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OBSERVATION VIII

M... Louis, bourrelier, âgé de 35 ans, nous est envoyé par le docteur Amat, de Saint-Gaultier, le 25 octobre 1898.

Cet homme, atteint d’un volumineux anévrysme de la crosse de l'aorte, n'offre rien de particulier dans ses antécédents, si ce n'est qu'à l’âge de 22 ans il eut la fièvre typhoïde et qu’à 24ans, étant au Tonkin.il contracta le paludisme ; il eut alors, pendant

trois mois, des accès de fièvre intermittente qui se renouvelè- .

rent après son retour en France, et, conséeutivement une anémie considérable. û

En 1895, vers la fin de l'été, le malade commence à ressentir des douleurs névralgiques le long des premiers nerfs intercostaux avec irradiation dans les deux bras. De,

L'intensité de ces douleurs augmente de plus en plus, lorsque, pendant l'été de 1898, il s'aperçoit de l'apparition d’une tumeur pulsatile sur le haut de la poitrine.

À son entrée dans notre service, il accuse, même étant couché, des douleurs intenses «intolérables de chaque côté de la tumeur, le long des espaces intercostaux. Lorsqu'il se lève ou qu il fait un effort, il est pris tout à coup d’une douleur vive

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précordiale avec sensation de serrement, oppression et palpitations qui l’obligent à s’asseoir et se dissipent au bout de cinq à dix minutes.

Dans le lit, il ne peut rester couché que sur le côté droit; lorsqu'il se met sur le dos, il est pris de quintes violentes d’une toux rauque et aboyante.

C’est un homme bien constitué. mais amaigri; il présente au niveau de la partie supérieure de la poitrine une tumeur pulsatile de la grosseur d'une mandarine qui a érodé la poignée du sternum et empiété sur l'extrémité interne des deux premiers cartilages costaux gauches. À la palpation. cette tumeur est molle, élastique ; le dorgt la déprime profondement ; elle est animée de battements synchrones aux pulsations du cœur et de mouvements d'expansion très nets.

A l'’auscultation, on ne perçoit pas de souffle; les deux bruits de l’orifice aortique sont normaux : le cœur n’est pas hypertrophié ; on voit sa pointe battre dans le cinquième espace à 10 centimètres de la ligne médiane ; le pouls est synchrone et de même intensité aux deux carotides et aux deux radiales. Ces dernières artères ne sont ni dures ni sinueuses ; pas de polyurie nocturne, pas d’albuminurie. Les poumons, le foie et la rate ne présentent rien d’anormal.

Le 28 octobre 1898, nous faisons une première injection de gélatine (5 grammes dissous dans 200 centimètres cubes de sérum artificiel) ; depuis cette époque jusqu’au 22 mars, 25 in- Jections semblables sont pratiquées, une par semaine environ. La poche anévrysmale, très molle au début, devient ferme, et il n’est plus perçu de mouvements d'expansion. Le malade n’éprouve plus aucune souffrance et la toux rauque a complètement disparu ; mais étant allé au jardin, il prend froid et commence à tousser.

Dans la nuit du 12 au 13 avril, pendant une quinte violente, il ressent un craquement dans la poitrine, suivi d’une douleur aiguë au niveau de l’anévrysme. Les jours suivants. il entend

à plusieurs reprises des craquements semblables, à la suite /

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