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CHAPITRE III

Les traitements préconisés contre la chorée sont extrémement nombreux et cette multiplicité même prouve qu'aucun de ces traitements n’a de vertu absolue. Nous allons passer en revue les principaux :

D'abord les agents médicamenteux.

Comme on peut facilement s’en douter, le salicylate de soude et l’aspirine ont été employés systématiquement par ceux qui virent dans la chorée une forme de rhumatisme (1). Un grand nombre de médecins s'en sert, et c'est à Juste ütre, quand la chorée a été précédée ou accompagnée de phénomènes nettement rhumatismaux.

L’aspirine est recommandée par Williamson dans les cas graves. Il la donne à la dose de 0 gr. 60 à 0 gr. 90 et 1l aurait obtenu un très favorable effet chez certains malades qui s’élaient montré réfractaires aux autres médications (2).

L'arsenic avait été employé autrefois ; 1l fut ensuite abandonné et nous devons sa réhabilitation à Séguin (3) et à Comby (4). Ce dernier le donne sous forme d'acide

(1) Kograx. Arch. für Kinderheilkrankh., B. 36, p. 28. — MerLiw. Journ. de Clin. et therap. infant. 23 décembre 1897.

(2) Wirzramson. The Lancet. August. 1903.

(3) Seau. Leçons sur le traitement des névroses, 1893.

(4) Comex. La médecine moderne, 189,6 et Revue neurol., 1896, p. 531.

arsénieux ; il fait prendre 10 gr. de liqueur de Boudin (acide arsénieux au 1000°) le premier jour; il augmente

la dose de 5 gr. par jour jusqu'à %5 gr., puis il redescend en suivant la progression inverse jusqu’à 10 gr.

Comby, Mery, Moizard (1) partagent l'idée que l’arsenic prévient les endocardites et qu'il jugule l’incoordination motrice.

Oppenheim se déclare partisan de l'emploi de l'acide arsénieux dans tous les cas de chorée: il préfère souvent l'associer au fer (2).

Quelquefois Comby associe l’antipyrine à l'arsenic, mais 1l recommande dans tous les cas, pendant la durée de la cure, le régime lacté absolu. Celui-ci pare, dans une grande mesure, aux accidents qui ont été imputés à l'arsenic.

Certains auteurs ayant en effet appliqué la méthode de Comby avec succès dans la plupart des cas, ont observé quelques accidents. Aussi restreignent-ils les indications de ce médicament.

Rœder (3) s’en est fort bien trouvé dans les cas d’intensité moyenne, mais dans les formes infectieuses, rhumatismales, 1l constate vers le 14° jour l'apparition de toute une série de symptômes, tels que : élévation de la température et du pouls, aggravation de l’état général et de celui du cœur, réapparition des douleurs rhumatismales, et quelquefois, de véritables accidents à forme

(4) Cousy, Mery, Morzarp. Bullelin de la Soc. méd. des Hôpitaux. An. in ev. Neuro., 1903, p. 312.

(2) Orpexuem. Lehrbuch der Nervenkrankheiten, p. 1307 à 1309, Berlin, 1905.

(3) Roger. Beobachtung bei der Arsentherapie der Chorea. Anal. in Jahresbericht ü. Neuro. u Psychi., 1903.

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typhoïde qui eurent une issue fatale. En général, il obtenait une amélioration sensible quand il supprimait ou diminuait fortement la dose d’arsenic.

Pope (1) et Tschernow sont d'avis de s'abstenir de l'arsenic dans les cas graves ou quand il y a des complications cardiaques.

Tschernow (2), qui employait la méthode de Comby, a eu l’occasion de voir fréquemment des altérations du côté de l'appareil cardiaque et, en même temps, des phénomènes d'intoxication accompagnés de vomissements.

La médication cacodylique a donné des résultats inégaux. Lannois (3) a obtenu quelques améliorations rapides et uniformes là où d’autres traitements étaient restés sans résultats. Mais à côté de cela, Hebar (4) cite de nombreux insuccès.

On a, d’ailleurs, actuellement tendance à revenir à des formes plus simples de médication, aussi bien pour l’arsenic que pour le fer. Ainsi donne-t-on à nouveau la liqueur de Fowler : IV gouttes le premier jour et augmenter de une goutte par jour jusqu'à XII, puis redescendre de même à IV gouttes, chez un enfant de 10 ans.

On y associe l’antipyrine (5). On prescrit aussi l’arséniate de soude ; 2 mulligr. au début et augmenter pro-

(4) Pope. Arsen in the treatment of Chorea. Anal. in Jahresbericht ü, Neur. u. Psych. 1902.

(2) Tscnernow. Ueber die Behandlung der Chorea bei Kindern mit grossen Dosen acidi arsenicosi. Wratch, n° 4.

(3) Laxxors. Quelques cas de chorée traités par le cacodylate de soude. Lyon médical, 27 janv. 1901.

(4) HeBar. Thèse de Paris, 592, 7. VII, 1901.

(5) Becuterew. Revue de psycho. et neuro., (russe), no 42, 1899.

En e.

gressivement jusqu'à l'intolérance (1), ou l'arseniate de strychnine, 1 à 2 milligr. par jour (2).

En résumé, la médication arsenticale peut être utilisée dans la chorée, exception faite pour les cas très graves el lorsqu'il existe de la fièvre et des phénomènes infectieux. 1l importe de ne point trop élever les doses et de ne pas prolonger l'emploi de l'arsenic chez les enfants.

Dans la série aromatique, l’anfipyrine a été fort préconisée. Leroux commence par 3 gr. et va jusqu'à 6, 8 er. suivant l'âge pour obtenir des résultats favorables. Si l'amélioration ne se fait pas sentir au bout de 3 semaines, il faudra abandonner l’antipyrine (3).

Carrière et Leclerq, l'associent à l’arséniate de soude. Ils notent la disparition des mouvements quand la dose d’antipyrine atteint 6 gr. par Jour; maisils n'hésitent pas à aller jusqu'à 10 gr. (!) (4).

On a préconisé également l'exalgine, l’analgésine, l’asaprol (5).

Mais l’antipyrine a le défaut, selon Comby, de diminuer la sécrétion urinaire, de donner de l’hémoglobinurie et des érythèmes. Aussi, comme pour l’arsenic, recommande-t-1l la diète lactée absolue pendant les quinze premiers jours du traitement par l’antypirine (6).

On peut donc essayer les effets de l'antipyrine chez

(4) MaRFAN.

(2) Bcacne. Clinique el thérapeut. infantile, 1894.

(3) Leroux. L'antipyrine dans la chorée de Sydenham. Rev. mens. des mal. de l'enfance, 1890.

(4) CARRIÈRE et LECLERQ. Soc. de Biol. 25, V, 1901.

(5) MONCOR VO.

(6) Cowsy. Bulletin soc. méd. des hôp. de Paris. Anal. in Revue neuro, 1903, p.312.

les jeunes choréiques ; mais ici encore il faut se garder d'élever trop les doses, car les susceptibilités individuelles à ce médicament sont extrêmement variables et l'on doit toujours se méfier de l'intolérance qui, chez les enfants surtout, peuvent se manifester à de trop fortes

dose

On a encore essayé une foule de médicaments :

La quinine recommandée par Dorland a été associée à l’antipyrine, avec succès par Baginski et Legroux.

Le salophène fut donné par P. Marie, l'ergotine en extrait fluide par Smith, le fartre stibié par Fabel, l’Aëdonal par Vargas, le frional par Mackey, le bromure de camphre par Bossard (1): ce dernier médicament, donné par Bourneville et Katz à doses croissantes, à produit de bons résultats (2).

Lorsque la chorée atteint un degré assez intense, on à recommandé les antispasmodiques, tels que : la valériane, 0 gr. 30 à 1 gr., l'oryde de zinc, l'assa fetida, les pilules de Méqlin, le sulfate de zinc, le phosphure de zine, le bromure de potassium (Bouchut), enfin on a essayé aussi le sulfate de strychnine [Trousseau) et l'hyosciamine (Oulmont) (3).

Enfin dans les cas graves, on a encore coutume d'employer le traitement de Trousseau : l'optum à doses assez élevées :

| pilule d'opium de 0,01 centigramme toutes les deux

(4) Bossarv. Thèse Paris, 577, 17.V, 1901.

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