‹ Traitement des chorees et des tics de l'enfanceChapitre 10 sur 20 · BOURNE VILLE · texte numérisé non relu

BOURNE VILLE

(3) Bzacne. Loco cilalo,

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C'est d'abord !'4; rcthrr pe, dont on a peut-être abusé, en particulier de l'hydrothérapie froide.

Le drap mouillé froid est très en honneur; nous l'avons vu plusieurs fois prescrire par le D' Comby. Leroux (1) recommande soit la lotion froide, soit la douche tiède d'abord, froide ensuite, suivie de friction sèche.

D'autre part, Hallopeter a traité 40 cas de chorée par les bains chauds, et il a obtenu des résultats satisfaisants ; l'amélioration a été plus rapide que par le traitement ordinaire (2).

Brochu est également partisan des bains chauds (3).

A la suite de massage général combiné à des mouvements passifs el associé à des bains fièdes, Fedorow a observé une grande amélioration, en quelques jours, dans 5 cas de chorée.

En somme, 1l semble que l'hydrothérapie tiède et en particulier les bains ont un effet sédatif supérieur à

l’hydrothérapie froide.

On a aussi employé l'électricité, Benedickt s’est servi du courant galvanique, Baguet des courants continus. Comme on pouvait s'y attendre, l'effet produit n'a pas été satisfaisant. On sait, que d’une façon générale, les applications de l'électricité ont des résultats défavorables dans toutes les affections convulsives ou spasmodiques. Nous croyons, avec M. Brissaud, qu'il faut catégori-

(1) Leroux. Trailé des maladies de l'enfance de Grancuer et Comsy, 1905, AIN ED 974;

(2) Harcorerer. The treatment of chorea by prolonged warm baths. The Journ. of the Amer. med. ass. Anat. in Jahresbericht ü. N. u P. 1904.

(3) Brocau. Un cas de chorée grave. Bull. méd. de Québec, avril 1900.

quement prohiber les (raitements électriques chez les choréiques.

Enfin dans ces dernières années on a pratiqué la ponction lombaire, d’abord dans un but de recherche, mais quelquefois aussi dans un but thérapeutique.

Bozzolo (1) ayant ponctionné quatre choréiques, à vu survenir {rois améliorations sensibles. Jemma (2) aurait obtenu d'excellents résultats dans deux cas de chorée grave.

La ponction lombaire semble bien en effet avoir produit des résultats satisfaisants dans un certain nombre d’affections nerveuses, mais ces faits sont encore trop peu nombreux, pour qu'on puisse recommander une intervention qui exige une habileté technique toute particulière.

Nous arrivons maintenant à la méthode de traitement qui nous parait mériter la préférence. C’est celle que nous avons vu mettre en œuvre dans le service de M. le Pr Brissaud et que ce dernier préconise depuis de longues années. Elle comporte :

Le repos au lit et l'isolement ; on peut y adjoindre la discipline psycho-motrice (Brissaud et Meige).

Depuis longtemps, en effet, M. Brissaud a constaté l'effet sédatif du hit sur les choréiques.

De son côté, Huyghe avait signalé les excellents

(1) Bozzozo. Riv. crit. di Clin. med., vol. I, n° 14. Analyse in d. Ja/vres bericht ü. N. u. P. 1900, (2) JEMMA. Gênes, Gazella degli Ospedali e delle cliniche, 1. XIT, 4901, p. 1517.

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résultuls vLte us par l'iinmobilisaton dans le traitement de la chorée hystérique arythmique. Il procédait de la manière suivante : après chloroformisation incomplète, on frictionnait les membres atteints, on les plaçait dans une gouttière ouatée et on enveloppait d'une bande. Le malade restait ainsi pendant 6 à 8 jours. Cependant Huyghe ne croyait pas cette méthode applicable aux enfants atteints de chorée de Sydenham (1).

D'autre part, Blache, dans les cas de moyenne intensité, a aussi recommandé pendant la première semaine le repos au lit avec isolement; il conseille de ne recourir aux médicaments qu'au bout de 6 semaines (2).

Baginski (3) préconisa aussi le repos au hit les premiers jours ; 11 conseille ensuite d'envoyer les enfants à la campagne.

Quant à la gymnastique rééducatrice, telle que MM. Bnissaud, H. Meige et Feindel l'ont apphquée aux tiqueurs, Roth l'a mis en œuvre pendant # ans chez les choréiques. « Le médecin doit montrer lui-même au malade les mouvements qu'il doit exécuter. Il s’efforcera d'obtenir que ces mouvements se fassent automatiquement en détournant d'eux progressivement l'attention du sujet. Pour arriver à l’immobilisation de la tête, 1l le fait compter en fixant un objet. »

Roth institue ce traitement dès le début de la maladie dans les cas graves (4). Flatau (de Berlin) conseille à ce

(1) Huyoue. Traitement de la chorée hystérique arythmique par l’immobilisation. Rev. Neuro, 1903, p. 869.

(2) BLacne. Clinique el thérapeutique infantile. Ruefr, 1894. (3) Bacinski. Voy. BLACHE.

(4) Roru. Uebungstherapie bei Chorea. Zeitschrift für Diætet. u. Phy. B. VIII, Heft, 9. p. 175. Anal. in Jahresberichl ü. Neur. u Psychi., 1904.

2e SUN

moment de prescrire le repos au lit et c'est seulement après la disparition des symptômes graves, de la grande agitation, que l’on commence les exercices méthodiques (1).

Guthrie décrit un traitement par les mouvements forcés (2).

Schwalbe recommande, mais dans les cas sérieux seulement, le repos au lit concurremment avec les médicaments. Il conseille également l'hydrothérapie tiède ou chaude, ainsi que la gymnastique (3).

M. Comby prescrit aussi le repos au lit, mais il n'insiste pas sur l'isolement.

Enfin, tout récemment, le # novembre 1905, nous avons vu le D' Marfan, à sa consultation des Enfants- Malades, donner à une fillette atteinte d'une chorée de moyenne intensité, succédant à un rhumatisme articulare aigu, le traitement suivant qui se rapproche beaucoup de celui que prescrit M. Brissaud :

1° Repos au lit, « comme si l’enfant avait la fièvre typhoïde » :

2 Alimentation légère : lait, œufs, farineux, très peu de viande ;

3° Une potion permettant à l'enfant de prendre 1 milligramme d'arséniate de soude par jour, et cela pendant 10 jours.

On le voit, le repos au lit, la surveillance, une gym-

(1) FLATAU. Voy. analyse de l’article de Roru.

(2) Gurarir. Traité de la chorée rhumatismale. Med. Presse and. cire. London,

(3) ScawaLsz, Grundriss der Pr, med, Slutigart, 3° Aufl. 1904, Scite 63,

nastique méthodique, tiennent une place de premier ordre dans le traitement de la chorée. La plupart des auteurs français et étrangers s'accordent pour donner la préférence à ces moyens thérapeutiques. C'est également sur lui que nous avons l'intention d'insister.

L'alitement et l'isolement sont les deux bases fondamentales de ce mode de traitement. Nous n'avons pas l'intention d’exclure systématiquement certaines médications qui paraissent avoir donné de bons résultats dans les chorées graves, rebelles aux autres prescriptions. Mais nous pensons qu'elles ne doivent être utilisées que secondairement.

N'est-1l pas préférable d'essayer pour commencer un traitement qui évite l'emploi de médicaments dont plusieurs ne sont pas sans dangers ? Il sera toujours temps d'y recourir si l'on n'a pas obtenu de résultats.

Il importe d'abord de distinguer deux cas, selon que le traitement est fait à demeure ou dans une maison de santé.

Nous insisterons surtout sur son application à demeure, les mêmes conseils pouvant être mis en pratique dans la

maison de santé.

Voici sous quelle forme pourra être prescrit le traitement des jeunes choréiques :

J. ALITEMENT ET ISOLEMENT. — Î[l est bien évident qu'on ne peut songer à appliquer ce traitement d'une façon identique à tous les Jeunes choréiques qui présentent de si notables différences dans la gravité de leurs symptômes ; aussi indiquerons-nous quatre étapes progressives auxquelles nous donnerons les titres suivants :

:) Augmentation du séjour nocturne au lit. — L'enfant devra se coucher tôt, très tôt (à 8 h. au plus tard), se lever tard, de manière à séjourner au lit environ 14 heures.

8) Augmentation du séjour nocturne au lit avec alitement diurne gradué. — Pour la nuit, comme précédemment.

Mais, en outre, l'enfant sera mis au lit après son déjeuner de midi, pendant deux heures au moins. On augmentera, s'il est besoin, lous les jours d’une heure cet alitement diurne jusqu'à un séjour au lit de # heures l'après-midi. L'enfant sera déshabillé ; on ne lui permettra aucun jouet, aucune lecture, 1l devra rester seul dans une pièce tranquille et dans la demi obscurité.

) Alitement absolu avec isolement. — L'enfant gardera le ht une quinzaine de jours ; il y prendra ses repas et 1l ne sera autorisé à se lever que pour ses besoins naturels. Une seule et même personne devra s’en occuper et les autres membres de sa famille n'auront le droit de le voir qu'une fois par jour et pour très peu de temps.

à) Alitement absolu avec isolement dans l'obscurité. — Au traitement précédent on ajoutera l’obscurité complète, sauf au moment des repas qui se feront dans la demi obscurité. On pourrait aussi envisager, si la chose est possible, une cure photothérapique en utilisant la lumière bleue, tamisée.

Ces différentes étapes correspondent aux différents degrés d'intensité de la chorée chez les jeunes enfants. Il n’est pas iautile de les envisager en présence des difficultés que l’on rencontre dans la pratique. Mais va sans dire, que d'une façon générale, toutes les fois que

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