RASE VIII. — TRAITEMENT GÉNÉRAL
Le temps n’est plus où, à la suite d'une interprétation fausse des phénomènes inflammatoires, on remédiait (Van Swieten, 1741), aux accidents généraux des brûlures par les antiphlogistiques, les boissons délayantes, la diète, les saignées répétées générales et locales, les purges qui débilitaient bien plus les malades qu’elles n’amélioraient la brûlure.
Le traitement général des brülures est actuellement basé sur la connaissance des facteurs de gravité du pronostic (voir page 18) dont nous pourrons main: tenant compléter l'étude.
Des recherches de Seydel (1), Savioli (2), Zilgien (3), qui se sont spécialement occupés de cette question, et de celles de Silbermann et Schjerning, il résulte que le pronostic des brülures en général peut être compliqué :
1° Par l'étendue de la brülure;
2° Par le degré de la lésion ;
3° Qu'il peut être encore aggravé, par l'existence de lésions internes comme cela se voit dans les grands incendies, les coups de grisou, les explosions de gaz et de vapeur où la muqueuse des voies respiratoires peut participer aux lésions ;
(1) Seydel. Vierteljahr. Geschricht med. I, page 253, août 1891. (2) Savioli. Archiv für pathol. anat. und. Physiol. CXXVI, 1802. (3) Zilgien (Mercredi médical, 9 mars 1802.
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4° Par la force de résistance individuelle.
5° Par la formation de poisons particuliers (Fraenkel, Silbermann), qui expliquerait la dégénérescence des viscères comme dans les intoxications métalliques ;
6° Par les thromboses capillaires qui expliquent les lésions des reins, des poumons, du tube digestif (duodenum), du foie, de la rate, etc.
Le traitement général n'est donc pas superflu en présence de la possibilité de lésions si diverses.
Si les pansements régulièrement antiseptiques assurent la marche régulière du côté de la plaie, les soins d'hygiène augmentent la résistance du sujet.
Le malade doit donc être alimenté et aéré.
La douleur doit être combattue par les injections sous-cutanées de morphine : on rétirerait, pensons-nous les meilleurs résultats de l’admihistration à l'intérieur de la teinture d'anémone pulsatille ou de la teinture d’aconit. Si le malade est excité, s'il y a du délire, le chloral procurera le repos nécessaire. Il faudra surveiller les fonctions d'élimination et par les diurétiques hâter l'élimination des toxines : la constipation devra de même être combattue.
Dans les cas excessivement graves on a pu retirer des inhalations d'oxygène des résultats encourageants. Ponfick, d’après des expériences surlesanimaux, Hebra et Lesser, à la suite de leurs essais cliniques, ont même été jusqu'à conseiller la saignée abondante suivie de transfusion : c'est une ressource ultime dont les indications seront sans doute rares et que nous n'osons appliquer, n'en ayant aucune expérience.
Bien que n'y revenant pas pour ne pas charger nos conclusions (voir page 09) nous. insistons sur ce fait que le traitement général ffre la plus grande importance et ne doit jamais être négligé.
Entin le chirurgien consciencieux doit (oubli trop fréquent) être renseigné par l'examen des urines sur :
1° La néphrite fréquente (albuminurie) ; |
2° La résorption abondante des topiques appliqués {iodoforme, (etc.) et modifier en conséquence Île régime (lait) et le traitement local.