RATE AE
Le deuxième procédé est applicable surtout aux cancers de la commissure ; il consiste à refaire la joue avec la joue du côté opposé (Moréstin).
La joue opposée est détachée par deux incisions horizontales, on l’attire au-devant des arcades dentaires, de telle manière qu'elle comble la perte de substance et on la suture au bord de cette brèche.
Voici comment procède Morestin
Une première incision horizontale rase la sous-cloison du nez, détache ce qui reste de lèvre supérieure et continue sur la joue opposée jusqu’au masséter. Une deuxième incision horizontale part de la saillie du menton, détache de même ce qui reste de la lèvre inférieure et rejoint aussi le masséter.
On a ainsi un vaste lambeau flottant, très exlensible ; on peut d’ailleurs, pour faciliter et augmenter son glissement, désinsérer le muscle buccinateur de ses attaches, par un petit débridement pratiqué sous la muqueuse.
Ce lambeau est attiré et suturé aux bords de la brèche. Au niveau de la brèche elle-même, il est représenté par les restes des lèvres supérieure et inférieure, qu'après avivement on réunit ensemble, muqueuse à muqueuse et peau à peau. Quant au plein de la joue, qui, au-devant des arcades dentaires, obture la cavité buccale, il faut y créer un orifice en bonne place et suturer les bords de cette néo-bouche, en réunissant peau à muqueuse, de façon à obtenir un bordfrouge circulaire. Des retouches sont généralement nécessaires, en particulier, pour assurer la symétrie de ce nouvel orifice buccal, et la valeur de ses commissures (1).
Tel est ce procédé, prodige d’ingéniosité, qui apporte sur place un lambeau, muqueux à sa face profonde et cutané superficiellement. I est rare qu'il suffise à combler la brèche. On le complète dans la même séance, ou dans une séance ultérieure par un décollement de la muqueuse d’une part,
(1) Le procédé d'autoplastie par lambeaux à longs pédicules lubulés (Maire) convient tout à fait à la réparation de ces pertes de substance. Journal Chir:t. XXI, p. 113.