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part, l’arête vive de l’os ne manquera pas d’émerger à travers les lambeaux et de provoquer leur sphacèle, Si langle de la mâchoire, au contraire, a disparu, la muqueuse qui le recouvrait, soigneusement conservée, fournira une ampleur insoupçconnée et des lambeaux libres et viables: Les sutures auront plus de chances de ne pas lâcher, le pronostic immédiat sera meilleur, la cicatrisation plus rapide et faite de tissu souple.
La section postérieure, si l’on en croit Vallas, doit donc porter haut sur la branche verticale. Cependant, la désar- : liculation de l'hémi-maæxillaire par torsion, qui possède les mêmes avantages et ferait gagner quelques minutes, est à déconseiller complètement. Brutale et étirant les nerfs de la région, elle représente un facteur de schock très important, surtout elle entraîne souvent une hémorragie contre laquelle on reste désarmé, due à la déchirure des riches plexus veineux péri-articulaires.
Ces sections seront faites sans difficulté avec une scie de Gigi passée à travers le plancher. Ajoutons que la dentaire inférieure saigne constamment et qu’on doit la lier ou l’écraser dans son canal osseux, si elle y a déjà pénétré.
49 Section du plancher. — Quand la portion sacrifée du maxillaire est détachée, « tout devient mobile et l’opération peut être terminée en quelques secondes ». Le morceau de maxillaire, solidement attiré tend le plancher et la langue : on apprécie du doigt les limites de lPinfiltration et à larges coups de ciseaux on passe à distance de la tumeur, pinçant à mesure ce qui saigne, — le plus souvent la seule linguale. On peut enlever de la langue autant qu’on veut, en largeur comme en longueur vers la base ; on peut faire sauter en même temps le pilier antérieur et l’amygdale.
50 Réfectlion de la cavilé buccale. — Ce temps est primordial et on doit y apporter le même soin qu’à la périlonisalion du pelil bassin après une opération gynécologique septique.
On suture d’abord la muqueuse du moignon lingual à celle de la joue ; en arrière ensuite, la muqueuse de la base de la langue au pilier antérieur ; en avant enfin, on cherche à encapuchonner aussi parfaitement que possible la tran-
che de l’hémi-maxillaire restant, en attirant les gencives d’une part, la muqueuse du plancher et de la lèvre, d’autre part. |
Cette suture qui représente la sauvegarde de lopéré, doit être pratiquée avec des points séparés, jamais avec un sujet. Des points lâcheront, en effet, la désunion du moins doit rester partielle. De plus, la suture ne doil pas lirer. La désunion en effet résulte de la tension : que le lambeau reste souple et l'infection elle-même n’empêchera pas, généralement, la réunion. Si les lambeaux au contraire sont un tant soit peu tendus, tous les points lâcheront du premier au dernier.
Cest pourquoi si le cancer était étendu, et que l’étoffe manque, il faut en obtenir à tout prix. On en obtiendra le plus facilement par la dissection du revêtement de la joue que l’on pourra pousser très loin, et pratiquement on arrivera toujours à fermer la bouche, si l’on veut bien considérer que c'est le temps le plus important de l’opération et qu'on doit y apporter toute sa peine.
On cherchera également avec le plus grandKoin les éléments d’un second plan de sutures, en ramenant sur le plan muqueux tout ce qui se laisse attirer. On y gagnera une sécurité supplémentaire inappréciable. On est d’ailleurs ‘réellement surpris au cours de cette opération, de la facilité avec laquelle on refait une cavité close.
Cette opération peut être très rapide : Vallas la réalisait en une demi-heure. Notre maître, le Professeur Lecène, récemment, la pratiqua en vingt-cinq minutes.