‹ Traitement des cancers du maxillaire inférieur (Epithéliomas du plancher de la bouche, de la joue, de l'amygdale, propagés au maxillaire inférieur) Radium- Rayons X- ChirurgieChapitre 37 sur 57 · UT EN · texte numérisé non relu

UT EN

doublée d’un lambeau cutané cervical d'autre part, répondant au premier procédé. Des retouches peuvent être nécessaires ; pour combler en particulier une fistule presque constante qui se crée à l’union des deux sortes d’autoplastie.

Cette chirurgie est de celles certainement qui demandent le plus de patience, six mois étant couramment nécessaires pour réparer ces vastes pertes de substance, mais la réparation en est toujours praticable, et dans tous les cas où la récidive rapide n’a pas interrompu ses travaux, Morestin est toujours arrivé au bout de sa tâche.

Or, le résultat fonctionnel et esthétique de ces opérations est parfait et dépasse ce qu’on pourrait en ‘Croire. L'homme que Morestin a opéré en 1904 et que nous venons de revoir, soit donc avec vingt et un ans de survie, sans récidive, était précisément atteint d’un cancer de la commissure, dont Morestin en a dit qu'il avait hésité à l’entreprendre. La brèche a été comblée chez lui par autoplastie aux dépens de la joue opposée. Nou seulement l’élocution est très bonne, la mastication suffisante, bien que l’hémi-maxillaire restant soit dévié et ne corresponde plus très bien au maxillaire supérieur, mais l’esthétique elle-même est à ce point parfaite qu’on à peine — sous une barbe blanche, abondante il est vrai — à imaginer le délabrement que cet homme a subi. On se représente en particulier avec difficulté que sa joue droite si parfaite a été construite avac la moitié gauche de ses lèvres, et que sa bouche actuelle, déformée dans l’ouverture parce que passive, mais normale dans l’occlusion, a été modelée dans son ancienne joue gauche ! Et l’on cherche les cicatrices sous les poils de la barbe pour s'assurer de la réalité des opérations qu'il a subies.

Nous avons déjà dit que sur les 14 observations que nous allons rapporter, ii n’y eut aucune mort opératoire. La réparation elle-même est toujours praticable : dans tous les cas où la récidive ou une affection intercurrente ne l’ont pas imterrompue, Morestin a pu la mener à bonne fin avec le même succès.

Il est intéressant de signaler que des cas de cancers de

EURE UPS

la joue peuvent bénéficier d’une réseclion économique du maxillaire. Pour le malade de la quatrième observation, lorsque la tumeur fut circonscrite de toute part, Morestin S’aperçut qu'elle ne tenait qu’à la face externe de los et à son rebord alvéolaire. Il pratiqua sans difficulté la résection partielle, en dédoublant l'os au ciseau.

Les Résultats

Les résultats, malheureusement, ne répondent pas assez souvent à la peine que le chirurgien se donne. Sur 14 cas opérés par Morestin (correspondant à un nombre égal de cas Inopérables) nous avons décompté : dix récidives presque immédiates, une récidive après un an (récidives Hocales ou ganglionnaires, parotidienne, carotidienne, sus-claviculaire, du côté de la lésion ou du côté opposé). Il y a done une proportion de 78 % de récidives proches !.

Les trois cas restants, par contre, sont magnifiques

Un cas sans récidive de 4 ans %. Nr

— — 7 ans.

— — 21 ans (1).

iL.,

QUATORZE OBSERVATIONS DE MORESTIN DE CAN- CERS DE LA JOUE OÙ DE LA COMMISSURE, PRO- PAGÉS AU MAXILLAIRE ET TRAITÉS CHIRURGI- CALEMENT.

Observation XXIII —- Soc. Anal. — 13 octobre 1899.

Début par phénomènes inflammatoires qui ont amené un médecin à pratiquer trois incisions. Etendue CAC Trismus.

17 juillet 1899. —— Exérèse.

Suture de la muqueuse de la joue à celle du plancher. ILreste une très grande brèche.

Suites très simples.

(1) Cet homme opéré en 1904 est revenu à l'Hôpital Saint-Louis dans le service du Dr Hudelo, présentant une localisation cancéreuse nouvelle sans rapport certainement avec son cancer initial définitivement guéri. Il s’agissait, en effet, de la transformation épithéliale d’une plaque leucopläsique sur la lèvre inférieure de sa bouche actuelle (ancienne face interne de sa joue saine). L’induration était superficielle ; il n’y avait pas d’adénopathie perceptible, et toute l’étendue de son ancien cancer et des territoires ganglionnaires était parfaitement souple et saine. Cet homme vient d’être opéré par notre mâäître le professeur Lecène qui a enlevé la lésion sans difficulté et trouvé à nouveau dans la joue gauche toute l’étoffe nécessaire à la réparation.

Page 1