‹ Traitement des Dents Infectées et de Leurs Complications Infectieuses Péri-ApicalesChapitre 16 sur 24 · ER EE · texte numérisé non relu

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fisamment du milieu buccal le pansement qui n’est pas souillé même après deux ou lrois jours : il est vite mis, permet de ne pas fouler. Les ciments dits « temporaires » peuvent aussi rendre service, Ce pansement antiseptique est laissé vingt-quatre heures ; dans une deuxième séance on peut commencer le nettoyage des racines, mais il convient d'être prudent ; il vaut mieux ne pénétrer que peu à peu dans les canaux et au fur et à mesure de leur désinfection progressive. S'il est des cas bénins où un seul pansement suflit, il est préférable de ne pas se hâter et de le renouveler plusieurs fois, en se basant sur l'odeur. Les débris sont enlevés à l'aide de tire-nerfs, puis de mèches antiseptiques formées d'ouate enroulée sur de fins équarissoires lisses, Ces mèches doivent être d'un calibre plus petit que celui du canal pour ne pas provoquer de refoulement.

Le choix de l’antiseptique est étendu. Les mèches qui. servent au nettoyage peuvent être imprégnées de chlo. roforme, d’éther, d'eau oxygénée, etc... 11 faut éviter les. coagulants, par exemple l'alcool camphré que nous avons vu utiliser et qui présente en outre l'inconvénient de masquer l'odeur des mèches qui est un moven de contrôle. Nous donnons généralement la préférence à l'eau oxygénée à 12 volumes, à 20 volumes ou même à 100 volumes quand nous voulons une action forte et rapide. On passe autant de mèches qu’il en faut pour qu’elles ressortent des canaux blanches, inodores. Une ou plusieurs applications de ce procédé technique sont néces-

saires selon le degré d'infection.

ENrUMAGE 10DÉ. — Les vapeurs d’iode peuvent être le désinfectant préalable au déblaiement des canaux. Le pouvoir de pénétration de ces vapeurs permet d'en obtenir d'excellents résultats. La poire « Grasset » donne un moyen pratique de faire cet enfumage. Un dispositif spécial permet à l'air chaud de se charger de vapeurs d’iode au contact du métalloïde et de sortir par une petite canule dont la finesse, la forme peuvent varier suivant les cas. Le seul inconvénient à craindre est une coloration plus ou moins prononcée de la dent traitée. Le nettoyage mécanique doit être fait comme plus haut; les mèches de chloroforme sont iei assez indiquées, puisque ce produit dissout l’icde, permettant ainsi le blanchiment

de la dent.

LAVAGES PAR INJECTIONS. — [ls demandent une seringue en verre de deux centimètres cubes et une série d’aiguilles en platine iridjé de calibres différents selon le diamètre des canaux et de courbures plus ou moins accentuées selon la position de la dent sur l’arcade dentaire. Le liquide peut être de l’eau oxygénée, du « Néol », du liquide Dakin.…. L'injection doit être faite aussi chaude que possible. L'aiguille est introduite à mi-hau. teur de la racine, le piston poussé modérément et le liquide doit pouvoir ressortir facilement. Le courant d’eau lave mécaniquement ; la chaleur vient renforcer l’action antiseptique, et se montre un bon sédatif quand il y a douleur.

La seringue peut également servir à porter dans la ra-

cine, inäais sous pression, quelques gouttes de teinture d'iode selon la manière indiquée par M. Boxxanp. L'aiguille est introduite dans le canal et une obturation sommaire à la gutla permet la pression du médicament, Cela donne de bons résultats, mais on ne saurait accorder à celte méthode un pouvoir de nettoyage mécanique qui devra être exécuté auparavant. Le chlorétone, que ce même praticien associe à la teinture d’iode dans la propor-

%, augmente les propriétés calmantes de

tion de 15 à 0 celle-ci. Le chloroforme, comme véhicule de Fiode, n’est pas à conseiller : il peut, en dépassant lapex, provoquer un certain degré de brûlure.

Dans le traitement des « quatrièmes degrés » simples, le premier procédé, par les mèches antiseptiques, donne le résultat cherché et nous réservons habituellement les

autres pour le traitement des complications.

2° Méthodes basées sur des réactions chimiques.

Le principe en est la solubilisation des matières pu-

trides de la racine suivie de leur écoulement naturel.

AIDES. — Le plus employé parmi les acides est l'acide sulfurique. I à été préconisé en Amérique par CALLAHAN à divers degrés de concentration. Le D' SIFFRE l'utilise pur et sous la protection de la digue ; ce corrosif est porté dans les canaux par des sondes en fer mou, en cuivre, en platine : « il déshydrate, produit de la chaleur, stérilise

et tue tout ce qu'il touche ». Jamais d’eau, recommande-

re

til, parce que l’acide se dilue et passe au-delà de l’apex. On doit nettoyer les canaux en y passant des mèches nombreuses jusqu'à ce qu'elles‘ ne sentent plus rien et sortent incolores.

M. Privz emploie l’eau régale.

ALCALIS. — On peut reprocher aux acides leur action corrosive capabie de provoquer un certain degré de ramollissement des parois radiculaires et laisser un « reliquat cartilagineux » que lon est obligé d'enlever par des moyens mécaniques. L'action corrosive des alcalis est moins complète : ils laissent presque indemne l'émail et le tissu dentinaire n’est pas totalement détruit : la trame organique seule disparaît et les sels calcaires s'éliminent d'eux-mêmes sous forme de poudre blanche (D' Orro ZSieMonpY).

E. Scureier (Vienne) à introduit le premier le potassium et le sodium métalliques pour désinfecter les canaux. Peu après E. C. Kink (Philadelphie) a proposé le

bioxyde de sodium.

MÉTHODE PAR LE BIOXYDE DE SODIUM (d’après le D' Orro Zsiemoxpy). — L'action du bioxyde de sodium est double : son pouvoir désinfectant va de pair avec son aptitude à élargir les canaux. Ne pouvant séparer ces deux qualités, nous sommes forcés d'anticiper sur l'exposition des procédés d’élargissement des canaux.

Ce corps se décompose au contact de l’eau en donnant

de la soude et de l’eau oxygénée.

Nao Oo + %H2 O = 2 Na O H + H5:0)

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Cette réaction chimique s'accompagne. d’une élévation de température qui décompose à son tour l’eau oxygénée en O naissant et Ho ©. L'eau et la soude donnent une solution dont la propriété dissolvante sur la substance organique de la dentine à été mentionnée plus haut. La chaleur et l'O naissant sont de puissants agents de désinfection.

Le bioxyde de sodium est d’un emploi délicat, car l’exposition de ce corps à l'acide carbonique de Fair le ramène à l'état de soude. I} faut donc le conserver à labri de l'air, l’introduire intact dans le canal où l’on veut produire la réaction chimique. Il faut opérer sous la digue pour éviter l'humidité de l’haleine. Une sonde à canaux apporte dans le canal bien séché la poudre fine de bioxyde et une goutte d’eau introduite ensuite provoque la réaction. La sonde peut être enduite de glvcérine pour l’adhérence. Elle pénétrera progressivement dans les canaux si on lui imprime un mouvement de vrille ; si cette pénétration ne se fait pas du premier coup, il faut recommencer l'application après avoir eu soin de bien enlever les débris de pulpe qui ont pu se tasser au fond du canal. L’élargissement des canaux se fait ainsi peu à peu et se produirait sur des racines coudées et même en forme de baïonnette. | Ge

Le peroxyde de sodium lutte également contre les concrétions calcaires que produit la réaction pulpaire contre l'infection, il les dissout et ouvre le chemin de l’apex.

Le danger d’une explosion de ce corps au contact de

l’eau, surtout en présence de matières-organiques est fa-

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cile à éviter : il faut se servir exclusivement de poudre bien fine et éviter l'emploi d'ouate pour appliquer le peroxyde de sodium.

Les brülures occasionnées par le contact de ce sel avec la muqueuse sont insignifiantes si on lave immédiatement et ne se produisent pas si la digue a été placée.

Il peut v avoir une légère irritation de la région

péri-apicale mais qui disparait rapidement.

ASSOCIATION DU SODIUM-POTASSIUM A D’AUTRES SUBSTANCES CHIMIQUES (d’après M. C. J. GRoovE). — M. C. J. GRoovE, redoutant l’action irritante des préparations de Formaldéhyde, ‘fait usage d’hvdrate de chloral, de thymol et d’hydrate de calcium. La combinaison de ces médicaments donne un liquide clair. Après le nettoyage de là chambre pulpaire et l’ouverture large des canaux, on place une petite boulette d’ouate saturée de la solution à chaque ouverture et on ferme la dent. A la seconde séance on emploie du sodium potassium : ces métaux décomposent l’eau contenue dans 1: tissu pour former de l'hydroxyde de sodium et potassium, libérant de l'H qui

s’enflamme quand la réaction est violente.

I y à production de chaleur et transformation des graisses présentes dans les canaux en composés solubles. La dent est mise en observation deux ou trois jours avant l'obturation des canaux pour permettre l'écoulement et

la stérilisation du fluide provenant de la solubilisation des graisses.

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MÉTHODE DE BUCKLEY. — Le résultat du travail de l'infection sur la pulpe est la destruction de l’albumine et Sa transformation en corps possédant des propriétés différentes. Les coagulants ont donc une action nulle. I] existe, à la fin du compte : de l’eau, de l'acide carbonique, de Fammoniaque, de l'acide acétique, une masse graisseuse. Cette décomposition se produit jusque dans les canalicules dentinaires.

Il faut employer des remèdes capables d'entrer en combinaison chimique avec les produits finaux de décomposition.

Pour Buoxieyx, ce remède est l’aldéhyde formique, CH2 O : qui donne avec lammoniaque de l’urotropine, produit antiseptique el avec les ptomaïnes basiques et l'acide sulfhydrique d'autres corps.

Pour lempérer l'action de la formaline, il lui ajoute les crésols au noribre de trois = tricresols ; c'est le tricréso-formol. L'action du lricréso-formol est double : antiseptique et chimique. Les graisses sont dissoutes et il se forme du lysol dans un canal parfaitement desséché par l'alcool.

Il se fait donc des combinaisons qui transforment les gaz et les rorps nocifs en corps inoffensifs, voir même en antiseptiques et germicides.

La technique est simple : enfermer le pansement dans la chambre pulpaire pendant un jour ou deux. Généralement un seul suffit. Il est indispensable que le pansement soit hermétiquement clos. Au préalable on doit

draîner le pus par le. canal ou par la gencive.

— ho —

Il n’y a pas de réaction ou très peu. +

SCHEUER résume ainsi le traitement de BuCKLEY :

« Ouverture de la chambre pulpaire et drainage, des- « séchement à l'alcool, pansement, fermeture herméti- « que: le médicament fait ce qui reste à faire. On en «voit les avantages : suppression du sondage de WirzeL ; « de l’eau régale, des acides, si ce n’est pour l'agrandisse- « ment des canaux. »

Ce traitement peut s'appliquer aux cas compliqués de listules.

La formule de ScneuEr nous semble incomplète : il faut y ajouter un nettoyage mécanique, auquel le médicament ne peut suppléer et destiné à éliminer les produits

de la réaction chimique.

TRAITEMENT PAR L'ARGENT (M. Percy R. HowE). — M. Percy Howe considérant la difficulté de traiter le canal dans les ramifications qu'il peut présenter, dans les divisions qu'il subit souvent au niveau de l’apex et l’impossibilité d'aborder les canalicules dentinaires, reconnait au traitement argentique le pouvoir de stériliser et d'oblitérer les canaux malades, quelle que soit leur finesse, ainsi que les canalicules.

Cette matière à une action élective ; elle ne pénètre pas dans le tissu sain parce que celui-ci contient une matière coagulable.

Ce procédé est basé sur le principe de la réduction de l'argent en solution par un agent réducteur, dans la dent

malade,

Gravures empruntées à M. Percy Howe

Sonde glissée dans le canal d’une incisive inférieure

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