‹ Traitement des AnévrismesChapitre 37 sur 58 · OBSERVATION [IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION [IX

{Lancereaux et Paulesco ; 4c. de méd. et Journal de méd. int.. Juillet et AGût 1901).

G... Guillaume, charpentier, âgé de 43 ans, entre à l'hôpital du Perpétuel-Secours le 9 août 1900, pour un anévrysme de l'artère sous-clavière droite.

Cet homme, de forte constitution, s’est toujours bien porté. À l'âge de 26 aus il a eu sur la verge un ulcère qui a duré environ un mois, mais qui n’a pas été suivi de manifestations secondaires.

Au mois de mars 1896, il commence à éprouver des douleurs sourdes dans la région de l'épaule droite (en janvier, une porte cochère lui est tombée sur cette épaule) et, vers la fin de l’année, il constate l’apparition, au-dessus de la clavicule droite, d’une tumeur de la grosseur d'une noisette.

Cette tumeur était molle et présentait des battements.

Il continue néanmoins à travailler et à porter de lourdes charges sur ses épaules, tandis que la tumeur augmentait progressivement de volume.

En septembre 1898 il revient des douleurs lancinantes sur le trajet du nerf cubital et, en même temps, il s'aperçoit que sa main droite s’atrophie. Finalement, au mois de juin 1900, il est obligé de quitter son travail, ne pouvant plus tenir un outil dans

sa main; de plus, il avait alors de violentes douleurs dans

l'épaule et dans le bras.

Il entre d’abord à l'hôpital Saint-Antoine, d'où il nous est envoyé, le 9 août 1900, par M. Gilles de la Tourette.

Au moment de son entrée dans notre service, le malade por: tait, au-dessus de la clavicule droite, une tumeur du volume

GAULTIER o

A UOGNEL

d'une orange, animée de battements synehrones avec ies systoles cardiaques et présentant d'une façon manifeste des mouvements d'expansion.

Cette tameur est molle et peut être en partie réduite par ia compression. Le malade lui-même nous fait remarquer que lorsqu'il la comprime au milieu avec le doigt. il arrive à la diviser en deux moitiés. A

La main droite est atrophiée et a l’aspect d’une griffe; les muséles des éminences thénar et hypothénar ont disparu.

Le malade est soumis aux injections sous cutanées de sérum gélatiné (13 et 27 août ; 8 et 19 septembre ; 12 et 31 octobre).

Vers le milieu du mois de septembre, lés douleurs lancinantes disparaissent et, après la dixième injection, la poche a une consistance ferme, n’est plus réductible et les mouvements

d’expansion ne sont plus perceptibles.

Les injections gélatineuses sont alors espacées (17 décembre, 10 janvier, 25 janvier), puis complétement supprimées pendant les mois de mars, avril et mai.

Au commencement du mois de juin, on fait faire au malade, pendant plusieurs jours, un travail de charpentier qui le fatigue beaucoup et à la suite duquel la poche anévrysmale, toujours dure, nous paraît présenter un léger mouvement d’expansion succédant à la systole cardiaque.

Deux nouvelles injections (10 et 15 juin) suffisent pour le faire de nouveau disparaître.

L'atrophie de la main s’atténue d'une façon spontanée et sans qu'on lui ait opposé aucun traitement local. Le malade peut maintenant tenir et manier même un marteau, ce qui lui était impossible à son entrée à l'hôpital.

Nous ajouterons simplement, pour continuer l'histoire

de ce malade, qu'il est resté attaché à l’hôpital où il fait encore aujourd'hui des travaux de charpente, des travaux de jardinage ; l'hiver, il est chargé d'entretenir deux calorifères et il fait sa besogne sans peine, Sa tumeur, lerme et dure, n’a pas grossi.

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