CAGE
d’un éternuement et d’une quinte de toux. En même temps, on constate que la tumeur a augmenté rapidement de volume et que, d’hémisphérique, elle est devenue pyriforme. La portion surajoutée contraste par sa mollesse et sa dépressibilité avec l’ancienne qui conserve sa dureté ligneuse.
Cette rechute affecte beaucoup le malade qui, découragé, perd l’appétit. Nous reprenons les injections de gélatine et, du 13 avril au 20 mai, nous lui en faisons 10. La poche devient uniformément ferme, les douleurs disparaissent et le malade quitte l’hôpital le 17 juin 1899. De retour à Saint-Gaultier, 1l se repose pendant quelque temps, et son état s'améliore rapidement. Le docteur Amat, qui le suit, lui pratique encore quelques injections de gélatine.
Le 15 mai 1900, un an après sa sortie de l'hôpital, ce malade,en excellente santé, vient à Paris pour visiter l'Exposition.
À cette époque, MM. Lancereaux et Paulesco présentent leur malade à l’Académie de Médecine, où ils font les constatations suivantes :
« La tumeur anévrysmale est toujours volumineuse, mais elle est dure comme du bois, ct, si elle est encore soulevée par la systole cardiaque, elle n'est plus le siège de mouvements d'expansion; le malade n'éprouve aucune souffrance et il se considère comme guéri. »
Nous laisserons inédite la fin de l’histoire de ce malade, qui doit faire l’objet d'un travail de MM. Lancereaux-Paulesco. Nous dirons simplement qu'il a vécu jusqu'au mois de janvier 1903.
Grâce au traitement qu'il a reçu, il a done pu, avec une tumeur anévrysmale volumineuse, extra-thoracique, depuis juin 1899, c'est-à-dire pendant trois ans et
demi, vivre en évitant tout travail fatigant, d'une vie
uormale et dans un état satisfaisant.