‹ Traitement des AnévrismesChapitre 30 sur 58 · DT LAS · texte numérisé non relu

DT LAS

car dès qu'il essaie de soulever un certain poids ou même simplement s’il se baisse pour ramasser quelque chose, il devient immédiatement violacé et éprouve une violente oppression.

Les antécédents héréditaires de cet homme ne présentent rien de particulier à noter; lui-même s’est toujours bien porté et n’a jamais eu ni fièvres éruptives ni fièvre typhoïde. Né à Paris,

qu'il a toujours habité, il a fait son service militaire à Grenoble.

et Besançon; il n’a jamais été dans un endroït palustre et n’a pas eu de fièvres intermittentes. [| n'a présenté, de même que ses parents, aucun signe d’herpétisme; n'a eu ni migraines, ni épistaxis, ni hémorroïdes, ni douleurs articulaires. et ne se lève pas habituellement la nuit pour uriner.

À 25 ans, il eut un chancre, au régiment, mais qui n’a été suivi d'aucun accident secondaire ou tertiaire.! [1 s’est marié à 36 ans, mais n’a pas d'enfants et sa femme n’a pas fait de fausses couches.

Il y a six ans, il eut un phlegmon à l’avant-bras gauche et peu après il commença à enfler de tout le corps et à être oppressé; on constata la présence de l’albumine dans ses urines. Pendant deux mois il fut soumis au régime lacté; l'œdème disparut au bout de quinze jours, deux mois plus tard il reprenait son travail et depuis lors il n’a plus eu aucun trouble du côté de la fonction urinaire, pas même de polyurie nocturne.

Depuis plusieurs années, le malade a, de temps à autre, des pituites matinales, et son sommeil est agité par des cauchemars: il avoue boire du rhum le matin et environ trois litres de vin journellement.

Depuis l’âge de 26 ans, il est employé comme chauffeur dans les lavoirs et est obligé de soulever des charges très lourdes.

C'est un homme fort, robuste, bien constitué ; sa face est colorée et il n’est pas chauve ; son cou est très gros, épais ; néanmoins, le corps thyroïde paraît normal.

Le thorax est bien développé. très large ; il est sillonné de nombreuses veines superficielles, sinaeuses, dans sa moitié supérieure et principalement du côté droit; il y a une stase

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manifeste dans la circulation veineuse de la tête et de toute la partie supérieure du thorax.

Le cœur est normal, mais ses battements sont difficilement perçus à la palpation à cause de l'épaisseur de la paroi thoracique. [l existe, en outre, un second centre de battements dans le deuxième espace intercostal droit, sur une étendue transversale de 5 centimètres (à partir de 2 centimètres du bord du sternum); on ne perçoit pas de frémissement à ce niveau. La percussion donne une matité s'étendant à 10 centimètres du bord droit du sternum. À l’auscultation, on entend à la pointe. à l'aorte et à tous les orifices. les deux battements normaux, et non accompagnés de souîfles ni de dédoublements; mais à droite du sternum, au niveau de l’anévrysme, on perçoit un double souffle allongé, mais très doux, qui se propage vers la clavicule et l’aisselle, et dont le maximum d'intensité se trouve dans le premier espace intercostal, à 10 centimètres de la ligne médiane. Le doigt introduit profondément vers le bas, au niveau de la fourchette sternale, ne perçoit pas les battements de l'aorte. Les battements des carotides sont normaux et synchrones des deux côtés ; il en est de même des radiales, qui ne sont ni dures ni sinueuses et qui battent 72 fois à la minute ; le pouls est plus faible à la radiale gauche qu’à celle de droite, cela doit tenir à nne anomalie dans le calibre des vaisseaux. Les poumons sont normaux ; le foie, un peu abaissé. déborde les fausses côtes d’un travers de doigt; la rate, normale, mesure 10 sur 15 centimètres.

L'estomac et les organes abdominaux paraissent normaux ; pas d’ascite ni météorisme, ni circuiation veineuse collatérale au niveau de la paroi du ventre. Le malade rend dans les vingt-quatre heures environ 1.500 grammes d'urine, d’une densité de 1025 et qui ne renferme aucun élément anormal.

Le 20 mai, on fait au malade, à la fesse droite, une injection sous-Cutanée de 200 centimètres cubes d’une solution contenant ? grammes de gélatine pour 100 de sérum artificiel. Jusqu'au 17 août, on lui fait dix injections semblables, environ une

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par semaine ; et ce jour-là on constate d'une façon manifeste que les battements de l’anévrysme sont moins forts, que le double souffle qu’on entendait à ce niveau n'existe plus, etque, de plus, les veines sous-cutanées, très dilatées et sinueuses, qui couvraient la partie supérieure dn thorax. ont disparu ; le malade n’est plus cyanosé, n'est plus oppressé et se sentant tout à fait bien, demande à sortir pour reprendre son travail. On le retient néanmoins, et le 11 et le 17 août on lui pratique encore deux injections semblables aux précédentes et qui ont été suivies d'une légère ascension de la température.

Depuis lors, l’état se maintient aussi satisfaisant que possible. Le 20 août, on examine de nouveau le malade et on constate que la cyanose a disparu et on ne voit plus les veines sinueuses qui, à l'entrée du malade à l'hôpital, sillonnaient la partie supérieure droite du thorax. Le cœur est normal et ne présente rien de particulier à l'auscultation ; au milieu du 1% et du 2° espace droit, on ne perçoit plus le double souffle que l’on entendait autrefois, il est remplacé maintenant par deux battements de l’orifice aortique. Les autres organes ne présentent rien de particulier à noter.

Le 6 septembre, le malade quitte l'hôpital sur sa demande.

« Cette observation à donc trait à un homme atteint depuis huit mois d’un anévrysme de la première portion de la crosse de l'aorte ; la poche qui s'est développée, surtout en arrière, comprime la veine cave supérieure ; il en résulte une stase manifeste dans la circulation veineuse de la tête, du cou et de la partie supérieure du thorax, stase qui se traduit par l'apparition d’une circulation collatérale sous-cutanée. »

« Cet homme est soumis à des injections sous-cutanées de gélatine : sous l'influence de ce traitement, le sang qui pénétrait dans la poche en produisant un dou-

ble souffle se coagule et la cavité s’oblitère en même temps que le double souffle disparaît. Peu à peu les caillots se rétractent, et la poche, diminuant de volume, ne comprime plus que la veine cave supérieure ; consécutivement on constate la disparition de la cyanose et de la cireulation veineuse collatérale. »

Un résultat non moins satisfaisant a été obtenu par le même traitement, dans un cas d'anévrysme de l'artère

sous-clavière droite, objet de l'observation IV.

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