‹ Traitement des Dents Infectées et de Leurs Complications Infectieuses Péri-ApicalesChapitre 14 sur 24 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Une des premières conditions du succès dans le traitement des « quatrièmes degrés » est de ne rien négliger des règles qui régissent tout acte chirurgical. L’application de ces principes de la chirurgie générale à notre spécialité exigera :

a) La stérilisation des mains, des instruments.

b) La préparation du champ opératoire.

c) Le choix d’une méthode opératoire.

a) Stérilisation.

La propreté chirurgicale est trop souvent négligée : Ta septicité permanente de la bouche n’en dispense pas. Nous verrons qu'il est possible de ne pas avoir de contact avec ce milieu septique par l'isolement absolu de la dent ; mais

cet isolement n'est pas toujours facile à réaliser et l’opé-

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rateur, malgré ses précautions, ne peut souvent éviter ce contact avec les lèvres, la langue, les dents voisines, la salive. Aussi serait-on tenté de croire à l’inutilité de l’asepsie en pareil cas. C’est une erreur qui cause beaucoup d'échecs dans le traitement des dents infectées.

La stérilisation de l’instramentation doit être parfaite : eau bouillante additionnée d’une petite quantité de borate de soude, bains antiseptiques prolongés, vapeurs antiseptiques ou autoclave, tels sont les moyens à employer. Chacun procède comme il trouve plus pratique. Nous préférons l’eau bouillante pour tous instruments ayant servi pour une dent infectée, pour ceux qui ne sont pas lisses comme les fraises, les tire-nerfs, les meules... Les vapeurs antiseptiques semblent plus indiquées pour les appareils compliqués et démontables auxquels l’humidité serait préjudiciable. Doit-on retenir le mode de stérilisation par flambage ? Nous ne le croyons pas, car le fait de passer rapidement l'extrémité des instruments audessus d’une flamme ne stérilise rien du tout et particulièrement par le manche; et la température suffisante pour obtenir la stérilisation complète occasionnerait une détérioration coûteuse du matériel.

Il est deux instruments que l’on ne songe pas en général à désinfecter : ce sont la pièce à main et l’angle droit, destinés à porter les fraises. Cependant, ils sont en contact avec la bouche du patient et les mains souillées de l'opérateur et méritent une stérilisation après chaque client. Si l’on est certain que la salive n'a pas pénétré

l’intérieur de ces pièces, il est suffisant de les nettoyer

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avec une compresse ou un tampon d'ouate imbibé d'un antiseptique non irritant pour les muqueuses : alcool à 90° par exemple. Mais souvent une stérilisation plus complète s'impose : on peut la réaliser par l’usage du « Poupinel » ou d’un appareil analogue.

On doit proscrire sévèrement l'usage cependant cou- . rant de ces brosses circulaires montées sur le tour et destinées à décrasser les fraises. Si les fraises étaient toujours bouillies au préalable, ce serait bien... mais la plupart des opérateurs se servent de ces brosses pour nettoyer la fraise pendant son utilisation et continuent avec ce méme outil la préparation de la cavité de la dent ! C’est une double faute ! Ces brosses deviennent un dépôt de la dentine infectée de chaque patient, au contact de quoi se souille tout instrument ; et la force de rotation éparpille un peu partout les débris infectés déposés par la fraise.

Les mains de l'opérateur doiveñt subir un savohnage et brossage minutieux, non seulement après chaque malade, mais au cours d’une même opération, si un temps aseptique doit suivre un premier temps septique, si l’on soigne une dent non infectée après une dent infectée. Il est inutile de dire que là stérilisation instrumentaire doit

être faite entre ces deux temps.

b) Champ opératoire.

Le champ opératoire est réalisé, en art dentaire par l'isolement de la dent. La « digue » en caoutchouc est le

plus sûr protecteur contre le milieu buccal : lorsqu'elle

est bien mise, ni la salive, ni le suintement gingival, ni la vapeur de la respiration ne viennent gêner le praticien. Son application est indispensable pour l'emploi de certaines méthodes de traitement : par l’acide sulfurique, le peroxyde de sodium... et pour tout acte que l’on veut parfaitement aseptique. Si l’on ne veut pas poser la digue, on peut utiliser des rouleaux de coton isolateurs qui sont

suffisants dans bien des cas.

c) Méthode opératoire

ou Traitement proprement dit,

Nous envisagerons d'abord le traitement du « quatrième degré » simple, sans complication d'aucune sorte ; nous décrirons les principaux procédés employés et, supposant la dent guérie, après une mise en observation, nous parlerons de l’obturation des canaux.

Nous exposerons ensuite le traitement des complica-

tions.

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