‹ Traitement des Brûlures Superficielles Par la Solution Saturée d'Acide PicriqueChapitre 17 sur 29 · HUE ONE ER RE OT · texte numérisé non relu

HUE ONE ER RE OT

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D'après lui, ce topique est préférable à l'iodoforme en ce qu'il ne répand aucune odeur, diminue les sécrétions et est analgésique. Il suffit de renouveler le pansement tous les 3 ou 4 jours ;

n). Le dermatol (gallate boriqué de bismuth. Von Rogner).

Cet antiseptique serait, à la fois, inodore, insoluble, inaltérable, stérilisable à la vapeur, non toxique.

Il serait surtout indiqué dans les brülures du premier et du deuxième degré qui doivent être saupoudrées largement après ouverture des phlyctènes ;

0). Traitement de Nitzsche. Il consiste à désinfecter les brülures à l’eau phéniquée à 2 o/o puis à les recouvrir de vernis de menuisier contenant 5 0/0 d'acide salicylique ; on recouvre le tout d’ouate antiseptique;

p). Le thiol a surtout été préconisé par Bidder de Berlin : il emploie surtout le thiol liquide voici comment cet auteur formule le traitement :

Laver la brülure avec une solution faible de sublimé ;

Enlever les phlyctènes détruites en respectant celles qui sont intactes ;

Saupoudrer la plaie avec l'acide borique si elle est dépourvue d'épiderme ; |

Badigeonner la brûlure et la peau environnante avec

re eu thiol liquideé tendu d'eau à parties égales ; appliquer sur le tout une couche de coton non dégraissé.

Les résultats et avantages du traitement seraient les suivants :

Il calme rapidement les douleurs, fait disparaitre l'hyperémie de la peau, une partie du contenu des phlyctènes se résorbe, l'autre partie se dessèche en . croûtes ambrées.

Le premier pansement est enlevé au bout de huit jours.

La guérison a lieu ordinairement avecun ou deux pansements.

S'ils’agit d'une brûlure au troisième degré, les cicatrices obtenues sous ce pansement sont lisses et non rétractiles ;

g). Sous-nitrate de bismuth. C'est de tous les topiques de cette catégorie celui qui a été le plus employé à l'étranger dans ces derniers temps : les auteurs qui s'en sont occupés l'ont appliqué suivant des procédés différents. Voici quelle est la pratique de Bardeleben, ancien assistant de Hanh, chirurgien de Friedrichshaus à Berlin. Ce chirurgien applique des bandes de tarlatane imprégnées d'un mélange à parties égales de poudre de bismuth et d'amidon.

Au préalable, il lave la plaie à l'acide phénique à 3 °/, ou avec la solution d'acide salicylique au même titre. Il applique directement les bandes sur la brülure, laisse lepremier pansement en place8 jours, voire même deux à quatre semaines. S'il s'agit d'une brûlure par caustiques chimiques il faut en même temps neutraliser par

re l'eau de chaux, s'il s'agit d'acide sulfurique ; par le vinaigre, sile caustique est un alcali.

Le docteur K. Osthoff, de Moscou, emploie une pâte épaisse formée de bismuth trituré avec de l'eau bouillie, il tient ce procédé du docteur K. Geiger de Landstahl. Il est, dit-il, plus commode et plus efficace que celui qui consiste à employer la poudre sèche. Il faut, d’après lui, réséquer les lambeaux épidermiques flottants, appliquer la pâte et la laisser sécher ; il en résulte une carapace qu'on laisse en place jusqu'à la guérison. Si cette croûte se fendille, on fait de nouvelles applications sur la pâte sèche. Avec ce procédé, il ne faudrait que 10 à 15 jours pour amener la guérison des brûlures les plus étendues. Les eschares, si elles existent, sont pansées avec des antiseptiques unis à la paraffine.

Lorsque les plaies présentent des bourgeons exubérants, il faut les réprimer par le pansement au nitrate d'argent, au sulfate de zinc ou au baume du Pérou.

C’est encore au sous-nitrate de bismuth que s'adresse Wertheimer dans le traitement des brûlures chez les en-fants, il emploie alors un onguent où entrent le bismuth et l’acide borique.

Spigearny, de Moscou, vient, sous le titre de : « Un cas de‘brûlure de la presque totalité de la surface du corps guéri par le pansement au bismulh », de publier un cas assez remarquable de brûlures des 4/5 du corps à l'exception des membres inférieurs : il eut recours à la méthode de Hahn et de Bardeleben.

Il s'agissait d'un homme ivre qui, entré dans une

Re salle de bains, reçut un jet de vapeur qui ne respecta que les pieds, les jambes et le tiers inférieur des cuisses.

Spigearny vit le malade six jours après l'accident. La brülure était en pleine suppuration ; la température était montée à 40°, le malade avait été pansé à l'iodoforme. Le chirurgien de Moscou lava la plaie, la saupoudra de bismuth et recouvrit le tout d'un enveloppement à la ouate hygroscopique. Bientôt la température tomba à 38°6, puis à la normale ; en trois semaines la guérison était complète et n'avait nécessité que trois pansements. Le malade n'avait ressenti aucune douleur ni présenté le moindre signe d'intoxicanombreux tion ;

r). Enfin le vernis au stérésol préconisé par Berlioz complète l'énumération des topiques antiseptiques si appliqués au traitement des brülures.

Nous ailons clore la série d'une thérapeutique si riche où nous avons pu relever près de quatre-vingtdix pansements différents !!!

Si nous jetons un rapide coup d'œil sur ces divers procédés, il est facile de reconnaître que la plupart d’entre eux tombent dans le défaut habituel: ou bien ce sont des pansements gras (pommade, etc.) éminemment défavorables à l'épidermisation ; ou bien ce sont des pansements humides, c'est-à-dire peu ou pas kératogéniques et n'ayant d'indication que l'état inflammatoire de la brûlure.

Pour nous qui sommes partisan du pansement à peu p'ès sec, nous aurions donc quelque tendance à

adopter le pansement iodoformé, mais il a le grave inconvénient d'exposer dans les brülures étendues, aux accidents d'intoxication ; le pansement au sous-nitrate de bismuth, dont les auteurs rapportent tant de merveilles, nous paraît digne d'être conservé et essayé, puisque c'est à la fois un pansement sec et antiseptique ;

s). Méthode du docteur Nageotte. D'ailleurs peu impoite l'antiseptique choisi, lorsqu'il répond à-ces deux derniers desiderata.

Personne mieux que le docteur Nageotte n'a mis ce fait en lumière et personne, croyons-nous, n’a mieux élevé le traitement des brûlures au rang d’une opération chirurgicale. Partant de ce fait que la division des brûlures en brûlures devant suppurer ou non ne répondait pas aux données actuelles puisqu'il est bien prouvé que les cautérisations chirurgicales (pointes de feu au 3° degré, flambage de Felizet, etc.) ne suppurent pas lorsqu'elles sont faites avec les précautions antiseptiques d'usage, M": Nageotte, rejetant comme nous le pansement humide et gras, condamnant l'emploi des tissus imperméables, propose (p. 51, loc. cit.) de traiter les brûlures par une antisepsie sérieuse.

Pour la réaliser il est indispensable, si la brûlure est étendue, de soumettre le malade à l'anesthésie chloroformique : « c'est, dit l'auteur, une opération d'urgence digne des soins antiseptiques que l'on prodigue aux autres affections chirurgicales. »

L'antisepsie de la brûlure suspecte ou supposée infectée, se fait à la brosse, au savon, à l’éther comme

ET s'il s'agissait d'opérer sur la région — puis on applique un pansement rigoureusement antiseptique au sousnitrate de bismuth, au thiol par exemple. |

À cette méthode, de beaucoup la meilleure, nous ferons cependant quelques reproches: d'abord elle nécessite l’anesthésie, ce qui n'est pas un minime 1nconvénient ; de plus, elle n'est à la portée que des médecins rompus à la pratique de l'antisepsie, elle exige un temps fort long, si bien que, parfaite dans les hôpitaux avec le concours d'élèves dévoués, la méthode de M“ Nageotte ne peut être, pour toutes ces raisons, vulgarisée et appliquée d'urgence dans les campagnes et les villes dénuées de ressources. Elle serait parfaite si elle était plus simple ; nous tirons de ce fait un puissant argument en faveur de la méthode que nous allons faire connaître et préconiser.

VII. — Soins DIVERS. — TRAITEMENTS RELEVANT DE LA PETITE CHIRURGIE.

Toutes les méthodes précédentes, à quelque catégorie qu'elles appartiennent, ne sont pas applicables sans y joindre un certain nombre de soins spéciaux qui relèvent parfois de la petite chirurgie et que nous ne voulons pas omettre, pour être aussi complet que possible.

C'est ainsi que tous les auteurs recommandent :

1° D'enlever avec grande précaution les vêtements

STE brûlés auxquels adhèrent souvent des lambeaux d'épiderme ; |

2" Il faut conserver avec grand soin les pellicules soulevées par les phlyctènes qui permettent souvent d'obtenir d'emblée l'analgésie voire même l'asepsie de la plaie, ou la cicatrisation sous-cutanée ou sous-épidermique ;

3° S'il s'agit d'une brülure par caustiques, il faut avoir soin, avant d'appliquer un pansement, de neutraliser l'excès du caustique par un carbonaie alcalin s'il s'agit d'un acide, sulfurique par exemple; par de l'hydrate de magnésie, s'il s'agit du phosphore.

Quant aux interventions de petite chirurgie proprement dites, elles interviennent presque toutes au moment où la plaie bourgeonnante est détergée, et n'appartient plus aux brûlures que par son origine.

Les greffes dermo-épidermiques, les greffes de Thiersch et les lambeaux autoplastiques peuvent alors, suivant le degré, être mis en usage pour remédier à la défectuosité ou à la lenteur de la cicatrisation :- c'est la période encore où l'isolement des surfaces bourgeonnantes est si important pour obvier aux cicatrices par fusion de deux parties voisines.

Nous mentionons, pour mémoire seulement, l'application des sangsues au niveau et à la périphérie de la brûlure : c'est une pratique surannée et déplorable.

La complication de lymphangite et d'adénophlegmon serait justiciable des moyens habituels (pulvérisations phéniquées et comme moyen extrême : l'incision).

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