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« La gélatine a deux origines: 1° les rognures de peau, — 2° les os.
« Les os sont traités pendant plusieurs jours par l'acide chlorhydrique étendu qui dissout la matière inorganique, carbonates et phosphates, et laisse intacte l'osséine, qui est, si on peut dire, un isomère de la rognure de peau. On fait artificiellement de la rognure de peau.
« Les rognures de peau sont déposées dans de la chaux, pour être conservées. Après la mise en chaux, on les prend, on les lave, on les traite par des acides étendus pour enlever la chaux. — Après quoi, elles reçoivent le traitement qui va fournir la gélatine ; elles subissent l’action de bains d'eau à une température de 80° à 90°, pas plus.
« l'osséine est soumise aux mêmes opérations que les rognures de peau ;: mise en chaux, lavage et bains en solutions acides étendues, puis bains d’eau chaude à 80-90 degrés.
« Les os sont de toutes provenances ; beaucoup viennent d'Amérique et d'Australie.
« Le fabricant de gélatine achète aux fabricants d'objets en os, boutons, manches de couteaux, etc, les portions d'os qui ne leur servent pas et dont certaines représentent encore des morceaux de 15 centimètres de long, un centimètre de hauteur et un centimètre et demi de largeur.
« Depuis un certain nombre d'années, il entre en France et en Allemagne des quantités énormes d'os
brisés en morceaux gros comme des haricots et appelés
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« crustbone ». Ces os sont exportés de l'Inde par Îles Anglais, et le centre d’exportation est Kouratchi, à l'embouchure de l’Indus.
« Et quels sont ces os brisés menus, 0s d'animaux, ossements humains ? Qui pourrait le dire ?
« Les os que ramassent les chiffonniers servent à faire de la colle-forte.
« Les rognures de peau que l’on emploie pour faire la gélatine sont les parties de la peau des bœufs, des veaux, telles que la peau de la tête, des pattes, que ne peuvent utiliser les tanneurs.
« La gélatine que la maison Coignet fournit à la Pharmacie Centrale est faite avec les rognures de peaux sortant de chez les mégissiers de Paris et provenant de bêtes tuées aux abattoirs de la Villette, c’est-àdire reconnues saines.
« Il existe des rognures de peaux de lapins que l’on nomme du « vermicelle de lapins » ; elles servent à préparer la colle pour les plafonneurs. Ces rognures sont, au préalable, saturées de bichlorure de mercure.
« Pour faire une gélatine destinée à des usages culinaires ou à la Pharmacie, il faut donc, me dit M. pr BonNaRp, être certain de l’origine de ses matières premières. Et c'est pourquoi nous ne nous servons que de peaux d’animaux abattus à Paris même, et dont Île service vétérinaire a reconnu le bon état de santé.
« Mais, en outre, il faut que la préparation de la gélatine soit parfaite.
« Et une des conditions essentielles de cette perfection, c'est les lavages abondants ; il faut, pour préparer
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de bonne gélatine, des quantités formidables d’eau pure et dépourvue de matières organiques. Ceci nous est facile dans notre usine de Saint-Denis, où nous avons deux puits artésiens d'une profondeur de 120 mètres qui nous donnent à profusion une eau excellente... Il est certain que, dans certaines fabriques de gélatine, l'eau manque, n’est pas pure et que Îles matières sont mal lavées.
« Voici une autre difficulté.
« Au cours de sa préparation, la gélatine s'altère facilement... Vous avez pris des peaux d'animaux sains, consommés dans Paris, vous les avez laissés dix jours en chaux, vous les avez lavées copieusement; vous les soumettez aux bains d’eau chaude ; survient un orage pendant votre préparation et, malgré tous vos soins antérieurs, la gélatine « tourne », elle devient noirâtre et prend une odeur de cadavre.
« Et alors, pour empêcher ces accidents, les fabricants introduisent dans leurs bains des substances diverses, du sulfate de zinc, du sublimé... qui, évidemment, restent au moins en partie dans la gélatine...
« À l’usine Coignet, c'est l'acide sulfureux gazeux qui sert pour empêcher les réactions anormales et quand la gélatine se dessèche, les dernières traces du gaz disparaissent.
« Du chlorure de zinc peut se trouver dans la gélatine.…., car l'inspection sanitaire et policière a souvent la prétention d'imposer au fabricant, sous prétexte de mauvaise odeur, l’arrosage avec du chlorure de zine,
des matières premières servant à la gélatine... et cette
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mesure, si le fabricant l’accepte, risque d'introduire dans la gélatine un produit caustique.
« Une autre impureté qu'il serait possible de trouver dans la gélatine, c’est l’arsenic. En effet, les tanneurs se servent d'orpin où orpiment ou sulfure d’arsenic pour tanner leurs peaux... Dès lors, si les peaux ne sont pas bien lavées, si la gélatine n’est pas préparée avec soin, elle pourra renfermer ce sulfure.
« Une fois la préparation terminée, la gélatine se conserve sans s’altérer, pourvu qu'on ne la place pas dans un lieu humide.
« La préparation de la bonne gélatine est done délicate et demande des usines bien outillées où l'on a de l'eau pure en grande abondance. Elle doit être faite avec des matériaux dont on connaît la provenance. Dans le but d'empêcher des réactions anormales, on ne doit pas ajouter dans les bains où est traitée la matière première des substances chimiques capables de rester dans la gélatine.
« Mais, comme me le disait M. de Bonnard, en mauière de conclusion à notre entretien, la gélatine auraitelle été fabriquée avec les soins les plus minutieux, une solution pour injection ne doit être livrée par les pharmaciens qu'après avoir été stérilisée.
« J’ajouterai que MM. Lancereaux et Paulesco conseillent de « faire préparer d’avance plusieurs ballons « semblables, stérilisés, — de les mettre pendant quel- « ques Jours à l’étuve à 38° et de jeter ceux qui se trou: « blent et dont la gélatine ne se solidifie pas par refroi- « dissement. »
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« Par ce moyen également, si la solution contient des bacilles tétaniques, ceux-ci se développeront et formeront un dépôt qui fera rejeter la solution. »