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Bien supérieure, si l’on désire une anesthésie générale, est l’éthérisalion rectale, préconisée par notre maître Robert Monod (1). Ce procédé d’anesthésie semble anodin. Elle n’a pas les inconvénients des anesthésies par inhalation et les opérations portant sur la tête sont certainement ses meilleures indications. Elle laisse toujours une certaine réflectivité du pharynx, telle que l’opéré rejette de lui-même et inconsciemment le sang et la salive qui viennent obstruer ses voies respiratoires. Personnellement, nous avons employé ce mode d’anesthésie pour deux dissections étendues du cou et pour deux résections du maxillaire supérieur, et le caractère de l’anesthésie obtenue est bien donné par ce détail de l’un de nos opérés qui sortit de son imconscience au moment où nous sectionnions la malaire ; il ouvrit les yeux, reconnut l'assistance et prononça des nu logiques, seulement entrecoupées par les coups de marteau que nous lui donnions et dont il ne souffrait pas ! Cette anesthésie qui serait donc insuffisante pour bien des interventions, paraît ici excellente, larssant une sub-conscience et une réflectivité très désirables.
La technique de cette anesthésie est des plus simple. Le seul détail à. retenir, c’est qu’on doit administrer le lavement éthéro-huileux avec la plus grande lenteur, au moins un quart d'heure, et qu'il faut attendre encore un quart d'heure avant d'opérer.
Le mélange se fait dans une éprouvette en additionnant 60 grammes d’huile d’olive et 120 centimètres cubes d’éther. Les quantités de ce mélange au tiers, seront un peu moindres si le sujet est de petite taille, un peu supérieures, s’il est fort. Il sera versé dans un bock et passé avec une sonde de Nélaton. On he doit pas employer de sonde rectale, dont le gros calibre exciterait immanquablement un réflexe d'expulsion. Si le sujet éprouve une sensation de distension, le caoutchouc du bock sera pincé, et on attendra quelques minutes avant de reprendre l'injection.
Si au cours de l’opération, l’anesthésie était trop poussée, on évacuerait un peu du mélange par la sonde de Nélaton
(1) Voir : Rob. Monod, Presse Médicale, 9 déc. 1918; et Lorenz Monod, Thèse Paris, 1920.
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laissée en place. De même, on ne doit pas manquer de vider l'intestin un peu avant la fin de l'intervention. Un lavement à l’eau savonneuse peut parfaire cette évacuation.
L’anesthésie obtenue, nous l’avons déjà dit, n’est jamais très complète ; si elle était par trop insuffisante, il suffirait de verser de temps à autre, quelques gouttes de chloroforme ou d’éther sur le champ opératoire qui recouvre le visage.
Cependant, nous pensons que, pour ce désossement du maxillaire, qui doit rester une opération limitée, courte et ne présentant pas de difficulté, puisqu'on la pratique sans se soucier du cancer, ces anesthésies générales sont excessives.
L’anesthésie locale el régionale est amplement suffisante ; elle laisse encore mieux la possibilité au malade de se débarrasser des mucosités sanglantes, surtout elle réduit à zéro les risques immédiats de cet acte chirurgical. Enfin elle est des plus faciles à réaliser, étant presque uniquement «locale» et à peine «régionale». À part une injection du nerf dentaire à l'Epine de Spix, elle est en effet surtout une infiltration périmandibulaire.
Nous n'avons pas parlé de l’anesthésie au « Somnifème ». Il est évidemment très pratique d’injecter dans les veines quelques centimètres cubes de liquide et d’avoir à peine le temps de se retourner pour voir le malade ronfler tranquillement. Nous avons employé personnellement cet anesthésique pour aiguiller un néoplasme étendu de la base de la langue qui avait atteint l’amygdale et les piliers. L’anesthésie est suffisante, mais elle est payée trop cher ; pendant 48 heures, les opérés restent dans un état d’agitation extrême, qui oblige à laisser en permanence une ou deux infirmières auprès d’eux. Par ailleurs l’inocuité de ce médicament n’est pas prouvée et il semble que les chirurgiens qui l’ont essayé l’ont aujourd’hui abandonné.
30 Faut-il lier La carotide externe ? — La ligature de la carotide externe est totalement inutile comme moyen d’hémostase préventive. Elle est plus discutable si on la pratique dans le but d'éviter les hémorragies secondaires, qui se