‹ Traitement des AnévrismesChapitre 51 sur 58 · MES · texte numérisé non relu

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Les autres organes ne présentent rien de particulier à noter ; les poumons sont normaux ; le foie est abaissé : la limite supérieure de sa matité remonte à la 5° côte et, en bas, elle dépasse le rebord costal de deux travers de doigt; la rate. normale, mesure 10/15 centimètres. Pas d’œdème des jambes ni de troubles trophiques ; le malade ne se lève pas la nuit pour uriner; il rend dans les 24 heures environ un litre et demi d urine. qui ne renferme pas d'albumine, ni aucun autre-élément anormal.

Le malade souffre beaucoup, il a presque toutes les nuits des crises d’angine de poitrine ; de plus, il ne peut rester que couché sur le côté droit, car chaque fois qu'il essaie de changer de position, de se redresser ou de se coucher sur le dos, il est pris de quintes de toux pénibles, coqueluchoïdes. avec raucité de la voix ; en même temps il éprouve de l'oppression et des douleurs profondes avec angoisse.

Pendant sen séjour à l'hôpital, la tumeur augmente progressivement et rapidement de volume: le 15 janvier 1897, elle mesure 14/15 centimètres ; de plus, à sa surface, ont apparu des bosselures ecchymotiques, molles et dépressibles, au niveau desquelles on sent que le sang est directement en contact avec la peau très amincie. La situation est critique et le danger devient imminent,

Le 20 janvier, pour la première fois. nous pratiquons dans le tissu sous-cutané de la fesse gauche une injection de 250 centimètres cubes d'une solution de gélatine (5 0/0 de sérum artificiel), stérilisée et maintenue à 37°. [1 se produit, à la suite, de la rougeur à l'endroit de l'injection et la température monte à 380. Le lendemain tout était rentré dans l’ordre, mais. de plus, on put constater que la tumeur était devenue manifestement plus ferme, et que les battements paraissaient comme éloignés. Dans la nuit, il rendit environ un litre d’urine de densité 1.016 et ne contenant ni sucre ni albumine.

Les jours suivants, la tumeur diminua un peu de volume et les douleurs se calmèrent, mais bientôt elle reprit ses, dimensions primitives, ses parois redevinrent molles et l’on sentit de

nouveau le sang battre sous la peau, en même temps que les douleurs intercostales faisaient leur apparition.

Le 10 février,on pratique une injection de150 centimètres cubes d’une solution de gélatine {à 1 0/0 de sérum physiologique stérilisé); elle ne futsuivie d'aucune réaction locale ou générale. A la suite, la poche diminue visiblement de volume, et les parties molles sont devenues fermes; mais ce qu’il y a de plus remarquable. c'est la cessation complète de toute espèce de douleur ; depuis lors, le malade n’a plus souffert au niveau de ses nerfs intercostaux, il n’a plus eu de crises d’angine de poitrine ; il peut se coucher sur le dos et même sur le côté gauche sans éprouver de l'oppression, sans avoir de quintes de toux coqueluchoïde et sans que la voix devienne rauque.

Dépuis le 10 février au 7 mai, on fit au malade 12 injections semblables à la précédente : (le 25, le 27, le 29 et le ‘31 mars, le 2, le6, le 9, le 11 et le 28 avril, et enfin le 1‘ et le 7 mai). Le 22 mai on constate que la tumeur a diminué de volume (2 cm. dans le sens vertical sur 1 cm. dans le sens transversal) et qu'elle est devenue très ferme ; à la palpation on y perçoit encore des battements, mais ce sont des battements en masse, transmis par l'aorte et non pas des mouvements d'expansion causés par la pénétration du sang dans la poche.

En outre, le malade n éprouvant plus aucune douleur, demande avec insistance à sortir ; il quitte l'hôpital, lé 25 mai.

Revu un mois plus tard, le malade avait commencé à travailler et son état se maintenait satisfaisant, il fut alors présenté à l'Académie de Médecine (le 22 juin 1897).

Pendant une année, le malade n’a plus souffert du tout, sauf quelques vagues douleurs névralgiques au moment des changements de temps; nous l'avons vu à plusieurs reprises: la poche anévrysmale est restée dure, animée de pulsations transmises, mais sans présenter des battements d'expansion. Pendant l'hiver le malade à eu plusieurs accidents, malgré lesquels il a continué à se bien porter: il s’est enrhumé et a beaucoup toussé, est tombé d’un omnibus, et à plusieurs répri-

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