LOS
Quoiqu'il en soit, les 2 cas de cystites blennorrhagiques aiguës que j'ai soumis aux instillations de sublimé m'ont donné 2 guérisons (Obs. XX et XXI).
Les cystites blennorhagiques chroniques, revêtant souvent la forme dite douloureuse, étaient rebelles très fréquemment à l’action du nitrate d'argent, de plus ces instillations provoquaient souvent une recrudescence de la douleur au point de devenir intolérables. Dans ces cas, au contraire, le sublimé nous a donné d'excellents résultats, nos observations XVII, XVII, XIX, XXI, XXHIT, XXIV le démontrent. De foutes ces observations celle qui porte le numéro XXIIT est la plus intéressante, car elle concerne un malade atteint d’une cystite ancienne, douloureuse, urinant jusqu'à cent fois dans les 24 heures, qui fut soumis à la cystotomie et à une série d’instillations argentiques. Ces dernières le faisaient atrocement souffrir.
L'amélioration se manifesta très rapidement dès qu'on eut remplacé le nitrate par le sublimé, presque aussitôt tous les symptômes s’amendèrent, la douleur en particulier. L'amélioration ne put malheureusement pas aller jusqu’à la guérison, mais il n’y a quand même pas de comparaison entre l’état dans lequel fut le malade sous l'influence des instillations argentiques (douleurs atroces, 102 mictions dans les 24 heures, 35 grammes de capacité vésicale) et des instillations de sublimé (douleur nulle, 20 mictions dans les 24heures, capacité vésicale 105 grammes).
Dans les cystites aiguës, dans les cystites par cathétérisme, dans les cystites des prostatiques, dans celles,
Lerore
de nature encore mal connue, que l’on rencontre chezla femme, nous avons obtenu avec les instillations de sublimé de bons résultats, ce qui-nous permet de nous résumer en disant: les instillations de sublimé peuvent être employées dans toutes les cystites (1) avec avantage, elles doivent l'être dans les cystites tuberculeuses et d’une facon générale dans toutes les cystites douloureuses et dans celles qu’on aurait tenté en vain de modifier par le nitrate d'argent.
(1) Je ne parle pas ici des cystites des calculeux qui cèdent à la lithotritie (encore seraient-elles justiciables du sublimé si elles persistaient après l’opération), ni des cystites des néoplasiques contre lesquels aucun topique ne peut être évidemment puissant.
EV
Pouvoir antiseptique du sublimé.
Nous résumerons dans ce chapitre les quelques pages que M. je professeur Guyon consacre à ce sujet dans les « Annales des maladies des organes génito-urinaires » de janvier 1892.
M. Hallé, chef du laboratoire de M. Guyon est arrivé aux résultats suivants :
L'addition de sublimé en solution à 1 p. 1000 et même à 1 p. 4000, à de l’urine stérilisée, dans les proportions de 1 de solution de sublimé p. 10 d’urine empêche complètement le plus souvent, ou, du moins, retarde considérablement la contamination de cette urine, laissée à l'air libre, par les microbes de l’air. Dans deux séries de six expériences, les tubes additionnés de sublimé sont restés ouverts un mois à l'air sans se troubler. Les tubes contenant l'urine seule étaient troubles au bout de 4 à 5 Jours.
D'autre part la présence de 0 gr. 25 d’albuminate de mercure, dans un tube de 10 centimètres cubes debouillon peptonisé, empêche dans ce bouillon le développement de la bactérie pyogène et du staphylococcus pyogenes aureus.
Au point de vue microbicide la solution de sublimé
à 1 p. 1000, dans les ‘proportions de 10 centimètres
FNOGUEe
cubes de sublimé pour 1 centimètre cube de culture, tue, après contact d’une heure, toutes les cultures des cinq microbes suivants : staphylococcus aureus, streptococcus pyogènes, uro-bacillus, bacterium coli commune, bactérie pyogène.
Sur les bacilles de la tuberculose, le sublimé a-t-il une action réelle ? I ne nous est guère permis de l’affirmer, quoique les expériences de Coze, Simon, Schill et Fischer, prouvent que le sublimé à une action antiseptique sur les crachats tuberculeux, quoique Sormani el Brugnatelli regardent même le sublimé comme l'agent le plus actif pour la désinfection des crachats tubereuleux.
Je ne puis prétendre que le sublimé ait tué les bacilles tuberculeux dans les vessies où je l’ai injecté, bien que, dans toutes, le nombre des bacilles ait diminué et que dans une même (Obs. Il) ils aient disparu sous cette influence. Mais il peut toujours agir comme un antiseptique puissant qui modifie peu à peu les conditions où se trouve une vessie envahie par les bacilles de Koch. Quoi qu'il en soit nos résultats cliniques sont là pour témoigner de l’heureuse influence de la méthode que nous préconisons (1).
Je ne saurais mieux faire que de citer ici quelques passages de la clinique de mon éminent Maître à laquelle je faisais allusion plus haut :
« Nos observations, pas plus que ces expériences, ne montrent une action positive du sublimé sur l’organis-
(1) Traitement des cystites par le sublimé, par M. le Professeur Guyon, in Annales des maludies des organes génito-urinaires, janvier 1892.
me de la tuberculose, mais elles s'ajoutent aux faits
cliniques, et sont, comme eux, favorables à l'emploi du sublimé ! :
« C’est en effet ce qui différencie encore si profondément l’antisepsie chirurgicale de l’antisepsie médicale que cette dissemblance, si grande dans les résultats à obtenir. Les chirurgiens n’ont d'autre rôle à remplir que celui de préserver, les médecins ont surtout à lutter contre une prise de possession antérieure à leur action. Nous nous trouvons ici placés dans une situation intermédiaire. L’organe que nous cherchons à soigner directement à l’aide des antiseptiques est déjà infecté, il est cependant directement accessible et l'emploi de ces précieux agents suivant le mode chirurgical est possible. Les expériences comme les observations démontrent que la guérison ne sera pas pour cela toujours assurée. Dans les cystites, alors même qu'elles ne sont pas tuberculeuses, nous pouvons éprouver des échecs ou n’avoir que des succès relatifs. Mais les expériences ont sur l’observation cette supériorité qu’elles nous montrent les causes des insuccès, et nous font connaître les conditions qui peuvent le mieux permettre de les éviter ».
M. le Professeur Guyon insiste ensuite sur ce fait que l’on court à un échec certain si l’on veut agir sur l'urine, attendu qu'il faut des doses formidables pour désinfecter des urines purulentes ; on doit au contraire s’efforcer d’agir sur la paroi vésicale. Les lavages, en dehors
pas s de mise ici, puisqu'ils ne tes . l'action momentanée d'une solution forcément faible. Au con-
traire 1 l'instillation permettra d' obtenir l'é élévation de la dose et la durée du Font ARS
Technique des instillations. — Réglementation du traitement.