‹ Traitement des cystites: Par les installations de SubliméChapitre 8 sur 23 · IL · texte numérisé non relu

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Des raisons qui doivent faire préférer les instillations aux lavages et l’emploi du sublimé à celui du nitrate d'argent.

Je rappellerai simplement ici ce fait établi précédemment, à la suite de mes premiers essais, que les lavages ont {toujours donné des résultats très inférieurs à ceux obtenus par les instillations. Ce n’est pas d’ailleurs là un fait nouveau, M. le professeur Guyon l’a démontré 1l y a déjà longtemps, et a fréquemment appelé l’attention sur ce point. Mais, étant donnée son importance, je ne crois pas inutile de l’étudier à nouveau avec l’appui de nos observations.

Non seulement dans les cystites, et en particulier dans les formes douloureuses, les lavages doivent être proscrits comme moins efficaces que les instillations au point de vue de la marche générale de la maladie, mais ils doivent être considérés comme nuisibles, comme dangereux, et c’est sans aucun doute à leur emploi que sont dus non seulement les insuccès, mais même les aggravations notées dans les statistiques de M. Perregaux. La preuve évidente nous en est donnée par les observations III, XIX, XXX.

L'observation III, avec le graphique qui l'accompagne et qui la résume par semaines, est la plus démonstra-

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tive en ce qui concerne l'influence néfaste des lavages et l'influence si heureuse des instillations de sublimé. Ce malade, atteint de cystite tuberculeuse, est soumis pendant le premier mois de son séjour à l'hôpital à des instillations de sublimé précédées de lavages boriqués. La douleur est très violente, le malade ne peut pas garder l’instillation au-delà de quelques secondes, les mictions sont de 20 à 30 dans les 24 heures, les urines sont troubles et contiennent un dépôt purulent abondant. Pendant ce premier mois on ne constate pas d’amélioration, la douleur reste toujours aussi vive. Le malade, qui souffre beaucoup à la suite des lavages et dans leur intervalle, éprouve pendant leur durée un bien-être très marqué qui nous pousse à augmenter encore ces lavages de fréquence et d’abondance. En conséquence pendant les 5° et 6° semaines de son séjour à l'hôpital nous fimes précéder chaque instillation d'un lavage boriqué très grand et très prolongé : sous cette influence la douleur augmenta encore d’acuité, au point de durer même la nuit et de causer l’insomnie, les mictions allèrent en augmentant de fréquence en même temps que la capacité vésicale diminuait, l’état général lui-même s’aggravait. Nous avons été ainsi amené à penser que celte recrudescence des symptômes morbides coïncidant avec l'augmentation des lavages en était le résultat : nous avons cessé tout lavage pour ne maintenir que les instllations. L'état du malade a aussitôt changé en quelques jours, avec une rapidité remarquable. Toute douleur à disparu comme par enchantement, les mictions ont diminué progressivement de fréquence,

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l’état général à repris, et, six semaines après, le malade était guéri. Depuis trois ans cette guérison s’est maintenue, il y à donc tout lieu de croire qu’elle est définitive,

En jetant les veux sur la courbe qui accompagne l’observation III, on se fera, d’une façon très saisissante, une idée exacte de ces différentes phases du traitement.

L'observation XIX concerne un malade, porteur d’une cystite blennorrhagique ancienne, qui fut longtemps traité sans résultat par des lavages de vessie, et qui n'eût d'amélioration dans son état que lorsqu'il fut traité par les instillations qui l’ont rapidement guéri.

L'observation XXX est celle d’un malade atteint de cystite aiguë, occasionnée par des cathétérismes malpropres. La douleur, qui devint très intense tant qu'on fit des lavages de vessie avec le nitrate d'argent d’abord, puis avec le sublimé, céda rapidement aux instillations, qui amenèrent la guérison en un mois.

Voici donc un premier fait bien établi. Reste un second point à éclaircir : le principe des instillations étant admis, dans quels cas doit-on employer le sublimé de préférence à d’autres substances, au nitrate d'argent en particulier ? À

Ici notre réponse sera catégorique, car les recherches que nous poursuivons depuis 3 ans nous permettent d’affirmer qu'on peut employer avantageusement le sublimé dans tous les cas. indistinctement, dans tous il nous a toujours donné debons résultats. Mais étudions en particulier les applications des instillations de sublimé dans les deux grandes catégories de cystites : tuberculeuses, blennorrhagiques.

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Dansles cystites dues à la tuberculose, ainsi que nous le disions dans notre Introduction, on est resté longtemps sans oser appliquer un traitement local. Lorsqu'on a tenté ce dernier, on a employé les instillations de nitrate d'argent, de glycérine créosotée, à peu près toujours sans résultats. Bien plus, on a obtenu ainsi non seulement des insuccès, mais des aggravations et ces instillations, inefficaces souvent, élaient toujours très douloureuses. Les instillations de sublimé sont au contraire les seules qui aient jusqu’à ce jour donné de bons résultats chez les malades atteints de cette redoutable affection. En outre, elles ont, seules aussi, l’immense avantage de n'être pas douloureuses par elles-mêmes et de diminuer rapidement les douleurs de la cystite, deux conditions que ne remplit pas le nitrate d'argent qui, s’il fait merveille souvent dans l’urèthre, est bien inférieur dans la vessie, du moins sous forme d'instillations, car en lavages c’est un excellent antiseptique qui peut rendre de grands services dans les cas où il a été préconisé par le Professeur Guyon (cystites indolores des prostatiques, antisepsie de la vessie avant et après la lithotritie, etc.).

Dans les cystites blennorrhagiques les instillations de sublimé nous ont donné d'excellents résultats. Elles me semblent cependant être surtout applicables aux formes chroniques, qui persistent sans écoulement uréthral, car dans le cas contraire, toutes les fois qu'il y a blennorrhagie de l’urèthre, le traitement par le permangauate de potasse, si admirablement institué par M. le docteur Janet, est préférable, puisqu'il agit à la fois sur l’urèthre et la vessie.

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