DEUXIÈME CAS : RÉSECTION TOTALE
La technique est la même, mais l’incision est transversale, la dissection bilatérale, et la résection symétrique (rétro-angulaire des deux côtés, pour les raisons précédemment étudiées, et si on suit le conseil de Vallas).
Les seules précisions à donner concernent la réfection, de la cavité buccale. Dans les cancers, toujours étendus qui nécessitent cette résection totale, il arrive souvent
SAONE
qu'une étendue considérable de la Jangue soit sacrifiée (1). lei encore la résection rétro-angulaire donne de l’étoffe, : en même temps qu'elle reporte très en arrière lèvre inférieure et joues, et diminue ainsi considérablement les dimensions antéro-postérieures de la bouche à refaire. De la sorte, le moignon de langue pourra être réuni en avant à la muqueuse de la lèvre inférieure attirée en arrière, et sur les côtés à la muqueuse des joues devenues flottantes.
L'étoffe manque-t-elle encore ? Vallas emploie alors l’artifice suivant : dédoublant la langue par une section longitudinale de sa face inférieure, il l’étale ainsi suffisamment pour lui faire rejoindre sans traction les joues et la lèvre inférieure.
Ici, également, Vallas recommande un deuxième plan destiné à renforcer, autant que possible, les sutures muqueuses, en réunissant les muscles de la langue à ceux des joues et de la lèvre. Il en résulte que le moignon de langue fournit ainsi sa muqueuse, pour le revêtement de la nouvelle cavité buccale, et sa musculature pour la création. d’un rudiment de plancher. Grâce à ce procédé, on arrive à reconstituer une cavité buccale étanche.
On termine par un tamponnement lâche des plaies cervicales, sur lequel on rapproche les téguments par deux ou trois crins.
Suites proches Quelles sont les suites proches de ces grosses opérations ? On en jugera par le résumé de la statistique de Vallas qui porte sur 37 cas . L Sur 37 opérations, on relève dans cette statistique les décès suivants :
Mort par pneumonie : 10. cas.
— métastase pulmonaire : 1 cas.
— septicémie : 2 Cas.
— colapsus cardiaque : Î[ cas.
(1) Dans un cas, Morestin supprima la langue dans sa totalité, au ras de ses insertions hyoïdiennes. Il fut amené à suturer la muqueuse de l’épiglotte et du pharynx voisin aux débris des tissus pré-hyoïdiens et au digastrique, (Ce malade, neuf mois après l'opération était encore bien portant et sans récidive).