée’ ainsi d ailleurs que celle de la nature delà teigne imbriquée A-t-elle un parasite West-il pas plus

serve? N est-elle pas due enfin à l’association de phitrichophyton

Maiison déclare que la trichophytie cutanée et la tei ne imbriquée sont absolument séparées. En effet

matonhvteri 'T der-

matophytes les reproduit toutes deux avec leurs formes

cliniques distinctes. Mais cela n’est pas concluant oir en effet l’article de Sabouraud cité plus haut sur la pluralité des espèces de tricophyton

e difficile a détruire, autant la tricophytie des parties glabres est facile à guérie par des moyens reMv'! ment très simples. Il suffit, en effet, de provoquer une desquama ion active de l’épiderme, qui enLîne le parasite; de tous les agents employés, la teinture d’iode est le plus efficace, le plus rapide; c’est donc à lui qu’il faud abord avoir recours. Il suffit généralement d’une de deire ou de trois applications de teinture d’iode à un jour d intervalle, faites avec un pinceau rude, afin que la teinture pénétré activementles couches épidermiques. Une irritation meme assez vive de la peau n’est pas une contre-indication de cette friction, car le plus sou vent, elle cède à une ou deux applications du médica-

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ment ; il faut que la friction déborde légèrement les plaques malades. On constate alors que la surface envahie par le tricophyton a une coloration beaucoup plus accentuée, bien plus foncée que les surfaces saines.

Au bout de très peü de jours, la guérison est complète. Cependant, certains malades, surtout quand l’affection occupe des parties découvertes, se refusent à l’emploi de l’iode en raison de sa coloration; on peut y remédier en appliquant la teinture d’iode le soir et en lotionnant le matin avec une solution concentrée d’iodure de potassium qui dissout l’iode et fait disparaître les taches qu’elle produit.

D’autres agents médicamenteux ont été conseillés, mais n’ont pas, à notre avis, une action aussi efficace. Les meilleurs sont les suivants :

Lotions mercurielles (bichlorure d’hydrargyre, 1 pour 250 à 300). — Pommades mercurielles ; Onguent citrin ’ pur ou coupé de 2 ou 3 parties d'axonge (Hardy). — Emplâtres, et épithèmes mercuriels, chrysophaniques 10 0/0, pyrogalliques 10 .0/0, au naphtol, à l’acide phénique, les oléates, les collodions médicamenteux, etc. (voir Trichophyliu du cuir chevelu).

Kaposi recommande les médicaments suivants :

Iode pur.. — ..' )

Hydriodate de potasse.. i

Glycérine...

ââ 5 grammes.

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