‹ Traitement des AnévrismesChapitre 52 sur 58 · LAN · texte numérisé non relu

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ses est monté à pied au sixième étage. Il à continuellement travaillé, soit à écrire, soit à dessiner, soit à broder.

Vers le 15 juin 1898, il commence à ressentir au niveau de l’'anévrysme des douleurs violentes s irradiant le long des nerfs intercostaux ; en même temps il s'aperçoit que la partie inférieure de la tumeur a augmenté de volume; à la poche ancienne s'est surajoutée une petite poche nouvelle, faisant une saillie, du volume d'une noix. Il entre à l'hôpital le 23 juin, où l’on constate que l’ancienne poche anévrysmale à conservé son volume, sa fermeté ; elie ne présente pas de mouvements d’expansion. Du 23 juin au 1er juillet, on fit au malade deux injections sous-cutanées de 200 gr. d'une solution de gélatine à 2 0/0 de sérum artificiel.

La petite poche durcit immédiatement; elle parut même diminuer et les douleurs cessèrent. Le 2 juillet, le malade put aller à l'hôpital Trousseav où il monta à pied trois étages ; il fut là radiographié par M. le docteur Variot, qui a bien voulu nous remettre le calque radioscopique qu il a obtenu (1). ‘

Le surlendemain,' se sentant bien, le malade quitta l'hôpital et reprit son travail; il revint nous voir vers la fin de juillet; la petite poche avait diminué considérablement, elle était aussi dure que la grosse, avec laquelle elle s'était confondue.

Le 1? août. sans cause appréciable, le malade recommencça à souffrir de douleurs névralgiques le long de son quatrième nerf intercostal droit : en même temps, apparut à la partie inférieure de la poche ancienne, une saillie volumineuse allongée transversalement. ;

La douleur était tellement violente que le malade fut obligé de se coucher et garda le lit pendant trois jours ; il essaya alors de travailler, mais la douleur devenait de plus en plus intense;

() «Les calques correspondent à la projection orthographique € sur la paroi antérieure du thorax, du cœur et de l'anévrysme, « éclairés par derrière », nous écrit M. Variot. «Lescontours limi- « tent une aire un peu plus grande que les objets. Vous ne serez

& pas loin de la vérité en réduisant cette ombre de 2? ou 3 centi- «€ mètres ». (Voir ce calque dans l’obs. originale, C. R. Ac. de md.)

il ne dormait plus. et il ne mangeait plus, tant à cause de la douleur qu'a cause d'une gêne dans les mouvements de la déglutition. [l rentra à l'hôpital le 1° septembre, exténué de fatigue, et considérablement amaigri.

A l'examen, on constate que le cœur n’est pas volumineux ; la pointe bat dans le cinquième espace à 8 cm. de la ligne médiane ; à l'auscultation on perçoit à tous les orifices des bruits normaux. La tumeur anévrysmale paraît formée de deux parties : l’une supérieure, volumineuse, sphérique ; l’autre située immédiatement au-dessous et accolée à la précédente, est allongée dans le sens transversal; entre ces deux portions

existe un léger sillon ; la poche supérieure présente une consis-

tance ferme, comme du bois, tandis que l’inférieure est molle, dépressible ; ni l’une ni l’autre, néanmoins, ne présentent de mouvements d'expansion ; à l’auscultation on ne perçoit pas de souffles au niveau de la tumeur, mais en entend les deux battements aortiques. Le pouls régulier et normaï, bat S8 fois à la minute. Les autres organes ne présentent rien de particulier à signaler.

Notre premier soin fut de calmer la souffrance : on fit donc au malade une injection sous-cutanée de 0.02 centigr. de morphine. qui détermina un sommeil de plusieurs heures : on pratique alors une injection de gélatine (4 gr. dans 200 c. cubes de sérum artificiel).

Dès le lendemain, la partie inférieure de la poche, molle jusque-là, devient manifestement plus ferme et les douleurs diminuèrent sans toutefois disparaitre entièrement. Le 3 septembre, nouvelle injection identique à la précédente; le 40 septembre, injection de 200 c. cubes d'une solution de gélatine 5 0/0 ; la résorption se fait lentement et le malade eut le soir un peu de fièvre (38°). À la suite, les douleurs ont complètement disparu ; toute la poche est ferme sauf en un pointsitué à sa partie inférieure et interne où elle est molle et depressible.

Deux nouvelles injections de gélatine, chacune de 400 emc.

MEUTÈEE

(d'une solution à 2 p.100). furent suivies d’un durcissement total de la poche qui diminue manifestement de volume.

« Voilà donc un homme, atteint depuis trois ans d’un gros anévrysme de la première portion de la crosse de l'aorte. qui est soumis à des injections sous-cutanées de gélatine ; sous l'influence de ce traitement, le sang qui pénétrait dans la poche se coagule et s'oblitère; puis peu à peu les caillots deviennent plus fermes, se rétractent ; en même temps la poche diminue de volume et les douleurs atroces dont le malade souffrait avant le traitement, disparaissent comme par enchantement.»

« Pendant un an la guérison se maintient, mais tout à coup, il se produit un décollement à la partie inférieure de la poche; le sang, lancé par le ventricule, pénètre entre le caillot et la paroi; il se forme à ce niveau une petite poche adjacente à la précédente, molle, animée de battements d'expansion. et qui, comprimant un nerf intercostal, détermine de vives souffrances. (4, 7 pl. Il.) Quelques injections de gélatine, font coaguler le sang dans cette nouvelle poche, qui se rétracte.en même temps les douleurs disparaissent. » | |

Cet homme rentre à l'hôpital, le 27 novembre de la même année 1898 pour une grippe légère dont il fut remis au bout de deux ou trois jours. Complètement rétabli, il devait quitter l'hôpital le 6 décembre lorsque le5 décembre au matin, on le trouve mort dans son lit, mort de syncope comme il arrive souvent chez les personnes atteintes d’affections aortiques.

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